Aller au devant de la diversité

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La diversité a ses apôtres, certains plus exaltés que d'autres. Parmi ces derniers, il faut compter Marvin Rotrand, conseiller de ville pour Montréal élu dans l'arrondissement Côte-des-Neiges Notre-Dame de Grâce. Il s'était déjà illustré en décembre 2016 en dénonçant le fait que le Service des incendies de Montréal comptait presque exclusivement des « hommes blancs ». Il presse maintenant le Service de police de la ville de Montréal(SPM) d'autoriser ses agentes à porter le hijab et le turban. Il a écrit a cet effet à la responsable de la sécurité publique de Montréal, Nathalie Goulet. Selon l'élu municipal, « le silence du corps policier sur ces accessoires religieux représente une barrière invisible pour les communautés culturelles » (La Presse, 3 avril) Dans la bouche de Rotrand, « deux communautés » devient « les communautés ». Selon lui, cette initiative enverrait un message positif aux communautés. Il affirme qu'une telle initiative dirait aux communautés « Vous êtes les bienvenus. Si vous avez les qualifications, vous réussissez les tests, personne ne va s'opposer à votre candidature. » Dans une société de droit: « si vous avez les qualifications, réussissez les tests » devrait suffire.

Tout élu qu'il soit, le jugement n'étouffe pas Rotrand, il est vrai que nous sommes en présence d'un restant du progressiste Rassemblement des citoyens de Montréal. Le reste de la carrière politique de Rotrand peut se résumer en énumérant toutes les formations politiques municipales montréalaises des dernières années (Union Montréal, Coalition Montréal, Équipe Demis Coderre), bref un homme de conviction, dont la longévité politique repose sur le fort communautarisme des siens. Ajoutons que même s'il siège au Conseil de ville de Montréal, il semble que Rotrand ne vive pas au Québec et qu'il n'ai rien vu ou entendu des débats autour des accommodements raisonnables. Il est quelquefois de bon ton de rire de la République du Plateau, mais le quartier de Côte-des-Neiges Notre-Dame de Grâce pourrait être sans difficultés un quartier de Dacca ou de Mumbaï.

Une question se pose immédiatement, combien de candidat(e)s sikhs ou musulmanes ont posé leur candidature pour devenir policiers ou policières au sein du SPVM. Probablement aucun(e), si le cas s'était présenté, nous le saurions, le candidate\candidate aurait rapidement porté sa cause devant les tribunaux et la Commission des droits de la Personne avec l'appui de sa communauté trop heureuse de jouer la victime.

Après avoir vu des « barrières invisibles », le conseiller municipal va plus loin, il estime en effet que le SPVM est dans l'erreur en demeurant dans l'attente de demande visant à modifier ses règles: « la communauté musulmane ne devrait pas avoir à le demander. On devrait le modifier avant. Ça ne devrait pas reposer sur les épaules des minorités de demander un traitement équitable. »

Enterrés les efforts d'intégration à la communauté d'accueil, il faudra que celle-ci aille au devant des nouveaux-venus et les accommode et exauce leurs demandes d'accommodement avant qu'elle ne soient exprimées, s'il ne sont pas comment la communauté d'accueil sera-t-elle en mesure de déterminer la nature de ces accommodements, faudra-t-il qu'une petite classe, nous n'osons écrire une petite caste, de gourous auto-proclamés comme Rotrand éclaire le peuple.

On songe vivement à une Charte des valeurs et à la fin de la récréation multiculturelle. Dans son empressement à satisfaire les demandes muettes de la communauté qui n'a probablement rien demandé, Rotrand oublie qu'il gouverne pour l'ensemble de la ville et que des policières portant le hijab pourraient causer des petites commotions lors d'interpellations dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville qui accueille de nombreux résidents d'origine libanaise maronite. Des situations similaires pourraient se produire avec des citoyens appartenant à la communauté d'origine de Rotrand résidents de l'arrondissement d'Outremont. Pourquoi créer de toute pièces des situations grosses de litiges et de tensions sur fond de vivre-ensemble.

Plus tard dans la journée, la mairesse Valérie Plante affirmait être « très ouverte » à l'idée. « Elle demande au corps policier d'entreprendre une réflexion au sujet de l'intégration du hijab et du turban dans l'uniforme réglementaire », Aussi bien dire que la chose est faite, la seule question qui demeure entre l'émission du souhait et sa réalisation est le temps que prendront les autorités du SPVM à « étudier » la chose. On se prend déjà à regretter les pantalons de camouflage.

PC pour la Fédération des Québécois de souche
 

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Un commentaire

  1. I guess since the gay village isn''t in Cote-des-Neiges, there are no votes for Rotrand in promotting high heels and a candy-pink wigs for SPVM.officers. 

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