Antifa, mieux comprendre le phénomène

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Texte tiré du magazine de la Fédération des Québécois de souche, Le Harfang, No. 6 Vol. 3 – Sale Blanc ! 

Galvanisée par le mouvement de grève étudiant, la mouvance d’extrême-gauche « antifa » a récemment refait surface à Montréal. Découlant de la mouvance anarchiste nihiliste, elle se définit par nombre de contradictions, mais surtout par sa lutte contre la liberté d’expression. Ne s’attaquant jamais aux idées de façon intellectuelle, elle est reconnue dans de nombreux pays pour ses attaques contre des manifestations, des conférences, des collages d’affiches et surtout des librairies (voir Vol 2 No 4, p. 15), qui sont les moyens d’expression de ceux qui n’ont pas les médias avec eux.

C’est souvent l’impuissance qui motive ces « antifas ». Voyant leur option politique de plus en plus marginalisée, même au sein de la gauche, et ne voyant aucun débouché pour leurs idées depuis longtemps obsolètes, ils se lancent à la traque aux dissidents, surtout que ces derniers ont le vent dans les voiles et voient leurs propositions de plus en plus populaires. Le motto serait donc : « Si nous sommes incapables de faire changer les choses en fonction de nos idées, personne ne doit être capable. » Et ainsi, par un renversement total, ils deviennent les laquais de la pensée dominante et se font la police de la pensée de la rectitude politique. Ceux qui ne pensent pas comme les élites dominantes deviennent de facto un ennemi à abattre – abattre devant être lu littéralement.

Cette mouvance se démarque également par son abandon des valeurs sociales au profit des valeurs sociétales. La version marxiste du travailleur, du prolétaire, est remplacée par une vision où la victime n’est pas le travailleur, d’ailleurs devenu petit bourgeois, mais les victimes de la société : homosexuels, immigrants, femmes, minorités religieuses, transgenres, etc. Exit la gauche du travail et la défense des prolétaires; dans la nouvelle grille d’analyse, ils sont partie prenante du problème.

C’est effectivement la majorité silencieuse, qui doit à tout prix rester silencieuse si elle ne veut pas se faire agresser par les « antifas », qui devient l’ennemi premier. Les valeurs traditionnelles, la culture populaire et les standards du peuple sont autant d’entraves à l’émancipation des minorités soi-disant opprimées par le système. Ils réalisent pourtant, éclair de lucidité, que ce n’est pas le système le problème, mais bien le peuple, aussi ne s’attaquent-ils jamais au système, mais à des représentants du peuple.

L’idéologie de défense des minorités véhiculée par les antifas comportent pourtant son nombre de contradictions flagrantes. Lors de la manifestation contre le mouvement PEGIDA à Montréal le 28 mars dernier, les antifas se sont tout de suite ligués avec Adil Charkaoui et ses sbires. Une analyse de surface de cette alliance révèle toutes les impostures de cette mouvance.

De un, les musulmans radicaux font partie des victimes, donc on peut s’y associer. Les « modérés » qui souhaitent s’intégrer ne sont pas dans le camp antifa ; ils souhaitent s’assimiler au modèle oppresseur eurocentrique, donc eux aussi font partie du problème. L’ennui, c’est que les antifas se revendiquent comme féministes, pro-gays, pro-choix et contre la religion patriarcale catholique qui plonge le peuple dans l’ignorance. Evidemment, si quelqu’un ose leur rappeler que Charkaoui et leurs amis musulmans radicaux sont pour l’avilissement de la femme, pour la peine de mort pour les homos, contre l’avortement et imposent une religion intolérante et obscurantiste, on le traitera de « raciste » et l’argument sera clos.

Au niveau de la liberté d’expression, là encore c’est un double discours. Il pourrait s’agir d’une contradiction inhérente à l’antifascisme, mais il est plus probable qu’il s’agisse uniquement d’un double discours. Nombre d’anarchistes ont manifesté contre les projets de lois encadrant les manifestations, encadrement considéré comme une entrave au droit de manifester, une atteinte à la liberté d’expression. Les antifas sont pour la liberté d’expression totale sans aucune restriction et surtout en portant un masque. Comment donc expliquer que ces mêmes adeptes de la liberté d’expression tentent par la force d’empêcher les groupes nationalistes de s’exprimer ? On tente d’intimider, on attaque violemment ceux qui expriment une idée différente de la nôtre… Bref, liberté pour nous, mais certainement pas pour les autres.

Ces contradictions expliquent pourquoi les antifas sont habituellement recrutés chez les jeunes cégépiens en quête légitime d’un monde plus juste, mais intellectuellement confus et facilement manipulables. Cela explique pourquoi l’engagement antifa ne dure rarement plus longtemps que les années de cégep ou même d’université pour les plus radicaux d’entre eux.

Certains diront qu’il n’y a aucune contradiction entre le mouvement antifa et le mouvement islamiste radical en raison de leur volet liberticide. Effectivement, sur ce point, ils s’accordent à merveille. Par contre, le mouvement islamiste représente tous les idéaux contre lesquels les antifas disent combattre.


Mise à jour – Les Antifas se sont récemment positionnés contre le vote Brexit en Grande-Bretagne, se rangeant avec Goldman Sach's, le grand capital et l'Union européenne, et contre Donald Trump, se rangeant avec le Parti Démocrate, les néo-conservateurs et l'ultra-libéralisme qui dévasta l'Afrique du Nord via des frappes militaires. Voir aussi sur ce sujet Du libéralisme à l'anarchisme par Xavier Raufer pour comprendre certains intérêts communs entre les deux courants idéologiques.

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3 commentaires

  1. Murray Rothbard le

    Ils peuvent bien se dire anti-système mais leurs «maîtres à penser» sont des salariés de l’État qu’ils dénoncent… c’est un fait indéniable.

    -Francis Dupuis-Deri
    -David Gagnon
    – Normand Baillargeon
    – Marc-André Cyr

  2. Claude-alain heroux le

    L’extrême gauche anti-raciste,le groupe faciste (antifas ) qu’on a vu aujourd’hui à Québec …..Devrait-on pas plutôt s’inquiéter pour eux ? Peut-être qu’ils souffrent d’une forme de maladie mentale en tant qu’individu ou en tant que groupe. Ils sont idéologiquement intoxiqués par la haine des blancs  »’ . Ils vivent dans un univers parallèle, qui est celui de la révolution à venir l’arnachie, et se voient comme les soldats du Bien contre le Mal. Le Bien, c’est l’anticapitalisme, le néomarxisme, , . Le mal, c’est identitaires Québecois le racisme imaginaire ,la liberté d’expression et tout ce qui d’une manière ou d’une autre, ne se soumet pas à leur vision des choses. Ils l’appellent automatiquement «l’extrême droite».par manque de tolérance et de logique….C’est comme les  »antifas  » qui lutte contre le facisme en étant plus faciste que ceux qui combattre..C’est a n’y rien comprendre.

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