Après Slav, Kanata

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L'affaire Slᾱv passera à l'histoire culturelle du Québec d'une telle façon qu'il y aura désormais un avant et un après Slâv. L'agitation autour du spectacle musical marquera la découverte, par les journalistes et chroniqueurs mainstream, d'une gauche raciste. Aucun journaliste n'a évidemment été assez lucide pour voir se lever sur le Québec le vent mauvais des suites du mouvement Black Lives Matter et des tendances les plus folles des Black Studies des universités américaines. Il est heureux que le ridicule ne tue pas, nous serions témoins d'hécatombes dans les milieux antiracistes. La poussière autour de Slᾱv retombe à peine qu'une nouvelle polémique fait surface avec la pièce de théâtre Kanata. Cette fois, ce sont des représentants des communautés autochtones qui montent aux lignes. Kanata, une œuvre de Robert Lepage sur un dialogue entre Premières Nations et colonisateurs européens, sera présentée au Théâtre du Soleil à Paris, à compter du 15 décembre. Or la distribution composée de comédiens du Théâtre du Soleil ne comprend aucun acteur issu des Premières Nations, ce qui a provoqué l'ire de plusieurs artistes et intellectuels autochtones et d'« alliés non-autochtones » et mené à une lettre ouverte publiée le 14 juillet. Lettre dont la publication fut suivie dès le lendemain par une offre de dialogue formulée par Robert Lepage et Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil.

En entrevue avec La Presse Canadienne lundi, Dave Jenniss, directeur artistique du Théâtre Ondinnok et signataire de la lettre, a dit y voir « une belle initiative » de la part des deux créateurs. Une visite au site du Théâtre du Soleil s'avère instructive. La distribution comprendra notamment : Aref Bahunar, Taher Baig, Shaghayegh Beheshti, Duccio Bellugi-Vannuccini, Aline Borsari, Sébastien Brottet-Michel, Saboor Dilawar, Eve Doe Bruce, Ana Dosse, Man Waï Fok. Pas de représentants des Premières Nations et d'ailleurs guère plus de Gaulois ou de souchiens pour un spectacle créé à Paris. Le Grand Remplacement est déjà une réalité dans le milieu des comédiens de théâtre « français ». Le même scénario semble se répéter : loin des grands principes, nous assistons plutôt à des manifestations de syndicalisme racial afin de créer des emplois destinés aux interprètes noirs ou autochtones et réserver la distribution des œuvres les concernant à des personnes issues des dites communautés, adieu talent, bonjour quotas. 

Probablement échaudé par l'expérience Slᾱv, Robert Lepage, accompagné d'Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil, ont accepté de rencontrer les protestataires. De telles rencontres, si elles devaient se généraliser, marquerait le retour en force de la censure pourtant déjà affaiblie dans les années précédant la Révolution tranquille. Ce n'est plus l'Église qui se prononcerait sur le contenu des œuvres offertes au public, mais une coterie antiraciste qui n'aurait de comptes à rendre qu'à elle-même. Toute œuvre littéraire et toute production culturelle seraient donc soumises aux quatre volontés de ces nouveaux clercs des religions de l'antiracisme et du multiculturalisme. Le mouvement ne s'éteindra pas de sitôt, les censeurs sévissent davantage au Canada anglais si l'on se fie au chroniqueur Guy Fournier du Journal de Montréal du 17 juillet (« Le révisionnisme est en marche »), qui note que les censeurs s'en prennent à la présentation de la pièce The King and I à Toronto, initialement présentée à Broadway en 1951, mieux connue par l'adaptation au cinéma produite à Hollywood en 1956 avec Yul Brynner et Deborah Kerr. Le film a fait l'objet d'un remake lancé en 1999, sous le titre Anna et le roi. Ce n'est pas une guerre à la liberté d'expression qui est ouverte, mais une guérilla qui sera faite d'escarmouches et d'embuscades tendues aux créateurs ou à ceux qui voudront reprendre des oeuvre déjà existantes.

PC pour la Fédération des Québécois de souche

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