ASFC: Prime à l’incompétence

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L’attribution de primes au rendement dans la fonction publique, aussi appelées bonus de performance, fait toujours sourciller. Comment quelqu’un travaillant dans un domaine où il n’y a pas de concurrence peut obtenir une prime au rendement ? En fait, comment se fait-il que dans des entreprises comme la SAQ et Hydro-Québec, des monopoles, si le rendement est inférieur à l’année précédente, les grands patrons obtiennent-ils des primes payées à même les contributions des citoyens ?

Ce que peu de personnes savent, c’est que même l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) octroie à ses dirigeants des primes de performance, même lorsque les performances ne sont pas au rendez-vous.

Le président de l’ASFC, Luc Portelance, a reçu un salaire annuel de plusieurs centaines de milliers de dollars (entre 257 700 et 323 100$), auquel fut ajouté un bonus de performance entre 85 000$ et 125 000$. Le vice-président, Martin Bolduc, a quant à lui reçu un salaire d’environ 200 000$, auquel s’ajoute approximativement 50 000$ de bonus.

Ce bonus, qui est plus élevé que le salaire moyen québécois (de 43 000$ annuellement), est pourtant difficile à justifier. Le nombre de déportations d’immigrants illégaux a chuté l’an dernier (2013) de 26% au Canada et de 34% dans la région de Toronto. Même les objectifs internes n’ont pas été atteints. L’ASFC souhaitait déporter 17 075 illégaux l’an dernier, mais n’en a déporté que 13 900.

Évidemment, ce n’est pas parce qu’il manque d’immigrants illégaux. Reg Williams, ancien directeur des activités de l’ASFC à Toronto, explique que si l’agence cessait de prendre des dossiers aujourd’hui, elle aurait assez de travail pour les trois prochaines années.

Il faut donc comprendre que de déporter 17 000 clandestins chaque année n’est pas suffisant si on veut rattraper le retard. L’ASFC, qui n’a même pas réussi à atteindre cet objectif pourtant libéral, devrait donc sanctionner ses dirigeants et non leur offrir une prime pour des performances qui n’en sont pas.

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2 commentaires

  1. Bernard Rioux le

    Si le Canada est bien un état de droit, il doit appliquer ses lois. On est assez généreux comme ça… et c’est assez facile d’immigrer au pays, il faut soit être lâche ou mal intentionné pour rentrer ici illégalement. Si en plus l’état ne fait pas son rôle… on est mal foutu!

    Rien de plus fou que l’idée des villes sanctuaires… plus il y a de misérables, de pauvres et d’illégaux plus il y a une base de travailleurs facilement exploitables… ça ne peut que plaire aux grands patrons et à la haute finance.

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