Atalante: «Oui à la justice sociale!»

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Par Alexandre Peugeot, correspondant d’Atalante

Titre qui peut paraître étonnant pour certains, mais d’une importance capitale pour ce que nous envisageons pour le futur. Qu’on ne me méprenne pas, il n’est aucunement question de la sémantique démagogique libérale et gauchiste, mais bien du vrai sens de ces deux termes. Justice correspond ici à ce qu’il a de vrai comme terme, soit les conséquences ou résultants d’actes justes, moraux, vertueux ou dans notre cas, de dévouement et don de soi. Puis, sociale se rapporte aux rapports humains d’organisation sociale et aux divisions hiérarchiques de la société en tant que telle. Ce qui veut dire qu’il n’est point question dans ce texte d’un terme exprimant un égalitarisme primaire valorisant la loi du moindre effort et du nivellement vers le bas tel qu’il est véhiculé par certains. Il n’est pas plus question d’un droit de supériorité sociale dont bénéficie en ce moment une élite financière aux visions cosmopolites et décadentes, qui serait en soit une justice bancaire, au plus fort la poche. 

Le trapèze

La justice sociale comme nous la voyons est une réponse positive ou négative en gain matériel, en avantages sociaux ou métaphysique en reconnaissance sociale envers les individus du tout social, selon la hauteur ou non du don de soi, de l’accomplissement de leurs devoirs et même plus envers la nation. Laissez-moi-vous donner un exemple pour clarifier la chose. En ce moment même, l’élite de notre société est composée de financiers aux comptes en banque très élevés, d’acteurs, d’athlètes du divertissement plus payés que les producteurs de richesse ou de connaissances, les secouristes de tous types sont moins reconnus que les bourgeois agioteurs et nos agriculteurs sont humiliés sous prétexte de mondialisation. Bref, sont au sommet les individus qui sacrifient le moins au bien commun et le plus à leur propre bénéfice. Le modèle réel, appelons-le comme cela, de la justice sociale et en rapport à l’exemple donné, serait comme suit. Non une pyramide inversé comme le souhaiteraient les marxistes et autres socialistes, mais comme une pyramide tronquée, sorte de trapèze social. Les secouristes et autres professionnels mettant leur vie en danger pour les autres seraient au sommet à côté de ceux qui font don de soi à la nation. Les agriculteurs ne seraient plus délaissés mais valorisés, voire glorifiés comme éléments d’indépendance alimentaire. On ne laisserait plus les individus ayant donné leur vie en dur labeur mourir de faim sur nos trottoirs pour un mauvais coup du sort (économique). On ne valoriserait plus avec admiration les financiers individualistes exploitant et magouillant au détriment de la cohésion sociale. Les athlètes et autres producteurs de divertissements seraient reconnus à leur juste valeur et non dans la démesure. Du même coup, nous ne laisserions pas nos aïeux esseulés partir dans l’oubli et l’indifférence, mais cela est une autre histoire.

Changement nécessaire

Pour en arriver à cette vraie justice sociale qui se veut une justice du mérite et du « à qui de droit », il faut passer par un changement radical. Nos héros et nos idoles ne doivent plus être de fausses icônes de fabrication artificielle forgées de toute pièce par le système, mais bien ces individus qui sacrifient de leur personne pour les autres. Il nous faut mettre un terme à cette mascarade qui veut que le pouvoir revient à la caste marchande qui pèse de par son poids en capitaux. À l’inverse, il ne faut pas tomber dans le piège de la glorification du lâche et de celui qui se contente, mais rediriger nos admirations vers ces gens qui sacrifient sans rien demander en retour. Ces héros de l’ombre qui mettent leur vie en danger pour le bien commun, ces compatriotes qui exercent les métiers nobles de la terre pour nous sustenter, ces hommes et ces femmes qui donnent de leur être pour que la nation s’élève. Ce sont eux qui doivent devenir les nouvelles idoles sociales, nos élites et nos gouvernants. Ces personnalités sociales qui se démarquent par un dépassement de soi constant et qui répugne la satisfaction du statu quo de leur être et de leur intellect. C’est de par leurs sacrifices et leur exemple que nous élèverons notre société en inversant sa descente vertigineuse actuelle. Alors, quand seront reconnus ces ascètes sociaux à leur juste valeur, nous pourrons parler de vraie justice sociale et non dans les conditions actuelles, ni même dans les rêveries nivellantes. 

Devoir

Nous vivons dans une société dite libre, une société où nous avons des droits à l’infini (chose qui semble vouloir changer) mais en aucun cas, nous avons un devoir à remplir pour justifier ces libertés et ces droits. Au paradis des libertés individuelles, l’homme solitaire règne en maître du moment qu’il reste solitaire. Là est le problème de cette société injuste et cancérigène. Tous ont les même droits, les même libertés, du moment que vous avez l’argent évidemment, mais d’aucun n’a de devoir à rendre pour les mériter et encore moins ceux qui possèdent le plus de privilèges. La faute est en partie dû à la gangrène égalitariste qui ronge la société libérale depuis ses fondements philosophiques, mais qui n’est point capable de la mettre en application. La résultante est un martèlement idéologique, voire propagandiste que l’égalité entre les hommes est une nécessité mais, dans les faits, n'y arrive pas et crée même encore plus d’injustice. Il n’est pas étonnant que les théories marxistes soient nées de ce régime puisqu’elles empruntent les mêmes bases philosophiques et prônent la même utopie. Certes les moyens sont différents mais la finalité en est la même, une caste financière ou bureaucratique dominant une masse aliénée. Donc, ramenons le sens du devoir, que les libertés et les droits de chacun soient justifiés de par leur devoir accompli et le dépassement de leur être. Encourageons la transcendance sociale par le don de soi, justifions nos droits et nos libertés de façon à mieux les défendre. Dès que nous aurons pesé le poids des efforts donnés pour acquérir ces privilèges, il sera moins aisé de nous les enlever et nous serons moins enclins à les abandonner.

Alors, agissons en pionniers et dès maintenant propageons ce que doit être la justice sociale en dénonçant ce qui n’en est pas. Stoppons la gangrène morale de la société moderne en prêchant notre admiration pour ceux qui donnent sans demander la reconnaissance qu’ils méritent. Faisons renaître le sens du devoir en donnant l’exemple aux autres et justifiant de la sorte ces droits que nous considérons trop facilement acquis. Voilà, ce sera déjà une tête de moins sur le corps de l’hydre social décadent dans lequel nous sommes digérés.

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