Canada : 28 millions $ pour expulser des immigrants illégaux

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Le Canada a déboursé près de 28 millions $ au cours des cinq dernières années pour expulser des immigrants illégaux, a rapporté TVA Nouvelles, dimanche.

De ce montant, 8,5 millions $ ont été dépensés au Québec pour expulser un peu moins de 15 000 personnes. Ailleurs au pays, le gouvernement fédéral a déboursé 13 millions $ dans la région torontoise, 5,6 millions $ dans les Prairies et environ 600 000 $ dans les Maritimes, pour 64 000 expulsions à travers le Canada.

Le total n'inclut pas les coûts encourus en Colombie-Britannique, un montant que l'Agence des services frontaliers n'a pas pu retrouver.

«C'est malheureusement le prix à payer pour une certaine sécurité sociale, explique l'ex-agent du Service canadien du renseignement de sécurité, Michel Juneau-Katsuya. Ils sont arrivés ici par leurs propres moyens, souvent, mais pour s'en débarrasser, c'est nous qui devons payer la note.»

Lorsque les forces de l'ordre mettent la main au collet d'un immigrant illégal recherché, celui-ci est envoyé dans un centre de l'immigration où il est détenu. À titre d'exemple, le centre de Laval dispose d'un budget de 6 millions $ par année.

Puis, après une dizaine de jours, lorsque les procédures sont complétées, il est expulsé par avion aux frais des contribuables canadiens.

Le député conservateur Steven Blaney se félicite de la sévérité de son gouvernement envers ceux qui entrent au Canada sans autorisation.

«Le nombre de personnes qui ont été déportées parce qu'elles étaient entrées illégalement au pays a augmenté de près de 50 % depuis qu'on est au pouvoir», affirme-t-il.

Une approche qui doit toutefois être mesurée, prévient le député libéral Denis Coderre, qui a été ministre de l'Immigration au début des années 2000.

«On a le droit de se protéger, on a le droit, il faut être équilibré dans tout ça», résume-t-il. Il ajoute également que le Canada doit n'avoir «aucune pitié, tolérance zéro pour les passeurs, les criminels, et ceux qui enfreignent la sécurité».

Selon Thierry St-Cyr, du Bloc québécois, la seule façon de réduire les coûts est d'envoyer un message très clair à ceux et celles qui comptent venir illégalement au Canada, avant qu'ils quittent leur pays d'origine.

«Il y en a plusieurs qui se disent "on va tenter notre chance, on va jouer à la loto commissaire. Si je tombe sur un commissaire bonasse, il va me laisser passer"».

En 2009, la plupart des immigrants refoulés provenaient du Mexique, des États-Unis, de la République tchèque et de la Corée du Sud. Des milliers d'autres ont toutefois échappé aux autorités et continuent de vivre au pays en toute illégalité.

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