Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments – Jean-François Lisée

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Jean-François Lisée vient de faire paraître « Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments ».

Le titre nous interpelle, bien que nous pourrions rester en dehors de ce débat. La droite, pour l’auteur, sont les critiques du modèle social démocrate québécois qui sont généralement contre l’indépendance pour des raisons économiques. Ce n’est pas exactement nous.

L’essentiel de l’ouvrage consiste à défendre la vitalité de l’économie québécoise, et donc son régime social en cette matière, contre le discours de l’Institut économique de Montréal, le Conseil du patronat et l’Action démocratique, entre autres cités.

Défendre la capacité de notre peuple a engendrer la richesse est bienvenue. Mais en plus de renforcer le caractère gauchiste du projet d’indépendance, les caractérisations de la droite et de la gauche par l’auteur sont abusives. La phraséologie est faite pour présenter la droite en termes strictement négatifs, au contraire de la gauche naturellement.

Lisée offre cette définition tirée du livre « La gauche et la droite – Un débat sans frontières » Alain Noël, Jean-Philippe Thérien. « D’un côté se trouve la droite, qui est pessimiste sur la nature humaine, considère la vie comme une compétition acharnée entre les individus, recherche la sécurité pour se prémunir contre une violence toujours possible, et définit l’égalité en termes de droits individuels. Et, de l’autre, il y a la gauche, plus optimiste sur l’humanité, confiante dans la capacité de vivre ensemble des communautés, soucieuse de voir l’État protéger les citoyens des risques sociaux, et désireuse de réaliser ce qu’elle considère comme la véritable humanité ».

Ce que la gauche perçoit comme le mal, la droite le sait présent en soit au travers le monde des vivants et dans l’homme : les hiérarchies, les inégalités de destins, la domination sur les plus faibles. Présentons par ailleurs cet optimisme de la gauche autrement. Son assise fondamentale se trouve chez Jean-Jacques Rousseau pour qui l’homme naît bon alors que c’est la société qui le rend malade. Combien dans la population adhèrent spontanément à ce genre de vues. Dans la même veine, la gauche ne croit pas que la criminalité puisse avoir une origine autre que les inégalités sociales. La majorité est généralement excédée par cette sottise béate et pour le sens commun, un meurtrier est un déviant, pas une victime.

Nous voyons dans les sociétés les individus dans une situation de concurrence et nous voyons la situation de concurrence des sociétés entre elles. N’est-ce pas voir la continuité dans tout l’ordre naturel? La biologie moderne ne présente-t-elle pas les écosystèmes comme une concurrence entre organismes pour l’accès à la nourriture et la reproduction? Sur certains traits, la droite est aussi très collectiviste; dans la notion d’ordre morale par exemple.

Cet optimisme dans la capacité des communautés de vivre ensemble, évoque le thème de la xénophobie associée à la droite. En voilà un où M. Lisée se montre très modéré pour un progressiste. Pour améliorer l’économie, il n’offre pas d’augmenter l’immigration. Il a cette honnêteté. Il faut dire que sa chère indépendance ne serait pas non plus très bien servie. Il est réaliste.

Mais voilà une autre occasion où la gauche se caractérise par un mépris pour la continuité, l’héritage du patrimoine et l’œuvre matérielle des ancêtres. Ce ne sont pas les intellectuels qui ont versé leur sang pour la conquête du territoire et leur sueur pour défricher le sol. Il se peut que leurs ancêtres le firent autant que les nôtres, mais dans leur déracinement urbain et cosmopolite d’aujourd’hui, ils voient les avantages de l’immigration au mépris des sentiments populaires. (Voir Katharine Betts, Ideologies and immigration)

Voyant le mal comme faisant partie de la nature, nous savons la nécessité d’assurer notre sécurité. Cette sécurité est aussi une préoccupation, par ailleurs tout autant féminine, concernant la société libérale, voire socialiste. Ces dernières n’ont nullement été un frein au développement d’états policiers, bien au contraire. Aux États-Unis, la droite souhaite que chacun puissent mieux veiller à sa propre sécurité, plutôt que d’être impuissants sous la surveillance d’un état maternant… et armé.

Bien sûre que les gauchistes recherchent à éliminer ces inégalités, mais toujours par le biais de bureaucraties qui emploieront des membres leur caste éduquée aux sciences sociales. Les emplois gouvernementaux représentent un immense transfert de richesses depuis la masse des non-intellectuels ne possédant pas de diplôme de troisième cycle, vers celle de ceux qui en possèdent. Il est facile d’être généreux avec l’avoir des autres, surtout si cet avoir est acheminé vers soi-même.

La souveraineté est aussi présentée dans le présent ouvrage comme une aventure idéologique, une initiative de la gauche qui doit tout de même s’ouvrir aux gens de « droite », par exemple Mathieu-Bock Côté et Éric Bédard. Il a l’honnêteté d’admettre qu’au départ le PQ naquit du Ralliement national (de droite) et du Mouvement souveraineté association (de gauche) et que René Lévesque maintint une approche pragmatique évitant de s’associer exclusivement à la gauche. Mais, c’est la gauche qui fait la place à la droite, non le contraire.

Pour notre part, et celle de la majorité, nous voyons cette caste de scribes généralement anti-nationale, poursuivre ses intérêts de caste. Il est peu invitant de leur confier la responsabilité de constituer notre pays.

Comment mettre la droite K.-O. est par ailleurs non dépourvu de mérites lorsqu’il s’agit de montrer que le Québec n’est pas aussi faible que l’opinion fédéraliste le laisse entendre.

FQS
Pour la préservation de notre peuple

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