Le communisme 1917-2017

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Tous les anniversaires ne sont pas joyeux. Celui du 100ème anniversaire de la Révolution d’octobre, la mise en application du communisme en quelque sorte, évoque plutôt une tragédie sinistre malgré ce qu'en pensent les dinosaures du Parti communiste du Québec.

Profitant de ce triste centenaire, Bernard Antony, qui s’impliqua lui même dans la résistance au communisme, vient de publier un bilan du siècle rouge et de sa barbarie depuis l’avènement de l’Union des républiques socialistes soviétiques par Lénine.

Aujourd’hui bien que l’on pense que le communisme est mort, pas moins du cinquième de la population mondiale vit sous la botte de fer rouge et de nombreux politiciens et syndicats tant en Europe qu’au Québec s’inspirent encore de cette idéologie au mépris de la dignité humaine. Québec Solidaire, sous son image moderne, a d’ailleurs absorbé des petits partis communistes et marxistes-léninistes et la branche « antifa » de Québec, se revendiquant ouvertement du communisme.

Tout débuta donc le 26 octobre 1917 par un coup d'état à Petrograd qui poussa Lénine au pouvoir. Ce dernier, revenu d’un exil en Allemagne, comptait sur l’appui des anarchistes et des bolchevicks, alors minoritaires au sein des révolutionnaires, pour renverser le régime mis en place lors de la révolution socialiste de l’hiver précédent.

Aussitôt au pouvoir, Lénine, pragmatique, instaure la Terreur rouge pour éviter toute contre-révolution. Son acolyte, Felix Dzerjinsky, dont le motto était de « faire souffrir le plus possible et le plus longtemps possible », met en place la Tchéka qui sera connu sous différents noms (GPU, NKVD, MGB, KGB, FSB). Les ennemis du pouvoir doivent périr, que ce soient les anciens alliés, les bourgeois, les réfractaires ou les grévistes. Ces gens perdent leur statut d’humain et deviennent les « chiens » qui doivent être exterminés.

Les tortures, la violence bestiale et le sadisme deviennent des éléments clés du régime léniniste qui seront émulés par les autres pays communistes par la suite. Nul n’est épargné, même les innocents, comme la famille du tsar, massacrée par peur d’une éventuelle restauration qui aurait suivi une victoire des forces blanches.

Ceux qui ne sont pas immédiatement tués sont transférés dans « l’archipel des goulags » par millions. En fait jusque dans les années 50, il y aura en tout temps 2,5 millions d’internés malgré le fait que beaucoup sont remplacés rapidement, la fatigue, le froid et la faim fauchant les prisonniers avec une cadence soutenue. Bien qu’il ne mette pas l’emphase sur cet aspect, Antony ne manque pas de remarquer qu’en Occident, ce furent les Juifs qui se firent les champions du communisme et de la barbarie rouge. Il minimise cependant cette implication en qualifiant ces bourreaux juifs de « renégats ».

En plus de s’attaquer aux dissidents, les Églises sont également visées, éradiquées ou manipulées et dénaturées, le matérialisme communiste ne permettant aucune cohabitation avec la foi.

A Lénine, succéda Staline. Les méthodes qui avaient porté fruit avec le premier sont peaufinées avec le second qui organise notamment la famine en Ukraine, l’Holodomor que se rappellent avec souffrance nos compatriotes Ukraino-Canadiens. Les procès médiatiques où les futurs exécutés confient des crimes souvent imaginés sont un des aspects les plus connus du stalinisme qui pousse la cruauté à un niveau psychologique rarement égalé.

En Espagne, c’est le même modus operandi : après le meurtre du député monarchiste Calvo Sotelo, le général Franco, plutôt républicain, décide d’intervenir pour éviter le bain de sang. Voyant poindre la menace, les Rouges espagnols se lancent dans une épuration sauvage des éléments politiques hostiles classés à droite. Exécutions de masse, tortures et autres exactions, particulièrement envers le clergé catholique, marqueront cette époque à laquelle la victoire de Franco mettra fin.

Avec la Seconde Guerre, le communisme international prend son envol. L’URSS, alliée de l’Allemagne, envahit la Pologne et différents pays de l’Est. Les démocraties occidentales qui déclarent la guerre au Reich pour sauver la Pologne ne lèvent pas le doigt pour empêcher Moscou d’en prendre le contrôle et d’étendre son empire sur les territoires orientaux. Les massacres comme celui de Katyn seront tout simplement imputés aux Allemands.

En 1945, alors que les communistes français épurent la France avec le soutien des Gaullistes, l’Europe se réveille à demi dominée par le monstre soviétique qui a bénéficié de Yalta pour prendre possession de tout l’est. A cela s’ajoute la Chine et la Corée qui ont basculé dans l’enfer rouge, mais le cas asiatique sera discuté un peu plus bas.

La Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, les pays baltes et l’Ukraine vivent alors ce que l’URSS vivait depuis 1917 : massacres, répression, goulag… Notons au passage qu’Antony ne se limite pas à une simple étude statistique, ce qui rendrait le tout un peu abstrait ; il document les persécutions avec des cas précis, notamment de religieux, et sa propre histoire de militant anticommuniste lui est ici fort utile. À cette liste de pays européens qui ne seront libérés que fort récemment, s’ajoute l’Allemagne de l’Est, véritable prison à ciel ouvert.

Certains historiens tentent de laisser croire que les exactions auraient été le seul fait de Staline. Mais l’histoire nous démontre que Lénine avant lui débuta immédiatement la terreur et Kroutchev la continuera après lui. C’est d’ailleurs en invoquant le Pacte de Varsovie, qu’il ratifia, qu’il put étendre la terreur aux pays de l’Est, notamment à la Hongrie où la rébellion de 1956 fut réprimée dans les larmes et le sang. L’image du régime s’adoucit, mais la machine du goulag tourne à plein régime et les dissidents sont psychiatrisés. Oublie-t-on qu’il gouverna auparavant l’Ukraine où il avait décapité l’Église et massacré ou déporté un million « d’éléments néfastes » ?

Deux exceptions sont notables en Europe, la Yougoslavie de Tito et l’Albanie, premier état athée. Les persécutions particulièrement contre les religieux furent bien réelles, tout comme les massacres et arrestations de dissidents, mais ces deux pays font tache d’huile, car ces deux pays communistes n’étaient pas dirigés du Kremlin.

En Asie aussi ce furent des communismes indépendants qui s’instaurèrent au lendemain de la guerre. 

Le sadique Mao Zedong, cher au clan Trudeau qui n’a pour ce sanguinaire que des éloges, instaura le 1er octobre 1949 l’une, sinon la pire, des dictatures. Prêt à tout, il affirma ne voir aucun inconvénient à déclencher une guerre qui exterminerait la moitié de la population mondiale si celle-ci se soldait par la fin de l’impérialisme.

Simple bravade ? Son bilan démontre que non : au millions incarcérés dans des camps de rééducation où les tortures étaient courantes (plus de 50 millions passèrent dans le Laogaï, l’archipel du goulag chinois), il faut ajouter les millions exécutés suite à des procès « populaires » qui n’eurent rien à envier à ceux de Staline et les 55 millions tués par la famine orchestrée par le « Grand bon » de Mao, une réforme agraire défiant toute logique. Puis, ceux qui n’avaient pas encore été épurés furent balayés par la Révolution culturelle qui affiche un tableau de 3 millions de victimes !

La Corée des Kim, qui allie les principes dynastique et communiste, n’a rien à envier à la Chine maoïste ou le pays des Soviets. Les évènements récents démontrent que malgré la conjecture mondiale, le régime ne dessert pas son étau. On l’oublie parfois, mais l’Indochine bascula aussi dans la terreur rouge après la seconde guerre mondiale et les atrocités que les Viet-minh commirent n’eurent d’égales que celles des Khmers rouges cambodgiens de Pol Pot. Le sadisme et les visées génocidaires furent assumés.

Antony traite aussi de l’Amérique du Sud et de l’Afrique, mais ne parle pas des guérillas qui firent couler le sang comme les FARC colombiens et l’ANC sud-africian, se cantonnant aux régimes comme celui de Castro, de l’Angola, du Mozambique et de l’Ethiopie. Le chapitre sur Castro et Che Guevara, deux noms chers à notre premier ministre, devraient figurer sur la liste des lectures obligatoires dans nos cégep, ce qui nous permettrait peut-être de voir moins de ces fameux gilets chez les enfants de nos bobos bien pensants.

Somme toute, c’est un ouvrage à lire et consulter. Il se lit fort bien et sa lecture pourrait être complétée par celle du Dictionnaire des luttes anticommunistes de Christophe Dolbeau qui met en lumière les martyrs qui donnèrent leur sang pour leur liberté. À lire Antony on comprend bien que la violence et la déshumanisation ne sont pas un accident de parcours, une erreur ou la conséquence ponctuelle d’un problème, mais bien une partie prenante de l’idéologie communiste. Aucun régime rouge ne s’imposa ou se garda au pouvoir sans faire couler le sang d’innombrables innocents.

Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple

Bernard Antony. Le communisme 1917-2017, Godefroy de Bouillon, 224 p. 2017.

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