Compte-rendu: Conférence de Marion Sigaut à Montréal

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07eaa6f4fcff09376a13fdc77a463f46La même voix qui invita et nous présenta Alain Soral en 2012 introduisit Marion Sigaut pour sa conférence sur les Lumières. Ce dernier événement aura été un franc succès, tout comme le premier dont nous avions aussi fait un compte-rendu.

Deux cent chaises avaient été disposées et elles étaient pratiquement toutes occupées. Il y a soif d'entendre de nouvelles idées et notre invitée venue de France se dit émue par notre nombre et notre accueil. Nous aurons été, nous, captivés.

Car il y a en Occident une idéologie dominante, un refrain que nous entendons depuis des générations. Nous sentons qu'une caste égoïste fait sa propre apologie à plein média et par le biais des institutions académiques, et les dissidents sont sûrs de connaître l'ostracisme. C'est ce que connaît Marion Sigaut, qui n'est jamais présentée dans aucun média, sauf Internet bien entendu.

À 50 ans, elle n'avait que l'équivalent du cégep mais avait publié quelques livres. Aussi les fonds de recherche dans les bibliothèques purent lui être accessibles pour son étude sur Damien, un domestique ayant attenté à la vie du roi Louis XV et dont le supplice demeura fameux. Ses découvertes lui parurent si capitales qu'elle n'eut qu'un objectif: publier un livre. Elle rencontra de nombreuses embûches sur le chemin de la reconnaissance de la part de cet establishment bien en place.

De quelle doctrine oppressante parlons-nous? Comme évoquée par l'historienne, la Révolution française est toujours présentée positivement et l'ordre ancien, dominé par la religion, est dépeint comme tyrannique et oppresseur. La religion oppresse, la Révolution libère. Il s'avère que les Lumières et leur idéologie prirent le pouvoir et oser remettre en cause leurs titres de gloire est une entreprise compromettante. Que ces gens ne soient pas exactement les héros d'une si noble cause, c'est Damien qui le lui fera découvrir.

Les motivations du supplicié sont dites inconnues. Il se trouve que les dossiers judiciaires de l'accusé ont été trafiqués. Ils passent sous silence, ainsi que la postérité le fera aussi vraisemblablement, que sa fille avait été victime d'un enlèvement quelques années précédant son geste. C'est dans les registres de l'Hôpital général de Paris qu'il convenait de se pencher pour retrouver trace de cette jeune personne, car là transitaient les enfants abandonnés et trouvés, ainsi que les orphelins. Beaucoup de ces enfants y étaient envoyés sur ordre du roi.

L'institution était l'instrument d'un trafic d'enfants dans une époque marquée par de nombreuses émeutes populaires. Il est raconté que Louis XV se livrait à la pédophilie – certains auteurs l'évoquent. Vrai ou pas, l'important est que Damien le croyait et que l'assouvissement de la vengeance ou de la colère pouvait être son mobile.

Notre chercheuse put comprendre la nature de certaines querelles ecclésiastiques. L'archevêque de Paris avait été nommé par le roi à la tête de l'hôpital pour y mettre de l'ordre. Il en sera déchu des suites d'une persécution menée par les administrateurs et la magistrature laïcs, gagnés aux idées nouvelles. Des prêtres y étaient aussi jugés pour refuser les derniers sacrements à des impénitents. La religion est accusée de se mêler de politique et de justice, nous voyons plutôt la justice se mêler de religion. Nous voyons plutôt aussi une Église persécutée par des « Lumières » persécutrices.

À la manière de la désinformation connue depuis toujours, des cas d'intolérance religieuse furent rendues célèbres. Le chevalier de la Barre aurait été condamné et torturé pour ne pas s'être découvert lors d'une procession religieuse. Tout en ayant fait plus que ça, ce sont les magistrats, laïcs, qui décident des verdicts et des sentences, l'Église n'y est pour rien. La condamnation drastique avait pour but justement de susciter la colère contre l'Église.

Toujours dans le cadre des recherches sur la fille de Damien, Marion Sigaut se pencha sur la fameuse Encyclopédie, réalisation franc-maçonne vantée comme une grande œuvre en faveur de la science, la raison et la tolérance. Sa véritable nature est plutôt celle d'un journal de propagande, non pas un vrai dictionnaire, particulièrement dans le contexte d'une lutte contre les Jésuites. Ces derniers avaient abondamment œuvré dans le domaine de l'éducation et ne pouvaient être accusés d'obscurantisme.

Leur crime était plutôt de maintenir la nation dans une philosophie et une moralité de nature chrétienne, particulièrement en matière de profit économique. La pensée libérale des Lumières cherchaient au contraire la liberté de s'enrichir particulièrement sur le prix du blé. Louis XV se laissa gagner par ces idées libérales, mais se ravisa devant la catastrophe de l'expérience. Louis XVI y succombera de nouveau.

Les encyclopédistes montrent un grand mépris pour le peuple. Selon eux, le dimanche sert aux paysans à se quereller et se saouler, alors qu'ils devraient travailler. La mendicité est présentée comme un métier et un choix plutôt qu'un dernier recours pour des miséreux. Tout est fait pour que le peuple produise plus et enrichisse ainsi les maîtres du profit.

Dans ce même état d'esprit, la conférencière suggéra pourquoi Voltaire qualifia la Nouvelle-France de quelques arpents de neige. La colonisation avait tendance à dépeupler la France et donc faire diminuer la production locale sur laquelle le fortuné Voltaire entendait s'enrichir. Loin d'être tolérant lui-même, le célèbre homme de lettre fit embastiller de nombreuses personnes qui lui faisaient ombrage.

Nous avons déjà décrit la Révolution tranquille comme le remplacement d'un clergé par un nouveau. En cela, elle fit comme son modèle, la Révolution française. La doctrine chrétienne a été remplacée par la laïcité qui, malheureusement, se croit tellement dans son droit et dans la vertu qu'elle agit avec l'intolérance dont elle accuse ses adversaires.

Les crimes du communisme n'ont pas ému cette caste éduquée, nos protestations ne l'émouvront pas non plus. Comme il y a plus de 200 ans, le maire Tremblay subit les attaques de ces « Lumières » avec leur zèle antireligieux. Qui persécute qui?

Marion Sigaut évoqua comment ses origines remontent jusqu'aux premiers Francs et qu'aucun mélange n'a marqué sa généalogie. Nos grands libéraux portent le mot tolérance au front, nous répètent à satiété comment il n'existe pas de pure Français de souche. Nous en avions une le 18 mars dernier devant nous.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

 

Conférence de Montréal:

 

 

 

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