Compte-rendu: La révolution tranquille, conférence de Jean-Claude Dupuis

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Le 15 mai dernier, l'organisation Tradition Québec organisait une conférence avec l'historien Jean-Claude Depuis qui, loin de faire dans le politiquement correct, s’attaqua à une vache sacrée du Québec, la Révolution tranquille, devenue un véritable mythe fondateur du Québec moderne.

Aujourd’hui, les historiens présentent la Révolution tranquille comme l’accession du Québec à la modernité et à la libération de ce qu'on appelle la période de la grande noirceur, ce qui est un grave mensonge trop souvent véhiculé. M. Dupuis rappelle à raison que le Québec d'avant la Révolution tranquille ne souffrait d’aucun retard technologique ou industriel et qu’il serait beaucoup plus exact de parler de libéralisation du Québec plutôt que de modernisation.

Une Révolution tranquille qui s’opéra, il faut le rappeler, alors que la France connaissait Mai 68 et l’Église, elle, Vatican II. Bien que cette révolution ait été faite sous le gouvernement libéral de Jean Lesage, M. Dupuis l'épargnera beaucoup, car il aurait selon lui été dépassé par les événements et par le mouvement mis en place par ses ministres Paul Gérin-Lajoie, René Lévesque et Éric Kierans. Même encore, M. Dupuis n’écorchera pas trop René Lévesque, le présentant comme le moins anticlérical des trois. Toujours est-il que le véritable moteur de cette révolution aurait été les jeunes diplômés universitaires ayant étudié à l’étranger et souhaitant réformer le Québec. Parmi les artisans de cette révolution se trouvent Jacques Parizeau, Claude Morin, Michel Bélanger, Maurice Lamontagne et Roch Bolduc.

Les changements apportés par la Révolution tranquille furent extrêmement profonds et ne touchent pas que l’appareil gouvernemental. Il faut replacer la Révolution tranquille comme un changement dans notre essence même, dans notre âme ; le terme historique et biologique qui nous désignait, Canadien-français, fut remplacé par le terme inclusif de Québécois. Seront alors Québécois ceux qui vivent au Québec! Durant la décennie des années 60, notre peuple français et catholique devint un peuple francophone et multiculturel.

Par ailleurs, les attaques contre l’Église commencèrent à cette époque. Certains libéraux tentèrent de faire retirer le crucifix du conseil des ministres mais, fait surprenant, la majorité des libéraux de Lesage refusèrent. Si cette attaque symbolique échoua, cela souligne le fort attachement à la religion catholique qui était toujours présent à cette époque. Malgré tout, le rapatriement de nombreux domaines religieux comme la santé et l’éducation vers l’État réussirent.

Le domaine de l'éducation fût d’ailleurs au cœur de la Révolution tranquille, puisque c’est par la jeunesse qu’on peut contrôler l’âme d’un peuple à long terme. Le régime confessionnel fit donc place à un ministère de l’Éducation laïque et dans le but d’émuler les succès économiques des Anglo-Saxons, leur système servit de modèle à ce qui allait devenir l’éducation québécoise. Ce fut la création des polyvalentes, la mixité dans les écoles et la laïcisation de l’enseignement récemment parachevée par le retrait des crucifix et l’imposition du cours d’Éthique et culture religieuse.

Si cette laïcisation réussit, c’est aussi qu’elle fût appuyée par l’Église qui traversait à ce moment la crise de Vatican II. Le manque de vigueur du clergé explique également l’échec d’une possible contre-Révolution tranquille.

En tant que duplessiste et catholique, Dupuis dresse évidemment un portrait négatif de la Révolution tranquille. Mais même lorsqu'il exécute, avec nous, l'exercice de l'analyse de la Révolution tranquille selon les valeurs mêmes ayant motivées ce phénomène, il ne peut que constater son échec flagrant. La libéralisation et la mondialisation ont fait reculer les Québécois au plan économique, l’indépendance semble plus inatteignable qu’elle ne l'a jamais été, la place du Québec au sein du Canada est davantage marginalisée, la langue française, le système de santé et la culture régressent. Bref, même en vertu de ses idéaux, la Révolution tranquille n’a pas su être la panacée que ses défenseurs prétendaient.

La conférence prit tout de même fin sur une note positive ; selon Dupuis, la nation canadienne-française saura renaître, bien que cela puisse sembler improbable, voire impossible. Mais cette restauration se fera inévitablement via un retour au catholicisme et à la culture classique.

FQS


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2 commentaires

  1. Au tournant des annees 1960, le vent de la Revolution tranquille commence a souffler sur le Quebec. Incarnee, politiquement, par l’equipe du tonnerre du liberal Jean Lesage, cette vague transformera le Quebec de facon indelebile pour les decennies a venir.

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