« Rencontres Maîtres Chez Vous 2017 » : Orgie intellectuelle de la jeunesse mondialiste

0

Samedi le 8 avril dernier avait lieu, au HEC, la journée-conférence « LES RENCONTRES MAÎTRES CHEZ VOUS – ÉDITION 2017 ». Cet événement, qui réunit des conférenciers du monde médiatique et politique, est organisé par Force Jeunesse, un organisme qui « œuvre à la défense et à l’amélioration des conditions de travail des jeunes, des perspectives d’emploi de la relève et promeut l’équité intergénérationnelle dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. » Ils se décrivent aussi comme un groupe « trans-partisan », visant donc le brassage d’idées touchant la jeune génération.  Dans les faits, Force Jeunesse est plutôt un regroupement de la jeunesse mondialiste multiculturaliste. La soi-disant « transpartisanerie » est en réalité une convergence idéologique ; vous y retrouverez autant les biens pensants du Parti Libéral que ceux du Parti Québécois. Le choix des panélistes est comme le plateau des invités de Tout le monde en parle, c'est-à-dire, tous de la même école de pensée.

Dans l’objectif de vous donner un aperçu de ce qui est en vogue chez cette jeunesse bienpensante, un de nos membres s’est infiltré dans cette journée-conférence. Le présent compte-rendu ne vise pas à faire une description sobre des sujets abordés, mais plutôt de présenter d’un œil critique les éléments marquants de cette conférence.

Le discours d’ouverture (9h à 9h15)
Le discours d’ouverture de la présidente Nolywé Delannon donna le ton.  Elle débuta en disant que l’objectif de Force jeunesse est de parler de « nos » affaires publiques dans une vision « non partisane ».  Elle nous expliqua ensuite que l’organisme valorise « la diversité, l’inclusion, la jeunesse, un monde globalisé, la différence, l’ouverture et une société plurielle » et insista sur le fait que FJ combat le racisme et l’intolérance.  Vous comprendrez que le message paraîtrait moins bien si elle avait choisi de dire que Force Jeunesse valorise l’ouverture, la tolérance, la diversité, l’inclusion et la différence dans le but de mieux préparer les esprits des natifs à accepter l’immigration de masse et ce qui en découle : coûts sociaux, remplacement des natifs, chocs de civilisation, conflits.

Puis, dans un accent qui est tout sauf québécois, la présidente affirma que Force Jeunesse se veut d’être « le reflet de la société québécoise » tout en affirmant que « tous les milieux ne sont pas à l’image de la société québécoise ». On comprend donc que le discours de FJ est en vérité un discours d’exclusion. On aimerait nous faire avaler que seule leur vision mérite d’être entendue et que ceux qui ne sont pas dans leur ligne de pensée, les milieux « pas à l’image de la société québécoise », ne méritent pas d’être entendus. On comprend également que dans leurs esprits, ils définissent eux-mêmes ce qui est à l’image de la société québécoise.

Finalement, la présidente nous expliqua qu’un des buts de Force Jeunesse (FJ) est de « mettre de l’avant le débat public, contradictoire, contrasté, opposé, et cela, sans complaisance » et que FJ « fait le pari de la rencontre frontale » et du débat d’idées. La suite du compte-rendu vous permettra de comprendre que cette dernière affirmation est un pur mensonge.

Discours du ministre libéral Pierre Moreau (9h15 à 10h15)
Pierre-Moreau débuta en se disant très impressionné par le discours de Nolywé qui serait « un des plus beaux discours [qu’il] a entendu de toute [sa]vie ».  Il s’en suivit un discours du ministre d’une telle platitude que le modérateur, le journaliste Michel C. Auger, y  passa au moins 50 minutes le nez rivé sur son téléphone intelligent.  Le seul fait d’intérêt notable fût la présence d’Haroun Bouazzi président de l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL) dont le combat réel n’est pas pour la laïcité, mais plutôt pour la défense des intérêts des musulmans, comme le combat contre l’« islamophobie » (Poste de Veille, Août 2015). L’activiste a profité de la période de questions pour demander au ministre Pierre Moreau : « Avez-vous une stratégie pour que la fonction publique soit à l’image de la société québécoise » en faisant allusion au fait que le pourcentage de personne « racisées » est supérieur dans la société québécoise que dans la fonction publique. Vous comprendrez que Bouazzi se contrefiche du fait que la plupart des fonctionnaires (i.e. baby-boomers) ont été engagés à une époque où il y avait beaucoup moins de minorités dans la société québécoise et qu’il faudrait injustement réduire au minimum l’embauche de Québécois de souche qualifiés afin de combler ses désirs.

Panel de discussion (10h30 à 12h15)
À 10h30, quatre conférences eurent lieu en parallèle (Innovation, Mobilité Durable, Libre Échange, Libertés Civiles). Notre membre délégué décida que le panel de discussion sur les Libertés Civiles risquait d’être le plus intéressant. Le panel animé par la journaliste Isabelle Richer était composé du politicologue et chroniqueur Frédéric Bérard, du député fédéral du NPD Joël Lightbound, du spécialiste en cyber surveillance et sécurité de l’information Benoit Gagnon et de la professeure universitaire retraitée Janine Krieber.

Le panel de discussion intitulé « Libertés individuelles et sécurité nationale, le dilemme des démocraties » se concentra sur le projet de loi antiterroriste C-51 qui avait été déposé par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2015. La discussion n’avait rien d’un  débat « contradictoire, contrasté, opposé, et cela, sans complaisance » telle que promise par la présidente dans la conférence d’ouverture.  Tous étaient d’accord pour dire que le projet de loi C-51 des conservateurs n’était pas une bonne chose. D’entrée de jeu, Isabelle Richer, qui avait le rôle d’animatrice, pris position contre la loi C-51 en affirmant que ce projet de loi pour la sécurité nationale est « contre la sécurité nationale ». Une animatrice ne doit-elle pas être neutre lors de l’animation d’un débat? Les critiques les plus virulentes et les plus gratuites étaient formulées par Frédéric Bérard. En effet, l’homme fût rapide sur les raccourcis faciles : « accordez des lois arbitraires aux autorités policières et ça va mal se terminer », en parlant du projet de loi il affirma que « ça s’appelle slash dictature » et ne se priva pas de faire un parallèle avec la Deuxième Guerre mondiale. Joël Lightbound du NPD apporta deux éléments intéressants en mentionnant que C-51 posait un certain risque de censure dû au fait que « si on se sent surveillé, on va se censurer » et qu’en vertu de C-51, le SCRS peut aller dire à l’employeur que tel ou tel employé regarde des vidéos de DAESH ou de l’extrême-droite ou de tel groupe jugé extrémiste. Le point de vue le plus nuancé, le plus constructif et définitivement le plus intéressant était celui de Benoit Gagnon qui nous fit comprendre que ce dont le SCRS a le plus besoin n’est pas de nouvelle loi, mais plutôt d’outils informatiques efficaces pour faire l’analyse des données. En effets, nous mettons trop l’emphase sur la collecte de données et non sur l’analyse de celles-ci. Or, il est inutile de récolter des données si on ne peut les analyser convenablement.

La discussion devint intéressante lors de la période de questions quand un citoyen pris le micro pour dire aux panelistes que d’avoir confiné le panel sur la question du projet de loi C-51 était réducteur puisque les libertés civiles et individuelles représentent une question bien plus large. Il affirma qu’une des libertés présentement sous attaque est la liberté d’expression, et que la motion M-103 ainsi que les projets de loi L62 et L59 en étaient la preuve puisque ceux-ci risquent de faire taire les critiques de l’islam. Il invoqua le fait que l’on peut critiquer la religion catholique sans embûche alors qu’il en est autrement lorsqu’il est question des autres.  Rapidement et avec pour objectif d’éviter le débat, l’animatrice Isabelle Richer intervient en affirmant que la période de questions était terminée; cependant, une organisatrice descendit au micro pour dire que nous avions encore 10 minutes pour la période de questions. Prenant la balle au bond, le citoyen retourna au micro et affirma qu’il attendait les commentaires des panélistes. D’un ton énervé et choqué, Frédéric Bérard prit la parole en tentant de coincer le citoyen ; il affirma que celui-ci avait utilisé le terme « les autres » et qu’il tentait de faire un raccourci du genre « nous contre, eux » pour amener le sujet sur le terrain de la xénophobie. Le citoyen coupa rapidement Frédéric pour dire que ce n’était pas l’objet de la question et que le point était que la liberté d’expression s’en trouvait attaquée, car une minorité cherche à limiter la critique de l’islam en définissant celle-ci comme de l’islamophobie. Fait intéressant à mentionner : le citoyen s’est fait réprimander par un organisateur pour le commentaire qu’il a formulé;  étrange pour un organisme qui dit vouloir faire  « le pari de la rencontre frontale » et du débat d’idées.

Fait important à mentionner : le lecteur se rappellera que l’animatrice du panel, Isabelle Richer, est journaliste pour l’Émission « Enquête » qui nous présenta dernièrement un reportage sur l’extrême-droite, reportage qui avait pour but de promouvoir la phobie des mouvements identitaires, de marteler le message comme quoi la critique de l’islam serait de l’islamophobie et égratignant au passage Mathieu Bock-Côté et Richard Martineau (reportage du 9 mars 2017). De plus, nous trouvons important de mentionner que Frédéric Bérard est un occidentalophobe convaincu; il avait d’ailleurs écrit le 29 janvier dans le journal Métro que les attentats de Québec étaient « la simple suite logique de ce qui se prépare depuis (trop) longtemps ».  Il affirme que c’est la conséquence combinée des éléments suivants :

  • Code de vie d’Hérouxville porté par les « élucubrations islamophobes d’un imbécile »
  •  « La saloperie de Charte des valeurs » de Bernard Drainville
  • François Legault en voulant « imposer aux immigrants, lire aux musulmans, un test des valeurs »
  • « Les chroniqueurs et commentateurs se cachant derrière la liberté d’expression pour vomir, au quotidien, leur islamophobie patente, celle-ci étant relayée, en tout temps, par les radios de droite, les plus populaires à Québec »
  • Et certaines déclarations de Jean-François Lisée, Régisse Labeaume
  • La vague identitaire sur lequel l’ADQ et le PQ ont surfé par le passé
     

Discours du chef du PQ Jean-François Lisée (13h35 à 14h30)
Le discours de Jean-François Lisée fut beaucoup plus intéressant que son homologue du PLQ, mais tout aussi partisan. Dans le but de mieux comprendre cette jeunesse bienpensante, nous parlerons plutôt de la période de questions et non pas du discours en lui-même puisque celle-ci est beaucoup plus révélatrice.

« Je m’appelle Jonathan Marleau et je suis noir ».

Jonathan nous expliqua que comme homme noir il se sent discriminé tant pour louer un logement qu’en matière d’emploi. Il expliqua que son nom à consonance québécoise lui permet de décrocher des entrevues, mais pas des emplois. Il aurait été intéressant de lui rappeler que les Québécois de souche qui décrochent des entrevues sans obtenir de postes sont nombreux et n’ont pas la logique victimaire pour panser leurs plaies d’orgueil ! Qui est Jonathan Marleau direz-vous? C’est le président de l’aile jeunesse du Parti Libéral québécois ; c’est lui qui a amené l’aile jeunesse à demander au premier ministre de faire une commission d’enquête sur le racisme systémique au Québec (LaPresse, 10 août 2016). Une autre intervention intéressante fût celle d’une déléguée, Haroun Bouazzi, qui prit le micro pour se plaindre d’une citation de Jean-François Lisée ; jouant la victime au bord des larmes, elle amèna Lisée à se prononcer sur un commentaire « islamophobe » qu’il aurait fait dans le passé ; Lisée, en habile politicien ne fut aucunement déstabilisé et contourna la question avec élégance.

Panel sur les enjeux autochtones (14h30 à 15h45)
Le panel sur les enjeux autochtones révèle plusieurs éléments intéressants. D’abord, sur les quatre panélistes invités, nous remarquons la présence de deux hommes blancs, Alexandre Cloutier député du PQ et Martin Papillon professeur de sciences politiques de l’UdeM, et de deux femmes autochtones métissées, Michèle Audette commissaire de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et Widia Larivière cofondatrice Mikana et militante d’Idle No More Québec.

Nous avons observé que les deux hommes tombèrent rapidement dans la logique stéréotypée de présenter l’homme blanc comme le coupable et l’indien comme la victime du racisme de l’homme blanc. Martin Papillon n’y alla pas de main morte en affirmant que « le Québec a tendance à se voir comme une société victime du colonialisme », qu’« il faut voir la société québécoise comme une force colonialiste » et « accepter de se voir comme des colonisateurs ».  De telles affirmations supposent que l’on a oublié que la Nouvelle-France a prospéré grâce à l’excellence des relations entre les Canadiens-français et les autochtones et que cette relation fut détruite par la conquête britannique. Faut-il rappeler que les questions autochtones sont de juridiction fédérale et que la balance du pouvoir en cette matière est entre les mains d’Ottawa?

Les deux femmes autochtones avaient un point de vue plus nuancé et plus riche en explications ; elles abordèrent la question identitaire des peuples autochtones. Michèle Audette nous rappela que l’objectif des pensionnats autochtones était de « tuer l’indien dans le cœur de l’indien ». Widia nous appris que bon nombre d’autochtones ont dû réapprendre leur langue ancestrale et que plusieurs sont en perte d’identité. Il faudrait donc que les « autochtones retrouvent leur fierté identitaire ».  Ce témoignage n’est-il pas un avertissement à nous Québécois de souche et autres peuples combattant pour la survie de notre identité ? Les premières nations ne sont-elles pas les premières victimes d’un système cherchant à arracher les identités pour transformer les individus en travailleur-consommateur ? Le mondialisme ne cherche-t-il pas à réaliser la même chose que les pensionnats autochtones, soit extirper les identités ? La perte d’identité des autochtones les a amenés vers le désespoir; nous aurions avantage à en tirer une leçon.


Revue de l’année 2016 et perspectives pour 2017 (16h00 à 17h15)
Le dernier panel de conférenciers rassembla deux journalistes de Radio-Canada, deux de l’Actualité et une de Vox pour faire une revue de l’année 2016 et envisager des perspectives pour 2017. Comme on aurait pu s’y attendre, nous avons eu droit à des attaques groupées contre le président américain et une démonisation du vote des patriotes européens qui, sans surprise, est démonisé par le qualificatif d’ « extrême droite ».  On a aussi beaucoup insisté sur le fait que Justin Trudeau commençait à perdre des plumes. En effet, les chroniqueurs n’hésitent plus à dépeindre le côté superficiel du premier ministre canadien et entrevoient un essoufflement à mi-mandat qui n’augure rien de bon pour la fin du mandat libéral.


Pour conclure
Assister à une la conférence Maître-Chez-Vous de Force Jeunesse permet de tirer plusieurs conclusions sur la mentalité de cette partie de la jeunesse qui se trouve dans le camp de la gauche bienpensante. Ce groupe qui se targue de parler au nom de toute la jeunesse n’a aucune représentativité légitime, car il est clair que les patriotes n’y seront jamais représentés. Le groupe se vante de favoriser le débat d’idée, la « transpartisanerie » et le choc des idées ; pourtant, les participants des panels de discussion proviennent essentiellement de la même école idéologique. Impossible d’observer un quelconque débat entre les différents intervenants, ni même un minuscule point de désaccord affirmé.

Mathieu Bock Côté ne disait-il pas que la gauche bienpensante ne serait satisfaite que lorsqu’elle débattera avec elle-même ? Avec Force Jeunesse, nous y sommes.

Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple

Références
ForceJeunesse, Les Rencontres Maîtres Chez-Vous, Édition 2017, http://www.forcejeunesse.qc.ca/maitres-chez-vous/edition-2017/
Poste de Veille (18 août 2015) « AMAL-Québec soutient le projet de censure du gouvernement Couillard »,    http://www.postedeveille.ca/2015/08/amal-soutient-le-projet-de-censure.html
Radio-Canada, « Temps extrêmes », Émission Enquête, épisode du 9 mars 2017, http://ici.radio-canada.ca/tele/enquete/2016-2017/segments/reportage/17930/enquete-populisme-immigration-extreme-droite-islam
Journal Métro (29 Janvier 2017), Juste dégueulasse, http://journalmetro.com/opinions/in-libro-veritas/1082936/juste-degueulasse/
Solidarité Sans Frontières, « Vendredi: Le SCRS et l’Islamophobie systémique au Canada »,  http://www.solidarityacrossborders.org/fr/friday-csis-and-systemic-islamophobia-in-canada-april-14
LaPresse (10 août 2016), « Les jeunes du PLQ exigent une enquête publique sur le «racisme systémique», http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201608/10/01-5009120-les-jeunes-du-plq-exigent-une-enquete-publique-sur-le-racisme-systemique.php

Partager.

Donnez votre avis

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.