Contes inspirés par le fleuve Saint-Laurent

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Les légendes consacrées au fleuve, à ses affluents, à ses îles, se comptent par dizaines. Au fil du temps, elles ont été modifiées, adaptées, amplifiées.

Pour l'ethnologue Jean Du Berger, qui s'est intéressé dans ses travaux aux légendes québécoises, de tout temps, le Saint-Laurent a nourri l'imaginaire collectif.

« Le fleuve a longtemps été la principale voie de navigation sur le territoire. Les contes avaient pour but d'éclairer les mystères entourant le Saint-Laurent », explique l'ancien professeur à l'Université Laval.

« Les dangers ont toujours été nombreux sur le fleuve, les noyades et les bateaux coulés étaient fréquents, et ça se reflète dans nos contes et nos légendes. C'est bien normal, puisque nous sommes un peuple de conteurs. »

Le capitaine changé en goéland

Après avoir passé l'hiver à construire sa goélette avec deux charpentiers dans le coin de Charlesbourg, un capitaine attela à son embarcation des chevaux et la descendit sur la rive le printemps venu.

À sa première sortie en mer, le capitaine fut pris d'un malaise et l'équipage jeta son corps par-dessus bord. Au paradis, le capitaine supplia Dieu de lui permettre de revoir son embarcation. Dieu le transforma en goéland, mais le prévint que s'il était tué, un malheur frapperait la goélette. En survolant le bateau, le goéland fut tué par un membre de l'équipage. Quelques instants plus tard, une violente tempête fit échouer la goélette sur des récifs. Depuis, les marins y pensent à deux fois avant de s'en prendre à un goéland en mer.

Le bateau caché

En 1690, une trentaine de bateaux anglais assiégèrent la ville de Québec. Les miliciens de Frontenac, aidés par des hommes qui avaient fait bénir leurs armes à Sainte-Anne-de-Beaupré, parvinrent à repousser les Anglais. Triomphants, les miliciens allèrent déposer le drapeau de l'ennemi au pied de sainte Anne.

Les miliciens craignirent alors que les bateaux français venus en renfort fussent attaqués par les navires anglais battant en retraite sur le fleuve. Un courrier à cheval fut envoyé. Toute la flotte française, sauf un bateau, parvint à se réfugier sur le Saguenay. Un soldat français supplia alors sainte Anne de protéger le navire vulnérable. C'est alors qu'un épais brouillard se leva en enveloppa le bateau, le protégeant d'une attaque anglaise.

Les fêtards et les baleines endiablées

Un 24 juin, plusieurs familles de Rivière-Ouelle, rendues riches grâce à la pêche à la baleine, célébraient sur les rives du fleuve au terme d'une saison faste. Soudainement, au matin, après une nuit bien arrosée, de grandes mains firent irruption de la brume et descendirent vers les fêtards.

Effrayés, ils sautèrent dans leurs barques, seulement pour voir les larges mains les repousser vers la rive. Réfugiés dans des maisons environnantes, les fêtards virent une immense vague s'abattre sur la rive et engloutir les ossements de baleines éparpillés sur la rive. De la vague surgirent une centaine de baleines qui plongèrent dans le fleuve.

Source

Source : Légendes du Saint-Laurent I et II, Jean-Claude Dupont, Éditions J.-C. Dupont, 1986

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