Croix de montagne

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Une « tradition » récente, remontant à la deuxième moitié du XIXe siècle, mais ayant des précédents très anciens, consiste à ériger des croix monumentales (au moins par leurs dimensions) sur le sommet des montagnes (voir par exemple Croix du Nivolet). C'est la survivance de rituels plus anciens de christianisation de lieux réputés possession du diable ou d'esprits maléfiques : inaccessibles, inexploitables à toute activité humaine, les sommets étaient souvent voués à saint Michel, adversaire traditionnel du diable. La croix était un signe de prise de possession de la religion catholique, parfois explicitement contre le protestantisme, comme la croix du Reculet, dans le Jura. Avec l'avènement de l'alpinisme, l'érection d'une croix, signal visible de loin, relève de l'acte religieux, mais tout autant de la fierté de la victoire de l'homme sur la nature. La Statue du Christ Rédempteur du Corcovado, au Brésil, peut par sa forme être considérée comme une des plus grandes croix monumentales.

La croix de Paul Chomedey de Maisonneuve

En 1643, une croix en bois fut érigée par Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de la colonie de Ville-Marie, pour accomplir un vœu qu'il avait fait à la Sainte Vierge après avoir prié pour l'arrêt d'une inondation dévastatrice.

La croix du Mont-Royal

En 1874, pour souligner son 40e anniversaire de fondation, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal énonce l'idée d'une croix sur le Mont-Royal en souvenir de celle de Maisonneuve.

Cinquante ans plus tard, le projet se réalise. Un comité des finances se forme. Des architectes préparent un plan. 104 200 bénévoles dont 4 200 adultes et 100 000 élèves de la province contribuent à la cause en offrant des timbres commémoratifs de la Croix du Mont-Royal. Les timbres se vendent 5 cents chacun. 10 000 $ sont ainsi amassés.

Les travaux de construction débutent le 16 mai 1924. La pierre angulaire de la croix est bénie par Mgr Alexandre-Marie Deschamps. La structure métallique est réalisée par la compagnie Dominion Bridge selon les plans de Pierre Dupaigne, prêtre sulpicien. Les travaux se terminent à la mi-septembre 1924, mais la croix n'est illuminée pour la première fois que la veille du Noël. L'entreprise Montreal Light, Heat and Power fournit l'électricité gratuitement.

En 1929, la Société Saint-Jean-Baptiste offre la croix en cadeau à la Ville de Montréal mais aucun document ne l'atteste. Malgré tout, la Ville de Montréal assumait l'entretien de sa structure et de son illumination. En juin 2004, une résolution du Conseil municipal de la Ville de Montréal approuve enfin cet acte de cession de la croix du Mont-Royal

La croix a notamment servi de lieu de pèlerinage lors du congrès eucharistique de Montréal en 1935.

En 1992, un système à fibres optiques facilite le transfert de couleur. Ce système a été inauguré le 15 mai dans le cadre des célébrations du 350e anniversaire de la fondation de Montréal.

Le 4 février 2009 se terminait d'importants travaux de restauration menés par la Ville de Montréal depuis 2007, une opération qui incluait notamment la remise en état des structures métalliques (extrêmement corrodées) et le remplacement du système d'éclairage utilisé depuis 1992.

Composée de diodes électroluminescentes polychromatiques (DEL), la nouvelle installation a une consommation énergétique de 3950 W, soit 550 de moins que l'ancien système à fibres optiques. Il est à noter que le changement de couleurs sera désormais contrôlable à distance.

Ces travaux auront coûté jusqu'ici près de 1,5 million de dollars. Un investissement supplémentaire d'environ 500 000$ est prévu en 2009 pour permettre d'achever l'aménagement autour du monument, incluant l'accessibilité et le mobilier urbain.

Structure et couleurs

La croix est haute de 33 m et ses bras s'étendent sur 10 m. Sa structure métallique composée de quelque 1830 pièces reliées par plus de 6000 rivets totalise un poids de 26 tonnes, reposant sur huit pilastres de béton.

La couleur des ampoules changent lors d'évènements spéciaux. De blanche, elle passe au violet pour souligner la mort d'un pape ou d'un roi. La couleur jaune indique un couronnement. En 1975, le bleu illuminait la croix pendant les festivités de la Saint-Jean-Baptiste.

Anecdote

En 1988, Hans Marotte avait enrubanné la croix d'une immense bannière Loi 101, geste qui lui avait valu une notoriété instantanée partout au Canada.

La croix du Mont Bellevue de Sherbrooke

Source

La Croix lumineuse du mont Bellevue avait été «bénie» le 29 octobre 1950.Si l'idée de doter le sommet de la montagne de l'ancien quartier Ouest de Sherbrooke d'une telle structure métallique avait été avancée en 1937, à l'occasion du faux centenaire de Sherbrooke célébré en grandes pompes, elle fut reprise avec succès et dans le temps de le dire dans le cadre de l'Année sainte.À Sherbrooke, à l'instigation de Paul Leclerc et de la Ligue des propriétaires, le projet fait boule de neige. Il en a coûté 10 000 $ pour ériger la Dame de fer et en l'espace de quelques mois, plus de 8000 $ avaient été recueillis en souscription populaire; la différence ayant été acquittée par la «Cité» de Sherbrooke.

Montagne de la croix de Clermont

Source

En 1944, les deux frères Maurice et Narcisse Fortin prirent l’initiative d’aller planter au sommet de la montagne qui domine Clermont, une première croix en cèdre d’environ quatre à cinq mètres de hauteur.

Peu de temps après, l’abbé Antoine Grenier, curé de Clermont (1945-1957), suggéra à ses paroissiens de remplacer cette croix par une autre plus imposante.  Il voulait ainsi mettre ses ouailles sous la protection du signe chrétien et les inciter à la prière.

Une grande partie des habitants participèrent bénévolement à ce chantier.  Le 29 août 1949 s’éleva dans le ciel, une croix en acier de 15 mètres de hauteur, dressée sur une montagne de plus de 200 mètres d’altitude.  Trois mois plus tard, ils décidèrent de l’illuminer.

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