Denis Coderre et la corruption assumée

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Ceux qui voyaient en Denis Coderre une rupture avec l’administration Tremblay-Applebaum n’ont pas été déçus. Alors que les populations montréalaise et québécoise dans son ensemble avaient pu constater la version élastique de l’éthique et de l’honnêteté de l’équipe Tremblay-Applebaum après leur prise de pouvoir, les malversations et la collusion dont Coderre s’est rendu coupable sont connues depuis belle lurette. Ne souhaitant pas être désappointés, les Montréalais ont, semble-t-il, décidé d’élire un maire qu’on savait déjà à la moralité douteuse.

Denis Coderre est un politicien professionnel dans tout ce qu’il y a de pire. Dès son plus jeune âge, il s’impliqua dans les Jeunes libéraux. Déjà, il se faisait remarquer pour sa conscience pour le moins discutable.

« Dans son livre Reign of error, qui relate le passage catastrophique de John Turner à la tête du PLC, le journaliste Greg Weston raconte que Denis Coderre, alors jeune militant influent, a participé en 1986 à une opération pour acheter, à coup de centaines de dollars, l'appui de jeunes délégués avant un vote de confiance pour M. Turner. Ça se passait dans une suite du Westin, à Ottawa, avec une "boîte à chaussures pleine de billets de 20$", écrit Greg Weston. Il cite Denis Coderre avouant que bien peu de jeunes se seraient déplacés sans "commandite"… »

Bien entendu, cela n’est probablement pas la seule histoire dans laquelle Coderre fut impliqué, mais à cette époque où les médias électroniques n’existaient pas encore et où les téléphones ne pouvaient tout filmer ou tout enregistrer, de nombreuses histoires ont pu être passées sous silence. Toujours est-il qu’à partir de 1988, celui-ci chercha à se faire élire sous la bannière rouge des libéraux fédéraux, tout en travaillant pour la compagnie Polygone de Luc Lemay, qui étrangement recevra 40 millions en dollars dans le scandaleux programme des commandites dévoilé par le juge Gomery.

Denis Coderre fut finalement élu au Parlement d’Ottawa dans la circonscription de Bourassa en juin 1997. Aussitôt élu, Coderre aménagea dans un condominium payé par Claude Boulay, président du Groupe Everest (nous y reviendrons dans la section sur le scandale des commandites).

Deux ans après, le premier ministre Jean Chrétien le nomma secrétaire d’État au sport amateur, un ministère où il est difficile de faire des vagues. Il continua à accepter des cadeaux comme des billets dans les loges pour les Canadiens de Montréal, équipe dont il aime tant parlé, offerts par des acteurs clés du scandale des commandites comme Jean Lafleur, qui écopa de 40 mois de prison pour corruption et autres.

Secrétaire d’état aux sports amateurs, Coderre octroya un contrat de 500 000$ au groupe Everest (dont le président payait le condo de Coderre, rappelons-le). Le Bloc Québécois dénonçait des irrégularités dans l’octroi de ce contrat et accusaient Coderre d’être intervenu personnellement. Comme dans toutes les causes entourant Coderre, rien n’a pu être prouvé hors de tout doute raisonnable et il pu continuer sa carrière en espérant que les électeurs oublient.
 

Immigration = Corruption

Réélu, Coderre obtint une promotion en janvier 2002 à l’Immigration et à la Citoyenneté. Certains se rappelleront sûrement l’histoire du Strippergate. Coderre ne fut ministre de l’Immigration que deux ans, mais ces deux ans restent marqués dans notre mémoire.

Le premier scandale fut celui du Strippergate. Les libéraux avaient statué que les danseuses érotiques étaient un domaine dans lequel nous avions une pénurie de main-d’œuvre. Il fut donc décidé d’accélérer les demandes faites par les femmes affirmant être danseuses nues.

Une consultante en immigration, Marie-Claude Montpetit, se rendit compte que dans certains cas, les documents étaient falsifiés. Elle chercha à comprendre et réalisa que de nombreuses femmes, arrivant au Canada sous la glorieuse étiquette de danseuses nues, étaient en fait victimes de trafic sexuel. Elle alerta le ministre Denis Coderre, qui étonnamment ne chercha pas à investiguer, mais tenta d’étouffer l’affaire et s’attaqua à grands coups de mises en demeure à Montpetit et à tous les médias acceptant de lui donner du temps d’antenne. D’après les allégations de cette dernière, Coderre aurait bénéficié de pots de vins provenant des responsables du trafic sexuel mis en place avec la complicité du ministère de l’Immigration.

Comme si ce n’était pas assez, une enquête de la GRC et du SCRS a démontré que 500 Pakistanais ayant soumis de faux documents et dont certains étaient liés au groupe terroriste Jamaat ul-Fuqra avaient été acceptés durant le règne Coderre. Dans le dossier de ceux-ci, il y avait une mention recommandant de saisir les faux et de les déporter, mais Coderre était intervenu directement, demandant aux fonctionnaires d’ignorer les enquêtes de sécurité et de leur permettre d’obtenir la résidence permanente ! Quel bel exemple de politicien dévoué au bien-être de ses concitoyens !

Denis Coderre, juste avant de quitter son poste de ministre de l'immigration en 2004, laissa les Montréalais avec un autre scandale qui fut révélé seulement dix ans plus tard en 2014.  Il s'agit rien de moins que «d'immigration illégale massive» pour faire fléchir le vote en faveur d'un candidat libéral. Cette fois c'est un militant libéral d'origine indienne qui fut accusé, Daljit Singh Kalkat, pour avoir fait entrer au moins 250 immigrants de manière illégale, d’avoir incité des personnes à faire de fausses représentations, d’avoir possédé et utilisé des documents frauduleux, d’avoir fait le trafic de documents contrefaits, d’avoir travaillé sans autorisations au Canada et d’avoir travaillé illégalement comme conseiller en immigration.

Arrivé au pouvoir, Paul Martin déplaça Denis Coderre au Conseil privé de la Reine, avant de simplement l’écarter en raison de ses liens avec le scandale des commandites.
 

Scandale des commandites

Concernant ce scandale, il est bien de faire une pause. Denis Coderre a toujours affirmé être blanc comme neige, puisqu’il n’a pas été arrêté ni accusé au criminel. C’est un sophisme, car personne du cabinet Chrétien ne fut arrêté ou accusé, seuls certains entrepreneurs privés le furent. Pourtant, c’est une vérité de La Palice que de dire que la corruption se fait à deux. Toujours est-il qu’aucun des libéraux ne fut arrêté ou incarcéré. Donc Coderre est innocent !

Ainsi, durant la commission d’enquête présidée par l’Honorable John Gomery, les liens de Denis Coderre avec les entrepreneurs ayant reçu des millions en commandites furent détaillés. Ces derniers donnaient tous des cadeaux (billets dans les loges pour Lafleur, condominium pour Boulay) à Denis Coderre sans rien attendre en retour. Simplement parce que c’est un maudit bon gars ! Le fait que le Groupe Everest reçoivent 500 000$ en contrat de Coderre lorsqu’il était au sport amateur n’a aucun lien et si quelqu’un pense le contraire, une bonne vieille mise en demeure saura le convaincre de se raviser.

Ses liens avec Gilles Thibodeau furent plus compliqués à expliquer. Ce collecteur de fonds associé au Groupe Séguin était décrit par une source anonyme du Devoir comme étant capable de collecter des enveloppes brunes de 10 000$, 15 000$ et 20 000$. Mais comme le dit si bien Coderre, rien n’a été prouvé.

L’interrogatoire de l’ancien directeur du Parti libéral du Canada, Benoit Corbeil, révéla pourtant certaines anomalies (pour ne pas dire fraudes électorales) dans certains comtés, notamment celui de Bourassa.
 

Mafia & cie…

Avec des amitiés aussi édifiantes, il ne fut pas surprenant de constater que depuis 2001, l’équipe libérale de Coderre reçut des milliers de dollars en dons d’entreprises et d’entrepreneurs accusés dans des histoires de corruption, d’évasion fiscale ou de fraudes. Encore une fois, nous n’alléguons rien, nous croyons simplement que ces entrepreneurs douteux et ces mafiosis donnaient d’immenses sommes d’argent à Coderre, parce que c’est un maudit bon gars, rien de plus.

En fait, plusieurs de ces donateurs furent la vedette de la nouvelle commission d’enquête sur la corruption, celle présidée par la juge Charbonneau. Parmi les donateurs célèbres de Denis Coderre figure Lino Zambito, notre sympathique mafieux, qui a remis à Coderre plus de 3 000$. Il y a aussi Elio Parlarulo, partenaire du mafioso Paolo Catania, qui a donné plusieurs centaines de dollars à la caisse de Coderre. Guiseppe Borsellino, présentement sous enquête pour corruption, a lui aussi versé des sommes à Denis Coderre. Il ne faut pas oublier Gino Lanni, qui lui a donné 1000$ et qui est impliqué dans une histoire de corruption et de fausses factures, ou encore Donato Tomassi, propriétaire du Groupe Genco et père de l’ancien ministre libéral Tony Tomassi , relevé de ses fonctions pour avoir utilisé des cartes de crédit payées par une compagnie privée. Sur la liste figurent également quelques entreprises, comme Petra, présentement sous enquête, qui a donné près de 1000$, et Catcan, une entreprise qui s’est enrichie grâce aux faux extras et qui a donné plus de 200$ à l’équipe libérale de Bourassa. Bref, la commission Charbonneau dévoile une bonne partie des amis de Denis Coderre.

Mais évidemment, tout ça, c’est du passé et c’était lorsque Denis Coderre était député fédéral. Au niveau municipal, Denis Coderre n’incarne que l’honnêteté et l’éthique.
 

Maire de Montréal…

Dans les quelques semaines que dura sa campagne électorale le menant au poste de maire, Denis Coderre dut se débarrasser de deux de ces candidats après que les médias eurent appris que ceux-ci n’étaient pas aussi nets qu’on aurait pu le croire en écoutant Denis. Le premier, Mario Charpentier, avait aidé l’ADQ à enfreindre la loi électorale en 2008 et le second, Robert Zambito, était sous enquête pour des malversations et de la corruption.

Aujourd’hui, les Montréalais ont le maire qu’ils méritent ! Il est bon de savoir que si Applebaum, arrêté pour corruption, s’était représenté, il aurait 17% des voix, principalement celles de Coderre, dont le support serait passé de 30% à 20% des intentions de vote (sondage réalisé avant l’élection). Bref, pour certains, élire un maire corrompu est tout sauf un problème !

Nous avons la chance d’avoir un maire qui a la mémoire courte et qui déclare aujourd’hui la guerre aux salons de massage érotique. Une guerre qui est certes noble, mais qui sonne faux lorsqu’on se rappelle que celui qui la proclame est celui qui a facilité le trafic sexuel à Montréal au début du siècle. S’il n’avait pas été ministre de l’Immigration, il y aurait à Montréal moins de salons de ce genre et moins de maisons closes exploitant des femmes venues d’autres continents.

D’ici à la prochaine élection, nous pouvons nous consoler en regardant les frasques du Torontois Rob Ford, mais en gardant toujours en tête, que oui, Ford a une vie malsaine, mais qu’au moins, il n’a jamais été impliqué dans un scandale de corruption, collusion ou de malversation.

Pour la préservation de notre peuple,
Nationalistes Ville-Marie


Sources et documentation:

Immigration illégale massive: un militant libéral accusé
L'incontournable Denis Coderre
Traite de personnes et trafic d'influence
Honte: L'affaire Coderre dans les librairies, mais pas dans les Médias
Strippergate
Strippergate: la saga Coderre-Montpetit
Feuille de route douteuse pour Denis Coderre
Salon de massage érotique: Coderre veut sévir
Qui est Denis Coderre?
Le maire Coderre assiste au festival image+nation
Coderre était au courant de la situation dans le village gai
Denis Coderre présente son bras droit
Les 15ans de vie parlementaire de Denis Coderre
Denis Coderre accueille des nouveaux venus en politique
Un candidat de Denis Coderre démissionne
Montréal n'a pas besoin d'un libéral déchu
Please, pas Denis Coderre!
Commandites: Dion et Coderre témoignent
Coderre maire de Montréal? Mieux vaut son ami Lino Zambito!

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