Immigration: la dérive des élites

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Le récent microdébat entourant les nouvelles politiques d’immigration du gouvernement libéral et de la ministre Weil démontre bien toute la dérive idéologique de nos soi-disant élites sur la question.

Mis devant l’échec lamentable des politiques d’immigration et d’intégration, ceux-ci sombrent de plus en plus vers une dérive autoritaire et se comportent comme un empereur Néron, qui joue de la harpe et chante les bienfaits de l’immigration de masse alors que la nation brûle et se fracture socialement de manière irréversible.

Il y a pourtant un avantage à cette situation : elle démontre toute la portée du radicalisme idéologique de nos élites qui veulent à tout prix, pour une raison inavouée, voir la nation québécoise disparaître dans un océan de diversité ethnique et culturelle au point où la cohésion sociale, l’économie et l’équilibre démographique n’ont plus d’importance.

Voyons voir les solutions proposées par nos « élites » cette année…

1. Favoriser l’exode rural

Il s’agit d’une suggestion du Conseil du patronat datant du 30 janvier 2015(1). Yves Thomas Dorval y va de plusieurs suggestions douteuses avant de se rétracter devant une montée de bouclier de la population. Peu importe, la situation démontre bien le fond de la pensée du Conseil du patronat qui propose au gouvernement de «réallouer une partie des budgets actuellement consacrés au maintien des municipalités dévitalisées vers des mesures facilitant la relocalisation des ménages qui y habitent. »

L’organisme soutenait dans son mémoire que l’exode vers les centres urbains doit être vu « comme quelque chose de normal, pas contre un mal contre lequel il faut nécessairement lutter à tout prix. »

Bref, on incite à la fermeture de régions entières comme la Gaspésie et la Côte-Nord.

(1) http://www.journaldemontreal.com/2015/01/30/le-conseil-du-patronat-veut-fermer-les-regions-pauvres

2. Augmenter l’immigration

Une autre suggestion du Conseil du patronat qui propose non seulement de favoriser l’exode rural (voir point numéro 1), mais aussi d’augmenter les taux d’immigration à 60 000! Tout le monde en ville et ouvrons les frontières!

Dès 2007, le Conseil du patronat suggère des taux de 60 000 immigrants par année(1) (malgré que le Québec a un des plus hauts taux par habitant au niveau mondial(2)), ce qui laisse croire qu’en 2015, sa suggestion sera à la hausse ou au même niveau. Mais ce n’est pas tout! Le Conseil suggère aussi de sabrer dans le seul programme nataliste du Québec, le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP)(3). Dire que le bas taux de natalité est une des raisons (bidon) qu’on nous sert pour justifier des hausses d’immigration!

Concernant l’immigration, le Conseil déclare qu'en fait, « ce rôle est en passe de devenir crucial, notamment compte tenu des besoins en main-d’œuvre dans les entreprises du Québec », alors que l’actuel ministre des Finances, Carlos Leitao, un économiste, a déjà déclaré que « l’immigration ne réglera pas la pénurie de main-d’œuvre »…(4)

Le Conseil déclare également que « cette période d’adaptation est relativement courte par rapport à la vie active d’un individu. Rapidement, les coûts de la période d’adaptation font place aux bénéfices d’un citoyen qui participe pleinement au marché du travail, qui s’engage dans sa communauté, qui paie des impôts et qui contribue entièrement à sa société d’accueil », cela « compte tenu de l’impact bénéfique de l’immigration sur l’économie ». Une réalité contredite par les faits et les chiffres des études du gouvernement! (5) (6) (7) (8)

Le Conseil propose d’autres inepties comme une meilleure reconnaissance des diplômes, alors que la qualité des diplômes d’une majorité d’immigrants laisse à désirer (9) (10) (11) (12)! Il vante aussi une rétention des immigrants économiques, alors que ce programme a été démontré comme étant un fiasco seulement bénéfique aux banques plutôt qu’à la société(13).

(1) https://www.cpq.qc.ca/publications/lettres-d-opinion/lettres-d-opinion-2007/cap-sur-les-60-000-immigrants
(2) http://www.journaldemontreal.com/2015/02/14/limmigration-au-quebec–entrevue-avec-le-demographe-guillaume-marois
(3) https://www.cpq.qc.ca/publications/lettres-d-opinion/le-conge-parental-peut-on-vraiment-se-le-payer
(4) http://quebecoisdesouche.info/leconomiste-carlos-leitao-limmigration-ne-reglera-pas-la-penurie-de-main-doeuvre/
(5) http://quebecoisdesouche.info/?s=le+fardeau+
(6) http://www.quebecoisdesouche.info/index.php?view-5

(7) http://ici.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2013/08/29/002-rapport-selection-immigrants-institut-fraser.shtml
(8) http://www.lapresse.ca/actualites/national/201211/27/01-4598152-taux-de-chomage-criant-chez-les-immigrants-particulierement-au-quebec.php
(9) http://quebecoisdesouche.info/fqs-les-medecins-etrangers-un-danger/
(10) http://www.quebecoisdesouche.info/index.php?laquivalence-des-diplames
(11) http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201011/19/01-4344396-ce-quil-faut-dire-sur-laccueil-des-medecins-etrangers.php
(12) http://www.lapresse.ca/opinions/201011/23/01-4345584-gynecologues-etrangers-pourquoi-faire-lautruche.php?
(13) http://quebecoisdesouche.info/fqs-les-immigrants-investisseurs-ou-va-largent/

3. Imposer des quotas ethniques à l’ensemble des entreprises

Suggestion curieuse de la part du président de la Commission des droits de la personne, Jacques Frémont, datant du 28 janvier 2015. « L’État devrait donc les forcer juridiquement à adopter un mécanisme visant à contrer toute forme de racisme et de discrimination au moment de recruter des employés, plaide l’organisme dans son mémoire présenté mercredi dans le cadre de la consultation publique menée par le gouvernement sur la future politique d’immigration du Québec. » Il poursuit en proposant un « statut particulier » aux minorités au sein de la fonction publique pour « montrer l’exemple »(1).

Bref, la Commission des droits de la personne propose de créer des classes de citoyens privilégiés et de discriminer davantage (puisque la discrimination « positive » existe déjà) la majorité des Québécois en faveur des minorités ethniques, qui sont dans certains quartiers déjà des majorités. Il est tout aussi curieux qu’une commission des « droits » se permette de brimer le droit des employeurs de choisir le meilleur candidat pour un emploi au nom de la couleur de peau!

On rappelle également à nos lecteurs qu’originalement, la Charte interdisait ce genre de discrimination, mais que notre cher gouvernement l’a modifiée pour le permettre en 1985 et à l’an 2000(2).

(1) http://www.lapresse.ca/actualites/national/201501/28/01-4839327-du-racisme-dans-le-secteur-prive-selon-la-commission-des-droits-de-la-personne.php
(2) http://quebecoisdesouche.info/fqs-la-charte-un-instrument-de-discrimination-contre-la-majorite/

 

4. Forcer les immigrants à s’établir en région

Cette mesure totalitaire est proposée par Charles Taylor. Le tout prendrait la forme d’un contrat où l’immigrant aurait l’obligation de s’établir, tel un colonisateur, en région et en retour, l’État traiterait de manière prioritaire son dossier d’immigration(1).

Cette mesure est particulière dans le sens ou certaines régions ont déjà un nombre d’emplois limités et que l’État favoriserait l’installation et l’embauche (voir point numéro 3) des immigrants au détriment des natifs. Ensuite, cela contreviendrait aux droits de l’immigrant à la mobilité et au choix de son emploi. D’un point de vue moral, l’immigrant est ici traité comme une marchandise que l’on déplace et installe selon les besoins d’ingénierie sociale du gouvernement. Il faut noter que nulle part Charles Taylor ne propose une réduction de l’immigration. Il faut donc s’attendre à la réorientation de 55 000-60 000 immigrants vers des régions faiblement peuplées qui ont peu d’infrastructures, alors que la région de Montréal est déjà saturée et que les Québécois de souche y sont déjà minoritaires. Logiquement, dans quelques années, l’ensemble des villes moyennes du Québec se retrouveront dans la même situation que Montréal.

Ironiquement, d’autres propositions (voir la proposition numéro 1) favorisent l’exode rural des Québécois d’origine, alors qu’ici on favorise l’installation des immigrants en région – cherchez l’erreur. Remplacement de population plus ou moins avoué.

(1) http://www.journaldemontreal.com/2015/02/02/lintegration-des-immigrants

5. Gilles Duceppe… ou l’incompétence incarnée

Gilles Duceppe, l’ancien chef du Bloc Québécois, dans un article du 1er février, démontre son incompétence et méconnaissance du dossier par une série de déclarations, qu’il n’appuie sur aucune étude et aucun fait, et qui sont contredites par les experts. Voyons voir.

Selon Gilles Duceppe, « il est important de favoriser l’immigration pour plusieurs raisons, dont voici les quatre principales : 

  • Contribution à la croissance démographique du Québec;
  • Maintenir et développer notre caractère français;
  • Pallier en partie des pénuries de main-d’œuvre;
  • Répondre à un devoir de solidarité ­internationale pour des raisons humanitaires.» (1)

Le premier point, la « croissance démographique », est contredit par les études qui démontrent que l’immigration n’affecte en rien les taux de fécondité et le vieillissement de la population pour soutenir une augmentation de la population en utilisant l’immigration. Le taux d’immigrants doit sans cesse être rajusté proportionnellement à la croissance démographique engendrée, de manière exponentielle et infinie. C’est une politique suicidaire pour la population locale et qui ne règle absolument rien à long terme. Le livre Le remède imaginaire et le démographe français Henri Léridon vont dans ce sens, pour n’en nommer que deux.

Le deuxième point, « maintenir et développer notre caractère français », est également contredit par les données québécoises : le pourcentage de gens parlant français à la maison est passé de 77,1 % en 2006 à 74,1 % en 2011. Cela signifie qu’en 5 ans, le français a reculé de 3 % au Québec(2). Les Québécois d’origine française sont également rendus minoritaires dans nos écoles(3) et l’utilisation de l’anglais dans l’espace public par les immigrants à Montréal est en hausse(4).

Le troisième point est contredit par le ministre des Finances et économiste Carlos Leitao qui déclare : « Pour la pénurie de main-d’œuvre, la solution numéro un reste la formation de la main-d’œuvre. Dans ce contexte-là, on peut toujours aller chercher des immigrants dans des domaines spécialisés, mais l’immigration ne réglera pas la pénurie de main-d’œuvre de façon générale. »(5) Duceppe mentionne aussi la reconnaissance des diplômes que nous avons abordés à la proposition numéro 2.

Le quatrième et dernier point, « répondre à un devoir de solidarité internationale » comme il le mentionne, est de compétence fédérale donc hors sujet dans le contexte provincial qui nous préoccupe ici.

Le seul point positif accordé à Gilles Duceppe est pour sa prise de conscience que notre pays peut « nuire aux pays en voie de développement en "recrutant" leurs personnes les plus qualifiées, risquant ainsi de les enfoncer encore plus dans la pauvreté avec toutes les conséquences qui s’y rattachent. » Mais comment alors prôner une meilleure reconnaissance des diplômes et une augmentation de l’immigration tout en étant conscient de cela? Absence de cohérence!

(1) http://www.journaldequebec.com/2015/02/01/nous-avons-besoin-des-immigrants
(2) http://quebecoisdesouche.info/recul-du-francais-et-de-langlais-qui-en-parle/
(3) http://quebecoisdesouche.info/fqs-les-quebecois-de-souche-minoritaires-dans-les-ecoles-montrealaises/
(4) http://quebecoisdesouche.info/guillaume-marois-le-quebec-sanglicise-grace-a-limmigration/
(5) http://quebecoisdesouche.info/leconomiste-carlos-leitao-limmigration-ne-reglera-pas-la-penurie-de-main-doeuvre/

Cacophonie! 

Voilà un aperçu de l’argumentation des apôtres de l’immigration massive : très peu d’arguments et un manque complet de cohérence et de chiffres pour appuyer leurs positions. Mais le plus inquiétant est cette nouvelle tendance vers l’autoritarisme, les mots d’ordre sont maintenant « forcer », « interdire », « obliger ».

Apparemment, nous sommes « extrémistes » alors que l’on demande un simple moratoire et la fin du multiculturalisme, jumelés à des politiques natalistes! Alors qu’eux veulent déplacer de force des populations au détriment des libertés, fermer des régions et délocaliser des populations, imposer des quotas ethniques et raciaux aux employeurs, tout en augmentant l’immigration de manière exponentielle et infinie. Sans mentionner les restrictions et modifications à la Charte des droits en matière de liberté d’expression et des modifications des dernières années pour permettre à l’État d’imposer leur programme d’ingénierie sociale à la population.

Car le tout se dessine clairement comme étant un grand projet d’ingénierie sociale qui se fait au détriment des peuples enracinés ici, comme ailleurs en Occident. Peu importe les chiffres et les études, leur projet doit aller de l’avant, semble-t-il.

Le démographe Guillaume Marois remarque également cette situation et note que « Si l’on se fie au document de consultation préparé par la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pour guider les discussions sur la nouvelle politique d’immigration, le paradigme va changer. L’immigration, ou plus précisément la « diversité », sera vue comme une fin en soi.»(1). L'État donc, ne prend plus la peine de justifier l'immigration massive avec les excuses habituelles (natalité, pénurie de main-d'oeuvre etc.).

Cette situation rappelle étrangement la déclaration (rapporté par la BBC) de Peter Sutherland devant les Nations Unies en 2012, comme quoi l’Union européenne doit « saper » l’homogénéité des nations(2).

(1) http://www.journaldemontreal.com/2015/02/14/limmigration-au-quebec–entrevue-avec-le-demographe-guillaume-marois
(2) http://www.quebecoisdesouche.info/index.php?laeonu-praconise-de-datruire-laehomoganaita-des-atats

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