Do We Need Mass Immigration? Anthony Browne 2002

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Do We Need Mass Immigration? The economic, demographic, environmental, social and developmental arguments against large-scale net immigration to Britain, Anthony Browne, 2002, Royaume-Uni.

Do-We-Need-Mass-Immigration-Anthony-BrowneDo We Need Mass Immigration? d’Anthony Browne est un long argumentaire visant à déconstruire les nombreux mythes entretenus vis-à-vis l’immigration de masse. Le livre se divise en 36 chapitres, chacun traitant d’un sujet en particulier, constituant un argumentaire lui étant propre, citant abondements statistiques, références et exemples probants.  La lecture de ce livre est conseillée tant à ceux qui désirent débattre sur le thème de l’immigration qu’à ceux qui se questionnent légitimement sur son bien-fondé.

Avant de résumer le livre, il est intéressant d’introduire son auteur. Anthony Browne a commencé sa carrière comme journaliste du monde des affaires et de l’économie (BBC,  The Observer, The Times).  Il est l’auteur de plusieurs articles journalistiques, ainsi que de livres traitant de politique et d’économie. Il a travaillé comme lobbyiste chez Morgan and Stanley et est présentement CEO du British Bankers’ Association depuis 2012.  Il est mathématicien de formation.

Avant d’aller plus loin, le lecteur doit savoir que ce compte-rendu n’est pas une critique du livre, mais plutôt un résumé de l’argumentaire de l’auteur. Parfois nous rapporterons les arguments sous la forme d’une traduction libre très proche de l’argumentaire original de l’auteur parfois nous synthétiserons l’information pour le bien du lecteur. Il serait difficile de résumer de manière concise l’ensemble des sujets abordés. Ainsi, ce résumé se voudra un échantillonnage des arguments et des sujets que nous avons trouvé bon de présenter. Le compte-rendu sera divisé en cinq sections : démographie, main-d’œuvre, finances publiques, aspect sociologique et aspect moral. 

Concernant l’aspect démographique

L’immigration n’est pas une solution au vieillissement de la population.

Tout comme l’avaient fait Benoît Dubreuil et Guillaume Marois dans Le remède imaginaire (Dubreuil et Marois, 2011), Anthony Browne démontre que l’immigration ne peut pas être utilisée pour maintenir un rapport de dépendance constant (4.09 pour 1 en Angleterre). Citant un rapport de l’ONU, Browne rapporte qu’il faudrait faire venir 60 millions d’immigrants d’ici 2050, augmentant la population de l’Angleterre à 136 millions (ONU, 2000). Ceci équivaut à 1 million d’immigrants par année. Cette solution n’en serait pas une, car il faudrait par la suite en faire venir encore plus pour maintenir ce ratio constant, puisque les immigrants vieillissent eux aussi. L’analyse de l’ONU démontre nettement que le recours à l’immigration n’est pas une solution. L’exemple de la Corée du Sud qui nécessiterait 100 millions d’immigrants annuellement pour un total de 5 milliards jusqu’en 2050 est percutant, voir tableau 14.

replacement migration 2050

Citant le rapport de Chris Shaw du département d’actuariat gouvernemental anglais, l’auteur démontre qu’une politique nataliste aurait un impact important sans trop augmenter la population :

Un taux synthétique de fécondité de 2.0 enfants par femme produirait le même effet sur le rapport de dépendance en 2100 que faire venir 500 000 immigrants par année, mais en augmentant la population à seulement 75 millions au lieu de 120 millions (traduction libre, Shaw, 2001).


La croissance de la population nuirait à la qualité de vie et à l’environnement

L’auteur mentionne que l’Angleterre est déjà très peuplée, plus densément peuplée que l’Inde, voir tableau 13. Si la population augmente, les gens devront soit accepter d’avoir de plus petites maisons, plus chères, avec un plus petit terrain, soit habiter en appartement ou en condo pour faire de la place à l’augmentation de la population.  Sans compter qu’une augmentation soutenue aurait un effet néfaste sur l’environnement. D’ailleurs, avant que l’immigrationnisme devienne à la mode, le Parti vert britannique proposait une décroissance de la population ciblant les 30 millions pour diminuer l’impact des citoyens britanniques sur l’environnement. Donc une politique nataliste aurait plus de bienfaits qu’une politique immigrationniste, puisqu’elle minimise l’accroissement de la population qui a son lot de désavantages.

Densité de la population


Nous ne devrions pas avoir peur d’une société vieillissante

Autre point intéressant, l’auteur démontre qu’une société vieillissante a de nombreux avantages et qu’on ne devrait pas s’en inquiéter. Il nous rappelle que pour la majeure partie de l’histoire humaine, il y eut une forte natalité équilibrée à une forte mortalité jusqu’à l’avènement de la médecine moderne. Anthony affirme ainsi :

Une société vieillissante est l’ultime phase du développement de l’humanité et le triomphe de nos combats des derniers siècles pour profiter de nos vies et bâtir un meilleur monde. Sachant que nous vivrons pour 80 ans, nous agissons comme des adolescents dans notre vingtaine, commençons notre famille dans la trentaine et jouons encore lorsque nos enfants quittent le foyer, puisque nous avons de l’argent et de l’énergie. Une société vieillissante aura plusieurs avantages par rapport à une société jeune; par exemple, le crime sera très bas et le pays sera politiquement stable, car les crimes et les révolutions sont généralement l’œuvre des jeunes gens. (traduction libre)


De plus, le coût des soins de santé ne serait pas nécessairement plus élevé puisque l’effet d’une société qui vieillit n’est pas tant sur l’augmentation des coûts, mais plutôt sur le report des coûts dans le temps.


Concernant la main-d’œuvre

Il n’a pas de pénurie de main-d’œuvre en Europe, mais plutôt l’inverse.

Browne nous rappelle qu’à la fin des années 90, le gouvernement européen était préoccupé par le chômage et on disait que le manque de travail était l’un des plus gros problèmes de nos sociétés modernes. Quelques années plus tard, le chômage est encore présent, quoique légèrement moins préoccupant – c’est alors que les groupes de pression pro-immigration affirmaient que l’Europe était aux prises avec un manque de travailleurs. Le discours s’est ainsi totalement inversé dans la sphère publique alors que les statistiques, en date de parution du livre (2002) démontrent que l’Europe a un problème de chômage et non pas une pénurie de main-d’œuvre, voir tableau 17.

taux de chômage europe

En 2000, le Conseil de l’Europe concluait que l’Europe d’aujourd’hui souffre de sous-utilisation du potentiel de sa main-d’œuvre, qui se reflète tant au niveau du chômage qui est élevé et tant au niveau du faible taux de participation de la population. Le chômage et l’augmentation de la productivité (mécanisation, robotisation, automatisation, etc) font qu’il est peu probable qu’un manque de main-d’œuvre généralisé se produise dans le futur pour l’Europe (Punch et Pearce, 2001). 

Puisqu’il n’y a pas de problème de main-d’œuvre, le recours à l’immigration ne fait que mettre les immigrants en compétition avec la population locale, ce qui donne un grand rapport de force aux employeurs. Les immigrants eux-mêmes en souffriront, certaines communautés comme la communauté pakistanaise et la communauté bangladaise souffrant d’un taux de chômage qui avoisine les 50 %. 


L’immigration réduit les salaires et détériore les conditions de travail des natifs

De nombreuses études démontrent que l’immigration réduit les revenus et les conditions des travailleurs.

La National Academy of Sciences concluait que l’immigration des années 80 avait augmenté la main-d’œuvre américaine totale de 4 %, ce qui a fait baisser les salaires des natifs de 1 à 2 % (National Academy of Sciences, 1997). Le US Centre for Immigration Studies en 1998 a calculé que le revenu des 25 millions d’Américains les moins bien payés a diminué de 12 % ou de 1915 $ par personne dû à l’importation de travailleurs non-qualifiés. Pour ce cas précis, chaque augmentation de la main-d’œuvre de 1 % due à l’immigration fait baisser les salaires de 0.8 % – évidemment, les Hispaniques et les Noirs étaient ceux qui en souffraient le plus (Camarota 1999). George Borjas, lui-même immigrant, professeur de Harvard, a estimé que l’immigration faisait perdre 133 milliards de dollars en revenu aux travailleurs natifs américains, soit 1.9 % du PIB (Borjas, 1996).  

Comme l’immigration affecte beaucoup les travailleurs non-qualifiés aux États-Unis, ce qui est l’inverse du Canada, les pauvres sont souvent les plus touchés. Par exemple, dans l’industrie de la tomate de San Diego, les travailleurs étaient payés 4 $ de l’heure dans les années 80 jusqu’à ce que l’arrivée d’immigrants illégaux fasse baisser les salaires à 3.35 $. En 1998, une étude de la General Accounting Office américaine a démontré qu’une décennie d’immigration massive dans la ville de Los Angeles a transformé le milieu de la conciergerie, passant d’une masse de travailleurs noirs relativement bien payés et syndiqués à une masse de travailleurs hispaniques mal payés et non-syndiqués. 

En Angleterre, l’exemple du NHS (National Heath Services) est choquant. Le NHS préfère importer des infirmières de l’étranger, de pays pauvres, que d’augmenter le salaire et les conditions des infirmières britanniques. Ainsi, des dernières sont poussées à quitter le pays si elles veulent un salaire décent, alors que des infirmières d’ailleurs prennent volontiers leurs places. Au Canada, l’Economic Council of Canada a découvert en 1991 que la croissance économique par personne était plus grande lorsque l’immigration était nulle ou négative (Economic Council of Canada, 1991).


L’immigration non-qualifiée réduit la compétitivité

D’un point de vue opérationnel, la dépendance patronale pour la main-d’œuvre bon marché a pour effet pervers de décourager la mécanisation. Cette main d’œuvre de moins bonne qualité est aussi un frein  à l’amélioration de la performance des usines.  Une main-d’œuvre spécialisée, qualifiée et bien payée, combinée à la mécanisation des usines, augmente la performance de celles-ci ce qui ajoute de la valeur et de la qualité aux produits.  Or la dépendance à une main d’œuvre à prix réduit aura l’effet inverse amenant piètre performance et faible qualité.   


Concernant les finances publiques

L’importation de la pauvreté ou comment l’immigration peut rendre un pays plus pauvre.

Il est évident que l’immigration hausse le PIB et la taille de l’économie du pays puisque chaque travailleur supplémentaire augmentera l’économie et chaque individu supplémentaire augmente la demande. Cependant, le PIB et la taille de l’économie ne sont pas ce qui compte, l’important étant le PIB par habitant. Prenez l’exemple de la Chine dont le PIB est énorme, mais dont les habitants sont généralement pauvres. Au Canada, la commission McDonald a déclaré que l’immigration augmentait les investissements, les revenus bruts du pays et la quantité de main-d’œuvre, mais causait une baisse de revenu net du pays et la baisse des salaires (Commission McDonald, 1985). Des études américaines démontrent que la contribution fiscale ou le coût d’un immigrant est corrélé avec le niveau de développement économique du pays d’origine. Des études précédentes ont démontré que les immigrants en provenance de pays riches (Europe, Canada, Royaume-Uni, Japon, etc) sont une source de revenus nets en impôt alors que l’immigration en provenance de pays pauvres est une dépense pour l’État. Dans le cas des États-Unis, un immigrant sans qualification coûte plus cher qu’il ne rapporte pour un total de 89 000$ pour une vie entière. Ainsi l’immigration coûte plus qu’elle ne rapporte pour le peuple américain et le coût net (bénéfice – coût) se situerait entre 166 $ et 226 $ par ménage américain en impôts (National Academy of Science, 1997). 

La contribution fiscale des immigrants est impactée négativement par les immigrants en provenance de pays dont il n’est pas coutume pour la femme de travailler. En Angleterre, chez les Bangladaises, Pakistanaises, Indiennes, respectivement 7, 15 et 54 % de ces femmes travaillent alors que 66 % des femmes des Caraïbes travaillent – à titre comparatif, 64 % des femmes blanches sont sur le marché du travail. 

Au final, l’immigration peut être vue comme de la pauvreté importée, ce qui pèse lourd sur les finances publiques. Une étude de l’Institut de politique publique californienne a montré que l’augmentation de la pauvreté de l’État est directement liée au niveau élevé d’immigration en provenance du Tiers-Monde (Johnson et Tafoya, 2000).


Concernant l’aspect social

Comment l’immigration augmente les inégalités.

Au niveau social, l’immigration a pour impact de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Déjà, tel que discuté dans la section traitant des arguments sur la main-d’œuvre, on apprend que l’immigration réduit les salaires proportionnellement au taux d’immigration. L’immigration a pour effet de redistribuer la richesse de la mauvaise façon : la richesse est prise de la poche des travailleurs natifs qui compétitionnent avec les travailleurs immigrants pour aboutir dans la poche de ceux qui utilisent les services des immigrants (Borjas, 1996). 

Comment l’immigration fragmente la société et agite les tensions raciales

Si on observe l’impact de l’immigration au niveau de la société, on constate que l’immigration fragilise la paix sociale. La transformation d’une société monoculturelle en une société multiculturelle voit un lot de problèmes émerger. Les tensions raciales, les émeutes raciales et l’obsession de la question du racisme sont le propre de sociétés multiculturelles. On constate aussi que là où les immigrants s’installent en grand nombre, les blancs désertent en grand nombre, l’effet est nommé white flight en anglais. 

L’immigration de masse a pour effet d’alimenter directement les tensions raciales. Celles-ci seraient nettement moindres si le niveau d’immigration était plus bas afin qu’il ne soit pas un fardeau pour les services publics, ne permette pas la création de communautés parallèles,  facilite l’intégration. De plus, la situation serait plus favorable si les immigrants venaient en Angleterre à l’intérieur d’un système d’immigration qui aurait été accepté par le public, dans lequel le public aurait confiance et que l’arrivée de chaque immigrant était justifiée sur des bases raisonnables dans l’intérêt public.  

Les immigrationnistes véhiculent parfois que la diversité est une force alors que c’est tout l’inverse. L’Irlande du Nord peuplée de catholiques et de protestants a subi des violences que la république d’Irlande monoculturelle plus au sud n’a pas connues. N’essayez pas de dire aux Israéliens juifs que la présence de Palestiniens musulmans est une force de la diversité. Même chose pour les conflits entre Hutus et Tutsis du Rwanda. Les conflits ethniques et religieux suffisent à démontrer la faiblesse de la diversité. Si la diversité est une force pour les pays occidentaux qui subissent l’immigration de masse, il est étrange de constater que les lobbys immigrationnistes ne font pas la promotion de l’immigration occidentale dans les pays monoculturels non-occidentaux. 

Pourquoi l’immigration de masse est antidémocratique

L’immigration de masse est aussi un gros problème de légitimité démocratique puisque la population n’a jamais été consultée sur son désir de subir l’immigration de masse et aucun   gouvernement ne s’est fait élire en faisant campagne sur la promotion de celle-ci. Pour preuve, 64 % des citoyens du Royaume-Uni, incluant 46 % des minorités ethniques, pensent qu’il y a trop d’immigration selon un sondage de la Commission for Racial Equality. Un sondage de la BBC révélait en 2002 que 47 % des Blancs, 22 % des Noirs et des Asiatiques pensaient que l’immigration avait endommagé la société britannique, alors que seulement 28 % des Blancs, 43 % des Noirs et 50 % des Asiatiques croient l’inverse. Notez bien qu’en Angleterre, le terme asiatique concerne aussi bien les peuples d’Asie de l’Est et du Sud, du sous-continent indien, que les peuples du Moyen-Orient. 

Comment la gauche a trahi ses valeurs

Paradoxalement, la gauche a trahi ses valeurs en supportant l’immigration de masse. Les politiques d’immigration font que les gagnants sont les compagnies qui obtiennent de la main-d’œuvre à faible coût, l’industrie de la construction qui bâtit des logements et adapte les infrastructures à une population croissante, les propriétaires qui voient le prix de leur résidence augmenter et les professionnels qui ne compétitionnent pas avec les immigrants, mais qui utilisent les services de ceux-ci. Les perdants sont les travailleurs qui compétitionnent pour les mêmes emplois, l’environnement et ceux qui sont locataires ou futurs acheteurs qui devront payer une maison petite et chère. La gauche devrait comprendre qu’en termes monétaires pour le patronat, l’immigration est un bénéfice net, alors que pour la société, c’est une perte nette. 


Arguments concernant l’aspect moral

L’auteur affirme que l’Europe n’a pas de devoir moral d’accepter l’immigration.

Un phénomène intéressant auquel le lecteur a probablement été confronté est le discours moraliste voulant que les Européens doivent payer pour les conséquences du colonialisme. Il est paradoxal que subitement, l’immigration devienne une punition et non un bénéfice. Cependant l’argument s’applique pour la France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, mais ne justifie en rien l’immigration en Irlande, en Norvège, en Grèce, en Autriche et dans le reste de l’Europe. L’argument comme quoi les grandes puissances coloniales se sont enrichies aux dépens de l’Afrique est aussi fallacieux; les pays scandinaves, la Suisse et le Luxembourg sont parmi les pays où le PIB par habitant est le plus élevé, alors qu’ils n’ont jamais eu d’empire colonial. 

L’immigration vers les pays riches appauvrirait les pays pauvres

Selon Lindsay Lowell du Pew Hispanic Centre, 12 % des Mexicains avec une éducation supérieure vivent aux États-Unis et ce chiffre monte à 75 % dans le cas des Jamaïcains. Les journaux jamaïcains rapportent régulièrement que leur système scolaire s’écroule puisque la plupart de leurs professeurs s’exilent aux États-Unis. Environ 30 % des Ghanéens et des Sierra Léonais possédant une éducation supérieure vivent en Occident. En 2002, un économiste de l’Université d’Addis-Ababa, Dr Dejene Aredo, a réalisé une étude déclarant que l’émigration de 20 000 professionnels de l’Afrique vers l’Occident était une perte de 4 milliards de dollars annuellement (on sous-entend que le nombre de professionnels quittant l’Afrique est beaucoup plus élevé que 20 000). Le chercheur donne pour exemple qu’on trouve une douzaine de professeurs d’économie d’origine éthiopienne aux États-Unis, alors qu’on en trouve un seul en Éthiopie. Dr Aredo déclare aussi que la fuite des cerveaux est si grave que l’Afrique devrait demander une compensation financière à l’Occident. Il souligne que les pays en développement ont un énorme besoin de main-d’œuvre qualifiée et professionnelle qui est perdue au profit de l’Occident. 

L’immigration a aussi l’effet pervers d’augmenter les taux de fécondité, déjà élevés, dans les pays subissant l’émigration. Une étude de 1991 de Ann Brittain dans le journal Social Biology démontre que de hauts niveaux d’émigration étaient corrélés avec un haut taux de fertilité dans les Caraïbes, alors que dans les zones à faible émigration, ces taux étaient plus faibles; le lien de cause à effet se trouve dans le fait que les mères font plus d’enfants lorsqu’elles savent que certains d’entre eux risquent d’émigrer. Une autre étude des années 1990 de l’Institute of Social and Economic Research de Kingston en Jamaïque s’est intéressé aux taux d’émigration de 1880 à 1967 pour l’île de St-Barthelemy et a découvert qu’une augmentation de l’émigration était suivie d’une augmentation du taux de fécondité 5 ans plus tard. 


Pour conclure

Nous aurions bien d’autres arguments intéressants à présenter au lecteur. Cependant, si ce dernier désire en apprendre davantage, il est préférable qu’il se procure la seconde édition du livre pour apprécier le format papier ou encore qu’il lise la première édition du livre disponible gratuitement et légalement sur le site web de l’Institute for the Study of Civil Society : http://www.civitas.org.uk/content/files/cs23.pdf

Pour conclure, nous aimerions laisser le lecteur sur une citation de l’auteur :

« Ma formation de mathématicien me donne trop de respect pour permettre de supprimer la vérité à des fins politiques. Ma carrière de journaliste me donne trop de respect pour la liberté d’expression pour permettre les inévitables accusations de racisme de me réduire au silence. » (traduction libre de l’anglais)


RÉFÉRENCES :

  • Borjas, George J. (1996) The New Economics of Immigration. Atlantic Monthly, Vol. 278, Issue 5, pp. 72-78.
  • Browne, Anthony. (2002) Do we need mass immigration : The economic, demographic, environmental, social and developmental arguments against large-scale net immigration to Britain. CIVITAS Institute for the Study of the Civil Society, 77 Great Peter Street, London, 153p.
  • Camarota, Steven A. (1999) Importing Poverty: Immigration’s Impact on the Size and Growth of the Poor Population in the United States. Washington DC: Centre for Immigration Studies
  • Dubreuil, Benoît et Marois, Guillaume. (2011) Le remède imaginaire : pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec. Les Éditions du Boréal, 320 p.
  • Johnson, Hans P. et Tafoya, Sonya M. (2000) Trends in Family and Household Poverty. California Counts: Population Trends and Profiles, Vol. 1, No. 3, Public Policy Institute of California.
  • MacDonald Commission (1985), Minister of Supply and Services. Royal Commission on the Economic Union and Development Prospects for Canada. Report Vol. 3 Ottawa: Minister of Supply and Services
  • Punch, A. et Pearce, D. (2001) Europe’s Population and Labour Market Beyond 2000. Council of Europe.
  • Shaw, C. (2001) United Kingdom Population Trends in the 21st Century. Population Trends 103 London: The Stationery Office.
  • Swan, N. et al. (1991) Economic and Social Impacts of Immigration in Ottawa. Economic Council of Canada.
  • UN (2000), Replacement Migration: is it a solution to declining and ageing populations? United Nations Population Division.
  • US National Academy of Sciences (1997) The New Americans: Economic, Demographic, and Fiscal Effects of Immigration.

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Un commentaire

  1. Les phénomènes migratoires, comme on les observe en Haïti, sont un couteau à double tranchant. Ils ont des bénéfices et des conséquences sur le pays à court ou à long termes. « La migration peut aider à soulager les besoins des familles haïtiennes via les transferts d’argent, parce qu’ils dépassent de loin l’aide publique au développement et l’investissement extrême privé », d’après Vario Sérant, détenteur d’une maîtrise en population et développement. Il reconnaît cependant que la migration ne peut pas définitivement résoudre la crise économique qui perdure en Haïti. La migration, comme le revers de la médaille, entraîne aussi la fuite des cerveaux. Ce qui constitue une entrave au développement du pays.
    http://lenouvelliste.com/article/161292/migration-massive-dhaitiens-vers-lamerique-latine-drame-ou-opportunite

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