D’une seule voix

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La Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) tenaient tous les deux, fin novembre, leur conseil général. La natalité a fait l'objet de débats dans les deux évènements. Il a été en fait question de déficit démographique, une façon pudique et très politiquement correcte de parler de dénatalité et de disparition éventuelle de notre peuple.

Les deux formations ont abordé la question dans une perspective économique : la CAQ en proposant d'aider les familles désireuses d'avoir un deuxième ou troisième enfant et en clamant être le parti de « la Famille », leitmotiv de François Legault depuis quelques mois, probablement en prévision de la campagne électorale à venir. Le PLQ, lui, en misant sur une amélioration de la conciliation travail-famille. Ouvrons ici une brève parenthèse, si l'ordre des mots a un sens dans une expression, il faut comprendre par cette expression que la primauté devrait toujours être accordée au travail et non à la famille. Le premier ministre Couillard s'en est pris à François Legault en l'accusant de vouloir revenir au siècle dernier, sans trop savoir si le chef libéral parlait du XXe ou du XIXe siècle; en mentionnant des « visites paroissiales » et de curés s'informant si l'épouse de la maison « était partie pour la famille ». La prudence est de mise devant cet enthousiasme ponctuel pour la « famille »… Pour François Legault la « famille » n'est probablement pas plus qu'une préoccupation électorale et Philippe Couillard, quant à lui, a montré le mépris dans lequel il tenait la « famille » en ayant nommé l'insipide Sébastien Proulx au ministère de la Famille et en lui confiant aussi l'Éducation.

L'intérêt soudain des deux partis pour la question de la natalité n'a pas manqué d'attirer l'attention des journalistes et chroniqueurs. Remarquons d'abord le ton de deux de ces chroniqueuses : Francine Pelletier dans Le Devoir du 29 novembre a des accents de Marseillaise en titrant Au lit, citoyennes! Josée Legault, elle, préfère un ton plus neutre dans Le Journal de Montréal du 29 novembre avec comme titre Les Utérus de la nation, allant néanmoins jusqu'à écrire en parlant de François Legault « cette réponse est également rétrograde parce qu'elle donne l'impression de vouloir enrôler les femmes dans le combat d'une autre époque (…).» Francine Pelletier pour sa part, toujours au sujet du chef de la CAQ note: « Championnes des naissances pendant au moins de 300 ans, les femmes du Québec sont sommées de faire leur devoir patriotique à nouveau. » Si l'on se fie uniquement au ton de Mesdames Legault et Pelletier, Le « combat d'une autre époque » de Josée Legault et le « devoir patriotique » de Francine Pelletier, nous sommes sur le seuil de la conscription des spermatozoïdes et de la mobilisation des utérus. Les chroniqueuses ont frôlé le point Godwin, il ne manque à leurs textes que l'évocation des Lebensborn d'une autre époque. Tant qu'à flirter avec l'exagération.

En guise de conclusion, Francine Pelletier écrit: « Pour toutes ces raisons, il serait immensément plus sensé de miser sur l'immigration d'abord, et les bébés ensuite. » Josée Legault écrit pour sa part: « Même la francisation et l'intégration des immigrants, pourtant deux éléments essentiels de la solution, ont été dangereusement négligés et le sont encore aujourd'hui. » Le dytique immigrationniste est complet; Madame Pelletier les fait entrer tandis que Madame Legault souhaite les franciser et les intégrer, les lendemains vont chanter pour une nation prospère et diversifiée.

Les deux chroniqueuses toutes à leur utopie immigrationniste, ne se posent pas de questions sur l'avenir du sort des femmes et du féminisme dans un Québec ayant compté, comme elles le souhaitent, sur l'immigration pour assurer sa pérennité. Les agressions sexuelles de Cologne de décembre 2015 n'ont donc pas encore donné les salutaires leçons qui s'imposent.

Pour Josée Legault : « Après l'austérité libérale, ce dont les parents ont vraiment besoin sont des services publics nettement plus accessibles de meilleure qualité: CPE, réinvestissement majeur dans les écoles publiques, soins de santé, services adéquats pour les enfants handicapés, etc. » Francine Pelletier élargit les horizons de Josée Legault et bascule dans l'utopie totalitaire en écrivant pour sa part: « Il faudrait des CPE gratuits partout, des congés parentaux obligatoires d'un an (pourquoi priver les enfants de CPE pendant leur première année de vie, Madame Pelletier), des pères prêts à rester à la maison(encore une fois pourquoi, si les enfants sont au CPE gratuit), des règles interdisant la discrimination des femmes enceintes au travail, des autobus, des rues et des restaurants conçus pour les enfants, des couples qui durent (Le meilleur des mondes conjugal n'est pas loin) des salaires qui montent et un environnement sans pesticides et autres poisons susceptibles de s'attaquer à votre système reproducteur. »

Les deux chroniqueuses ont visiblement beaucoup de difficultés à se dégager de la vulgate féministe avec ce recours aux « services de garde » et aux mamelles de l'État (je demande pardon au lecteur le clin d'œil était trop facile).

Chronique de P.C. pour la Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple

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