Élections italiennes : l’enjeu crucial de l’immigration

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Le 4 mars 2018 auront lieu en Italie les 18e élections générales depuis l’instauration de la République, afin d’élire une nouvelle législature. L’actuel gouvernement sortant de centre-gauche, celui du Parti Démocrate mené par Matteo Renzi et Paolo Gentiloni, fait face aux critiques les plus acerbes, notamment en ce qui a trait à la gestion de la vague migratoire qui déferle sur la péninsule depuis déjà quelques années, mais plus intensément depuis 2015. En effet, alors que le pays n’accueillait «que» 17 000 réfugiés recensés en 2012, ce nombre a explosé pour atteindre 122 000 nouvelles entrées enregistrées en 2016[i] et pourrait grimper à 200 000  en 2018 et ce, sans compter les illégaux non recensés, réveillant ainsi la passion identitaire italienne farouchement échaudée, d’une part par cette arrivée massive de migrants extra-européens (principalement Somaliens et Éthiopiens, mais aussi Afghans et Pakistanais) et d’autre part par le refus catégorique des autres pays européens de relocaliser ces migrants chez eux. Même l’Allemagne de Merkel ou la France de Macron se sont montrées peu enclines à accepter ces désœuvrés.

Embarqués sur des rafiots dangereusement surchargés, poussés par d’ignobles passeurs libyens et parfois encouragés par des gouvernements fantoches islamistes en Libye (le fruit de la destruction du gouvernement nationaliste de Kadhafi par les forces mondialistes menés à l’époque par Obama et Sarkozy, toujours désireux d’apporter les «droits de l’homme» et la «démocratie» vers de nouvelles frontières[ii]), ces migrants courent vers la panacée qu’ils se font promettre par les Bernard Henry-Lévy ou les Justin Trudeau de ce monde;  toujours désireux d’apporter plus de main d’œuvre à bas prix à un patronat qui rechigne à monter les salaires, intention qui est en réalité masqué par de beaux discours sur l’ouverture, la diversité et le multiculturalisme. Et malheureusement pour les Italiens, leurs pays se trouve en plein cœur de cette tourmente migratoire, vu la position géographique de la botte italienne, avantageusement située au centre de la Mer Méditerranée. De plus, la crise est amplifiée par certaines ONG, soupçonnées d’inciter les migrants à tenter la périlleuse traverse, quand ce n’est pas littéralement un service de taxi migratoire qu’ils offrent à des milliers d’entre eux, encourageant ainsi l’immigration illégale sur le bras des pays européens. C’est le cas de l’ONG allemande «Jugend Rettet»[iii] ou de la française «SOS-Méditerranée» qui se sont fait sévèrement blâmées par quelques politiciens italiens, sans grande conséquence toutefois.

Le choc des civilisations est donc brutal pour les Italiens, dans un pays qui n’existe certes que depuis les années 1860 mais qui est occupé par l’ethnie italienne depuis l’Antiquité, descendants des nombreux peuples italiques, puis romains, et ce malgré les nombreuses occupations par des puissances étrangères qui ont longtemps fragmentées le pays sans toutefois détruire ou amoindrir le vigoureux peuple italien. De nos jours, malheureusement, il suffit de se promener à Rome, Naples ou Milan pour se rendre compte à quel point certains quartiers sont complètement dénaturés par le violent changement de population qui s’est opéré dans un court laps de temps, soit une génération à peine. Malgré l’immense patrimoine architectural et culturel que ces villes éternelles détiennent, nul ne peut ignorer le bouleversement social qui est présentement en cours… Que ce soit aux alentours de Termini à Rome ou Piazza Garibaldi à Naples, plusieurs quartiers sont littéralement colonisés; les Italiens de souche y sont en voie d’extinction et les douces sonorités de cette langue latine ont fait place aux différents dialectes africains et sud-asiatiques, de même qu’aux insupportables odeurs que laissent dégager certaines ruelles où des bandes de «réfugiés» se soulagent, faute de loyer, faute de travail (rappelons que l’Italie flirte avec des taux de chômage avoisinant les 11% et n’a donc pas de travail à offrir à la planète entière). Quand on ne croise pas des Somaliens agressifs, désireux de vendre au passant une camelote insignifiante pour un euro, on tombe sur des Bengladis déguisés en légionnaires romains, afin de divertir une foule interloquée devant tant d’imprécision historique. Disons que nous sommes bien loin des légions de César ou d’Auguste qui permirent d’instaurer l’Imperium Romanum dans le monde antique…

Le fait est que les Italiens semblent lassés de cette politique laxiste ardemment chapeautée par l’Union Européenne (même si les différentes nations la composant rechignent à remplir leur quota d’acceptation de migrants depuis un an). C’est d’ailleurs une des raisons pourquoi la «Coalition de centre-droit» mène largement dans les sondages[iv]. Cette coalition est menée par trois partis, un de droite économique et deux véritablement patriotes et anti-immigration. D’abord, le parti du Cavaliere Silvio Berlusconi, le Trump italien, représentant la droite économique, qui a déjà mené le pays par le passé et qui promet de déporter 600 000 migrants illégaux présents sur le territoire italien[v]. Malgré cette proposition intéressante, Berlusconi est aujourd’hui un boulet pour la droite italienne, puisqu’il fut condamné en 2013 pour corruption[vi] (comme ça a été le cas de plusieurs gouvernements italiens d’après-guerre, de gauche comme de droite). À vrai dire, il s’agit plutôt d’une bonne chose considérant la controverse entourant le personnage et son potentiel explosif pouvant couler la coalition de droite. Mais surtout, suite à cette condamnation, Berlusconi ne peut personnellement siéger au Parlement italien, faisant en sorte que le rôle de premier Ministre risquerait fort probablement d’aboutir au parti patriote Lega (anciennement Lega Nord), principal partenaire du Cavaliere dans la coalition. Et c’est ici que ça devient intéressant. Car Matteo Salvini, chef de Lega, pourrait ainsi devenir le premier chef d’un gouvernement européen ouvertement identitaire et anti-immigration. Comme en Autriche ou en Norvège, cela s’établirait à l’aide d’une alliance entre droite économique et droite patriote, mais cette fois-ci, ce serait la deuxième qui hériterait du principal poste de dirigeant du pays, plutôt que la première. Salvini et sa Lega ont également le support du second parti identitaire de la coalition de centre-droit, Fratelli d’Italia, mouvement national-conservateur de Giorgia Meloni. Bêtement qualifié de «néo-fasciste» par les médias (de plus en plus abrutissants), ce parti milite, tout comme Lega, pour une réduction drastique de l’immigration, des politiques natalistes, le service militaire obligatoire  et une sortie de l’Union européenne. Proches du Front National français, ces deux partis patriotes italiens sont en pleine croissance et pourraient donc faire leur entrée au gouvernement ou encore le diriger, si la tendance se maintient jusqu’au 4 mars. La question est de savoir dans quelle mesure, si prise de pouvoir il y a, le gênant parti conservateur de Berlusconi (Forza Italia) viendra nuire au mouvement patriote au sein de la coalition. Espérons tout de même que le pouvoir n’échoue pas entre les mains de la coalition de centre-gauche menée par Matteo Renzi, sorte d’hybride entre Emmanuel Macron et Justin Trudeau, ou encore entre celles du Mouvement Cinco Stelle (M5S), organisation pseudo-populiste et centriste, bien utile pour détourner la colère de l’électorat, mais beaucoup moins pour apporter des solutions aux problèmes migratoires et sociaux de l’Italie.

Il sera également très intéressant de voir l’évolution du vote qui ira à Casapound, mouvement nationaliste révolutionnaire, naturellement en marge du processus démocratique libéral, ne participant à aucune coalition et qui se présente pour la 2e fois. En 2014, ceux-ci avaient récoltés 47 000 votes, représentant environ 0,14% de l’électorat. En marge des grandes coalitions, le parti propose une véritable révolution sociale, économique et philosophique, désireux d’émanciper les Italiens à la fois du capitalisme financier et du marxisme culturel, deux idéologies qui gangrènent non seulement la péninsule italienne mais également l’ensemble de l’Occident. Nous pouvons espérer que le formidable travail de rue et de propagation d’idées nationales-révolutionnaires sera payant pour cette organisation qui, de façon pragmatique, embarque dans le jeu démocratique surtout dans l’espoir d’établir des avancées sociales concrètes pour les familles italiennes.

En l’absence de parti politique véritablement patriote au Québec, nous pourrions tirer un nombre important de leçons sur ce qui se passe dans les jeux électoraux de l’autre côté de l’Atlantique, et particulièrement en Italie, pays occidental aux prises avec les mêmes problématiques qu’ici-même, problématiques engendrées par la mondialisation excessive et une élite apatride et anti-nationale. En outre, il sera éminemment intéressant de suivre les résultats et la progression des partis patriotes que sont Lega et Fratelli D’Italia ou, dans une autre perspective, les résultats qu’amène la détermination de groupes nationaux-révolutionnaires comme Casapound.

SB pour la Fédération des Québécois de souche
 


[i] http://appsso.eurostat.ec.europa.eu/nui/show.do?dataset=migr_asyappctza&lang=en

 

 

[ii] http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110415-libye-tribune-obama-sarkozy-cameron-veut-chute-kadhafi

 

 

[iii] http://www.ledevoir.com/international/europe/504793/crise-migratoire-l-italie-passe-a-l-action-pour-limiter-les-arrivees

 

 

[iv] https://en.wikipedia.org/wiki/Opinion_polling_for_the_Italian_general_election,_2018#Coalition_vote

 

 

[v] http://www.independent.co.uk/news/world/europe/italy-elections-latest-updates-silvio-berlusconi-migrants-deportation-crisis-forza-italia-experts-a8199461.html

 

 

[vi] https://www.tdg.ch/monde/europe/Condamne-Silvio-Berlusconi-perd-son-siege-de-senateur-/story/30773567

 

 

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