Entretien avec Carl Lang

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Après Paris et Bruxelles, Québec, troisième capitale de la francophonie, pourrait bien être la cible des fous d’Allah. Loin de prendre acte de ce qui se passe en Europe avec le chaos créé par les torrents migratoires déferlant sur le continent des nos aïeux, nos gouvernements et l’ensemble de la caste politique semblent vouloir franchir au plus vite le pas qui nous sépare du précipice. Plus d’immigrants ! Plus de services pour les migrants ! Plus de « réfugiés » ! Ça semble être devenu la seule cassette qu’ils semblent capables d’articuler comme si d’augmenter la dose d’un problème allait éventuellement finir par le régler. Le Canada est l’exception qui confirme la règle : alors que tous les pays occidentaux commencent à appuyer les politiciens lucides qualifiés de « populiste » ou « nationaliste », nous continuons à porter des gens pour qui les Bisounours représentent une vision politique aussi valable que réaliste. Comme nous sommes loin de ces politiciens qui, comme Carl Lang, ancien député européen et président du Parti de la France, osent nommer les choses comme ce qu'elles sont réellement. En lisant cet entretien réalisé après les attentats de Bruxelles, réfléchissez sur cette question dont la réponse crève les yeux : imaginez-vous seulement un instant un politicien d’ici tenir des propos aussi imbus de bon sens ?


Harfang – Quelles leçons peut-on tirer des récents attentats à Paris et Bruxelles?

Carl Lang – La première leçon est malheureusement d’une dramatique évidence : les terroristes islamistes ont prouvé qu’ils ont la capacité de frapper la France et la Belgique, et de tuer des Français ou des Belges sans être détectés et neutralisés en amont.

La deuxième leçon tient au fait que ces terroristes sont pour la plupart des binationaux qui sont détenteurs de la nationalité d’un Etat européen. Dans le cas des attentats récents de Paris et de Bruxelles, les tueurs ont leur citoyenneté belge ou française, en plus de leur nationalité d’origine.

Cela illustre une fois de plus le fiasco des politiques européennes dites d’intégration et les conséquences dramatiques en France du principe d’acquisition automatique de la nationalité française par le droit du sol. Selon nous, il ne suffit pas de naître sur le territoire français pour se fondre dans le creuset national, pour être porteur de la culture française, pour accepter le modèle social français, pour faire partie du peuple français.

A la vérité, les idéologues qui ont imposé la logique d’acquisition de la nationalité par le droit du sol en lieu et place du droit de la filiation savaient parfaitement ce qu’ils faisaient et quel était leur objectif: il s’agissait pour eux de remplacer les peuples par des populations en réduisant le lien national à un contrat social, en brisant l’identité nationale et donc l’unité nationale qui est pourtant la principale garantie de la paix civile. Un pays sans unité, un pays divisé est toujours potentiellement conflictuel.

La troisième leçon est que les terroristes islamistes sont en Europe comme des poissons dans l’eau puisqu’ils vivent dans des communes dont la population est massivement d’origine étrangère comme eux. Molenbeek en Belgique en est la parfaite illustration. Les cellules potentiellement terroristes ou dormantes sont donc très difficilement détectables par nos services de renseignement. Il faut savoir qu’il y a en France environ 2000 zones dites de non droit, c’est-à-dire des portions du territoire français où les forces de l’ordre, les pompiers ou tous autres représentants de l’Etat sont considérés comme des intrus, voire des occupants ou des ennemis.

Par leurs politiques laxistes, démagogiques et irresponsables depuis 30 ans en matière d’immigration, la France et la Belgique ont creusé les tombes dans lesquelles les terroristes envoient leurs victimes. L’immigration de masse est devenue aujourd’hui une véritable colonisation de peuplement avec la mise en place progressive mais rapide d’une culture parallèle, d’une économie parallèle, d’une société parallèle.

Nous vivons les premiers soubresauts d’une révolution historique et d’un basculement de civilisation dont les conséquences seront démographiques, religieuses, politiques et culturelles, et dont l’aboutissement voulu par les islamistes sera la mise en place d’un modèle social basé sur la charia et d’un califat mondial.


H – Nombre de Canadiens et Québécois se croient à l’abri. Est-il insensé de croire qu’après Paris et Bruxelles, Québec, troisième capitale de la francophonie, puisse être ciblée ?

CL – Le terroriste islamiste répond à une logique politique et à une démarche historique. Le premier front de combat des révolutionnaires islamistes se situe en terre d’islam où ils mènent une lutte de conquête du pouvoir. Le deuxième front d’engagement des islamistes se déroule au sein des communautés musulmanes qui vivent dans les pays occidentaux. Il s’agit dans ce cas de prendre le contrôle religieux, idéologique et politique de ces populations afin qu’elles affirment et revendiquent leur identité musulmane. Il s’agit par exemple d’imposer le port du foulard islamique, de multiplier le nombre de mosquées et de rejeter le modèle social occidental considéré comme méprisable et contraire aux lois de l’islam. Le troisième front consiste à s’appuyer sur ces communautés vivant dans les Etats occidentaux pour les frapper par l’action terroriste dans le cas où ces Etats mèneraient des politiques que les islamistes considèrent contraires à leur action révolutionnaire. L’objectif final de ce processus idéologique, révolutionnaire et politique sera de s’appuyer sur les communautés musulmanes nombreuses et organisées afin de mettre en place des entités islamiques dans les pays anciennement de culture humaniste et chrétienne. 

Le Québec, comme tous les Etats d’Occident, peut, en fonction de l’actualité et des choix stratégiques décidés par les dirigeants islamiques, évidemment devenir une cible possible. Au défi islamiste il faut une réponse globale, bien sûr sécuritaire, mais aussi culturelle et politique.
 

H – Troisième question : au-delà des commémorations, que doivent faire les gouvernants pour prévenir de futurs attentats ?

CL – La première mesure doit porter sur l’augmentation massive des moyens humains, techniques et financiers accordés à nos services de renseignement.
Deuxièmement, un contrôle strict des frontières doit être mis en œuvre, ainsi que, selon moi, l’arrêt immédiat de toute politique d’immigration en provenance des Etats musulmans. Il faudra de surcroît réformer le code de la nationalité afin de rétablir le droit de la filiation. Etre Français, cela s’hérite ou cela se mérite, et ne peut en aucun cas être un droit automatique.

Par ailleurs, toute déclaration ou tout agissement hostile à la France de la part d’étrangers résidant sur le territoire national devra entraîner une expulsion immédiate, ainsi qu’une interdiction définitive de séjour. Pour résumer, il faut s’organiser, contrôler et se défendre face à une idéologie qui représente un danger mortel pour nos libertés et notre modèle social et culturel.


H – L’espace Schengen devrait-il être revu ?

CL – Il est clair en effet qu’il faut à la fois un contrôle renforcé aux frontières extérieures de l’Europe, mais que c’est un devoir de sécurité intérieure de rétablir les contrôles aux frontières de chacun des Etats membres de l’Union européenne.
Il faut donc en finir avec l’espace Schengen compte tenu du péril islamiste. La libre circulation des personnes permet en effet la libre circulation des armes et des terroristes – un cadeau fait aux réseaux terroristes.

 

H – Quelle est votre position concernant la remigration ?

CL – Je suis favorable à une politique d’inversion du courant migratoire favorisant le retour au pays des populations d’origine étrangère et en particulier non-européenne. Puisque l’assimilation est manifestement impossible et que les politiques d’intégration ont échoué, je ne souhaite pas que la France devienne une société multicommunautaire.

Les politiques de retour au pays peuvent s’articuler avec des politiques de coopération actives et efficaces avec des pays africains ou plus largement appelés du Tiers-Monde. Par ailleurs, la globalisation de l’économie et la mondialisation des échanges entraînent une croissance réelle dans un certain nombre de pays anciennement d’émigration comme par exemple la Turquie. La croissance économique de ces pays en développement actif peut servir d’appel d’air économique et culturel au retour au pays. Les perspectives économiques et sociales de la vieille Europe sont aujourd’hui tellement faibles que nos nations ne sont plus en état financier de gérer de nouvelles vagues d’immigration. Je crois au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et au droit de la France à rester elle-même et française.
 

H – Comment qualifiez-vous la politique mise en place par Justin Trudeau pour accueillir 35 000 migrants syriens avant 2017 ?

CL – Je suis toujours surpris de constater que ces populations arabes et principalement musulmanes sunnites ne trouvent aucun territoire d’accueil dans des pays pourtant voisins sunnites et richissimes comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite.

Pourquoi donc ces migrants syriens devraient ils venir en Europe, au Canada ou ailleurs, alors que les Etats pétroliers du Golfe disposent de moyens financiers considérables ? Et si nous devons pour des raisons humanitaires accueillir de véritables réfugiés politiques, il faut alors accueillir les Chrétiens d’Orient qui sont effectivement persécutés par les islamistes.


H – Croyez-vous à l’élection de Le Pen à la prochaine présidentielle ?

CL – Madame Le Pen, en choisissant une stratégie à gauche, abandonne délibérément le terrain de la droite nationale, de la droite libérale, de la droite des valeurs et de la droite économique. En abandonnant les thèmes de la droite au profit d’un discours démagogique et souverainiste de gauche, elle fait sans le savoir et sans le comprendre le jeu de la droite libérale.

Le rêve secret de François Hollande et du Parti socialiste est de pouvoir faire un deuxième tour de l’élection présidentielle face à Marine Le Pen, ce qui dans ce cas leur permettraient de rester au pouvoir. Ce serait pour eux la divine surprise. Mais fort heureusement pour notre pays, ce scénario paraît aujourd’hui pratiquement impossible compte tenu du rejet massif de la gauche socialiste par les Français. C’est au moment où la France crie sa colère contre la gauche que madame Le Pen tient un discours de gauche souverainiste. Cette stratégie conduit tout droit à une victoire du candidat de la droite libérale.

La stratégie électoraliste et démagogique de Marine Le Pen et le monopole médiatique dont elle dispose sur le créneau national ne permettra probablement pas à la vraie droite nationale française d’être représentée lors de cette élection présidentielle. Je considère quant à moi pour résumer que madame Le Pen est une imposture politique.

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2 commentaires

  1. Morgane Lavoie le

    La capacité de la France d’avoir un aussi grand spectre politique est fascinant et désolant à la fois. La survie des peuples devrait être la seule préoccupation du moment, en espérant que les rivalités s’estompent d’ici la.

  2. C’est véritablement un plaisir de pouvoir connaître des opinions divergentes de ce que l’on est habitué de voir chez les médias à la solde des mouvements de la gauche caviar. Très bel article fort intéressant !

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