Entretien avec Jehan Morel

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Ancien combattant anti-guérilla en Indochine et en Afrique, et fervent nationaliste, nous vous présentons un entretien avec le vétéran Jehan Morel qui a publié, il y a quelques mois, un ouvrage aux Éditions de Chiré, Guérilla et contre-guérilla. Très peu de gens se sont frottés d’aussi près à la guérilla et se sont intéressés à ce phénomène de façon aussi passionnée que celui-ci, ce qui en fait une référence reconnue, même au sein des militaires de carrière.

Entretien provenant du magazine de la Fédération des Québécois de souche, Le Harfang, numéro 4, volume 1.


Harfang : Lors de nos entretiens pour préparer cette entrevue, vous avez mentionné qu’une des raisons qui vous a poussé à écrire ce livre était d’alerter les populations occidentales et que vous aviez été inspiré par le roman Le camp des saints de Jean Raspail. Pourriez-vous nous expliquez votre motivation à publier cet ouvrage ?

Jehan Morel : Je tiens à affirmer d’emblée que je ne suis pas raciste, ce qui me serait difficile, mon épouse étant Chinoise!

En revanche, j’ai la ferme conviction que tous les peuples ont le droit de posséder leur propre pays où ils peuvent vivre librement, en paix selon leurs usages, leurs coutumes, leurs croyances, tout en préservant leur langue et leur identité.

Cela a été longtemps le cas, jusqu’au début des années 60, où une explosion démographique des pays du Tiers-Monde a entraîné des vagues massives d’immigration vers les pays occidentaux. Ceux-ci sont maintenant submergés et leur « population de souche » en train de devenir une minorité dans leur propre pays.

Or tout le monde connaît le sort réservé aux minorités : Chrétiens au Moyen-Orient, Juifs dans la Russie tsariste, Pygmés en Afrique équatoriale, Touaregs au Mali!

Cette menace potentielle n’est malheureusement pas près de disparaître : l’Afrique qui ne comptait que 230 millions d’habitants en 1950 et en possède un milliard quarante-six millions aujourd’hui!

Par ailleurs la population totale des pays pauvres, qui s’élève à 5,3 milliards aujourd'hui, passera à 7,8 milliards en 2050! Nous avons de beaux jours devant nous!

Il n’est malheureusement pas nécessaire d’être raciste pour réaliser le danger mortel auquel les Occidentaux font face, pour la première fois de leur histoire.
En France, il suffit d’emprunter le métro parisien, ou d’aller dans les banlieues des grandes villes (et leurs écoles) pour se rendre compte de l’arabo-africanisation accélérée où règne un racisme anti-blanc, dénoncé par monsieur Copé et bien d’autres!

Le résultat de ce raz-de-marée migratoire, que l’on cherche à occulter, est terrifiant : banlieues où la police n’ose plus pénétrer, trafics de drogues au grand jour, prières de masse dans les rues, polygamie tolérée, agressions répétées, centaines de voitures incendiées chaque mois, insécurité généralisée, très lourde facture sociale, responsable d’impôts écrasants qui font fuir les forces vives du pays.

Si l’on ajoute qu’au moment où les églises sont désertées, les mosquées fleurissent de partout, et que les nouveaux venus formulent toujours plus de nouvelles revendications « communautaires », on comprend la peur grandissante (mais bien tardive!) du bon peuple français.

Malheureusement ce phénomène n’est pas limité à la France. Il faut visiter Londres pour se rendre compte que les Européens représentent moins de 50% des habitants.

En Allemagne la population comprend maintenant 20% de Turcs musulmans, ce chiffre étant en augmentation constante.

Les États-Unis sont eux aussi en train de perdre leur caractère majoritairement européen : les naissances d'enfants blancs ne représentent plus que 49,6% du total, ce qui leur promet un bel avenir, et d’énormes charges sociales, que seule une fiscalité confiscatoire permettra de supporter.

Cette situation n’améliore certainement pas la sécurité des citoyens!

C’est ainsi qu’à New York, l’ancien chef de la police a déclaré au Wall Street Journal qu’une minorité constituant 23% de la population est responsable de 80% des coups de feu. Pas mal du tout!

Pouvez-vous deviner qui représente « cette chance pour New York »?

Par charité chrétienne je m’abstiendrai d’évoquer la situation du Québec, sur lequel, avec la bénédiction de l’État fédéral, déferle toute la pauvreté du Tiers-Monde anglophone, alors que simultanément cette province ouvre ses portes aux Africains et aux Arabes francophones, souvent sans aucune formation. En un mot, le Québec, soucieux d’avoir des francophones, a accepté n’importe qui, pourvu qu’il parle français! D’où les « Canadiens » qu’on retrouve dans l’actualité du terrorisme! Résultat : les « Québécois de souche » sont en train de devenir une minorité dépossédée, parmi d’autres, sur leur sol natal.

Pour masquer sa faiblesse et sa veulerie, l’Occident jouisseur et inconscient affiche un ultra-libéralisme de bon teint où il est interdit d’interdire et où plus rien n’est tabou.

Tout ce qui faisait sa force a pratiquement disparu : patrie, église, famille, goût de l’effort, moralité!

On ne se marie plus. On préfère s’accoupler, comme des animaux (suivant en cela l’exemple d’un président connu). Le mariage est devenu l’apanage des homosexuels vomis par la Bible et toutes les religions monothéiste. L’usage de la drogue et l’abus de l’alcool se généralisent, alors que les jouissances les plus abjectes sont à la mode!

Bientôt l’inceste, la bestialité et le mariage de monsieur avec son chien seront acceptés, voire célébrés dans une société en pleine décomposition morale.
Malheur au maudit qui voudrait s’opposer à une telle décadence! On voit comment l’Occident a trainé dans la boue le courageux président Poutine qui cherche à préserver son pays de la gangrène sociale environnante.

Pourtant, tout n’est peut-être pas perdu!

Un récent sondage paru sur Le Monde fait paraitre que le peuple français semble enfin réaliser le pétrin dans lequel il s’est fourré : 70% des lecteurs estiment qu’il y a trop d’étrangers en France (on devine lesquels…). De plus, une majorité – dont la gauche – pense que les exigences de l’islam sont incompatibles avec les valeurs de la République. Tiens, tiens, tiens, on découvre cela maintenant…

Il y a seulement dix ans de cela, jamais, au grand jamais, un sondage n’aurait pu montrer un tel état d’esprit en France!

J’ai publié cet ouvrage pour d’une part dénoncer l’idéologie cosmopolite d’un Occident qui va directement à sa perte. D’autre part j’ai voulu montrer aux peuples envahis, soumis à des vagues migratoires inassimilables comment retrouver leur liberté perdue par l’aveuglement criminel de leurs aînés!

Harfang : Dans votre ouvrage, vous expliquez la guérilla comme une guerre menée par des civils contre un envahisseur étranger, comme ce fut le cas au Vietnam, en Afghanistan et en Irak notamment. C’est d’ailleurs principalement sur ces exemples que vous vous basez si je ne m’abuse. Par contre, votre livre s’adresse à un public occidental. Est-ce que les tactiques des guérilleros du Moyen-Orient et d’Asie peuvent s’adapter à l’Occident?

Jehan Morel : J’ai pris pour exemple les actions de guérilla ayant eu lieu au Viêt-Nam (où j’ai combattu), en Irak et maintenant en Afghanistan (où j’ai étudié la situation de très près), alors que je suis bien conscient que ce livre s’adresse à un public occidental.

Je suis cependant persuadé que les principes et les tactiques de la guérilla sont applicables partout en les adaptant à la situation locale (esprit des populations, situation du terrain, capacité de l’ennemi, possibilité d’appuis extérieurs, etc.). Par-dessus tout la guérilla, où règnent l’imagination et l’audace, opère toujours de la même façon : attaque en force là où l’ennemi s’y attend le moins, puis retrait rapide après avoir récupéré armes, munitions, et prisonniers, avant qu’il n’ait le temps de réagir.

Des actions efficaces de guérilla ont d’ailleurs eu lieu en Europe aussi pendant la
Seconde Guerre mondiale :

• En Russie, de nombreux partisans « rouges » opéraient derrière les lignes allemandes, rendant les déplacements de l’ennemi dangereux et difficiles. De plus, ils immobilisaient de nombreuses troupes (dont les volontaires français de la L.V.F.) pour essayer de sécuriser le terrain.

• En Yougoslavie, les guérilleros de Tito menèrent la vie dure aux occupants allemands par un harcèlement constant, immobilisant des forces qui manquèrent sur le front russe.

• En France, même les « maquisards » attaquaient l’ennemi sans répit, lui causant des pertes, puis disparaissaient aussitôt, créant chez lui un sentiment d’insécurité, voire de peur. De nombreuses régions de France furent ainsi libérées par les forces de la résistance, avant même l’arrivée des alliés.

En Amérique du Sud, en Colombie, les F.A.R.C. mènent une dure guérilla contre l’armée pourtant bien équipée, cela depuis des décennies, alors qu’au Pérou le « sentier lumineux » a sévi avec férocité pendant des années pour n’être finalement vaincu qu’à grand peine!

Ceci prouve que, partout où existe une volonté de résistance populaire, une guérilla pourra toujours combattre avec efficacité un ennemi mieux armé!

Harfang : Un autre problème que je vois en lisant votre livre est que la résistance des guérilleros exige d’eux un don de soi, un sacrifice exemplaire. Une telle résistance serait-elle possible aujourd’hui en Occident, alors que l’individualisme et l’hédonisme priment?

Jehan Morel : Il est inconcevable, dans l’état actuel des choses, que les Occidentaux puissent résister avec abnégation et courage à une invasion plus ou moins supportable, plus ou moins pacifique de leur patrie par les « autres » venus d’ailleurs. La société actuelle ne croit plus en rien (et encore moins au futur), ce qui explique sa dénatalité. Elle préfère écouter du rap, fumer de l’herbe et se livrer aux perversions sexuelles les plus révoltantes, plutôt que d’oser faire face à une réalité qui l’effraie! Elle n’a pas conscience que certains des nouveaux venus, rigoristes, austères, rêvent de lui apporter, par la force si nécessaire, « la lumière de Dieu » (Nour Allah), qui punit de mort l’homosexualité et l’adultère, tranche la main des voleurs, et interdit toute musique. Et ne parlons pas du sort réservé aux femmes.

Pourtant, dans le futur, les choses pourraient bien changer lorsque les Occidentaux réaliseront que leur survie même (et surtout celle de leurs enfants) est en jeu. Il y a eu des précédents, comme au Liban dans les années 70, où les Chrétiens, pourtant amateurs de la dolce vita, ont combattu comme des tigres dans les rangs des phalanges libanaises (Al Kataëb) de Bashir Gemayel pour défendre leur foi chrétienne et leur identité.

Harfang : Contrairement aux pays sur lesquels vous vous basez pour écrire votre ouvrage, les pays occidentaux sont maintenant multiculturels et multiraciaux. Une résistance cohérente vis-à-vis un envahisseur est-elle possible dans un tel scénario? Pour élaborer sur la question précédente, donnons un scénario totalement fictif : si la Chine décidait d’envahir l’Amérique, comment concilier la guérilla avec le nombre de Chinois résidant au pays?

Jehan Morel : Les pays occidentaux sont les seuls, par une aberration suicidaire, à être devenus multiculturels et multiraciaux après avoir ouvert en grand leurs portes à toute la misère du monde. On sait qui est responsable de ce génocide culturel. On sait aussi que dans leur propre pays (si l’on peut dire), ils protègent rigoureusement leur pureté raciale, alors que leur but final est de transformer l’humanité en un magma indifférencié, réduit à son plus petit dénominateur commun, pour mieux l’exploiter.

De fait, aucun pays, tant asiatique qu’africain, n’accepterait sans réagir une telle disparition de son identité – et il aurait raison! L’histoire atteste que les « tours de Babel » connurent une fin tragique. La coexistence de communautés différentes sur un même sol finit toujours par des massacres : hindous contre musulmans au moment de la partition de l’Inde (1947), assassinats de coptes par les musulmans (encore!) en Égypte, tueries intercommunautaires dans l’ex-Yougoslavie – où pourtant Bosniaques, Croates et Serbes cohabitaient pacifiquement depuis des siècles, les Tutsis du Rwanda pratiquement exterminés par les Hutus, avec qui pourtant ils vivaient côte à côte depuis toujours! Une seule étincelle suffit à embraser tout le pays et à le mettre à feu et à sang. Quel beau futur!

C’est pourquoi je suis persuadé qu’un pays multiracial, où chaque ethnie pense plutôt à ses intérêts qu’à celui du pays, offrirait peu de résistance à un envahisseur.

Prenons l’exemple de la Malaisie où existent une très importante minorité chinoise et une forte communauté indienne. Lorsque le pays fut occupé par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que les partisans chinois combattaient courageusement l’ennemi, beaucoup d’Indiens et de Malais collaboraient activement avec lui!

Dans ce contexte, j’ai la certitude que l’importante diaspora chinoise résidant en Amérique ne posera jamais de problèmes à son pays d’adoption. La Chine d'aujourd'hui est une puissance pacifique, national-capitaliste, qui n'a de rouge que la couleur de son drapeau.

Ayant vécu d’agréable façon presqu’un demi-siècle parmi les Chinois, je peux affirmer que jamais, quoi qu’il arrive, jamais la Chine n’envahira l’Amérique. Elle a été pendant longtemps la première puissance mondiale. Elle retrouvera sa place, économiquement et militairement, avant l’année 2050, mais ne menacera jamais le monde. Elle est trop sage pour cela et sait trop bien comment ces aventures se termineraient. Un exemple est éloquent : durant la première moitié du XVe siècle, elle possédait la flotte la plus puissante et la plus moderne du globe. Sept expéditions successives sous les ordres de l’amiral Zheng He lui permirent de découvrir de nombreux pays, jusqu’à la côte de l’Afrique orientale et ceci, 90 ans avant l’arrivée de Vasco De Gama. La Chine ne chercha pas à dominer ces nouvelles terres et se contenta seulement de développer des échanges commerciaux, avant de se replier sur elle-même.

Toute visée hégémonique est étrangère à cette nation géniale et pacifique, contrairement aux impérialistes américains qui l’encerclent, avec leur bases en Afghanistan, Kirghistan, Corée, Japon, Okinawa, Guam, Australie (Darwin), leur influence en Inde, à Taiwan, Singapour, aux Philippines et leurs « avances » intéressées au Viêtnam et en Birmanie. Si une puissance cherche à imposer cyniquement ses « valeurs » (et quelles valeurs!), ce n’est pas la Chine mais bien l’empire maléfique américain qui utilise tous les moyens pour dominer le monde afin de mieux l’exploiter et vivre à ses dépens. Il importe d’énormes quantités de marchandises, qu’il paie avec des dollars, imprimés pratiquement sans interruption. De plus, devant emprunter 40% de ce qu’il dépense aux bien naïfs étrangers pour boucler son budget, on se demande quand (et si) ils seront remboursés, et ce que vaudra vraiment le dollar à ce moment-là.

Les armes nouvelles citées dans Guérilla et contre-guérilla poseront certes de sérieux problèmes. Cependant, comme nous l’avons vu, l’imagination qui caractérise l’esprit des partisans leur permettra toujours d’y faire face, d’une manière ou d’une autre. Prenons la guerre (ou l’espionnage) cybernétique : il n’est pas nécessaire d’être une grande puissance pour porter des coups dévastateurs à l’ennemi. La guérilla peut elle aussi utiliser cette action asymétrique pour saboter les postes de contrôle des drones ou désorganiser les transports et les centrales nucléaires. Si les drones, armes absolues du moment, peuvent être capturés par d’habiles hackers, une nouvelle parade a été trouvée pour les détruire : Rheinmetall Defence vient de mettre au point un laser qui a réussi à abattre deux de ces appareils! Qui pourrait affirmer que, jamais dans le futur, une guérilla, appuyée par des amis extérieurs, ne pourra se procurer et utiliser cette arme?

Il en sera probablement de même contre toutes les technologies de pointe utilisées contre les partisans : à chaque nouvelle menace, une solution ingénieuse sera trouvée pour y faire face!

Les exemples de guérilla à grande échelle, avec des bases militaires de guérilla comme au Vietnam, sont-ils encore valables dans cette ère de satellites, missiles téléguidés et cyber-espionnage? En fait, poussons plus loin : les conflits se déroulent désormais principalement dans les pays du Tiers-Monde et l’Occident n’est menacé de nulle part, du moins dans son intégrité territoriale. Les guerres sont-elles devenues du passé et ont-elles été remplacées par des combats économiques et financiers? À quoi bon envahir un pays, alors qu’on peut le contrôler économiquement?

Il est certain que, de nos jours, les grandes puissances ne pourraient s’affronter directement sans risquer leur destruction mutuelle par le feu atomique. De ce fait, leurs frontières ne sont pas directement menacées.

C’est pourquoi les conflits actuels ont lieu par guérillas interposées. On le voit en Syrie, où le gouvernement appuyé par la Russie (et l’Iran) fait face à une rébellion soutenue en sous-main par l’Occident. Hélas, là encore, comme en Libye, en Égypte et même en Tunisie, les véritables gagnants pourraient bien être les djihadistes, au grand dam des occidentaux naïvement bien intentionnés!

Il faut aussi tenir compte du réveil de l’islam militant, qui entraîne l’expansion du salafisme et la multiplication des djihadistes! Je ne pense pas que l’Occident ait bien pris conscience du fait que le but de ces « combattants de la foi » n’est pas une conquête territoriale, mais bien l’instauration d’un califat mondial sur lequel règnera Allah et où la seule loi sera la charia! Considérant que la guerre sainte est une obligation pour tout « vrai croyant », et que celui qui meurt en martyr va directement au paradis, les volontaires ne manqueront pas parmi ces masses qui n’ont pas grand chose à perdre et tout à gagner! L’Occident n’est pas encore sorti de l’auberge!

Enfin, un risque de conflits sérieux par agents interposés menace la zone Asie/Pacifique. Les États-Unis, décidément impénitents, à peine sortis du bourbier afghan, sont en train d’encourager les états voisins de la Chine à contester son espace maritime. Ils semblent avoir oublié que la doctrine de Monroe, qui décrétait « l’Amérique aux Américains », justifierait le slogan « l’Asie aux Asiatiques »! On peut penser que ces pays bien imprudents pourraient devoir faire face à des mouvements anti-impérialistes dans un proche futur, comme les Philippines qui, déjà, hébergent deux guérillas, l’une islamique, l’autre communiste.

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