Entretien avec Lisa Glatt d’Immigration Watch Canada

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La Fédération des Québécois de souche a lancé dans le passé une campagne dénonçant les politiques d’immigration de la ministre Weil et les consultations bidon censées nous faire avaler la pilule. Bien que cette  politique ne touche que le Québec, nous avons tout de même jugé intéressant d’interroger Lisa Glatt d’Immigration Watch Canada, question d’avoir un autre point de vue sur le phénomène d’immigration.

Comme nous le mentionnions dans le Harfang, Immigration Watch est un groupe dédié à des réformes majeures dans le domaine de l’immigration. En regard des nombreux articles et recherches qu’ils ont publiés, ils sont une référence certaine sur le sujet.


Harfang – Votre organisation est totalement dédiée à l’immigration. Pourquoi est-ce un sujet qui vous préoccupe ?

Lisa Glatt – En tant que récente diplômée du secondaire, j’ai remarqué que l’immigration de masse était souvent présentée de façon positive en tant que quelque chose de « bon pour le pays ». Je me suis souvent fait dire que l’immigration augmentait les salaires, créait des emplois et était nécessaire pour combler la pénurie de main-d’œuvre. Après l’obtention de mon diplôme, plusieurs autres diplômés et moi avons eu de la misère à obtenir un travail nous permettant de vivre. Ce n’était pas logique. J’ai donc décidé de faire des recherches sur le sujet et j’ai réalisé que l’immigration était la cause principale des diminutions de salaire, de l’augmentation du chômage et que depuis 1990 (lorsque le quota de 250 000 fut établi par les conservateurs progressistes), nous avons subi trois dépressions économiques majeures. C’est alors que j’ai réalisé que si mes enfants, petits-enfants et moi-même avions une chance de survivre dans ce pays, quelque chose devait être fait !

H – Malgré le fait que l’immigration est un enjeu important, peu de Canadiens semblent intéressés par ce sujet et c’est très rarement un enjeu électoral (sauf pour les groupes ethniques). Pourquoi ?

LG – Ce n’est pas un manque d’intérêt, mais un manque de connaissances. C’est impossible de se positionner sur un sujet qu’on ne connaît pratiquement pas. Le sujet de l’immigration est rarement mentionné et encore moins débattu.

H – Même si la plupart des Canadiens ne basent pas leur vote sur les politiques d’immigration, comment expliquez-vous l’unanimité de la classe politique en faveur de l’immigration massive, alors que les sondages démontrent un désir populaire de revoir les chiffres à la baisse ?

LG – La réponse à cette question remonte à 1990 quand un parti politique (les conservateurs progressistes) augmenta les niveaux d’immigration à 250 000 par année. À l’époque où ils adoptèrent cette mesure, ils annoncèrent que c’était pour aller chercher le vote immigrant. Ça peut sembler difficile à croire parce que c’est très cru, mais c’est un fait. Depuis, tous les partis ont adopté cette politique et tentent de séduire le vote immigrant. En décembre dernier, le ministre de l’Immigration Chris Alexander annonça que le Canada augmenterait les niveaux d’immigration à 285 000. Ironique que ce soit juste avant les élections fédérales de 2015 !

H – Beaucoup de mythes et de faussetés sont véhiculés à propos de l’immigration. D’après vous, quel est le mythe le plus commun à propos de l’immigration ?

LG – Il y a une infinité de mythes et de faussetés sur l’immigration, mais je dirais que le mythe le plus populaire est celui voulant que l’immigration enrichisse le Canada. Une étude de 2011 par les économistes Herbert Grubel et Patrick Grady intitulée « Immigration and the Canadian Welfare State » démontra que les immigrants récents reçoivent en avantages sociaux 23,6 milliards de plus que ce qu’ils payent en taxes et impôts. Les résultats préliminaires d’une mise à jour démontrent que les coûts auraient augmenté au cours des derniers trois ans. De plus, le salaire médian des Canadiens (en dollars de 2005) a augmenté de 0,1% entre 1980 et 2005 (donc aucune réelle augmentation), le salaire du quintile le plus pauvre est descendu de 20,6% alors que le quintile le plus élevé a monté de 16,4%. Ce que l’immigration de masse a permis, c’est une redistribution de la richesse vers les mieux nantis.

H – La plupart des gens s’intéressent surtout aux enjeux qui les touchent dans leur quotidien. Quels sont les impacts concrets de l’immigration dans le quotidien des Canadiens ?

LG – C’est parfaitement normal et naturel que les gens s’intéressent à ce qui les touche. Mais je trouve que les gens de tous âges qui en viennent à connaître une ou deux choses sur l’immigration finissent par s’intéresser activement à cet enjeu.
L’impact concret de l’immigration est une diminution généralisée de la qualité de vie. Avec un marché du travail saturé, les emplois sont plus difficiles à trouver et étant donné que les gens ont désespérément besoin d’un emploi, les salaires tendent à diminuer. Avec des augmentations massives de population (notamment dans les centres urbains), le volume du trafic et de pollution augmente. Avec une plus grande demande dans l’immobilier, les prix continuent d’augmenter, ce qui rend l’achat d’une première maison de plus en plus difficile. Vancouver est récemment devenu la deuxième ville au monde la moins abordable !

H – Un des arguments fréquemment utilisés pour promouvoir l’immigration est le fait que la population est vieillissante. L’immigration est-elle une solution viable à ce problème réel ?

LG – À ce jour, toutes les études démontrent que l’immigration n’a que très peu d’impact sur la pyramide démographique :

  •  Loh, Shirley ; George, M.V. (2007) Projected Population Size and Age Structure for Canada and Provinces: With and Without International Migration. Canadian Studies in Population, Vol. 34.2, pp. 103-127.
  •  Beaujot, Roderic (2003) Effect of Immigration on the Canadian Population: Replacement Migration? Discussion Paper 03-03, Meeting of the Canadian Population Society, Halifax, NS.
  • L’étude du C.D. Howe Institute conclut que pour conserver notre ratio actuel de retraités versus les travailleurs, il faudrait une augmentation massive de l’immigration. En 2050, selon ces projections, le Canada compterait 165 millions d’habitants et aurait besoin de 7 millions d’immigrants annuellement. C.D. Howe Institute. (2006) No Elixir of Youth: Immigration Cannot Keep Canada Young. No. 96.

H – Sur votre site Web, vous avez prouvé que l’immigration n’est pas positive économiquement, socialement ou même démographiquement. Pourquoi les gouvernements s’entêtent-ils à vouloir augmenter les seuils ?

LG – C’est dur à dire, bien que comme je l’ai mentionné précédemment, les politiciens tentent de se tailler une partie du vote ethnique, ce qui a probablement un lien. Je dirais également que beaucoup de politiciens n’ont aucune idée des impacts réels de l’immigration de masse.

H – Nous sommes convaincus que plusieurs de nos lecteurs seront intéressés par votre organisation et votre site. Pourriez-vous nous en dire plus sur vos objectifs ?

LG – Nos cinq objectifs principaux sont les suivants :

1. Réduire de façon importante l’immigration. (http://tinyurl.com/fqsiwc1)
2. Agir de façon humaine avec les véritables réfugiés et ne pas accepter les fraudeurs. (http://tinyurl.com/fqsiwc2)
3. Reconnaître les limites économiques au nombre de travailleurs qu’on peut accepter. (http://tinyurl.com/fqsiwc3)
4. Reconnaître les limites environnementales au nombre d’immigrants qu’on peut accepter. (http://tinyurl.com/fqsiwc4)
5. Reconnaître les limites culturelles au nombre d’immigrants qu’on peut accepter. (http://tinyurl.com/fqsiwc5)

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Un commentaire

  1. Merci pour votre ouverture d’esprit et de tendre la main aux anglophones du reste du Canada, c’est un fait très rare chez les nationalistes québécois, en ce sens vous êtes loin d’être sectaires.

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