Entretien avec Markus Willinger

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Qui de mieux que l’auteur du livre Génération identitaire, Markus Willinger, pour nous expliquer ce mouvement qui prend racine dans de nombreux pays européens. Agé de seulement 21 ans, ce jeune fondateur du mouvement identitaire germanophone nous explique les bases de ce mouvement essentiellement composé de jeunes activistes.

Le Harfang – Comment définiriez-vous le concept d’identitaire?

Markus Willinger – Tout le monde a plusieurs identités. Nous sommes des hommes et des femmes, nous appartenons à une nation, une civilisation, nous avons une ville natale, une langue maternelle, etc. C’est cela qui fait de nous qui nous sommes. Mais de nos jours, les idéologies égalitaires mènent une guerre contre ces identités. Ils arrivent avec la théorie du genre, en tentant de nous dire que les hommes et les femmes sont intrinsèquement égaux. Ils tentent de nous dire qu’il n’y a pas de nation, que toutes les religions sont égales, etc.

Le concept des identitaires est très simple. Nous disons simplement que ces différences existent, que nous ne sommes pas tous égaux et que ces identités sont importantes. Toutes les identités sont bonnes, car elles forment la vraie richesse du monde. Nous ne voulons pas vivre dans un monde globalisé avec une seule langue, un État, un type de civilisation. Ce que nous voulons, c’est la diversité.

H – En quoi le mouvement identitaire se démarque-t-il du mouvement nationaliste ?

MW – C’est une question difficile puisque les différents mouvements nationalistes sont très différents. Il y a des mouvements nationalistes qui sont en réalité des identitaires et d’autres qui ne le sont pas. En Europe, en général, les identitaires sont beaucoup plus modernes, perdent moins de temps sur des chicanes historiques et supportent une Europe unie forte (même si certains nationalistes font de même).

Mais c’est encore une fois une question qui devrait être posée pour chaque pays. Néanmoins, je souhaite clarifier les différences qui existent en Europe. Prenons l’Allemagne par exemple. En Allemagne, les nationalistes affirment que l’ancienne Allemagne de l’Est (qui fut attribuée à la Pologne après la Seconde Guerre mondiale) devrait redevenir allemande. Bien sûr, ça signifierait une nouvelle guerre en Europe ou du moins des conflits entre pays européens. C’est pourquoi nous rejetons de telles revendications territoriales. Nous croyons en une Europe unie et que les Européens doivent s’unir contre la décadence et l’immigration massive.

En général, les nationalistes sont souvent plus intéressés par des chicanes historiques (qui a commencé telle guerre et des choses du genre) que de bâtir l’avenir. Je ne sais pas ce qu’est la situation au Québec, mais en Europe, nous pouvons dire que les nationalistes sont les derniers d’hier et nous sommes les premiers de demain.

H – Votre livre et le discours que vous avez prononcé en Suède tournent autour de l’idée que notre génération est d’une importance capitale face à l’histoire. Pourquoi est-elle si importante ?

MW – En raison de la situation démographique en Europe. Nous serons la dernière génération à être une majorité face aux immigrants. Nous ne pouvons simplement essayer de sauver l’Europe, nous devons le faire. C’est notre quête et si nous ne le faisons pas, personne d’autre ne pourra le faire. Si nous ne trouvons pas une façon, personne ne le fera. Mais je suis définitivement certain que nous réussirons.

H – Concrètement, comment cette génération est-elle supposée remplir sa destinée?

MW – En gagnant la guerre métapolitique contre nos ennemis. Aujourd’hui les idéologies d’égalité contrôlent les universités, les médias de masse et les écoles. Ils ont plusieurs façons d’influencer notre société. C’est à notre tour de leur reprendre notre société. Ça implique que nous devons influencer la nouvelle génération avec nos idées. C’est exactement ce que la gauche a fait après la Seconde Guerre. Et nous pouvons faire la même chose. Les nouveaux professeurs, enseignants et journalistes ne seront pas de gauche, ils seront identitaires. Et le jour viendra où tous les étudiants supporteront naturellement nos idées, aussi naturellement que ceux de 68 supportaient les idées de gauche.

Notre but est d’influencer la jeunesse et c’est pourquoi j’écris des livres, c’est pourquoi nous faisons des actions et c’est pourquoi nous nous appelons « génération identitaire ». Nous voulons montrer que nous sommes la jeunesse.

H – Maintenant, cette génération identitaire n’est-elle pas seulement un heurt intergénérationnel ?

MW – Oui, c’est un heurt intergénérationnel, mais aussi d’idéologies, de visions du monde. En allemand, nous dirions que c’est une confrontation de « Zeitgeist ». Et dans de telles confrontations, les jeunes gagnent toujours.

H – D’après ce qu’on voit aujourd’hui, la plupart des jeunes font partie de la génération MTV plutôt que d’une génération politique. Qui est la génération identitaire ?

MW – Nous sommes politiques, mais faisons néanmoins partie de la génération MTV. Et c’est ce que notre génération veut. Après tout, nous voulons la même chose. Et oui, la plupart des jeunes ne s’intéressent pas à la politique, surtout car nous avons d’autres problèmes dans nos vies. La plupart se sentent seuls. Nous avons le sentiment de ne pas avoir de racines, de ne pas avoir de but. C’est pourquoi la jeunesse tente de faire partie d’un groupe. Nous nous appelons gaber, emos ou peu importe, car nous avons besoin d’une identité. Peut-être que nous ne nous intéressons pas vraiment à la politique, mais nous sentons tous qu’il y a quelque chose qui ne marche pas.

H – Comment le mouvement pourrait-il se répandre chez les jeunes qui sont un parfait produit de l’hédonisme promu par le marxisme culturel et qui semblent seulement s’inquiéter des dernières tendances ?

MW – Parce que notre mouvement est la dernière tendance et nous savons comment le rester. Nous connaissons la jeunesse puisque nous sommes la jeunesse. Nous savons ce que nous voulons et nous l’avons. Les meilleurs slogans, les vidéos YouTube les plus cools, les actions spectaculaires. Pendant des années, la droite européenne a tenté de ramener la jeunesse aux traditions. Nous leur amenons la tradition d’une façon qu’ils comprennent.

H – Une des expériences du marxisme culturel a été le multiculturalisme. Nous entendons souvent parler de l’échec du multiculturalisme en Angleterre, en France et en Allemagne, mais nous n’avons aucun écho d’Autriche. Que s’y passe-t-il?

MW – En Autriche, c’est exactement la même situation que dans le reste de l’Europe de l’Ouest. Plusieurs non-Européens vivent ici, principalement des Turcs. A Vienne, nous parlons déjà du troisième siège turc de Vienne. Il y a environ 20% de la population autrichienne qui sont des « Migrationshintergrund », ce qui veut dire qu’ils ont la citoyenneté, mais ne sont pas d’Europe. L’immigration massive est un problème auquel nous faisons face dans tous les pays : la Suisse, la Norvège, l’Espagne, etc. Bref c’est un problème européen que nous devons régler ensemble.

H – Aimeriez-vous ajouter quelque chose pour les Québécois qui liront cette entrevue ?

MW – Oui, je vais vous donner ce que je pourrais qualifier de maxime de vie : « Wille ist Macht », la volonté est le pouvoir. Je crois que si nous essayons assez fort, nous pouvons toujours réussir. Même ici, en Europe, nous savons que le Québec souhaite être indépendant et nos pensées sont avec vous – je suis sûr que vous réussirez.

Pour la préservation de notre peuple,

F.Q.S.

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