Entretien avec Sylvain Brouillette (La Meute)

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Article paru dans le journal Présent, le 26 juillet 2017.


Il y a à peine deux ans naissait sur les réseaux sociaux un groupe s’opposant à l’islamisation du Canada. En peu de temps, ce groupe, La Meute, a rassemblé des milliers, puis des dizaines de milliers de Québécois adhérant à son message et qui pour la plupart, comme c’est le cas avec Pegida en Allemagne, ne s’étaient jamais impliqués en politique. Ce mouvement citoyen est devenu incontournable au Québec où il organise des manifestations, des actions de sensibilisation et divers autres évènements pour dénoncer tant les politiques de Justin Trudeau que l’islamisation de notre société.

Présent – La Meute compte aujourd’hui plus de 40 000 membres réunis sur Facebook, mais qui se mobilisent de plus en plus dans le réel. Pourriez-vous retracer l’itinéraire de ce groupe qui fait couler beaucoup d’encre ?

Syvlain Brouillette –  En réalité, c’est plus de 50 000 membres avec les deux pages. La Meute est née durant la campagne électorale fédérale de 2015. Au départ, c’était le projet de trois vétérans des forces canadiennes. Ils étaient sans voix devant le comportement de Justin Trudeau qui faisait sa campagne dans des mosquées reconnues pour être intégristes et faisait ouvertement preuve d’ouverture envers les islamistes. Il parlait d’ouvrir les frontières, d’abandonner les poursuites contre Zunera Ishaq, jugeant que le port du niqab était un droit au Canada et qu’on ne pouvait en interdire le port lors de l’assermentation d’un nouveau citoyen canadien. Il a dit que le Canada n’avait pas de culture propre et sa vision du multiculturalisme est une négation de la société d’accueil. Pour lui, nous sommes tous des immigrants, comme si nous n’avions rien bâti. Dans le même temps, Couillard démontrait de plus en plus d’ouverture envers les islamistes, condamnant toute critique de l’islam.

Les trois fondateurs parlaient avec les gens de leur entourage et ne trouvaient pratiquement personne qui partageait la vision de Trudeau et de Couillard. En même temps, les médias ne semblaient pas refléter la façon de penser de la majorité du peuple québécois. Pour des militaires, il est difficile d’entendre que le nationalisme est du racisme ou de la xénophobie, eux qui ont risqué leur vie pour défendre le mode de vie et la démocratie de leur patrie. Ils ont donc eu l’idée de créer une page Facebook pour réunir les gens qui pensent comme eux, des patriotes qui sont soucieux de protéger ce qui a fait du Canada l’un des pays les plus enviés dans le monde, c’est-à-dire notre démocratie, nos droits fondamentaux et notre culture.

P – Quels sont les objectifs de La Meute ?

S.B. – L’objectif de La Meute est de faire la promotion de la laïcité afin de protéger nos institutions et notre démocratie de toute ingérence religieuse. Nous voulons aider les gens à redevenir fiers de leur pays, de son histoire et de sa culture. Nous voulons qu’ils comprennent que notre pays est un joyau que nous devons protéger pour les générations futures et que si nous ne le faisons pas, tout peut basculer en quelques générations seulement.

Nous sommes en train d’établir des clans régionaux dans les 17 régions administratives du Québec afin d’organiser le travail de terrain. Nos membres seront plus en mesure de s’organiser pour sensibiliser les gens par des actions politiques au niveau fédéral, provincial et municipal. Nous voulons provoquer un débat politique sur l’identité nationale afin de ramener la fibre patriotique qui s’est affaiblie dans les trois dernières décennies. Nous voulons motiver, en échange de votes, les partis politiques à remettre le pouvoir dans les mains du peuple pour le peuple. Les gouvernements dans une démocratie doivent servir le peuple et non l’inverse. Nous voulons un nouveau système électoral plus représentatif de la majorité afin d’éviter qu’un parti puisse prendre le pouvoir absolu avec une minorité de voix, ce que nous considérons comme de la « dictature romaine ». Nous voulons que les députés, lorsqu’ils votent des lois, le fassent en fonction de la volonté de leurs électeurs et non en suivant obligatoirement la ligne de parti.

P – Les musulmans ne représentent qu’une infime minorité au Québec et les attentats sont rares. Pourquoi vous préoccupez-vous de l’islam ?

S.B. – Je suis toujours surpris quand on en vient tout de suite au terrorisme comme si cela était l’enjeu principal. Le terrorisme n’est qu’un indice de contamination islamique d’une société. Le danger est beaucoup plus grand que cela. Ce que nous craignons c’est la façon qu’ont les islamistes, qui représentent seulement une minorité de musulmans, de gagner du terrain dans l’opinion publique en jouant la carte de la victimisation. Ils sont des maîtres dans l’art de passer pour les victimes alors qu’en réalité ils sont les agresseurs de notre nation.

Ces gens ne croient pas en la démocratie ni aux droits de l’homme, car cela est incompatible avec l’islam. Ils testent nos lois devant les tribunaux et gagnent des points en obtenant des privilèges et des accommodements que personne d’autre ne réussit à avoir car ils nous accusent de racisme et de xénophobie si nous refusons leurs demandes. Un non ne veut pas dire non pour eux, c’est un peut-être et ils recommencent jusqu’à avoir gain de cause. Ils nous provoquent en organisant des prières dans des lieux publics, leurs femmes portent la burqa, ils insultent les femmes qui sont habillées d’une façon qu’ils jugent inappropriée. Autrement dit, ils essaient de nous habituer à une culture qui n’est pas la nôtre en érodant lentement nos défenses naturelles.

Un bon exemple est la motion 103 adoptée par le parlement canadien. Cette motion est un affront à la liberté d’expression car elle condamne toute critique de l’islam. Un des partis d’opposition a voulu étendre la portée de cette motion à toutes les religions (ce qui était encore pire pour la liberté d’expression) mais cela a été refusé. La motion protège l’islam seulement. Dans une société démocratique libre et laïque comme la nôtre, nous avons le droit de critiquer toutes les religions. Cette motion est anti constitutionnelle.

P – Vous avez déposé une plainte contre le Centre de prévention de la radicalisation. Pourquoi ?

S.B. – Nous n’avons pas encore porté plainte, mais nous envisageons de le faire. Nous étudions cette possibilité avec nos procureurs. Dans une entrevue à la radio, on entend Herman Deparice-Okomba nous accuser de faire de la propagande haineuse et des appels au génocide, en contravention avec l’article 318 du code criminel canadien. C’est du délire total et de la diffamation pure et simple. La liberté d’expression est elle aussi régie par le code criminel canadien et quand on porte de telles accusations on doit s’assurer que c’est vrai, ce qui n’est clairement pas le cas ici. Chaque action amène une conséquence.

Propos recueillis par Rémi Tremblay

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