Entrevue avec Dr. Ricardo Duchesne

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Alors que les politiciens comme Merkel, Marois, Sarkozy et Cameron admettent que le multiculturalisme ne fonctionne pas, nous avons décidé de nous interroger sur ce qu’est réellement le multiculturalisme et pourquoi il est intrinsèquement incompatible avec la survie de notre peuple. Pour ce faire, nous avons interrogé M. Ricardo Duchesne, professeur à l’Université du Nouveau-Brunswick, un des rares érudits à oser sortir de la pensée unique.

Première partie

Le Harfang – Parce que la définition du mot change toujours dépendant de qui parle, pourriez-vous définir ce qu’est pour vous le multiculturalisme ?

Ricardo Duchesne – D’abord prenons le terme « multiculturel » plutôt que « multiculturalisme ». « Multi » signifie « plusieurs » et donc « multiculturel » signifie « plusieurs cultures ». D’un point de vue strictement sémantique, il n’y a rien de mal avec le terme « multiculturel »; il peut être correctement employé pour décrire la présence de plusieurs cultures dans le monde.

Le terme peut également avoir une connotation, indiquant une appréciation positive de la présence de plusieurs cultures dans le monde et du fait que les peuples de la Terre habitent différentes nations avec différentes cultures et, dans ce sens, le mot peut être utilisé pour souligner et confirmer la diversité culturelle du monde.

Le terme peut également être utilisé pour décrire la présence de plus d’un ou deux groupes culturels ou linguistiques au sein d’une même nation ou d’un même empire. Par exemple, l’empire austro-hongrois était multiculturel et multiethnique, étant peuplé d’Allemands, d’Hongrois, d’Italiens, de Roumains, de Tchèques, de Polonais, d’Ukrainiens, de Slovènes, de Serbes, de Croates, de Slovaques et de Gitans. L’ancienne Union soviétique fut probablement le pays le plus ethniquement diversifié, avec plus de 100 ethnies distinctes vivant sur son territoire.

Le Canada aussi peut être correctement décrit comme une nation multiculturelle au fil de son histoire. En examinant l’origine ethnique lors du recensement de 1971, on trouve la distribution ethnique suivante : Amérindiens (1,3%), Britanniques (44,6%), Français (28,7%), Allemands (6,1%), Ukrainiens (2,7%) et Asiatiques (1,3%).

Mais le terme « multiculturalisme » avec un « isme » est différent du terme « multiculturel ». Le multiculturalisme se définit le mieux en tant qu’idéologie. Par idéologie, j’entends un ensemble d’idées formulées comme un programme dans le but de transformer un état des choses existant en une nouvelle réalité en accord avec cette idéologie. Le multiculturalisme, dans ce sens, n’est pas un terme descriptif faisant référence à la présence de plusieurs cultures dans une certaine société. Ce n’est pas non plus un terme objectif décrivant l’état des choses actuelles. C’est plutôt un programme politique ou social visant à créer une nouvelle réalité.

Le terme « multiculturel » était utilisé pour décrire certaines sociétés avant que l’idéologie du multiculturalisme ne devint courante dans les années 1970. L’idéologie du multiculturalisme s’implanta seulement dans les années 1970 et après. Pourquoi? Cela m’amène à un deuxième élément de définition pour le terme « multiculturalisme », soit que le multiculturalisme s’est développé en programme allant de pair avec la décision des élites occidentales libérales d’ouvrir les frontières à l’immigration massive en provenance des pays non-occidentaux. Jusque dans les années 1960, les grandes nations issues de la colonisation, soit le Canada, l’Australie et les Etats-Unis, étaient protégées par des politiques « d’immigration blanche ». La principale motivation derrière ces politiques d’exclusion était le désir collectif de ces nations de conserver des institutions et une ethnicité britannique et/ou européenne. Ça vaut la peine de souligner que ces nations étaient « multiculturelles » dans la diversité des colons européens et dans la petite proportion de non-Blancs. Mais personne ne pratiquait le « multiculturalisme ».

C’est alors que le président américain Lyndon B. Johnson signa l’Immigration Act de 1965, mettant ainsi fin à l’exclusion envers les immigrants non-blancs. Deux ans après, en 1967, le Canada adopta de nouvelles règles d’immigration, imposant des critères non-raciaux aux immigrants et six ans plus tard, la « White Australia Policy » fut également abandonnée. Le résultat fut une explosion de l’immigration en provenance de pays non-blancs dans ces trois pays durant les décennies qui suivirent. L’adoption du multiculturalisme doit être analysée dans ce contexte, ce qui veut dire en lien avec la décision des nations occidentales de promouvoir une immigration massive en provenance de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique Latine. Le multiculturalisme ne fut jamais une politique concernant la composition multiculturelle du Canada, de l’Australie et des Etats-Unis. Même dans les années 1970, ces pays étaient très majoritairement blancs. Par exemple, le Canada était à 95% européen en 1971. L’adoption du multiculturalisme au Canada n’était pas en lien avec le passé ou le présent; c’était un programme idéologique dévoué à la transformation du Canada (et éventuellement à tous les pays européens) en un simple endroit servant à accueillir toutes les races et cultures du monde entier.

Étant donné que le Canada, l’Australie et les Etats-Unis avaient encore des majorités quasi absolues d’Européens dans les années 1960 et 1970, la promotion du multiculturalisme devait se faire de pair avec une diversification délibérée de la population en augmentant le nombre d’immigrants du Tiers-Monde. Les soi-disant différences entre la « mosaïque » canadienne et le « melting-pot » américain perdirent tout le sens que ces termes avaient lorsque l’immigration non-blanche était encore interdite. Avant les années 1970, le Canada était une mosaïque avec les solitudes relatives des Français et des Anglais au sein de la Confédération. Aux Etats-Unis, c’était un melting-pot puisque les peuples européens, qui avaient la même base ethnique, s’assimilaient tous au « rêve américain ».

Aujourd’hui, les Noirs et les Amérindiens ne se sont toujours pas assimilés à la culture européenne et ce, malgré la discrimination positive (sic), le gouvernement et le lavage de cerveau médiatique. Le melting-pot a seulement fonctionné avec les immigrants européens. Mais aujourd’hui, avec l’entrée massive de Metizos et d’Asiatiques, il n’y a plus d’assimilation. Les Etats-Unis ne sont pas moins la proie du multiculturalisme que peut l’être le Canada. Bien que les Etats-Unis n’aient pas de politique officielle de multiculturalisme au niveau fédéral, il y a une multitude de politiques et de programmes de « diversité » au niveau des États et des municipalités, notamment dans les programmes scolaires, dans la police, dans les pratiques d’embauche, dans les politiques de relations interethniques. En effet, tous les pays européens, de façon variée et à des niveaux différents, ont accepté le multiculturalisme immigrant : des politiques ethniquement neutres pour les critères d’immigration et l’imposition de la diversité dans les institutions publiques et dans les médias.

H – En quoi le multiculturalisme est-il anti-européen?

RD – Cette question m’amène à un troisième élément de définition pour le multiculturalisme : le multiculturalisme n’est pas simplement lié aux cultures, il est lié à la race et aux cultures. Pour être plus précis, c’est la promotion de races et cultures non-blanches au sein des nations européennes.

On entend souvent les multiculturalistes parler des anciennes diversités ethniques des pays européens pour laisser croire que nos politiques d’immigration actuelles ne font qu’améliorer les diversités présentes dans notre histoire. Par exemple, ils souligneront que la Grande-Bretagne fut une nation créée par les Angles, les Pictes, les Saxons, les Gallois, les Celtes et les Vikings. Ils tenteront de donner une image de continuité (et donc de normalité) dans l’arrivée récente massive en Angleterre d’Africains, de Jamaïcains, de Pakistanais, d’Hindous et de Chinois. Mais il y a une différence fondamentale et ils le savent. La diversité historique de la Grande-Bretagne s’est instaurée durant des siècles et tous ces peuples étaient européens. Ces groupes se sont lentement intégrés à la nation anglaise et ils commencèrent à vivre les mêmes expériences culturelles et religieuses. Ils étaient tous Blancs. Le multiculturalisme ne fut jamais basé sur ces groupes, mais à l’ouverture des frontières anglaises aux immigrants non-Blancs. Le multiculturalisme est une idéologie dévouée à la transformation des nations occidentales en États multiraciaux contre les peuples historiques de l’Europe. Dans ses origines et dans ses objectifs, le multiculturalisme est racialement anti-européen.

C’est également culturellement anti-européen. Le multiculturalisme met sur un pied d’égalité toutes les cultures; donc, en principe, cela exige qu’au Canada il n’y ait aucune culture qui soit mise de l’avant, que ce soit lorsqu’on parle de l’histoire de la nation ou de son avenir. Mais nous savons (quoique les générations plus jeunes se font de plus en plus enseigner une version falsifiée de l’Histoire) que toutes les institutions, valeurs, religions et langues du Canada étaient très majoritairement britanniques et françaises. Mais puisque le multiculturalisme exige une appréciation égale pour les cultures des immigrants, il y a une puissante tendance qui fait que dans nos institutions d’enseignement, les fondateurs anglo-français sont dépeints comme un groupe parmi d’autres peuples fondateurs. Cela fait déjà longtemps qu’on enseigne aux enfants que les Amérindiens aussi font partie des fondateurs, mais plus récemment on a ajouté les Asiatiques et les nouveaux immigrants dans l’histoire de notre fondation. Les nouveaux arrivants viennent principalement d’Asie, alors on s’attend à ce que les Canadiens, au nom de l’égalité culturelle, redéfinissent leur « racines citoyennes » pour refléter cette nouvelle réalité. Dans une publication d’Immigration Canada dénommée Bienvenue au Canada (2002), il fut écrit que « de nos jours, divers groupes ethniques et religieux vivent et travaillent en paix en tant que fiers Canadiens… Les immigrants comme vous forment donc une partie importante de la société multiculturelle du Canada. »

Le multiculturalisme est culturellement anti-européen parce qu’il demande aux Anglais et Français d’oublier leur histoire et de faire semblant qu’ils ne furent pas les créateurs des institutions, traditions et lois du Canada. Les enfants de ces groupes ne doivent pas s’identifier fièrement en tant qu’héritiers de leurs ancêtres européens. Au mieux, ils peuvent se voir comme des représentants d’un peuple qui n’a mis sur pied que le cadre des lois et institutions libérales d’aujourd’hui, soit une économie de marché, l’équité face à la loi et la représentation démocratique, des principes qui appartiennent à tout le monde. Au pire, ils devraient s’excuser, car leurs ancêtres ont utilisé l’idéologie « suprématiste blanche » pour bâtir cette nation, notamment en imposant une taxe d’immigration pour les Chinois, en restreignant l’immigration asiatique et en continuant d’exister en tant que « majorité historiquement dominante ».

D’un autre côté, le multiculturalisme protège les droits culturels des immigrants et les dépeint comme des gens avec des traditions authentiques qui peuvent nous aider à améliorer nos traditions impersonnelles et frigides occidentales. Trudeau disait : « Le pluralisme ethnique peut nous aider à surmonter ou à éviter l’homogénéisation et dépersonnalisation de la société de masse. Des groupes ethniques vibrants peuvent donner aux Canadiens de deuxième, troisième génération ou de génération ultérieure un sentiment qu’ils sont en contact avec la tradition et avec l’expérience humaine de différentes parties du globe et de différentes époques. »

Les immigrants ne sont pas seulement d’authentiques représentants de « l’expérience humaine », « enrichissant » un Canada européen qui serait monolithique et ennuyeux, mais ils se sacrifient pour devenir des citoyens canadiens et n’ont jamais opprimé quiconque au Canada; ils souhaitent simplement avoir la part qui leur revient. En fait, les immigrants sont intrinsèquement bons, liés à la Terre et ils sont également francs; tout le contraire des Européens qui ont volé les terres des Amérindiens et ont imposé des quotas. Oublions que certains immigrants viennent de sociétés racistes et anti-libérales; le point est qu’au Canada, ils sont automatiquement considérés comme des « victimes », comme de pauvres « minorités » ayant besoin de privilèges spéciaux pour les protéger des attaques des Blancs « privilégiés ».

H – Quels sont les effets négatifs du multiculturalisme au Canada?

RD – Le multiculturalisme est intrinsèquement lié à l’immigrant en provenance de contrées non-blanches, alors les conséquences négatives devraient être évidentes pour tout le monde : la fin prochaine du Canada en tant que nation ethniquement européenne. Le principal théoricien du multiculturalisme canadien, Will Kymlicka, a été assez clair sur les buts ultimes : « Adopter le multiculturalisme est une façon de dire que jamais plus nous ne verrons le Canada comme un pays « "blanc". »

À court terme, il est surprenant de constater qu’il n’y a pas eu grand chose d’écrit sur les mérites observés du multiculturalisme immigrant. Kymlicka admet que c’est seulement dans les années 1990, soit vingt ans après son implantation officielle, que le multiculturalisme est devenu un sujet d’étude académique et que « dans les années 1990 », les publications concernant le multiculturalisme étaient « dominées par des philosophes politiques qui développaient des théories utopiques d’une forme égalitaire et libéral démocrate ». Somme toute, Kymlicka n’a écrit qu’une dizaine de pages sur les bienfaits du multiculturalisme; les sources sur lesquelles il se fie sont souvent les mêmes et les preuves sont très subjectives et dressent un portrait utopique de la vision des immigrants envers le Canada. Les sentiments positifs envers le multiculturalisme sont considérés comme une preuve « d’intégration réussie ». D’un autre côté, les sentiments négatifs envers l’immigration sont qualifiés de « xénophobes » et sont donc automatiquement disqualifiés en tant que preuve. Il ne se demande jamais comment la culture hôte ou les peuples fondateurs européens ont été affectés culturellement ou même économiquement par l’arrivée de millions d’immigrants.
Kymlicka a recueilli des preuves démontrant que les immigrants acquièrent la citoyenneté, apprennent une des deux langues officielles, participent à la politique canadienne, se marient avec des gens de d’autres groupes ethniques, obtiennent des emplois et s’impliquent dans les institutions d’enseignement. Mais c’est assez facile, puisque le multiculturalisme est explicitement dédié à faciliter l’intégration des immigrants. Comment les Canadiens européens se sont-ils intégrés au modèle multicuturaliste? La seule chose qui compte sont ces Canadiens qui ont « progressivement » accepté la notion d’un Canada polyethnique. Les citoyens de souche ayant une forte identité européenne sont automatiquement classés comme « intolérants » et sont alors ostracisés en tant qu’individus non-multiculturels et leurs opinions et leurs sentiments ne peuvent être pris en considération.

C’est donc sans surprise que Kymlicka utilise la phrase (sans jamais la mettre entre guillemets) « une longue avancée dans les institutions », phrase attribuée au marxiste Antonio Gramsci et plus généralement à l’École de Frankfort. Cette phrase fait référence à la stratégie voulant que les marxistes culturels, au lieu de prêcher une révolution communiste contre le système capitaliste, comme en Russie et en Chine, prônent une prise de contrôle graduelle des institutions des sociétés occidentales, tels les médias, les églises et les institutions gouvernementales liées à la culture. Cette stratégie a fonctionné à merveille. Kymlicka n’est pas toujours franc lorsqu’il parle des buts du multiculturalisme, mais de temps en temps, il révèle ses vraies intentions et ses buts ultimes : le Canada ne doit jamais plus pouvoir se définir comme une nation européenne, l’histoire des euro-canadiens doit être déshonorée en les présentant dans les programmes scolaires comme des « colonisateurs » et des « suprématistes blancs », les sociétés avec une population majoritairement européenne manquent de « qualité de vie » et de « richesse culturelle », une culture polyethnique requiert que l’identité et la religion des non-Européens « soient reconnues au même niveau » et donc, les symboles étatiques qui sont encore européens ou chrétiens, comme les drapeaux, les hymnes nationaux, les uniformes, les serments d’allégeance et les jours fériés doivent être redéfinis et remplacés par des symboles « plus neutres ». (Note du traducteur : N’est-ce pas exactement ce qui est en train de se produire avec la Chartre de la laïcité du Parti Québécois qui dit pourtant être contre le multiculturalisme?)

Kymlicka ignore complètement les arguments présentés par l’Institut Fraser dans un rapport publié en 2009, Mass Immigration on Canadian Living Standards and Society, rapport édité par Herbert Grubel. Parmi les nombreux faits énoncés dans cette étude, il est affirmé que « les coûts des services et en avantages pour l’année 2002 pour les 2,5 millions d’immigrants arrivés entre 1990 et 2002 dépasse les taxes et impôts qu’ils ont payé par une somme de 18,3 milliards », que « l’immigrant moyen arrivé depuis 1985 représente un fardeau fiscal annuel de 6000$, ce qui monte le total pour tous les immigrants à 25 milliards par année », que « quatre-vingt pourcents des immigrants venant au Canada ne sont pas sélectionnés à cause de leur éducation ou de leurs qualifications » et que « les ouvriers canadiens n’ayant que peu de qualifications ont écopé à cause des salaires stagnants et du chômage causés par un influx de cheap labor immigrant. »

Les plus grands gagnants sont ceux qui spéculent sur l’immobilier, les avocats en matière d’immigration, les entreprises voulant réduire leurs dépenses, les activistes de la diversité, les organisations et, bien évidemment, les intellectuels comme Kymlicka.

H– Le Canada n’est-il pas une nation d’immigrants?

RD – L’affirmation voulant que le Canada est un pays d’immigrants est un mensonge qui fut répété si souvent que même des gens éduqués et des politiciens mainstream ont fini par y croire. Le Canada est devenu une nation d’immigrants seulement après que le multiculturalisme y fut introduit et que ses frontières furent ouvertes au Tiers-monde dans les années 1970. Avant l’immigration du Tiers-monde et le multiculturalisme, le Canada n’était pas un pays d’immigration, mais une nation européenne créée par des pionniers et avec une population traditionnelle ayant un haut taux de fertilité.

Le plan visant à mettre fin à l’identité européenne du Canada a requis une réécriture de l’histoire de façon à suggérer que le Canada était toujours allé dans le sens que les marxistes culturels voudraient qu’il aille. Nous sommes forcés de croire que les 250 000 immigrants arrivant chaque année depuis 1991 ne sont pas différents de ceux qui ont fondé notre pays. C’est une fraude historique semblable à celles présentées en Union soviétique et en Chine maoïste. Les Britanniques et les Français étaient des pionniers et des colons, pas des immigrants. Ils ne déménagèrent pas dans une nation déjà viable; ils étaient les créateurs d’un nouveau pays créé à partir de l’état sauvage.

De plus, l’élément démographique le plus déterminant dans la colonisation et le développement du Canada fut notre haut taux de fertilité et non pas l’immigration. Lorsque les Britanniques prirent le pouvoir en Nouvelle-France dans la décennie 1760, la population francophone était d’environ 70 000. Ensuite, jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, la population commença à exploser, non pas à cause de l’immigration qui avait pratiquement cessé après la prise de contrôle britannique, mais à cause du haut taux de fertilité des Québécois, avec des femmes qui avaient en moyenne six enfants survivant jusqu’à l’âge adulte. En 1900, la population du Québec était de 1,5 millions et en 1951, elle avait atteint 4 millions, encore une fois non pas à cause de l’immigration, mais grâce à un haut taux de natalité. C’est seulement dans les années 1960 que le taux de natalité diminua considérablement et c’est seulement dans les années 1970 que Montréal vit une augmentation de l’immigration non-européenne. De la même façon, l’immigration significative débuta dans les années 1900, avec une diminution majeure entre 1931 et 1945. L’augmentation de la population se basait sur le taux de natalité.

 

Deuxième partie

Le Harfang – Maintenant, vous avez déjà affirmé que les standards antiracistes s’appliquaient seulement aux peuples d’origine européenne, pouvez-vous élaborer?

duchesneRicardo Duchesne – Les standards antiracistes s’appliquent uniquement aux peuples européens parce que ce sont les peuples européens qui se sont imposés de tels standards. Récemment aux Etats-Unis, il n’y a pas un mois qui passe sans qu’une personnalité médiatique ou sportive ne doive s’excuser en public de propos « racistes », même si ces propos avaient été tenus il y a vingt ou trente ans. Malgré tous les programmes d’éducation, les programmes scolaires promouvant la diversité, le fait de dépeindre les Noirs de façon systématiquement sympathique, la célébration constante de l’immigration et des mariages interraciaux, malgré tout cela et malgré l’élection d’Obama, l’hystérie antiraciste contre les Blancs (par les libéraux blancs) s’est intensifiée. Tout ça relève d’une lutte au sein de la communauté blanche entre les « bons » libéraux blancs des classes supérieures, qui sont tolérants et apparemment aiment toutes les races (bien qu’ils vivent dans des communautés clôturées), et les « mauvais » blancs conservateurs ou de la classe ouvrière, qui n’acceptent pas les changements dits progressistes. Dans presque cent pourcent des cas de « racisme » présentés dans les médias, le perpétrateur est une personne blanche s’en prenant à un non-Blanc ; jamais le contraire et encore moins souvent un non-Blanc contre un non-Blanc, comme un Metizo contre un Asiatique ou un musulman contre un Chinois.

Pendant ce temps, dans les pays asiatiques, où on ne parle jamais de racisme, nous apprenons par la bouche de Frank Dikotter comment les notions traditionnelles chinoises à propos des « barbares » inférieurs se rapprochent du racisme « scientifique » des Nazis pour former une nouvelle conscience raciale chinoise. Dans Imperfect Conceptions: Medical Knowledge, Birth Defects, and Eugenics in China (1998), Dikotter cite des publications gouvernementales faisant la promotion de l’eugénisme comme outil essentiel pour améliorer la « forme biologique » de la nation et affirmant que le XXième siècle sera une période dominée par la compétition biologique entre la « race blanche » et la « race jaune ». Pouvez-vous imaginer une publication gouvernementale canadienne utiliser ces termes?

Les minorités ethniques en Chine sont traitées comme des citoyens de second rang. Les Tibétains sont couramment décrits comme lâches, ignorants et sales. La migration Han vers le Tibet détruit leur patrimoine ; les compagnies Hans dominent les principales industries et les Chinois obtiennent les meilleurs postes. La province de Xinjiang, anciennement une région autonome, est également submergée par les migrants Hans. En 1949 les Chinois Hans comptaient pour seulement 5% de la population de Xinjiang ; aujourd’hui ils sont près de 41%. Urumqi, la capitale, compte 75% de Chinois Hans. Le Chinois moyen voit les autochtones du Xinjiang comme arriérés et non reconnaissants, car ils n’apprécient pas les infrastructures modernes que les Hans ont daigné leur donner. Mais on ne parle pas de racisme et les médias occidentaux n’approchent que très rarement les pays non-Blancs avec cette perspective. En fait, on nous fait croire que les Asiatiques souffrent du racisme blanc et de l’impérialisme et que les Canadiens ne peuvent que profiter de l’immigration asiatique et de l’attitude naturellement non-raciste de ces nouveaux arrivants.

Les Canadiens sont tellement obsédés par leurs standards antiracistes qu’ils ont même donné Vancouver aux Asiatiques pour prouver qu’ils n’étaient pas racistes. Toronto et nos universités principales, comme l’Université de Colombie-Britannique et l’université de Toronto, ont été colonisées par les immigrants chinois et les immigrants en général, de même que par les étudiants internationaux.

Il n’y a que les peuples occidentaux qui sentent qu’ils doivent transformer leurs nations en lieux multiraciaux et, de ce fait, abandonner leur position historique de pouvoir dans leurs propres pays. L’antiracisme est une guerre contre les Blancs dans leurs propres pays. Ceux qui s’y opposent se font qualifier de « suprématistes blancs ».

H – Dans The Uniqueness of Western Civilization, vous parlez de révisionnisme historique, de l’approche multiculturaliste de l’histoire. Pourriez-vous élaborer?

RD – Le révisionnisme multiculturaliste est principalement un effort pour réécrire l’histoire du monde d’une façon telle à présenter la civilisation occidentale comme une civilisation parmi plusieurs autres.

Le révisionnisme multiculturel domine présentement. Ses racines datent de l’emphase marxiste placée sur les classes ouvrières, leurs conditions de vie matérielles et leurs luttes contre les élites dominantes. Cette emphase évolua vers « l’histoire sociale » des humains normaux, pas seulement des paysans et des travailleurs, mais des masses anonymes à qui on redonne aujourd’hui un nom et des histoires concrètes ; les migrants, les fantassins, les femmes au foyer et un paquet de minorités anciennement négligées par les historiens traditionnels, soit les gays, les transsexuels, les enfants, les Noirs, etc. C’est une approche égalitaire qui vint à diminuer l’importance des grands personnages, ou en fait des grands hommes, puisque presque tous les grands personnages de l’histoire furent des hommes. Aujourd’hui les professeurs d’université ne sont pas à l’aise de laisser savoir aux étudiants (majoritairement des femmes) que pratiquement tous les grands philosophes, scientifiques, poètes, inventeurs ou simplement tous ceux qui se sont démarqué dans les arts ou les sciences étaient des hommes. Et ils sont encore moins à l’aise avec l’idée d’enseigner à des classes de plus en plus multiculturelles que ces hommes étaient très majoritairement européens. Ils préfèrent parler des guerres meurtrières et des exploits coloniaux des mâles européens, et bien que les universités ne peuvent pas ignorer les avancées philosophiques et scientifiques des Européens (ils n’auraient plus rien à enseigner), l’importance doit être mise sur l’évolution « progressiste » des idées (européennes), que les professeurs préfèrent qualifier « d’humaines ». L’emphase est également placée sur la façon dont ces idées peuvent être améliorées grâce à la « pensée critique ». L’histoire est donc le point de culmination des idées du professeur marxiste culturel.

La simple notion selon laquelle la civilisation occidentale fut plus innovatrice que le reste détruit les conceptions enseignées par les égalitaristes. Depuis le dix-huitème siècle, les penseurs européens comme Montesquieu, Voltaire, Hume et Adam Smith ont noté des différences cruciales entre l’Occident et l’Orient. Un des contrastes les plus visibles notés par ces penseurs est le « génie de la liberté » européen, contrairement à la personnalité « despotique » asiatique. Dans les dernières décennies, le fameux débat sur « la montée de l’Occident » s’est limité à la question « Pourquoi l’Europe s’est-elle industrialisée en premier ? » ou plus généralement « Pourquoi la science moderne et l’industrie sont-elles apparues en Europe en premier ? » Les historiens sont remontés au temps de la Grèce antique et de l’époque médiévale pour répondre à cette question, mais l’exception occidentale a été réduite à la simple question du pourquoi l’Occident en est venu à dominer d’un point de vie industriel et scientifique à l’époque moderne. Dans In the Uniqueness of Western Civilization, j’affirme que de nombreuses divergences, des révolutions successives et une créativité continue sont la base des particularités propres à l’Occident et ce, depuis l’Antiquité. Au sein de chaque génération, on trouve des individus cherchant de nouveaux mondes, de nouvelles visions religieuses et de nouveaux styles de peinture, d’architecture, de musique, de science, de philosophie et de littérature, ce qui est différent du monde non-occidental où des visions culturelles ont perduré durant de longues périodes avec seulement quelques petites variations ou révisions.

Parmi les nombreuses sources que j’utilise, il y a Human Accomplishment, Pursuit of Excellence in the Arts and Sciences, 800 BC to 1950 de Charles Murray, qui nous apprend que grâce aux statistiques, il est possible d’affirmer que quatre-vingt-dix-sept pour cent des découvertes scientifiques entre 800 av. J.-C. et 1950 se sont produites en Amérique du Nord ou en Europe. Nous apprenons également que les arts européens produisirent plus de chefs-d’œuvre que le reste du monde mis ensemble. Récemment, j’ai aussi noté le fait que près de 95% des explorateurs furent des Européens. Je crois que les racines ultimes de cette créativité proviennent de la culture guerrière aristocratique des Indo-Européens.
Toute cette interprétation va à l’encontre de l’obsession multiculturaliste avec la diversité égalitaire ; comment se pourrait-il que toutes les grandes réalisations de l’humanité proviennent de la culture guerrière aristocratique des hommes indo-européens (aryens) ! Ne vous attendez pas à du financement pour développer un tel projet. Heureusement, les humains ont tendance à apprécier ou au moins respecter la grandeur même s’ils ne la comprennent pas et donc mes étudiants (je travaille dans une université majoritairement blanche) ont bien accueilli ces idées.

H – Lorsque vous parlez de l’Histoire, vous dites qu’il y a un double standard évident lorsqu’on parle des Blancs et lorsqu’on parle des non-Blancs. Pourriez-vous donner un exemple?

RD Étant donné que les Blancs furent les impérialistes et colons qui ont le mieux réussi et qu’ils sont également les concepteurs des idées critiquant cet impérialisme et la colonisation, ils ont été davantage critiqués par des Blancs exerçant leur « pensée critique ». Les non-Blancs sont vus comme des victimes ; en fait, plusieurs affirment que les non-Blancs ont toutes les raisons du monde pour immigrer ici et prendre le contrôle des pays blancs, comme si c’était une réparation pour ce qu’ils ont subi sous le colonialisme européen. En même temps, les activités impérialistes des non-Blancs sont moins souvent condamnées et sont plutôt considérées comme une preuve de leur vitalité et de leur créativité. Aujourd’hui, de nombreux historiens occidentaux font les louanges des glorieux empires chinois, mongol, zulu et aztèque. Ces mêmes historiens vont pourtant dénigrer ou dépeindre de façon cynique les activités impérialistes des Espagnols, des Français et des Britanniques.

Ceci étant dit, je ne pense pas que tous les pays puissants et les empires ont eu les mêmes visées expansionnistes envers leurs voisins. La Chine moderne s’est impliquée dans des activités coloniales en extirpant des ressources vitales aux peuples et pays adjacents, mais comme je le dis dans In the Uniqueness of Western Civilization, les Européens furent un peuple excessivement guerrier et ce, dès la préhistoire avec leurs cavaliers indo-européens. L’Europe produit plus de conquérants que n’importe quelle autre civilisation, même chose pour les explorateurs. L’impérialisme chinois fut quant à lui principalement « démographique », poussé par des mouvements massifs de population, menant à la colonisation graduelle de contrées non-chinoises par des immigrants chinois recherchant des nouvelles terres pour survivre. Il n’y a pas eu beaucoup de grands conquérants chinois traversant les mers et océans en quête de gloire comme ce fut le cas avec les Européens. Il ne fait aucun doute que d’autres peuples, notamment ceux venant des steppes comme les Turcs, les Mongols et les Huns furent des guerriers qui réussirent à conquérir de nombreux territoires. Mais en remettant tout cela en perspective, les Européens furent ceux qui réussirent le mieux, créant empire après empire, explorant, découvrant et imposant leur volonté partout autour du globe.

Mais le même esprit libertarien aristocratique qui poussa les Européens au plus grandiose, au plus noble et à l’héroïsme dans les guerres, les mena aussi à apprécier l’individualité et la liberté. Donc, la « montée » de l’Occident ne peut être dissociée de l’histoire des assemblées citoyennes grecques et romaines ; les parlements, les communes municipales, les universités et les fiefs médiévaux, les clubs de lecture, les salons, les revues et journaux des Lumières, les partis, les syndicats et les groupes nationalistes du dix-neuvième siècle. C’est l’aspect tragique de l’histoire européenne et il n’est pas surprenant que les Grecs inventèrent la tragédie comme genre littéraire. Tout ce qui est grand en ce monde fut créé dans d’immenses difficultés et grâce à l’endurance: les individus qui ont atteint les plus hauts sommets l’ont fait grâce au sacrifice de leurs vies habituellement courtes.

Le développement d’un individualisme aristocratique en individualisme démocratique est une longue et complexe histoire. L’Occident moderne est la seule civilisation a avoir nourri, reconnu et protégé les droits de tous les individus, notamment leur liberté d’expression, de culte et de représentation. Nous sommes également les seuls à démontrer une compréhension et appréciation des autres cultures tout en demandant aux nôtres de revoir les valeurs de nos sociétés qui semblent incompatible avec l’idéal individuel d’auto-détermination.

Cette emphase sur la réflexion critique, l’exercice libre de la raison d’assujettir toutes les normes et institutions à la critique, les standards « universels » de la raison nous a donné l’illusion que nous, les Occidentaux, pouvions nous défaire de notre Histoire, de notre ethnicité et de notre culture. Nous pensons que nos valeurs libérales appartiennent à l’humanité et peuvent être cultivées partout dans le monde si seulement nous permettons et encourageons le reste du monde à pratiquer la démocratie libérale et si nous créons des sociétés multiraciales dans lesquelles tout le monde peut exister avec des droits égaux.

Il y a un double standard évident, car selon nos standards, nous sommes les seuls qui devons obéir strictement aux dictats de la fraternité universelle, mais en même temps, nous ne nous attendons pas à ce que les autres cultures respectent ces dictats parce nous croyons qu’ils ont des standards différents qui devraient également être protégés et ce, même si ces standards violent les standards libéraux que nous nous imposons. Nous ne nous attendons pas à ce que le Japon, la Corée du Sud ou le Mexique pratique une immigration multiculturelle ; nous comprenons leur volonté de rester distincts et de protéger leurs traditions particulières. Mais quand des Européens blancs s’opposent à l’immigration multiculturelle dans leurs propres patries, ils sont accusés de xénophobie et d’intolérance. On leur dit : « Pourquoi détestez-vous la diversité, les différences ethniques des autres ; ils sont comme toi et souhaitent se joindre à ta société démocratique libérale qui donne des droits égaux à tous sans tenir compte de la race et de la religion. Vous violez les principes de la démocratie libérale en vous opposant à l’immigration et la démocratie libérale reconnaît aussi les droits communautaires des immigrants; ils ont une culture et vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’ils la renient. »

C’est vraiment un paquet de contradictions et de doubles standards. Ce que les Occidentaux doivent réaliser, c’est que les valeurs démocratiques libérales sont uniquement une invention de Blancs et que ces valeurs ne peuvent se répandre partout dans le monde. L’immigration multiculturelle va éventuellement détruire ces valeurs lorsque les Blancs deviendront une minorité, se mélangeront ou perdront leur identité ethnique à jamais en devenant des produits des médias de masse sans aucune tradition cohésive, sans mémoire collective ou histoires les rassemblant en tant que peuple avec son propre destin.

H – Certains penseurs, comme Claude Lévi-Strauss, affirment que si l’Europe est si avancée comparativement au reste du monde c’est principalement le fruit du hasard. Que pensez-vous de cette thèse?

RD – Les égalitaristes ne peuvent supporter la réalité des accomplissements inédits de l’Europe. Ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour éviter cette réalité; certains « éducateurs » cachent simplement ce fait à leurs élèves, d’autres le marginalisent, l’interprètent mal ou l’expliquent comme étant un phénomène non-européen, mais réalisé grâce aux « liens mondiaux ». D’affirmer que ce fut un « accident » est une des stratégies les plus courantes. L’argument de Kenneth Pomeranz (bien qu’il ne fut pas le premier à utiliser cet argument, il lui est souvent attribué) est que l’Angleterre s’industrialisa en premier simplement parce qu’ils furent les chanceux bénéficiaires des ressources obtenues des Amériques et d’importantes sources de charbon. Colomb a accidentellement découvert les Amériques et de là, on nous fait croire que les Anglais/Européens vinrent à profiter de revenus « supplémentaires », de biens tropicaux et d’esclaves bon marché. Ils présentent aux élèves une image des Européens comme des maîtres paresseux amassant des revenus faciles grâce au labeur des non-Blancs. Ils confondent un problème moral, l’exploitation excessive des Amérindiens et des Noirs, avec la question beaucoup plus complexe : comment les Européens sont-ils parvenus à s’imposer au reste du monde?

Les problèmes liés à cette façon de penser sont nombreux : les revenus tirés des Amériques furent réels, mais sont peu importants si on les compare aux revenus tirés des industries domestiques européennes. De plus, il faut garder en tête qu’il fallait des habiletés en navigation et en marketing, de plus que les institutions nécessaires en Europe et d’autres contributions. L’Espagne colonisa de nombreux territoires, mais ne s’industrialisa pas ; seule l’Angleterre (et la France à un degré moindre) avait des colonies importantes, mais le reste de l’Europe (Suisse, Scandinavie, Allemagne) s’industrialisa tout de même. La Chine profita sur son territoire de l’abondance après 1400, mais ne s’industrialisa pas.

Un problème encore plus important avec cette vision accidentelle est que l’Europe ne fut pas seulement unique dans ses révolutions industrielles; elle fut aussi unique au niveau de la science moderne, sans laquelle la révolution industrielle, qui signifie plus que l’avènement du moteur à vapeur, n’aurait jamais eu lieu. Alors, les défenseurs de la théorie de l’accident devraient démontrer que le projet newtonien, impliquant de nombreux scientifiques européens, ne fut qu’une série d’accidents. Le « miracle » grec, les grands réalisations romaines, les méthodes académiques médiévales, l’invention de l’université, la révolution de l’imprimerie, la Renaissance – la liste est infinie – ne seraient donc que de simples accidents. Mais c’est ça le point: l’Occident fut innovateur dans tous les domaines de la vie sociale et ce, de façon continue. C’est cette créativité que l’on se doit d’expliquer. Les accidents ont toujours joué un rôle que ce soit pour expliquer la forme, le temps ou certains aspects des événements, mais la créativité persistante de l’Europe ne peut être réduite à un simple accident.

Ils disent que Colomb est « tombé » sur l’Amérique ; et bien aussitôt qu’il aperçut les « Indes Occidentales », les explorateurs européens ne cessèrent de s’y rendre en quête de gloire. En 1497, John Cabot s’assura du support de marchants de Bristol pour une expédition où il découvrit Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse. Entre mai 1499 et juin 1500 Amerigo Vespucci navigua jusqu’aux côtes de la Guyane et ensuite, en mai 1501, il voyagea de Lisbonne au Brésil. Dans les années 1520, les navigateurs espagnols et autres avaient déjà exploré toute la côte orientale des Amériques du Labrador jusqu’à Rio de la Plata. Entre 1519 et 1522, Ferdinand Magellan, un Portugais, fit le tour de la Terre en bateau, traversant l’immense océan Pacifique. Il y a tellement d’autres choses à ajouter, dont une révolution cartographique, des explorations continues de la planète entière… Est-ce simplement un accident si 95% des explorateurs furent européens?

H – Y a-t-il des tabous lorsqu’on discute la civilisation occidentale dans le monde académique?

RD – Une étude récente publiée par le National Association of Scholars, « The Vanishing West, 1964-2010 », démontre que le cours d’histoire de la civilisation occidentale, un cours considéré comme de base il y a une trentaine d’années, a pratiquement disparu des universités américaines. Aujourd’hui, seulement deux pour cent des universités américaines donnent le cours sur la civilisation Occidentale obligatoirement. Les programmes sont aujourd’hui très multiculturels et ils sont dictés par les marxistes culturels.

L’histoire de l’Europe est en train d’être réinterprétée au nom d’une histoire mondiale qui est « pour nous tous », donc une histoire qui dépeint tous les humains comme les membres d’un même monde, interagissant et créant leur histoire ensemble, en se tenant les mains et en chantant « We are the world ». L’Europe et l’Asie sont maintenant présentées comme « étonnamment similaires » au niveau culturel, économique et scientifique et ce dès 1750-1800. Les professeurs enseignent que les Européens n’habitent pas un continent indépendant de l’Asie et de l’Afrique. Leur histoire doit être vue dans le contexte de « liens réciproques ». « Les liens exceptionnels de réciprocité de l’Afroeurasie ont façonné l’histoire de cette zone mondiale de façon profonde. » La seule chose qui fait des Européens un peuple différent est les profits engendrés par les Amériques, la présence « accidentelle » de charbon en Angleterre et la façon sanguinaire avec laquelle ils ont créé une nouvelle forme d’esclavage international combiné avec un racisme « scientifique ». Seuls quelques admirateurs de l’Occident existent encore avant une retraite prochaine.

Même le Siècle des Lumières, toujours perçu comme un phénomène européen ou français, et respecté dans le monde académique car on y demandait que l’humanité puisse remettre en question toute autorité, est maintenant en train d’être revu comme un mouvement qui fut d’origine et de caractère mondial. C’est la vision présentée dans un article récent (2012) de Sebastian Conrad, « Enlightenment in Global History: A Historiographical Critique. » Ce n’est pas un article isolé, mais un résumé « historiographique » des dernières tendances en matière d’histoire des Lumières. L’article fut publié par The American Historical Review, la publication officielle de l’American Historial Association. Depuis 1895, ce journal est reconnu par les historiens américains. Conrad demande aux historiens d’aller « au-delà de l’obsession » et de la « mythologie européenne » voulant que les Lumières provenaient originellement d’Europe.

La « critique » de Conrad est légère, absurde et non-académique, une démonstration du fait que de nombreux Européens intelligents feront des pieds et des mains de façon irrationnelle pour faire la promotion de l’égalitarisme et de la discrimination à l’échelle mondiale. Le complot visant à dérober les Européens de leur patrimoine a débuté il y a quelques décennies. Ce n’est plus seulement une affaire de professeurs d’université cherchant de l’attention, mais c’est devenu une réalité établie dans toutes les écoles secondaires et les collèges occidentaux.

L’unicité de l’Europe est comme une douloureuse épine au pied dans la marche vers le multiculturalisme immigrant. La grandeur de l’Occident ne cadre pas avec la transformation prévue des nations européennes en simples lieux de vie rassemblant des citoyens déracinés sans racines ethniques ou nationales. Les réussites des Européens doivent être effacées de la mémoire et être remplacées par une nouvelle histoire dans laquelle chaque groupe racial est aussi important pour le monde occidental. En même temps, la montée des Asiatiques en tant qu’Asiatiques continue sans remise en question et est même célébrée par les professeurs occidentaux.

H – Avec la situation démographique actuelle, quelle sera l’alternative réaliste au multiculturalisme?

RD – À ce stade, mon point est qu’il est impératif que nous développions des idées fortes basées sur une poursuite sérieuse de connaissance et de l’histoire. Il doit y avoir un petit groupe de penseurs qui ont appris assez pour dissiper le brouillard de confusion régnant autour du multiculturalisme immigrant et pour contrer le lavage de cerveau que les Européens ont subi depuis la Seconde Guerre mondiale à propos de la non-existence des races, de la non-existence de l’identité européenne, l’idée que les Blancs et les Noirs doivent créer une culture commune en Amérique, que le Canada est un pays d’immigrants ou que l’Europe n’a aucune identité continentale propre se distinguant du reste du monde. Toutes ces idées mensongères doivent être démolies. Nous devons développer de nouvelles idées en lisant des penseurs pro-européens. Voici une citation célèbre de Lénine : « Sans théorie révolutionnaire, il ne peut y avoir de mouvement révolutionnaire. » Nous aussi devons réaliser que sans nos propres idées contre-révolutionnaires, nous ne serons pas capables de créer un mouvement pour renverser l’établissement marxiste culturel et donc faire revivre et revivifier l’esprit européen, l’âme faustienne de l’homme occidental.

En même temps que nous développons ces idées, nous devons tout mettre en œuvre pour qu’elles soient disponibles pour un plus grand public. Ce n’est pas parce que nous devons avoir une majorité des gens qui soient d’accord avec nous ; les changements ont toujours été l’œuvre d’une minorité active et le reste de la population en est venue à accepter ces changements. La majorité des humains sont inactifs, politiquement parlant. Mais nous sommes présentement un très petit groupe et nous avons besoin de 10 à 15% de la population pour créer les conditions démocratiques pour renverser le régime actuel. Je crois que nos idées seraient acceptées par plusieurs si seulement nous étions capables de créer et de trouver plus d’opportunités médiatiques. Les idées du régime actuel sont fausses, historiquement invalides et incompatibles avec notre nature humaine. Par exemple, tous les groupes ethniques sont ethnocentriques et intéressés à l’avancement des intérêts de leurs membres. Seuls les Européens ont accepté une idéologie universaliste et seulement eux se sont interdits de penser en termes ethnocentriques, mais avec la bonne opportunité de présenter nos idées, nous pouvons convaincre un bon nombre d’Européens de se sentir bien dans la promotion de leurs propres intérêts ethniques.

Une fois que nous aurons convaincu entre 10 et 15 % de la population et que nous aurons accès à des médias importants et que nous serons au sein des institutions, nous pourrons rejoindre beaucoup de gens. Une fois que nos idées seront répandues, le régime actuel commencera à se désintégrer – ses mensonges, ses répressions et ses injustices seront dévoilées.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

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