Entrevue avec Emmanuel Ratier

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screenshot_1416Harfang, No.5 Vol.2 – CASAPOUND

Franc-maçons, Bilderberg, Trilatérale, B’nai B'rith… Un monde que le commun des mortels ne connaît que de nom et parfois de réputation, mais qui pourtant exerce une influence réelle sur le monde qui nous entoure. Qui de mieux pour parler de ces réseaux d’influence que l’auteur Emmanuel Ratier, éditeur de Faits et Documents, mais également auteur de plusieurs livres et un des rares libraires dissidents à tenir pignon sur rue en France ?

Le Harfang – Éditeur de Faits et Documents, vous dévoilez de nombreux groupes d'influence qui agissent dans l'ombre et dans la méconnaissance du public. Quels sont ces grands groupes qui influencent les gouvernements occidentaux ?

Emmanuel Ratier Ce sont les groupes actifs dans tous les autres pays, à des degrés divers, et sur tous les continents, parfois avec des variantes : le Groupe de Bilderberg, la Commission trilatérale, le Forum économique mondial de Davos, etc. S'y ajoute, pour la France, un réseau très spécifique, le club Le Siècle, auquel j'ai consacré un livre entier, intitulé Au coeur du pouvoir. On y retrouve les 500 qui font l'opinion dans tous les domaines : politique, économie, finances, journaux, publicité, etc. Ils sont beaucoup plus puissants que la Skull and Bones aux Etats-Unis, qui n'existe qu'à Yale et dans aucune autre faculté.

H – Ceux qui dénoncent les différents groupes d'influence sont souvent ridiculisés et qualifiés de complotistes. Quel est le pouvoir réel de ces groupes ?

ER – Ces groupes préparent à l'avance les questions qui seront abordées durant les grands sommets (G9). En fait, ces sommets sont destinés à signer ce qui a été décidé auparavant par ces groupes. On en a de multiples preuves, dans un grand nombre de domaines (énergie, guerres, finances, etc.). Ils irriguent par ailleurs la pensée politique mondiale par le biais de fondations qu'ils financent et qui assurent la promotion du mondialisme.

H – Constatant le pouvoir de ces lobbies de l'ombre, quel est le réel pouvoir des élus ? La démocratie peut-elle se sortir de ce réseau d'influence ?

ER – La démocratie est une fleur née sur du fumier, comme disait Ernest Renan. La démocratie d'aujourd'hui n'a strictement rien à voir avec celle des pères fondateurs des Etats-Unis, avec la démocratie athénienne ou spartiate. Il s'agit d'une fausse démocratie où les électeurs croient qu'ils disposent d'un pouvoir. En réalité, ils sont totalement manipulés par des puissances qui les dépassent. La seule politique qu'il soit possible à un élu de mener concerne exclusivement les phénomènes locaux (mairies), c'est-à-dire des enjeux purement locaux, purement matériels.

H – Peut-on efficacement lutter contre ce pouvoir occulte et si oui, de quelle façon ?

ER – Ce pouvoir doit être dénoncé en permanence avec des faits précis, en montrant les réseaux de pouvoir, les compromissions, etc. Notre milieu souffre terriblement d'un manque de sérieux et de travail. Il est impossible de poursuivre le combat si on demeure dans le superficiel.

H – Un des groupes les plus répandus, que ce soit en France ou au Canada, reste la franc-maçonnerie. Quels sont les objectifs de la franc-maçonnerie et en quoi est-elle subversive ?

ER – La franc-maçonnerie est très diverse et n'a pas la même signification en France qu'au Canada. En France, il ne s'agit pas du tout d'un « club services », ce qu'il est plus outre-Atlantique. La franc-maçonnerie regroupe des êtres aigris ayant une opinion d'eux-mêmes. Elle puise ses racines dans la gnose universelle, à savoir qu'il y aurait un chemin caché de la connaissance réservé à une petite élite dont ils feraient évidemment partie. En réalité, c'est magouilles et compagnie. Un ésotériste sérieux ne peut rester en franc-maçonnerie. Un bon exemple en a été donné par René Guénon.

H – Alors que la société civile (associations de toutes natures) se démobilise, qui se joint aujourd'hui à la maçonnerie et pour quelles raisons ?

ER – La franc-maçonnerie est elle aussi en perte de vitesse. C'est un bastion masculin dans une société qui se féminise. Les jeunes générations préfèrent s'amuser plutôt que de se réunir tous les quinze jours pour effectuer un travail en loge. Cela suppose des revenus fixes, une stabilité géographique, du temps. Autant de choses dont les gens disposent de moins en moins.

H – Un des groupes francs-maçons auquel vous avez dédié un ouvrage, le B'nai B'rith, est extrêmement puissant au Canada et bénéficie d'une oreille attentive du gouvernement fédéral. Quel est ce groupe qui se prétend être un groupe de défense des droits civiques ?

ER – Le B'B' est la plus ancienne organisation juive internationale mondiale. Elle a été directement créée sur un modèle maçonnique, a suscité la Ligue anti-diffamation (ADL), dont on peut dire qu'elle est son « bras armé ». Le BB regroupe près d'un million de personnes dans le monde. C'est une véritable puissance occulte et pas du tout une organisation humanitaire comme elle aime à se présenter. Il y a des rituels, des tenues, des cordons, etc. qui démontrent qu'encore aujourd'hui, c'est bien une organisation maçonnique.

H – Pour continuer sur le B'nai B'rith, plusieurs auteurs qualifiés de nationalistes (notamment Jean Robin et Paul-Éric Blanrue) ont participé aux salons du livre du B’nai B'rith. Comment interpréter cette participation ?

ER – La plupart des gens qui s'y rendent le font pour se « dédouaner ». Oserais-je dire que je n'y ai évidemment jamais été invité ?

H – Nous aimerions, si vous le souhaitez, revenir sur les actes de vandalisme dont votre librairie a été victime (voir num. 3, vol. 2). Bien que l'acte n'ait pas été revendiqué, avez-vous des doutes ou des soupçons sur l'origine de ces actes barbares ?

ER – C'est la seconde fois que ma librairie est attaquée et ce, en deux mois, alors que nous n'avons pas eu de problèmes durant neuf années. Je pense que ce sont les soubresauts des milieux gauchistes qui se rejouent Mai 68 sans comprendre que cet épisode grotesque (un simple simulacre sans aucun mort violent) s'est déroulé il y a presque 50 ans. Il faudrait quand même un jour que les derniers gauchistes et autres autonomes commencent à réfléchir par eux-mêmes.

H – Comment pouvons-nous concrètement soutenir votre travail, votre librairie et donc donner tort aux vandales qui se sont attaqués à vos livres ?

ER – Je serais très heureux d'accueillir des amis canadiens à ma librairie !

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