Entrevue avec Loup Viallet (FN)

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Régionales : une défaite victorieuse – 13 décembre 2015

Ce fut une défaite inattendue que se vit infliger le Front National lors du second tour des élections régionales le 13 décembre. Menant dans plusieurs régions, les candidats du Front National étaient pressentis pour en emporter plusieurs. Sentant la menace du « putride » FN, les partis autres avaient fait front, ce qu’ils appellent le « Front républicain », pour s’opposer au parti de Marine Le Pen. Socialistes, communistes, gens de droite et autres candidats s’étaient donc ligués contre la menace frontiste. On le comprend bien, leurs différends ne sont qu’esthétiques, par contre l’élection du Front National est un danger bien réel au système en place. Grâce à ce « front républicain » et cette collaboration de l’ensemble du monde politique doublée par une diabolisation du parti de Le Pen dans les médias, le 13 décembre, le Front ne remporta aucune région.

Ce fut un échec ; les plus pessimistes accordaient tout de même une ou deux régions aux frontistes. Par contre, c’est une victoire amère pour les « Républicains » : entre les deux tours, le FN a gagné plus de 200 000 votes, soit 400 000 de plus qu’aux dernières présidentielles, et il gagne 358 postes de conseillers régionaux. Bref, il progresse. Les régionales ne lui ont pas permis une victoire éclatante, mais restent un jalon dans la progression du FN qui aujourd’hui peut encore rêver aux présidentielles.

Très peu discuté fut le cas de la Corse qui vota massivement pour les nationalistes de Inseme per e Corsica. Mouvement régionaliste et indépendantiste, il s’inscrit dans la lignée des mouvements écossais, catalans, irlandais et autres, une mouvance sur laquelle notre prochain numéro se penchera en profondeur.

Monsieur Loup Viallet, président du Comité Mer et Francophonie du Front National a accepté de répondre à nos questions concernant la défaite crève-cœur du 13 décembre.


Le Harfang – Tout d'abord, Monsieur Viallet, avez-vous été surpris par les résultats du 13 décembre?

Loup Viallet – Je n’ai malheureusement pas été très surpris : la campagne de l'entre deux tours a été totalement hystérisée par les adversaires du Front National. Songez que Manuel Valls, premier ministre de la France, a déclaré qu'une victoire du parti des patriotes français mènerait le pays à la guerre civile ! Nous avons vu le Parti Socialiste se sacrifier en retirant ses listes dans les régions de Marine Le Pen et de Marion Maréchal, pour bloquer leurs succès. Nous avons pu aussi observer un complet retournement de veste des candidats UMP dans le Nord et en PACA, qui ont renié de larges parties de leurs programmes et promis des postes rétribués aux socialistes qui s'étaient retirés. 


H – Malgré tout, Marion Maréchal-Le Pen a souligné des aspects positifs à ce deuxième tour, notamment l'augmentation du nombre d'électeurs ayant opté pour le Front. Comment expliquez-vous cette défaite?

LV – En effet, ce que l’on ne dit pas, c’est que le FN est en réalité le grand vainqueur de cette élection, en terme de nombre de voix engrangées ! 6 800 000 électeurs ont voté pour une liste FN : beaucoup plus que le socle électoral de nos adversaires, qui ont dû s’entendre et s’agréger pour nous battre dans la dernière ligne droite. 


H – Selon vous, est-ce que ce sont les changements effectués au Front National ou un changement dans la mentalité populaire qui expliquent la poussée FN?

LV – Le Front National n’a cessé de progresser depuis l'arrivée de Marine Le Pen à sa tête, d’élection en élection. Pourquoi ? Parce qu’il incarne une alternative souverainiste crédible aux gouvernements mondialistes qui ont mis la France dans l’ornière, à tous ceux qui ont permis la désindustrialisation du pays, son insécurité et son inféodation actuelle à Bruxelles et à Washington. Du point de vue de la pertinence de son programme et de ses idées, mais aussi du point de vue de la gestion des villes Front National : 70% des administrés des villes FN se disent très satisfaits de leurs maires. Pour beaucoup, le parti de Marine Le Pen est le dernier espoir de redressement de la France.


H – Finalement, après cet échec électoral, croyez-vous pouvoir un jour vaincre face à un front républicain composé de l'ensemble des autres partis?

LV – L’UMPS (ou RPS) a gagné une bataille, mais le Front National n’a pas perdu la guerre. Notons que ces régionales auront permis d’éclaircir le clivage politique en France (mais je crois qu’il s’applique aussi à la Belle Province!) : il y a les patriotes et les mondialistes. Il y a le camp des souverainistes et le camp des fédéralistes. Aujourd’hui les mondialistes l’ont remporté de justesse, au prix de la cohérence et de la crédibilité. Une semaine après le scrutin, Xavier Bertrand trahit déjà une promesse qu’il avait faite aux habitants du Nord, celle de démissionner de tous ses autres mandats politiques pour se consacrer à la région. Il reste pourtant président d’une agglomération et conseiller municipal. Enfin je vois mal comment la situation de la France pourrait s’arranger d’ici au prochain scrutin. Ceux qui n'avaient pas encore compris en décembre 2015 que le « front républicain » ou RPS était le camp du déclin choisiront alors les solutions patriotes !

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