Entrevue avec Peter Brimelow

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L’immigration est devenu un enjeu clé en ce XXIème siècle, un enjeu qui entraîne des conséquences irrévocables et à long terme. Evidemment, c’est un fléau qui touche l’ensemble des nations occidentales, aussi avons-nous décider d’interroger Peter Brimelow, auteur du livre Alien Nation et éditeur du site Vdare.com. Celui-ci, britannique d’origine, a vécu au Canada et aux Etats-Unis et est une des rares personnalités médiatiques à avoir oser aborder le sujet sans tabou.

Le Harfang – M. Brimelow, dans vos écrits, vous avez exposé plusieurs problèmes auxquels les Etats-Unis et le monde occidental font face. Quel est le problème le plus urgent à régler ?

Peter Brimelow – Le problème existentiel est l’immigration massive non-traditionnelle. En ce moment, pratiquement tous les pays blancs deviendront majoritairement non-blancs au cours de la vie de ma plus petite fille âgée de deux ans. Pour les Etats-Unis, ce sera en 2040. Essentiellement, les gouvernements élisent de nouveaux peuples pour employer les termes du poème de Brecht. C’est une expérience sociale sans précédent dans l’histoire mondiale et il n’y a aucune raison de croire que cela va fonctionner. (voir : http://www.vdare.com/articles/peter-brimelow-on-electing-a-new-people-in-america-and-britain)

H – Avant de vous installer aux Etats-Unis, vous avez vécu quelques années au Canada. Diriez-vous qu’il existe des différences fondamentales entre le système d’immigration canadien et américain ?

PB – L’influx canadien est généralement plus gros proportionnellement à sa population, mais on pourrait dire que les immigrants sont mieux qualifiés à cause du système de points (même si la réunification familiale tend à diminuer cet effet). Les deux sont historiquement élevés et complètement irrationnels économiquement et culturellement parlant.

H – Vous avez travaillé durant de nombreuses années dans les médias de masse, notamment à Forbes, Maclean’s, le Financial Post et d’autres médias du genre. Comment l’immigration était-elle abordée dans ces médias ? Avez-vous fait face à la censure ?

PB – Ça a toujours été compliqué d’être de droite dans les médias de masse et j’ai survécu longtemps en me spécialisant dans les questions financières qui étaient trop ésotériques et ennuyeuses pour que mes collègues s’y intéressent, notamment à Maclean’s. De plus, lorsque j’étais au Canada, dans les années 70, l’immigration n’était pas un enjeu aussi important que la guerre froide, la stagflation, etc. Mais j’ai écrit un article dans le Financial Post en 1980 en appui au « OUI » lors du référendum, qui a mis fin à mes chances d’être rédacteur en chef ! (voir : http://www.vdare.com/articles/vdare-quebec-keeping-it-in-canada-is-impossible-and-undesirable-by-peter-brimelow) La plupart du temps, le problème est la pression des pairs, les autres journalistes s’opposant à une déviation de la ligne de pensée.

J’ai tenté de convaincre Fortune de me laisser écrire sur l’immigration au début des années 1980, mais pas à Forbes – nous savions que la famille était de l’autre bord. En 1995, Forbes ne parla pas de mon livre Alien Nation, parlant d’immigration, même si je travaillais alors pour eux. Il existe une vidéo où Brian Lamb de CSPAN se fâche lorsque je le lui mentionne dans une entrevue.

H – Pour mieux comprendre la façon dont nos médias fonctionnent, avez-vous déjà vu un cas de censure directe lorsque vous travaillez pour la presse de masse ?

PB – La plupart du temps, les journalistes de suggèrent pas des idées qui vont choquer leurs collègues ou s’ils savent qu'elles n’intéresseront pas les rédacteurs en chef. Par exemple, en 1976, j’ai tenté de convaincre Maclean’s de produire un article de fond sur S. I. Hayakawa, un immigrant très coloré provenant du Canada, éduqué à McGill, qui tentait de se faire élire pour un siège au Sénat en Californie. Mes collègues, lors d’une rencontre, résistèrent se basant sur le fait qu’il était de droite (non-pertinent) et éventuellement, Peter Newman, alors éditeur en chef, dit : « Ça ne m’accroche simplement pas. » J’imagine que son idée d’un Canadien expatrié était davantage celle de John Kenneth Galbraith. Hayakawa gagna son élection, pavant le chemin pour le triomphe de Reagan quatre ans plus tard. Les lecteurs du Maclean’s n’en surent rien. Cet épisode n’aida pas ma carrière à Maclean’s.

Je n’ai eu que deux textes qui furent directement censurés : une chronique au Toronto Sun décrivant Menechem Begin comme un gangster après le bombardement des réacteurs nucléaires iraquiens (ironiquement, c’était pour moi un compliment) et une histoire dans Forbes à propos de la race et du quotient intellectuel avant la controverse du Bell Curve. Il y eut une révolte des journalistes à ce sujet, mais le coup final fut porté par Steve Forbes. Cela vous dit ce qui est important dans le journalisme nord-américain anglophone. La famille Forbes était connue pour échanger des faveurs avec des commanditaires, mais je n’ai personnellement jamais vécu ça directement.

H – Pour continuer sur l’immigration, quel est le plus gros mensonge véhiculé dans les médias ou par les politiciens ?

PB – Que l’immigration est économiquement profitable et même nécessaire. En fait, c’est le consensus parmi les économistes de gauche depuis plus de 20 ans au Canada et aux États-Unis. En fait, c’est une réalité partout dans le monde développé. Ces revenus sont par contre redistribués du travailleur natif vers le grand capital, sans parler des contributions aux partis politiques par ce dernier!

H – En plus de l’immigration légale, les Etats-Unis font face à l’immigration illégale. Est-ce un phénomène marginal comme certains aiment le dépeindre ?

PB – C’est majeur, ça représente autant que la moitié de l’immigration légale annuelle. Bien entendu, ce sont les immigrants les moins qualifiés et ils ne sont pas triés sur des bases sanitaires ou autres.

H – Plusieurs groupes dénoncent l’immigration illégale tout en supportant l’immigration illégale. Comment percevez-vous une telle position ?

PB – C’est une option douce, une évasion compréhensible, mais qui ne tient pas compte du problème en entier.

H – Si on regarde les autres pays occidentaux, l’immigration pose également un problème. Y a-t-il des pays qui ont des politiques d’immigration desquelles nous pourrions nous inspirer ?

PB – Sur l’immigration illégale, Israël a récemment mis en place une réponse exemplaire, passée sous silence par les médias. (voir: http://www.vdare.com/posts/the-persecution-of-african-refugees-in-israel) Sinon, j’aime les politiques d’immigration japonaises. (voir : http://www.vdare.com/articles/federale-in-japan-it-works-and-it-could-work-in-the-us-too) Aux Etats-Unis, nous avons besoin de coupes comme en 1924. (voir : http://www.vdare.com/articles/was-the-1924-immigration-cut-off-racist)

H – En ce moment, l’économie américaine semble sur le bord de l’écroulement et le filet social américain semble être devenu un fardeau lourd à porter. Que croyez-vous qu’il advienne dans les prochaines années ?

PB – Je suis plus intéressé par le problème démographique qu’économique. Je crois que l’économie américaine frappera encore quelques poches d’air, principalement parce que le dollar est surévalué, mais il s’adapte. Mais les dépenses gouvernementales sont un problème spécifique, parce qu’elles sont très racialisées. Par exemple, la classe moyenne noire américaine dépend des emplois gouvernementaux.

Somme toute, je ne suis pas vraiment certain que les Etats-Unis survivront sous cette forme.

H – Vous avez déjà mentionné, comme Jared Taylor, que le Parti républicain devrait devenir le parti des intérêts des Blancs, mais cela ne semble pas vouloir se réaliser. Croyez-vous que la Parti républicain fasse partie de la solution ?

PB – Le GOP (Grand Old Party – Parti républicain) est déjà le parti des intérêts des Blancs. Plus de 90 % de ses électeurs sont blancs, mais il refuse d’admettre sa position. C’est principalement en raison des gros bailleurs de fonds; nous l’appelons le Parti AdelZuck. (voir:http://www.vdare.com/posts/the-hill-dems-see-amnesty-as-2014-dud-gopadelzucks-not-amongst-donors)

Je crois que le GOP va éclater et qu’il y aura un troisième parti. Personne aux Etats-Unis n’y croit, mais c’est arrivé au Canada !

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