Entrevue avec Oskar Freysinger

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Oskar Freysinger est auteur et politicien suisse, membre élu de l'Union démocratique du centre. Il sera parmi ceux à l'origine de la loi contre les minarets, votée par référendum en 2009. Il publia son ouvrage Antifa en 2011, en réaction au phénomène d'édition qu'a été le livre Indignez-vous de Stéphane Hessel, un ouvrage adoré par les médias puisqu'il dégouline de bons sentiments, sans pécher cependant par excès de logique. Le 31 août dernier, il publie De la frontière aux éditions Xénia (Slobodan Despot), un essai poético-philosophico-politique sur la notion de frontière en général.

1. Dans quel contexte avez-vous écrit le livre Antifa ?

Après des années passées au parlement à étudier le "homo socialibus", je me suis dit qu'il fallait trouver un remède au babillage hypocrite de la gauche caviar. Ce remède, je l'ai trouvé dans l'humour.

2. Pourquoi avoir choisi l'humour pour dénoncer cette idéologie ?

Que faire d'autre sans sombrer le mépris, la haine ou le désespoir? De plus, les gauchistes n'ayant pas d'humour (on ne peut avoir de l'humour lorsqu'on se lève tous les matins avec la ferme intention de sauver le monde grâce à ses bonnes intentions), j'étais certain de les énerver avec mon pamphlet. Surtout qu'ils revendiquent le monopole du pamphlet politique.

3. Vous mentionnez que les antifas s'indignent en fait de la nature elle-même; en quoi ?

Qu'est-ce que cette nature qui n'en fait qu'à sa tête et refuse de s'adapter au discours pacifique, solidaire et égalitaire de la gauche? Les socialistes aimeraient tant que le lion devienne végétarien, le crocodile pacifiste et hibou grand-duc syndicaliste.

4. Vous faites également remarquer que l'extrême-gauche n'aime pas se baser sur la raison et les faits. Pourriez-vous développer un peu ?

Puisque le discours fonde la réalité et que les faits résistent au discours gauchiste, les faits sont décrétés fachos! Et les fachos, il faut les éradiquer. Hélas, les faits sont têtus: le monde est construit selon des principes qui n'ont rien à voir avec les thèses de Saint Marx, n'en déplaise aux antifas.

5. Cette extrême-gauche, illogique et insensée, comment continue-t-elle à rallier de nouveaux militants ?

La dérive émotionnelle inhérente au monde de l'image leur permet de jouer sur la mièvrerie, les bons sentiments, etc, sans jamais devoir aller au fond des choses, puisque le flot des images animées (télévisuelles) est superficiel, fluctuant et rapide. N'ayant plus à être confrontés à la force de la démonstration, de l'argument, du logos, ils surfent sur des lieux communs faciles à faire véhiculer par le paysage audiovisuel moderne. De plus, ils ont détruit le système éducatif pour priver les citoyens du futur de toute capacité d'abstraction et de prise de distance critique.

Le nivellement par le bas est général et permet à la gauche bien-pensante d'installer une sorte de totalitarisme doux bordé de bonnes intentions.

Au passage, les camarades se servent sans vergogne, car leurs poches sont bien plus profondes que leurs idéaux.

6. Vous dénoncez la violence de cette extrême-gauche antifasciste qui aime pourtant se présenter comme pacifiste. En Suisse, les mouvements « antifas » sont-ils violents et avez-vous déjà été ciblés par ces mouvements ?

En Suisse, les actes de violence de l'extrême-gauche sont statistiquement quatre fois plus nombreux que ceux de la droite extrême. Mais l'éclairage qu'en font les médias bien-pensants donnent l'impression d'un rapport inversé. Un acte de violence de la part de skinheads fera la une pendant des semaines. Le même acte commis à gauche est relevé dans un entrefilet, voire pas du tout. C'est que la violence de gauche est considérée comme légitime, puisque la vérité et la morale sont à gauche et que les salauds sont à droite.

7. Dans votre pamphlet, un passage m'a semblé curieux, celui où vous parlez d'Israël et vous dénoncez l'antisionisme de gauche. Quelle est votre position sur Israël ?

D'abord, Israël est la seule démocratie digne de ce nom au Moyen-Orient.

Ensuite, les Israéliens ne peuvent se permettre de perdre une seule guerre, car il n'y aurait plus un juif entre la mer Morte et la Méditerranée.

Les musulmans, au lieu de jalouser leurs cousins juifs, devraient s'en inspirer.

Je soutiens donc le droit d'Israël d'exister.

Et quand je vois la corruption du Fatah et l'extrémisme idéologique du Hezbollah et du Hamas, cela me conforte dans mon idée, sans pour autant que je trouve justifié tout ce que fait Tsahal.

8. Je crois que vous avez été un des rares nationalistes à utiliser les tribunaux pour faire cesser la diabolisation. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

J'ai déposé plainte et obtenu gain de cause contre un « bien-pensant » qui avait conçu une affiche me représentant aux côtés d'Adolf Hitler et munie de l'inscription « Autrichiens, on a déjà donné ».

9. Finalement, comble de l'ironie, un antifasciste vous a associé à Hitler, car vous êtes d'ascendance autrichienne. Ceux qui refusent que l'on fasse des amalgames ont pourtant sauté sur l'occasion, qu'avez-vous à répondre ?

La gauche pratique l'amalgame sans vergogne, car elle n'est pas contrainte de faire ce qu'elle dit puisque la révolution permanente, l'absence de morale et l'absurde érigé en absolu n'engagent à rien.

Pourquoi se tenir à ses propres principes si le monde est absurde et que tout est toujours fluctuant et relatif ?

10. Pour en revenir aux antifascistes, comment les combattre efficacement ?

Par l'humour. Ils détestent ça et ça leur fait perdre les moyens dans les débats.

Pour le reste, il faut les laisser s'autodétruire en les laissant pousser leur logique jusqu'au bout.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

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