Circonscription de Bourassa : immigration et politique ethnique

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bourassa92Un article du Journal de Montréal paru le 27 septembre 2013 par Sarah-Maude Lefebvre1 nous apprend quelques faits intéressants sur la transformation de la politique québécoise. Alors que prétendre que les Québécois de souche ont des intérêts propres est perçu comme un discours radical, voire « raciste », et que le moindre soupçon de nationalisme ethnique suscite des réactions en chaîne de condamnations dans les médias, il se produit exactement l'inverse dans la métropole montréalaise.

Il se trouve que la circonscription de Bourassa compte présentement 20% de citoyens d'origine haïtienne et que, pour la prochaine élection partielle, pas moins que trois candidats (NPD, Libéraux, Verts) sont d'origine haïtienne et qu'un autre candidat conservateur est d'origine africaine, mais fait également partie de la Jeune Chambre de Commerce Haïtienne (JCCH) de Montréal. Le fait que des individus issus de l'immigration s'impliquent en politique est légitime, mais il est tout à fait intriguant de remarquer que les trois candidats ne parlent que de servir les intérêts de LEUR communauté plutôt que ceux de l'ensemble des citoyens.

Quatre candidats, un seul intérêt

Selon l'article, les trois prochains candidats « misent sur leur proximité avec la population multiculturelle de Montréal-Nord pour se faire élire ». Voyons de plus près ce que chacun déclare :

Rida Mahmoud du Parti Conservateur, originaire de Côte-d'Ivoire, est membre de la JCCH et se dit « très impliqué » au sein de la communauté. Il est intéressant ici de noter l'existence d'une chambre de commerce à connotation ethnique, alors qu'une telle chose serait impensable pour les Québécois de souche.

Stéphane Moraille, du Nouveau Parti Démocratique, ex-chanteuse du groupe BranVan3000, est d'origine haïtienne. Elle déclare : « Je comprend les jeunes, car je suis moi-même une immigrante. Je sais de quoi je parle. Je sais les défis qu'ils ont à affronter pour se tailler une place. C'est une lutte que j'ai dû mener moi-même… » Nous notons encore une fois ce qui motive la candidate: aider les siens, les jeunes immigrants – discours qui reste tout de même très exclusif pour les familles pauvres québécoises de sa circonscription par contre.

Emmanuel Dubourg, du Parti Libéral, un immigrant d'origine haïtienne de longue date, reconnu comme un « pilier de la communauté haïtienne », se dit « très attaché à ses racines ». Notons aussi que celui-ci présente sur son site Internet plusieurs sections dédiées à Haïti, au parrainage des Haïtiens et à ses différentes missions dans son pays natal, mais très peu sur ses actuels projets en terre québécoise.

George Laraque, du Parti Vert, ancien joueur du Canadien d'origine haïtienne, se dit exaspéré de la « mauvaise réputation de Montréal-Nord ». Il se dit également préoccupé par le « racisme » puisqu'il a grandi dans « la seule famille noire de Sorel-Tracy ». Nous soulignons ici qu'il ne se présente pas dans la circonscription de son enfance, mais plutôt dans celle où il y a le plus d'Haïtiens. L'intérêt pour les siens est assez clair. (Cet article a été écrit avant que M.Laraque retire sa candidature suite aux accusations de fraude qui ont été portées contre lui)

Évidemment, nous ne pouvons pas blâmer ces candidats d'avoir à cœur l'intérêt des leurs, mais ce que nous condamnons est l'hypocrisie des communautés culturelles, des médias et des politiciens qui pleurnichent et crient au racisme lorsque les Québécois de souche osent défendre leurs intérêts propres. Le double standard est frappant.

Nos politiciens, quant à eux…

Tout aussi intéressante est la façon dont les différentes formations politiques aient toutes adopté la même approche, c'est-à-dire de présenter, dans une circonscription à forte teneur en immigration, des candidats eux aussi issus de l'immigration. Simple logique démographique ou opportunisme stratégique basé sur le sentiment d'appartenance des immigrants auprès des leurs ? Nous optons pour la deuxième option.

D'une main, les partis politiques matraquent les Québécois pour la moindre démonstration d'appartenance à leur communauté ou déclaration identitaire, alors que de l'autre, ils tentent de capitaliser au maximum sur ce même sentiment d'appartenance des immigrants à leur communauté.

Lorsqu'un candidat présenté dans une circonscription à forte teneur immigrante est Québécois de souche, le candidat fait des pieds et des mains pour s'attirer les bonnes grâces des communautés. Dans Bourassa, l'élu sortant Denis Coderre a d'ailleurs été jusqu'à apprendre le créole pour se faire élire et a énormément misé sur la population immigrante de la circonscription pour se faire élire. Les Québécois, généralement dépourvus de tout sentiment identitaire, ne risquent pas de le lui reprocher et même si c'était le cas, quels choix ont-ils vraiment dans cette circonscription?

Un futur sombre…

Les Québécois de souche doivent impérativement prendre conscience de leurs propres intérêts s'ils veulent avoir une place dans le Québec de demain. Ils doivent également rejeter le nationalisme civique des différentes formations politiques, qui prétendent hypocritement défendre nos intérêts alors que les communautés ethniques s'organisent politiquement et qu'une forte majorité des candidats ne se cache même pas de défendre les intérêts de leur propre ethnie. Dans le cas d'Haïti, nous rappelons que ce pays applique une notion de citoyenneté basée sur le sang et que cette forme de nationalisme se reflète au sein même de la communauté haïtienne de Montréal. La circonscription de Bourassa n'est pas seule, car une autre circonscription montréalaise s'organise sur des bases ethniques juives, comme nous l'avons démontré dans un autre article. Avec les forts taux d'immigration, bientôt plus personne ne veillera à nos intérêts propres. Un réveil s'impose.

La culpabilisation des Québécois doit prendre fin; organisons-nous!

F.Q.S.
Pour la préservation de notre peuple

1 La bataille de Bourassa : http://www.journaldequebec.com/2013/09/27/la-bataille-de-bourassa

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