La dérive des associations canadiennes-françaises

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La crise d'identité des Québécois n'est pas un phénomène isolé; les Canadiens-français hors-Québec souffrent de ces mêmes symptômes, comme si nos élites nationales s'étaient gavés d'hallucinogènes durant les dernières décennies.

Les associations qui sont supposées défendre l'identité canadienne-française, si fragile dans le reste du Canada, sont en complète dérive. Nous en venons donc à un triste constat; l'ethnie canadienne-française est belle et bien atteinte d'une maladie grave: la honte et la négation de soi. Ils sont orphelins, plus personne ne les défend, plus personne ne reconnaît leur existence.

Le rouleau compresseur du multiculturalisme a enclenché le processus de reclassement du peuple fondateur que nous sommes au rang de « minorité comme les autres ». Les associations canadiennes-françaises ont-elles résisté? Aucunement. Elles participent pleinement à l'idéologie multiculturelle! Les Canadiens-français sont devenus des Canadiens-francophones.

Rien d'étonnant n'est-ce pas ? Rectitude politique oblige.

L'association canadienne-française de l'Ontario (ACFO)

La nouvelle mission de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO), section Ottawa, est de promouvoir non pas les intérêts du peuple canadien-français, mais ceux de la « francophonie » et de servir les intérêts de la communauté francophone dans « toute sa diversité ».  Autrement dit, ceux que l'ACFO défendait traditionnellement, on ne doit même plus en parler. Il faut donc inclure les communautés africaine, libanaise et maghrébine. Des associations existent déjà pour ces communautés, mais l'ACFO s'y ajoute tout de même. À quoi bon s'accrocher au mythe qu'est le peuple canadien-français ? Fini le repli sur soi! Francophonie et diversité sont les nouveaux fers de lance.

Voici sa bannière:

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Le méga spectacle franco-ontarien "Écho d'un peuple" d'ailleurs, avait également sombré dans le multiculturalisme radical. Sa chanson thème s'intitulait "Pure-laine et coloré" et faisait ouvertement la promotion du multiculturalisme et du métissage à sa conclusion.

L'Association canadienne-française d'Alberta

Qu'en est-il de l'Association canadienne-française d'Alberta(ACFA) ?

ACFA a également adopté le terme « francophone » et « francophonie », mais elle ajoute un esprit prosélyte en faveur du « vivre ensemble » et « l'harmonie entre communautés culturelles ».

Voici deux de ses buts avoués :

« Entretenir des relations amicales avec les groupes de différentes origines ethniques et anglophones dans la région »

« Être responsable de promouvoir la fierté et la culture d'expression française sur l'ensemble du territoire de Calgary »

D'abord, que signifie la culture « d'expression française »? Y a-t-il vraiment tant de similarités entre la culture canadienne-française et celle du Maghreb ou encore celle du Cameroun ?

image_resized (1)Voyons ce que cela donne sur le terrain. En voici deux exemples : premièrement, un après-midi interculturel sur le Cameroun en avril 2011 et, ensuite, un festival « Global » qui fait la promotion des cultures philippine, chinoise, coréenne et italienne durant le mois d'août 2011 (photo plus haut).

L'ACFA fait donc davantage la promotion du multiculturalisme et de la culture africaine plutôt que de défendre la culture et l'identité des canadiens-français.

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Le Directeur général du Secrétariat provincial de l'ACFA Monsieur Denis Perreaux et Monsieur Oumar Lamana, représentant de l'ACFA pour le Sud de la province de l'Alberta et membre du conseil d'administration de l'ACFA provinciale

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Madame Dolorèse Nolette, Présidente de l'ACFA et ses membres de Calgary

L'association canadienne-française de Régina

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L'Association canadienne-française de Régina n'est guère mieux et organise des festivals à saveur multiculturelle comme le Festival musiques du monde, « l'âme du dialogue interculturel », organisé les 19 et 20 mars 2010, mettant en vedette du R&B, de la musique latino, africaine et du gospel afro-américain. (photo plus haut)

Que sont devenus les Canadiens-français dans tout ça ?

Le 13 mars 2009, la même organisation "patriotique" a organisé une autre fête multiethnique et multiculturelle où domine la culture africaine. L'organisation courtise ouvertement les immigrants pour agrandir la communauté francophone, ce qui risque de dénaturer davantage la communauté canadienne-française. Il semble ne plus rester beaucoup de place pour les Canadiens-français à un tel point qu'il serait honnête de leur part de retirer les mots « canadienne-française » du nom de leur organisation.

La Société franco-manitobaine

La Société franco-manitobaine elle, se donne comme troisième objectif « le choix des nouveaux arrivants ». Elle courtise ouvertement les immigrants pour agrandir la communauté francophone du Manitoba, ce qui risque d'oblitérer d'avantage son identité canadienne-française. Serait-ce une condition pour l'obtention de financement du gouvernement fédéral par l'entremise du ministère du Patrimoine canadien? Sans-doute. Mais parions que malgré tout elle aurait suivi le courant médiatique et la culture dominante du politiquement correcte où les identités traditionnelles des peuples enracinés et d'origine européenne, ne sont tout simplement plus permises.

L'association canadienne-française de Sarnia

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Il existe toutefois une association encore plus révélatrice de l'avenir des Canadiens-français hors-Québec. Il s'agit de l'Association canadienne-française de Sarnia. En fait, le comité directeur de l'association compte très peu de Canadiens-français. Sur vingt-sept membres ayant des responsabilités-clés, montrés sur leur site Internet, seulement six ont peut-être une origine canadienne-française. (photo plus haut)

L'ACFS identifie également sa clientèle comme « les nouveaux arrivants à London de langue française ». Selon le site Internet de l'ACFS, une des valeurs primordiales de l'organisation est son « attachement à l'universalité, qui se manifeste par son sens de l'inclusivité (sic) et le respect de la diversité ». Nous reconnaissons encore le baratin habituel du multiculturalisme, imposé par le politiquement correcte.

Conclusion

Cette situation généralisée chez les associations canadiennes-françaises hors-Québec s'explique peut-être par la démographie. L'Office des affaires francophones de l'Ontario rapporte qu'entre 1996 et 2001, la population francophone appartenant à une minorité raciale/ethnoculturelle a connu une augmentation de 40 % en province. Autrement dit, les Canadiens-français sont en train de disparaître au profit de populations issues de l'immigration, créant une identité multiculturelle.

Ils sont abandonnés par leur propre élite, tout comme nous, les Québécois. Une élite vouée à une idéologie assassine qui nie leur existence en tant que peuple et leur besoin d'avoir des structures organisationnelles propres pour survivre. Le caractère historique de l'identité est éliminé pour être replacé par un caractère uniquement linguistique.

Est-ce là notre avenir, pour nous aussi? Est-ce que les Québécois sont condamnés à devenir des « francophones de toutes origines ? » Est-ce que la Société Saint-Jean Baptiste deviendra comme l'Association canadienne-française de Sarnia ? Cela ne saurait être toléré.

F.Q.S.
Pour la préservation de notre peuple.

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