Les médecins étrangers, un danger?

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Après des années de messages médiatiques affirmant qu’au Québec, nous avons une grave pénurie de médecins et, en simultané, ce martèlement de l’immigration comme une chance inouïe pour notre pays, plusieurs sont tentés de croire que de faire venir des médecins de l’étranger pourrait être une option valide. Hélas, ce serait une erreur fatidique, car tous les médecins ne sont pas de bons médecins, surtout lorsqu’on les juge selon nos critères à nous.

À chaque année, les médias de gauche nous répètent qu’il n’y a aucune raison pour ne pas permettre aux médecins immigrants de pratiquer avec moins de restrictions et moins de contrôle, et la propagande voulant que le système discrimine s’intensifie à un point tel qu’en 2001, une organisation de médecins étrangers (Médecins d’ailleurs – www.medecinsdailleurs.com) était formée pour lutter contre ces discriminations. Au Québec, le système public ne permet pas aux citoyens (appelés de façon « euphémiste » usagers lorsqu’on parle du système de santé) de choisir son médecin ; aussi est-il important que les médecins soient irréprochables et dignes de confiance. Nous leur faisons suffisamment confiance pour mettre notre vie entre leurs mains. Il est de notre droit d’exiger d’eux d’être compétents dans leur domaine. Les restrictions imposées aux étrangers que certains médecins douteux remettent en cause sont la seule balise que nous ayons et abaisser nos standards pour combler une pénurie temporaire de médecins ne ferait qu’aggraver le problème en créant une baisse de confiance généralisée envers la médecine.

Au Québec, le système de santé est plutôt opaque et il est très difficile d’obtenir des données sur les erreurs médicales et sur l’origine des médecins ayant commis ces erreurs. Par contre, la Grande-Bretagne est beaucoup plus ouverte à ce sujet et une nouvelle enquête démontre que les médecins étrangers sont loin d’être la panacée. Un rapport du General Medical Council (GMC), obtenu et présenté par The Sunday Telegraph, démontre que 75% des médecins qui ont été démis de leur fonctions parce qu’ils présentaient un danger aux malades avaient été formés à l’étranger. Au pro rata, cela signifie que les médecins étrangers sont cinq fois plus susceptibles que les médecins formés en Grande-Bretagne de se faire renvoyer. Dans les cinq dernières années, ce sont 420 médecins étrangers qui furent renvoyés pour des raisons de mauvaise pratique mettant en danger la santé des patients.

Au-delà de ces chiffres, ce sont des histoires d’horreur qui ont causé ces renvois. On peut penser au Docteur Ubani, un médecin nigérien formé en Allemagne, qui administra une dose de diamorphine 10 fois trop puissante à M. David Gray, qui en mourut. Ou encore au docteur Vladan Visnjevac, qui fractura le crane d’un nouveau-né en utilisant les forceps d’une mauvaise façon. Derrière chaque renvoi de docteur étranger, il y a une victime innocente qui avait placé sa confiance dans un système médical qui l’a trompée.

L’honnêteté intellectuelle nous oblige de mentionner que contrairement au Québec, la Grande-Bretagne ne teste pas ses médecins étrangers ni sur leur niveau de compétence en anglais ni sur leur niveau de maîtrise de la médecine moderne. En fait, il suffit que le médecin soit qualifié dans un des 27 pays de l’Union européenne pour que celui-ci puisse pratiquer en Grande-Bretagne, une situation qui risque fort de changer suite aux révélations du Sunday Telegraph. Les médecins ne provenant pas de l’Union européenne doivent tout de même passer un test à choix multiples, ce qui ne semble pas être assez pour assurer la qualité des services. Les médecins formés au Nigéria sont tout de même bannis de pratique en Grande-Bretagne, mais cela semble la seule réelle restriction imposée – en plus du test à choix multiples.

Ces récentes révélations sur la qualité des médecins formés à l’étranger ont évidemment soulevé des accusations de racisme et de discrimination. L’équivalent britannique de Médecins d’ailleurs, British International Doctors Association, a réagi via son vice-président Umesh Prahbu, en affirmant que tout cela était teinté de « racisme et de discrimination ». De plus, les plaintes contre les médecins étrangers seraient plus fréquentes à cause du racisme ambiant (sic).

Faisant face à une pénurie de médecins que le gouvernement péquiste a promis de régler rapidement, celui-ci pourrait être tenté d’ouvrir les portes de la province aux médecins étrangers, mais il doit savoir les risques associés à une telle solution et la population doit être informée de ces dangers si le gouvernement décide de suivre ce chemin hasardeux.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

références:
http://www.medicalnewstoday.com/articles/254503.php
http://www.telegraph.co.uk/health/healthnews/9771022/Revealed-3-in-4-of-Britains-danger-doctors-are-trained-abroad.html

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