Les transferts aux pays d’origine

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Lorsque vient le moment de calculer l’impact de l’immigration sur notre économie, il ne faut pas oublier une donnée souvent sous-estimée, celle des transferts monétaires des immigrants vers leur famille ou leurs proches restés dans leur pays d’origine. Certains pourraient être tentés de minimiser la situation, mais ces montants sont si importants qu’il représentent plus de 20% du PIB d’Haiti, de la Moldavie et de quelques autres pays. Si ces montants transférés par des immigrants à ces pays ont un tel impact sur l’économie de ces pays, il serait ridicule de penser qu’il n’y a aucun impact pour nous.

En fait, très peu de chercheurs et organismes se sont penchés sur cette problématique. La Banque mondiale, qui voit dans ces transferts une chance pour les pays en développement, s’y est quant à elle intéressé. Elle estime qu’en 2005 (les données recueillies datent de 2005 et il est probable que tous les chiffres devraient être revus à la hausse étant donné les augmentations de l’immigration dans nombre de pays Occidentaux depuis), plus de 167 milliards de dollars ont été transférés par les immigrants à leur famille dans leur pays d’origine !

Ce chiffre peut sembler énorme, mais Statistiques Canada tient à ajouter qu’il « s’agit vraisemblablement d’une sous-estimation, car certains envois de fonds effectués par des voies structurées, comme les bureaux de poste ou les bureaux de change, et les envois de sommes inférieures à un seuil minimal ne figurent souvent pas dans les chiffres officiels. De plus, les envois de fonds empruntant des voies parallèles, comme la famille ou les amis, ne sont généralement pas déclarés. S’ils étaient pris en compte, ils pourraient grossir la somme des envois de fonds de 50 % ou davantage. »

En clair, chaque année, plus de 200 milliards de dollars quittent les économies occidentales pour les économies des pays du Tiers-Monde.

Au Canada, où notre économie souffre d’un déficit structurel, ce serait entre 12 et 17 milliards de dollars qui s’envoleraient ainsi chaque année ! Cette somme est loin d’être négligeable et a nécessairement un impact sur notre économie. Il n’est pas possible de vérifier si un immigrant envoie une partie de son chèque de paie à sa famille ou si cet argent est réinvesti dans notre économie, mais cela prouve à quel point l’immigration n’est pas la panacée économique que certains veulent nous vanter.

Sources:

Les envois de fonds par les immigrants récents par René Houle et Grant Schellenberg

Le couloir d’envoi de fonds Canada-Caraïbes par Emiko Todoroki, Matteo Vaccani et Wameek Noor

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