L’incohérence de la nouvelle « droite économique »

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En ces temps de frustration démocratique, il n'est vraiment pas surprenant de voir augmenter le nombre de politiciens qui prônent une réorganisation radicale des systèmes gouvernementaux. Au Québec et dans tout le Canada, des propositions visant majoritairement à réduire le nombre de fonctionnaires employés par l'État fusent de toutes parts et nous assistons maintenant à une véritable éclosion de nouveaux mouvements et partis politiques. Bien que les points de vue défendus par les différentes organisations varient plus ou moins allant d'un groupe à l'autre, un lieu commun demeure. Une fausse idée résiste aux changements, comme ancrée dans le béton de l'ignorance : l'immigration est inconditionnellement bénéfique pour notre économie.

Inconditionnellement bénéfique. Donc à quoi bon vouloir modifier le système qui gère le processus d'intégration des nouveaux arrivés? À quoi bon exposer la source internationale de main-d'ouvre bon marché à ce vent de changement qui semble bientôt vouloir balayer la province? C'est dans cette optique que les nouveaux mouvements politiques progressent, proposant changements par-dessus changements, tout en négligeant dangereusement la question de l'immigration, évoquant parfois une légère modération du nombre d'immigrants à accueillir mais toujours sans aucune reconsidération sérieuse. Ceci crée de véritables failles dans les divers modèles de gérance d'État proposés.

En voici un bon exemple: la Coalition pour l'avenir du Québec effectuait pendant les dernières semaines une tournée provinciale afin de présenter leur projet de réforme divisé en quelques thèmes principaux. Leur tournée s'arrêtait à Saguenay le lundi 3 octobre au soir dans une des salles de conférence de l'hôtel Holiday Inn, décorée aux couleurs du mouvement pour l'occasion. Bien évidemment, une petite foule d'humeur partisane était présente pour assister à l'événement.

Au cours de la soirée, les deux cofondateurs François Legault et Charles Sirois se décrivirent avant tout comme des nationalistes soucieux de l'avenir de leur descendance. Sont rassemblés dans la salle plus ou moins 200 personnes, sans compter les médias: des entrepreneurs, des étudiants, des gens impliqués de près ou de loin dans la politique, ainsi que quelques citoyens curieux d'en savoir plus sur les propositions de cette équipe visiblement dynamique et motivée. Après une présentation d'une assez longue durée, ils abordent principalement la nécessité de couper dans la fonction publique, tout en favorisant l'entreprenariat québécois et les investissements dans nos industries nationales, ainsi que dans le système scolaire. On nous parle d'une sélection plus sévère à l'embauche des enseignants, d'une hausse de salaires relative aux compétences dans les milieux scolaires et de la santé, entre autres. La rencontre se termine finalement par une consultation du public. Les questions posées par l'auditoire concernent pour la plupart des sujets médiatisés comme la hausse des frais étudiants, l'indépendance du Québec ou la préservation des milieux naturels.

Inévitablement, nous en avons profité pour interroger Legault sur ses éventuelles solutions au problème de l'intégration des immigrants. À cet instant, la logique nous a quittés, sans laisser de trace:

« Nous sommes forcés de constater l'échec quasi-total des politiques d'intégration des nouveaux arrivants mises en place durant les dernières décennies. Quelle solution proposez-vous afin de finalement rentabiliser l'immigration ? »

Ce à quoi, on nous répondit rien de plus qu'une réduction négligeable et temporaire du nombre d'immigrants par année à 45 000, un investissement tout aussi négligeable dans les programmes d'intégration des nouveaux arrivants, une promotion du français et le meilleur, une réduction de nos exigences dans la reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger.

À quoi bon récupérer l'argent qui se perd chaque année dans la fonction publique pour l'injecter directement dans le trou noir des programmes d'intégration qui n'en finiront jamais d'intégrer ? Nous en sommes encore à tenter d'intégrer les milliers de nouveaux arrivants des dix dernières années, ne sommes-nous pas suffisamment hypothéqués? La réalité est que les coûts liés à l'intégration sont extrêmement élevés. S'il est vrai que ces programmes d'intégration sont indispensables pour la rentabilisation de l'immigration, ils ne suffisent pas face au rythme incessant de l'immigration massive. À un point tel qu'on pourrait dire qu'ils sont pratiquement inefficaces. Le taux de chômage chez les nouveaux arrivants reste un bon indice de cette insuffisance évidente des programmes d'intégration et de francisation. La CAQ compte donc augmenter les critères de sélections ( à l'aide de test de compétences notamment ) des professionnels de l'éducation et de la santé, tout en diminuant les critères de sélection des nouveaux arrivants et en reconnaissant les diplômes d'universités qui, jusqu'à ce jour, ne se qualifiaient pas. Cette manouvre politique d'une absurdité absolue est dénuée de toute logique. Qu'adviendrait-il aux étrangers admis au Québec avec des diplômes douteux d'institutions du tiers-monde une fois placés devant l'évaluation plus sévère des compétences qu'on leur imposerait avant d'accéder à un poste dans l'un des deux domaines priorisés ? Auraient-ils une meilleure chance d'être intégrés?

Au contraire ! Voici ce qui découlerait de ces nouvelles mesures prônées par la CAQ et compagnie: plus d'immigrants venus ici dans l'espoir de travailler dans leur domaine qui se buteraient aux portes des systèmes de services publics, donc plus d'immigrants portés vers des emplois offrants des rémunérations modestes, plus d'immigrants sans emploi (chômage, aide sociale, etc.), plus de problèmes d'intégration et plus d'investissements pour remédier aux lacunes du système d'intégration. Ces politiciens nouveau genre ne se sont visiblement pas penchés plus que leurs prédécesseurs des partis classiques sur l'état lamentable de notre modèle d'accueil et d'intégration des immigrants. Un des plus grands périls de notre société est encore une fois ignorée uniquement au nom de la religion du politiquement correct.

Ne nous leurrons pas. Même si ces nouveaux modèles politiques semblent parfois souffler un vent de fraîcheur, ils trainent encore le nuage lourd et sombre de l'immigration massive qui gagne notre ciel depuis l'horizon. Le fait que ces politiciens refusent de voir le problème (ou s'ils le voient, refusent de l'étudier afin d'en venir à une véritable solution) démontre clairement l'incohérence de leur discours et leur manque de préparation face à la réalité sociale et économique québécoise. Ce n'est décidément pas du côté de ces "nouvelles idées" qu'il faut chercher l'espoir d'un vrai changement. Un jour peut-être s'achèvera le règne de l'hypocrisie immigrationniste et des solutions viables et rentables finiront inévitablement par voir le jour.

FQS,
Pour la préservation de notre peuple

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