Syndicats et immigration : le chapitre interdit

0

Le chapitre interdit 

Le chroniqueur, animateur et auteur libertarien Éric Duhaime publiait dernièrement un essai intitulé « Libérez-nous des syndicats! ». Il identifie et dénonce, dans cet ouvrage, quelques-unes des tentacules de la pieuvre syndicaliste au Québec. Dans un chapitre titré « Parrains de la gauche : femmes, associations étudiantes, groupes communautaires… », il souligne le fait que les syndicats infiltrent et financent une multitude de mouvements et d’organismes, pour ensuite les utiliser à des fins de propagande syndicale. Il donne aussi quelques exemples du genre de pouvoir d’influence que les syndicats exercent sur la politique québécoise. En effet, dans un autre chapitre on peut lire : « Les syndicats militent pour obtenir ce qu’ils veulent, mais cela ne passe pas nécessairement par un positionnement partisan. Ça vient aussi de lobbying, de menaces, de grève ou de propagande. » Bien que son ouvrage couvre un bon nombre d’aspects, il semble que Duhaime ait jugé s’être attiré un nombre suffisant d’ennemis, ne se risquant pas à aborder leur influence sur les politiques d’immigration.

Un autre ouvrage, s’appliquant pour sa part à démanteler le mythe de l’immigration bénéfique, est paru en 2011. Dans la conclusion de « Le Remède imaginaire – Pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec », les auteurs Benoit Dubreuil et Guillaume Marois se questionnent sur les motivations que les politiciens ont à entretenir le système d’immigration actuel. Ils écrivent : « D’abord, certains acteurs sont probablement poussés par des motifs économiques. L’immigration ne change rien à la prospérité économique en général, mais elle peut être à la source de bénéfices dans des secteurs particuliers. » Ils ajoutent plus loin que « les motifs électoraux y sont peut-être aussi pour quelque chose ». Pour les mêmes raisons qui ont probablement poussé Éric Duhaime à éviter le sujet de l’immigration dans son essai sur les syndicats, Dubreuil et Marois ont peut-être évité de placer ces derniers sur le banc des accusés dans leur étude sur l’immigration.

Pour sa part, la Fédération des Québécois de souche n’hésite pas à affronter les deux bêtes à la fois. Les syndicats ont certainement un rôle à jouer dans l’attitude immigrationniste du gouvernement québécois. En supplément à l’un ou l’autre de ces livres, la FQS présente… le chapitre interdit.

 

Une question de cotisations

Pourquoi les syndicats auraient-ils intérêt à ce que le gouvernement s’enfonce, la tête baissée, dans les politiques d’immigration massive? C’est bien simple. Pour eux, l’immigration est avant tout une source d’éventuelles cotisations supplémentaires. En reprenant la formule utilisée par Éric Duhaime pour estimer le 1 milliard de dollars en cotisations perçues dans une année (cotisation mensuelle moyenne de 65$ x douze mois x nombre de syndiqués), nous pouvons à notre tour estimer, du moins en partie, ce que l’immigration rapporte aux syndicats.

Dans son mémoire présenté en 2011 à la Commission des relations avec les citoyens, dans le cadre de l’audience sur la planification de l’immigration au Québec pour la période de 2012 à 2015, la CSN affirmait qu’entre 15 et 20% de ses 300 000 membres étaient issus de l’immigration. Cela revient donc à dire qu’entre 45 000 et 60 000 de leurs membres sont des immigrants. Supposons que le nombre réel d’immigrants au sein de la CSN est de 53 000, ce syndicat reçoit donc plus ou moins 41,3 millions en cotisations syndicales d’immigrants annuellement. La même année, le ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles (MICC) injectait 42,3 millions de son budget de dépenses annuel dans ses services d’intégration.

En résumé, pendant que le MICC dépensait 42,3 de ses 168,7 millions du budget 2011 dans l’intégration des immigrants, la CSN engrangeait plus ou moins 41,3 millions en cotisations d’immigrants syndiqués. Cela reste une estimation, la FTQ ne divulguant pour sa part aucun indice sur le nombre de ses membres issus de l’immigration. Cet extrait tiré d’un mémoire déposé pour la Commission de la culture, en 2006, laisse toutefois libre cours à notre imagination :

« Notre présence prépondérante dans des secteurs d’activité comme ceux du vêtement, de l’hôtellerie et la restauration, de l’entretien ménager d’immeuble et de la plasturgie nous a interpellés dès le milieu des années 1970 et amenés à agir dans le sens d’une meilleure intégration des personnes immigrantes. » 

Cela ne serait pas surprenant que le total annuel des cotisations syndicales des immigrants au Québec dépasse lui-même le budget annuel alloué au MICC. Il ne faut pas non plus oublier l’application de la formule Rand, qui permet aux syndicats d’empocher les cotisations d’immigrants non-syndiqués qui travaillent sous la prétendue protection d’une convention collective.

Ces deux syndicats – les autres aussi probablement – sont rendus bien loin de leur mandat. Ils offrent chacun un service d’intégration des immigrants. Les nouveaux arrivants ont à peine le temps de poser le pied sur le sol québécois que des bons samaritains de la FTQ ou de la CSN les prennent par la main pour leur faire découvrir les merveilles du syndicalisme.

Cet article tiré du site Web de la FTQ nous donne un bon exemple:

« Le 6 décembre dernier, la FTQ et le Fonds de solidarité FTQ, avec le soutien de la section locale 689 du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), accueillaient, pour une journée, une vingtaine de personnes immigrantes, pour la plupart, nouvellement arrivées au Québec. 

Le groupe a visité l’hôtel Fairmont Tremblant. La journée s’est terminée par une présentation d’un représentant du Fonds de solidarité permettant ainsi, à ces futurs travailleurs et travailleuses, de se familiariser avec l’importance du rôle du Fonds dans l’économie québécoise. 

Ces personnes ont toutes bénéficié d’un programme de recherche d’emploi avec le soutien du Club de recherche d’emploi Montréal centre-ville (CREMCV) et du Carrefour jeunesse emploi (CJE). » 

Les syndicats ne se contentent pas d’attendre les immigrants qualifiés pour les attraper au passage, ils font aussi de la politique immigrationniste.

 

La pieuvre à l’Assemblée

L’Assemblée nationale tenait, de mai à septembre 2011, une consultation publique sur la planification de l’immigration pour la période 2012-2015. Pendant sept jours d’auditions, ce sont 45 organismes qui se sont prononcés sur les politiques à adopter en matière d’immigration pour les années à venir.

Mais attention ! Quinze d’entre eux étaient des organismes d’intégration des immigrants dont l’existence dépend de subventions versées par le MICC (35%) et six d’entre eux étaient des syndicats (13,3%). Le 52% restant était représenté par des conférences régionales d’élus, des associations patronales, des organismes sociaux, ainsi de suite… Le même genre de consultation publique avait lieu en 2007 : voici ce que Dubreuil et Marois constataient à l’époque : « Alors que les consultations gouvernementales tournent souvent au débat politique, sinon à la foire d’empoigne, celle-ci devait se dérouler dans une unanimité surprenante. »

La simple présence de six syndicats suffisait, de toute façon, pour faire pencher la balance, les autres groupes étant pour la plupart soumis un peu, beaucoup ou passionnément au pouvoir syndical. « Parce qu’elle fait preuve d’un peu plus de transparence que les autres, on sait par exemple que la CSN, à elle seule, a versé au moins 2 millions $ à ces différents groupes sociaux entre 2008 et 2011. », nous fait remarquer Duhaime.

Observons donc les mémoires déposés par la FTQ et par la CSN. Quelles politiques d’immigration ces démographes et ethnologues improvisés ont-ils recommandées à l’Assemblée nationale?

Bien qu’elle accepte l’insignifiante baisse (50 000 au lieu de 55 000) du taux d’immigration proposée par la commission, la FTQ en a visiblement contre la délivrance de permis de travail temporaire. Elle exprime, de manière détournée, que les travailleurs temporaires seraient plus avantageux aux syndicats s’ils étaient syndiqués :

« Dans bien des cas, ces travailleurs n’ont accès à aucun mécanisme de protection ou de représentation. C'est pourquoi nous réitérons notre revendication pour qu’un encadrement très strict des agences de placement, et tout particulièrement des agences de placement de travailleurs étrangers temporaires, soit mis en place. »

Dans une lettre de recommandation à l’ancienne ministre Kathleen Weil, envoyée sept mois avant la déposition du mémoire, elle l’exprimait de façon beaucoup plus claire :

« Il faut bien sûr s’assurer que les droits sociaux et du travail de ces personnes soient véritablement protégés. Nous considérons que la meilleure protection, c’est l’accès à la syndicalisation. »

La CSN, pour sa part, ne semble pas trop affectée par la question des travailleurs étrangers. C’est plutôt la baisse de 5 000 immigrants par année qu’elle proteste subtilement :

« La CSN, en tant qu’acteur important sur le marché du travail, continue de plaider en faveur de la venue de personnes immigrantes sur le territoire du Québec. L’approche proposée est que la mise en place et le maintien de mesures existantes assurent l’intégration en emploi des personnes issues de l’immigration… »

Ce syndicat ne cache pas, lui non plus, son intention d’intégrer puis de syndiquer lui-même les immigrants. Sur le site Internet de son Conseil central du Montréal métropolitain, la CSN expose son Comité immigration et relations ethnoculturelles, lui-même organe du Comité d’action politique. La présentation, qui explique assez bien la motivation de la CSN à réclamer des taux d’immigration élevés, va comme suit :

« Ce comité a pour mission de faciliter l'intégration des personnes issues des communautés culturelles à la société québécoise et à la CSN. Ses membres travaillent à l'élimination de la discrimination raciale et à la cohabitation harmonieuse. Ils collaborent avec des organismes de la société civile, notamment dans les domaines de l'aide aux nouveaux arrivants et de la défense des droits. » 

Comme Duhaime nous l’explique dans « Libérez-nous des syndicats! », les sommes encaissées par les syndicats ne sont pas nécessairement utilisées pour la défense des membres. Les syndicats ne divulguent que très peu d’information sur leurs investissements dans le domaine de l’immigration. Même si la majorité des membres avaient été consultés avant l’entreprise de ces démarches, le vote à main levée ou la malhonnêteté des leaders quant à leurs intentions ne laisse aucune place à une véritable démocratie.

La supposée mission première des syndicats est d’améliorer les conditions de travail et le salaire de leurs membres. Ils prétendent aussi qu’ils ont le pouvoir d’améliorer ces mêmes facteurs chez les immigrants. Ils appuient donc des taux d’immigration élevés. Dubreuil et Marois nous affirment pourtant que « l’arrivée de nouveaux immigrants peut cependant avoir un effet négatif sur les immigrants arrivés précédemment et contribuer à détériorer les conditions salariales ».
 

Une évidence

La présence d’un monstre milliardaire au sein d’une commission parlementaire ne laisse probablement pas les autres acteurs indifférents, surtout quand le monstre est susceptible de financer la prochaine campagne électorale des partis participants ou les prochaines activités de certains organismes présents à la commission. Cette réflexion porte à croire que les syndicats en quête de nouvelles cotisations ont certainement un rôle à jouer dans l’adoption des politiques d’immigration massive. Ils ne sont vraisemblablement pas les seuls à répandre la propagande immigrationniste, mais leur poids financier fait inévitablement pencher la balance en leur faveur. Duhaime nous affirme que « ces syndicats sont devenus les principaux agents du statu quo, grassement financés par des cotisations, contre qui pratiquement personne ne peut aujourd’hui rivaliser ».

Nous ajouterons que bien qu’ils soient assis confortablement sur le statu quo, ils encouragent parfois des changements, si ces derniers sont susceptibles d’augmenter le nombre de cotisations. Nous avons vu ce à quoi les cotisations apportées par les politiques d’immigration massive pouvaient ressembler. Bien qu’elles représentent un modeste pourcentage du trésor syndical, elles y contribuent quand même et les syndicats voudraient bien les voir multipliées. Ils sentent alors l’obligation de participer aux commissions sur la planification de l’immigration des prochaines années, où eux et leurs amis y vont de recommandations assez fermes sur l’augmentation des taux d’immigration et de syndicalisation des immigrants.

La plupart des syndiqués ne sont même pas au courant de ces activités. Bon nombre d’entre eux sont probablement opposés aux politiques d’immigration actuelles. Leurs cotisations sont pourtant utilisées pour faire la promotion d’une immigration massive, qui prouve année après année son inefficacité démographique et économique.
 

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

 

Partager.

Les commentaires sont fermés.