Un prêtre brise le silence

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635a5e1de9dcfee5d2a55cf4ad8a49c8Il n'y a pas que nous qui constatons les effets néfastes du modernisme et du libéralisme. Au sein du clergé, nombreux sont ceux qui se révoltent devant le libéralisme ambiant qui s'attaque certes à notre société, mais également à l'Église catholique qui semble aujourd'hui s'autodétruire. Nous avons décidé d'ouvrir nos pages à un de ces prêtres, un jeune Québécois de souche, qui souhaite faire tout en son pouvoir pour empêcher les destructeurs modernes de parfaire leur ouvrage.


La trahison du clergé

La question du retrait du crucifix de l’Assemblée nationale a déjà fait couler beaucoup d’encre. On a dit beaucoup de choses à ce sujet. Mon but est tout simplement de mettre en lumière la trahison de notre clergé depuis une cinquantaine d’années au Québec. Alors on s’attendrait à voir le clergé monter aux créneaux pour défendre les intérêts de Celui qu’ils appellent leur Seigneur et leur Dieu, on est sidérés de voir nos pasteurs prévenir les loups qu’ils ne leur feront pas la guerre.

« Si le gouvernement décide d'enlever le crucifix, les évêques ne feront pas de guerre. »

– Mgr Pierre Morissette, évêque de St-Jérôme

 
Ceci n’est qu’un exemple : c’est par ces paroles et d’autres semblables que nous sommes trahis jour après jour par ceux qui font profession de défendre les intérêts de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
 

Un héritage indéniable

Si la crise que traverse actuellement notre peuple se limitait simplement à la seule nation canadienne-française, il faudrait en rechercher les causes à un niveau national. Mais force est de constater que la débâcle est générale et se situe plus haut : elle touche particulièrement l’ensemble des pays occidentaux – la Chrétienté, disons-le. Il faut donc en rechercher les causes à un niveau plus élevé que ne serait un simple problème de « gestion » de notre nation.

La préservation de notre peuple ne peut aller sans la préservation des principaux éléments qui l’ont constitué, de la même façon que la survie d’un arbre dépend pour une large part de la santé des racines principales qui lui apportent le suc dont il se nourrit.

Or, parmi ces éléments constitutifs se trouve la Foi catholique et romaine et tous ceux qui s’acharnent à le nier ou qui préfèrent l’occulter ne sont pas les partisans réels de la restauration de notre peuple, mais les constructeurs éphémères d’un rêve qu’ils ont imaginé et qui s’écroulera avec eux.

Qui peut nier en effet que nos ancêtres, jusqu’à une date très rapprochée de l’époque à laquelle nous vivons, n’aient eu dans les tripes avant toute autre chose un désir de conformer leur vie à la doctrine de l’Évangile qu’ils se transmettaient de génération en génération par la voix de l’Église.

On a beaucoup parlé de la « domination » de l’Église au Québec et il est fort possible que les hommes d’Église se soient quelques fois laissés entraîner par les dispositions de leur nature déchue à un esprit qui s’éloignait de la pensée du fondateur de l’Église.

Néanmoins, l’Église catholique a été dans la fondation de l’identité québécoise et canadienne-française un des leviers principaux et ce qui appartient à l’histoire ne peut être nié sans sortir de la vérité.
 

Un héritage commun

Ce désir d’intégrité spirituelle et morale de nos aïeux n’était d’ailleurs pas le fait de nos seuls aïeux, mais c’était l’héritage commun des chrétiens qui posait d’ailleurs un lien d’unité entre les différents peuples de ce qu’on appelait alors la Chrétienté. Car s’il nous faut rechercher ce qui nous lie à la nation canadienne-française, ce qui fait que l’on est un « Québécois de souche », il importe aussi de s’attarder à l’ensemble des relations dans lequel notre peuple s’inscrivait pour bien comprendre son identité.

Il est intéressant de noter que l’Église n’a jamais recherché à imposer la théocratie, comme l’ont fait d’autres religions, si ce n’est pour le cas particulier des États de l’Église (aujourd’hui le Vatican soumis au pouvoir direct du pontife romain). Elle n’en a pas moins enseigné constamment jusqu’au Concile Vatican II que les États doivent s’inspirer dans leur législation des principes et doctrines que Jésus-Christ nous a laissés en héritage et que l’Église a transmis fidèlement de génération en génération.

Elle y voyait même la survie des peuples, citant volontiers les paroles de l’Écriture :

« Et les nations marcheront à ta lumière, et les rois, à la splendeur de ton lever. » Isaïe LX, 3

 

« Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, et ces nations seront entièrement détruites. » Isaïe LX, 12

Un héritage dont les hommes d’Église nous ont privés

Mais il est également intéressant de noter que cette doctrine n’est plus enseignée dans nos églises. Quel est le prêtre qui dit encore du haut de la chaire que non seulement les individus doivent prendre en considération dans leur vie les commandements du Sauveur, mais encore que les familles et jusqu’aux États eux-mêmes, tout en tolérant dans leur sein la présence d’éléments disparates, n’en doivent pas moins aspirer en désirs et, par leurs actions concrètes, à ce que le gouvernement de leur famille et de leurs cités s’inspire le plus possible de la doctrine de Jésus-Christ?

Chacun est libre de recevoir ou non ce qui lui est enseigné, ce qui lui est prêché. Il n’en demeure pas moins que si ceux qui ont la charge de transmettre un message ont arrêté de le transmettre, il ne faut pas s’étonner que plus personne ne se trouve devant la nécessité de faire un choix de suivre ou de rejeter ladite doctrine.
 

Ne pas accepter la trahison

Nous avons été trahis par nos chefs politiques, mais nous l’avons été également et le sommes quotidiennement par un clergé qui ne nous dit plus les vraies choses qu’il est en devoir de dire s’il veut participer à la préservation de notre peuple et des nations occidentales. Après tout, personne n’est contraint par la force physique à entrer ou non dans une église pour entendre la voix des pasteurs, mais chacun a un droit de ne pas y perdre son temps quand il y entre et de s’entendre dire non pas des paroles flatteuses, mais plutôt ce que ceux qui ont construit son peuple y ont entendu.

L’Église a toujours prétendu détenir les vérités qui concernent la vie éternelle. Si elle ne le prétendait pas, comment pourrait-elle dire être de Dieu? Comment se fait-il dès lors que des grands principes tels que « les nations doivent se soumettre à l’Évangile », « la religion ne concerne pas que la sphère privée » , « les lois sont faites pour aider les individus à mener une vie non pas seulement confortable mais vertueuse », etc… aient pu changer? Comment auraient-ils pu changer sans que ne changent également les sociétés dans lesquelles nous vivons? Comment l’ancienne cohésion sociale aurait-elle pu ne pas laisser place à un pluralisme volontaire et destructeur de l’unité nationale?

Si nul n’est forcé d’accepter les principes sociaux de l’Église comme nous le disions plus haut, tous sont cependant liés à la vérité historique : ces principes ont façonné nos sociétés occidentales et depuis que ces principes ne sont plus prêchés par les hommes d’Église, nos sociétés vivent le chaos le plus prononcé de leur histoire. Simple coïncidence ou lien de causalité? À chacun de juger. Pour nous, nous n’en continuerons pas moins à dénoncer la supercherie dont nous sommes l’objet de la part de notre clergé.

– Philippe Aubert, prêtre
Propos recueillis par la Fédération des Québécois de souche

 

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