La France Big brother, Laurent Obertone

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Avec La France Big Brother, Laurent Obertone sort des sentiers battus et démontre une fois de plus la grande versatilité de son talent littéraire. Après l’essai France Orange Mécanique vendu à quelques milliers d’exemplaires et le roman Utoya, dans lequel il incarnait le tueur norvégien Breivik, Obertone s’adresse maintenant au public francophone sous la forme de lettres dont les auteurs ne sont nul autre que Big Brother et ses sbires. Qui est ce Big Brother directement sorti du célèbre roman d’anticipation de George Orwell ?

Dans ces lettres, il se dévoile à nous telle la confession d’un vainqueur. Pensons à la tirade du méchant dans les films d’actions lorsque le héros est ligoté et voit sa fin arriver, où il se relève inévitablement et triomphe. Saurons-nous faire de même ?

La lettre nous est adressée, nous les domestiqués du système, les dépendants et les incapables, les prisonniers d’un système qui nous manipule. La vie bourgeoise et matérialiste, le refus du risque et la peur, c’est notre domestication à nous, Occidentaux du XXIème siècle. On nous manipule, on nous conditionne et mieux, on s’assure que l’on en redemande encore.

Grâce aux écrans omniprésents, on nous avilit. On nous présente une pensée unique, la rectitude politique, qui ne se base pas sur la réalité, mais sur des dogmes. Et ceux qui osent en dévier sont humiliés, exclus et méprisés pour qu'il soit certain que nous comprenions qu’il vaut mieux hurler avec les loups que de contrevenir à la doxa officielle. Et à ceux qui abdiquent leur pensée critique et se joignent à la meute, tout leur est promis et permis.

Si le bâton est utilisé pour les mal-pensants, il est clair qu’il y a une carotte pour ceux qui se conforment, outre l’acceptation sociale ou les possibilités d’avancement. L’État possède des milliers de conseils et de tables rondes, aux mandats aussi absurdes qu’improbables, où le bien-pensant pourra gagner un salaire des plus décents sans jamais à avoir à s’abaisser à travailler.

Toutes les bassesses sont permises pour tenter de façonner la réalité à l’idéologie ; rien n’est négligé pour tenter de réconcilier l’irréconciliable. Cette tentative de manipuler la réalité est la force motrice du féminisme. Toutes les mesures, parce qu’elles nient les différences biologiques entre femmes et hommes, se sont finalement faites aux dépens de la femme. Devant ce constat d’échec face à la réalité, on a tenté de subjuguer la biologie à l’idéologie, créant notamment le monstre de la théorie du genre. L’ennemi d’aujourd’hui n’est-il pas le déterminisme biologique ? Pourquoi un enfant naîtrait-il intelligent ? Ou fille ? Ou garçon ? La biologie nécessairement fait obstacle à l’égalité et c’est d’ailleurs dans cette optique que le dysgénisme est promu.

Tout comme la biologie, l’esthétique fait obstacle au remaniement de la société. Ce qui est beau doit être relégué aux oubliettes, d’où l’importance de l’art contemporain. On nous vante ses qualités, on le louange et on nous le vend, mais n’est-ce pas une signe de la double pensée que de constater que nombreux sont les « artistes contemporains » qui préfèrent pour leur demeure les classiques reconnus ?

Aujourd’hui, tout est instrumentalisé. Tout sert ce système : le vedettariat, l’éducation et même la contestation. Les étudiants ne se mobilisent-ils pas pour que le système en fasse encore plus pour eux, pour nous ? Pour qu’il soit encore plus omniprésent ? C’est d’ailleurs chez ces contestataires que les plus fervents supporteurs du système se retrouvent, traquant les dissidents, fichant les ennemis du système et leur faisant une guerre sans pitié.

Mais Big Brother existe-il ? Oui. Et ce n’est pas un magnat des médias. Et ce n’est pas un membre de la Trilatérale ou du Bilderberg. Et ce n’est pas un franc-maçon, ni même un politicien. C’est…

Obertone, Laurent. (2015) La France Big Brother. Ring. 361 p.

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