Gilles Proulx – De Ville-Marie à Montréal

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C’est le deuxième ouvrage en peu de temps que le chroniqueur Gilles Proulx publie sur Montréal, sa ville, qui célèbre cette année son 375ème dans une spirale de couleurs représentant sa diversité cosmopolite. L’histoire ayant été éjectée de cette célébration car jugée incompatible avec l’esprit du temps Proulx part seul en croisade pour ramener à l’avant-plan le patrimoine et l’héritage que nous sommes sensés souligner cette année.

Ce court ouvrage ne nous apprend rien de plus que Montréal : 60 évènements qui ont marqué l’histoire de la métropole, par contre, son approche synthétique permet une meilleure compréhension et une vision moins anecdotique, idéale pour un lecteur pressé ou un néophyte. L’histoire n’est plus une mosaïque de petits évènements s’enchainant, mais un fleuve qui suit son cour. 

Pour l’auteur et pour tout observateur honnête, l’histoire de Montréal est une histoire profondément catholique et ce jusqu’aux années 60, années de rupture avec notre identité, notre foi et notre passé. Comme Jean Sévilla, Proulx souhaite présenter une synthèse historique factuelle non déformée par la rectitude politique.

Montréal ou Ville-Marie, ce fut d’abord un projet d’évangélisation rendu possible par le « courage missionnaire » de quelques visionnaires à la foi ardente comme Paul Chomedey de Maisonneuve, recruté en France par la Société Notre-Dame de Montréal souhaitant « évangéliser les sauvages de la Nouvelle-France ». Parti de la mère patrie en mai 1641 avec une quarantaine de colons, Maisonneuve débarque finalement à Pointe-à-Callières le 17 mai 1642 pour y fonder une colonie missionnaire sur une seigneurie appartenant à la Société Notre-Dame. 

Les débuts de la colonie seront difficiles, mais la foi de ses premiers habitants sera indéfectible et les Jeanne Mance, Marguerite Bourgoys et Marguerite d’Youville parviendront à ériger une ville chrétienne dans cette région hostile de l’Amérique. Même la Conquête britannique en 1763 ne parviendra pas, malgré le nombre de tentatives en ce sens, à gommer le caractère catholique de Montréal. Au contraire, grâce à la vision de Mgr Bourget, la ville devient la « ville aux cent clochers », une ville ultramontaine dans laquelle les ordres religieux sont omniprésents. Anciennement lieu de mission, Montréal devient une ville qui envoie ses missionnaires par delà des mers et océans. 

Le début du XXème siècle se fera dans la continuité : l’Église est l’institution par excellence au Québec et organise les loisirs, les soins de santé, les syndicats, l’éducation, les arts et même l’épargne, des domaines aujourd’hui phagocytés par le gouvernement. Ce n’est que lors de la Révolution tranquille, notre mai 68, que l’Église perdra de la vitesse, les élites que ses collèges ont formées se retournant contre ses maîtres d’hier, poussées par le modernisme et le consumérisme qui caractérisent aujourd’hui la société québécoise. Concluant cette histoire catholique de la métropole québécoise, Gilles Proulx espère que sa ville qu’il aime malgré tout redevienne terre de mission et renoue avec son histoire riche et inspirante. 

Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple

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