Guerre de 1812: impossible sans nos ancêtres

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Extraits de l'article Les Canadiens français auraient été nombreux à la guerre anglo-américaine de 1812 publié le 10 mars 2013 dans le journal Le Soleil. 

Les Canadiens français auraient joué un rôle beaucoup plus important qu'on ne le croyait auparavant dans la guerre de 1812 qui a opposé les États-Unis à la Grande-Bretagne sur les terres d'Amérique.

C'est ce qu'a découvert le directeur scientifique de la Fondation Les Voltigeurs de Québec, le colonel Marcel Belleau, qui est aussi un ancien commandant du Régiment de la Chaudière et ancien vice-recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), dans des recherches qu'il a menées récemment.

«Plusieurs croient que cette guerre ne concernait pas les Canadiens, que ce sont des soldats britanniques et américains qui y ont combattu. Pourtant, il faut se rappeler que la moitié de la population des colonies britanniques en Amérique était au Bas-Canada, l'ancêtre du Québec. Dans nos recherches, nous avons été surpris de découvrir jusqu'à quel point un grand nombre de nos ancêtres ont participé à cette guerre», explique le colonel Belleau.

Celui-ci a découvert que des entités qui étaient considérées comme britanniques étaient en fait composées majoritairement de Canadiens français. Il cite l'exemple du Canadian Fencibles Regiment, une unité qui avait été créée en Écosse et qui était composée de soldats écossais à qui on avait promis des terres au Canada.

«À l'époque, une rumeur les avait plutôt envoyés aux Indes et, peut-être par crainte des tigres, des serpents et des maladies, plusieurs de ces soldats avaient quitté, ne laissant que quelques officiers et sous-officiers en poste. On les a quand même envoyés au Canada en leur disant de recruter sur place. Ainsi, ce régiment était bel et bien britannique, puisqu'il était payé à même le budget britannique, mais il était composé à 75 % de Canadiens français!» indique M. Belleau.

Le colonel Belleau parle aussi du 104th Regiment of Foot, créé au Nouveau-Brunswick, mais composé essentiellement d'Acadiens, de résidants de l'actuel territoire du Québec et d'anglophones du Nouveau-Brunswick.

«Nous avons fait relever les noms des membres de ce régiment grâce aux listes de paye de l'époque et on y retrouve beaucoup de noms francophones. Dans plusieurs cas, on a aussi la provenance des soldats. On peut voir Montréal et Québec à plusieurs reprises. Il y avait même un Gaudreau de Baie-Saint-Paul!» souligne-t-il.

Ainsi, au moins une centaine des 400 soldats du 104th Regiment of Foot étaient des Canadiens francophones. «En 1813, ce régiment avait d'ailleurs franchi à pied les 1100 km qui séparent Fredericton de Kingston, aujourd'hui en Ontario, en suivant les cours d'eau, s'arrêtant une dizaine de jours à Québec, dans les casernes des Jésuites», explique M. Belleau.

«Au tout début, on parle de plus de la moitié des quelque 10 000 combattants britanniques, puisque les soldats anglais étaient occupés à d'autres conflits en Europe. À la fin, alors que beaucoup de troupes avaient été envoyées de Grande-Bretagne, les Canadiens français représentaient tout de même encore le cinquième ou le sixième des effectifs.»

«Ça a été oublié un peu, car les Canadiens français ne passent pas leur temps à se rappeler les batailles passées, mais plusieurs d'entre eux qui avaient servi dans la milice d'élite et incorporée avaient obtenu des terres après cette guerre. L'Estrie, entre autres, s'est peuplée de cette façon», poursuit-il.

Il rappelle aussi l'importance de la guerre anglo-américaine dans l'histoire des États-Unis. «Désireux de conserver leurs terres situées en majorité à l'ouest de l'Ohio, les Amérindiens s'étaient alors alliés avec les Britanniques et les Canadiens contre les États-Unis», indique-t-il.

«Cependant, après la guerre, les Britanniques, à qui le conflit avait coûté très cher, avaient laissé tomber les Autochtones, ce qui a permis aux États-Unis de poursuivre leur développement vers l'ouest.»

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Un commentaire

  1. Gabriel L. le

    Ils nous doivent beaucoup; la feuille d’érable, l’hymne nationale, leur nom, la résistance en 1812 mais aussi lors de la révolution américaine, notre contribution aux deux grandes guerres… même le castor était un symbole canadien-français…

    Je prend en pitié les anglos qui ne nous aiment pas… sans nous ils ont aucune culture ou histoire propre mise à part le fait d’être des loyalistes qui le sont pu tant.

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