Le Harfang – No.5 Vol.5 – Ci-git le Parti Québécois

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LE PARTI QUÉBÉCOIS SEMBLE DE PLUS EN PLUS PERDU, SANS IDENTITÉ PROPRE puisqu’il refuse d’assumer la sienne, de défendre l’identité québécoise et même l’idée de souveraineté. Il a fallu que le golden boy de l’extrême-gauche entre à Québec Solidaire pour que le PQ de Lisée, pris de panique, ne se lance dans une série d’ouvertures vers la gauche, adoptant des prises de position qui ne rejoignent que les bobos des plateaux de Radio-Canada.

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Battre Québec Solidaire sur la gauche semble être un plan puant autant l’improvisation que le manque de vision, mais Lisée, à qui il manque une vision d’ensemble, a également décidé de combattre le Parti Libéral sur son propre terrain : la promotion du multiculturalisme et du vivre-ensemble. Depuis des décennies, le Parti libéral est le parti des minorités, rien de nouveau là-dedans. Il rejoint les populations immigrées et doit d’ailleurs ses succès électoraux à ces groupes minoritaires, puisque les Québécois francophones ne s’y intéressent plus. Le vote ethnique est acquis au PLQ, tout comme le vote de l’extrême-gauche est acquis à QS, mais c’est ce segment que souhaite désormais courtiser le PQ de Lisée.

Voulant probablement faire oublier la Charte des valeurs ou même le mot « Québécois » dans son nom, le PQ a lancé récemment une vingtaine de propositions visant à favoriser l’intégration. Des propositions qui enfoncent non seulement le parti dans l’effacement identitaire, mais également dans la promotion d’une rectitude politique agressive.

Primo, le parti souhaite une meilleure reconnaissance des acquis et des compétences, notamment en terme de reconnaissance des diplômes étrangers, une reconnaissance difficile à établir puisque les critères sont fort différents dans les universités africaines et canadiennes. Mais mieux, Lisée propose « d’interdire, comme en Ontario, la condition de première expérience canadienne de travail ». Le modèle ontarien serait donc, aux yeux du PQ, préférable, puisque le fait d’exiger une expérience de travail au pays, avec les standards canadiens en terme de sécurité, mais aussi facilement vérifiables, relèverait de la discrimination. D’ailleurs, il souhaite « établir un régime d’inspection et d’amendes significatives sanctionnant la discrimination à l’embauche  », bref une police bien-pensante qui vérifierait que les postulants nationaux n’ont pas été préférés aux candidats étrangers (une police semblable serait mise sur pied en matière de logement). Pour ce faire, il faudrait « mettre sur pied des projets pilotes de CV anonymes et offrir aux entreprises qui le désirent un service de présélection des candidats à l’embauche, géré par les centres locaux d’emploi, et ouvrant droit à un label "Embauche équitable" pour les entreprises participantes » ! Il souhaite d’ailleurs aller plus loin dans la « discrimination positive » et « revoir en profondeur le programme d’embauche des minorités par l’État québécois, notamment en faisant de l’atteinte des objectifs un critère majeur d’avancement pour les cadres chargés du recrutement ». Même les domaines politique et culturel seraient désormais régis par cette discrimination positive qui impose l’égalité des résultats et non l’égalité des chances en forçant les « partis politiques à intégrer un plus grand nombre de membres de la diversité dans leurs équipes de candidats, dans leurs cabinets politiques, dans leurs organisations internes », en faisant « la promotion de membres de la diversité aux conseils d’administration d’organismes publics et parapublics, et la mise en valeur des entreprises dont les conseils d’administration sont plus représentatifs de la diversité » et en incitant « à une plus grande présence des membres de la diversité dans les manifestations culturelles québécoises en tous genres. » Il souhaite également « bonifier substantiellement le Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) et autres programmes de stages ou de première expérience en entreprise » qui permettent à un employeur de se faire subventionner une partie du salaire versé à un nouvel employé si celui-ci est immigré ! Si Lisée souhaitait se démarquer de Marine Le Pen qui parle de préférence nationale à l’emploi, c’est gagné ! Sauf que ce Lisée oublie, c’est que cette même Marine gagne du terrain avec ce genre de discours alors que lui, perd du terrain, les « de souche » étant les premières victimes de ces mesures. Faut-il le rappeler à Lisée : les « de souche » représentent une majorité de l’élecUN PARTI DÉBOUSSOLÉ LE PARTI QUÉBÉCOIS SEMBLE DE PLUS EN PLUS PERDU, SANS IDENTITÉ PROPRE puisqu’il refuse d’assumer la sienne, de défendre l’identité québécoise et même l’idée de souveraineté. Il a fallu que le golden boy de l’extrême-gauche entre à Québec Solidaire pour que le PQ de Lisée, pris de panique, ne se lance dans une série d’ouvertures vers la gauche, adoptant des prises de position qui ne rejoignent que les bobos des plateaux de Radio-Canada. Photo: EvaBlue LE HARFANG 5 torat et la quasi totalité de sa base militante. Pas étonnant que cette base s’effrite si rapidement. La liberté d’expression doit également être assujettie aux besoins du vivre-ensemble. Elle l’est déjà, certes, mais pas assez pour les péquistes qui souhaitent « marginaliser les voix discriminatoires » sur les réseaux sociaux et lancer « une vaste campagne de sensibilisation afin de vaincre la discrimination à l’embauche, dans le logement et ailleurs ». On pensait que les libéraux, avec leurs multiples campagnes pour promouvoir une immigration dont personne ne veut, avaient atteint des sommets. Non, Lisée en fera davantage.

Signe que le PQ fait un volte-face question de sé- duire les groupes ethniques, même le cours d’histoire dont il faisait la promotion depuis des années et qu’il promettait d’instaurer a été sacrifié sur l’autel de la bien-pensance. On souhaite désormais implanter un « nouveau cours sur la citoyenneté, au primaire et au secondaire, les valeurs démocratiques québécoises d’égalité entre Québécois de toutes provenances, d’implication démocratique, d’égalité entre hommes et femmes, doivent favoriser une culture qui rejette le racisme et la discrimination ». Bref, un genre d’ECR 2.0.

Ce que Lisée est en train de faire, c’est un seppuku, un suicide rituel. Il ne le fait pas avec la classe d’un Mishima ou d’un Venner, il le fait en se roulant dans la boue, sans fierté et sans honneur. Lorsque les conservateurs de Harper avaient pris le pouvoir, ils avaient analysé leur base militante et avaient classé l’ensemble de la population en différents profils. Ils avaient ensuite fait des promesses, qu’ils avaient d’ailleurs respecté il faut le mentionner, en fonction de ces profils. Ils avaient estimé que le vote du militaire retraité leur était acquis, ils souhaitaient étendre leur électorat au « soccer moms » et aux jeunes entrepreneurs, et tentèrent de séduire ces groupes. Leurs stratèges avaient établi que la jeune femme urbaine buvant son café équitable chez Starbucks ne voterait jamais pour eux. Alors, ils l’ont laissé tomber. Les communautés ethniques votent en bloc pour les libéraux et considèrent à tort le PQ d’être un groupe implicitement raciste. L’extrême-gauche de même. Jamais les membres de ces groupes ne voteront PQ. Ceux qui votent pour ce parti, ce sont les classes moyennes francophones, ceux-là même que Lisée souhaite reléguer au second plan avec ses propositions que même le Parti libéral n’aurait jamais osé.

Cela s’est traduit de façon concrète par un abandon des thématiques liées à l’identité, allant même jusqu’à nier l’existence même du peuple dont on devait à l’origine préserver l’identité propre via l’indépendance. Les utopies interculturalistes vinrent remplacer la défense de ce que les anciens appelaient encore la « race canadienne-française » et le peuple commença lentement à délaisser ces politiciens qui l’ignoraient volontairement, ce qui explique l’extinction programmée d’un parti qui parvint pourtant à mobiliser des générations entières derrière des slogans chargés des mots indépendance et liberté. Ce n’est qu’une question de temps avant que le Québec ne tourne la page du Parti Québécois, après celle du Bloc qui, elle, a bien été tournée. Le livre sera refermé à jamais à cause du manque de vision de ses auteurs.

Lire la suite dans le Harfang.

 

3

Éditorial

4

Un parti déboussolé

5

Aube nouvelle

7

Un patriote dans Gouin ?

9

Comme une seconde nature

10

Les clandestins débarquent

11

Ces emplois dont je voudrais

12

Salut à toi André

13

Sociologie du hipster

15

Ces croix patriotes et ferventes

16

Survivalisme 101

19

Chronique kabbalistique 3

21

Le distributisme: un projet économique catholique

24

Livre : Le siècle de Mgr Bourget

25

Livre : Retour sur Maiden

26

Livre : L’homme faustien

27

Livre : Le soldat politique

27

Livre : Le grand rembarquement

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