Fédération des Québécois de souche.
Visitez notre page Facebook. Visitez notre page Youtube.

Visitez notre page Facebook

Visitez notre page Youtube

Vous êtes ici: FQS > Histoire et culture > Histoire générale > Implantation Acadienne au Québec

Implantation Acadienne au Québec

 
Source

 

Selon un sondage Léger & Léger effectué en 1990, 1/6 de la population du Québec est d'ascendance acadienne. Ils se sont disséminés à la grandeur du Québec et fondèrent à certains endroits des « petites cadies ». On retrouve des familles acadiennes en Gaspésie, dans Lanaudière, en Montérégie, en Mauricie, dans Bellechasse, dans les Bois-Francs, aux Îles-de-la-Madeleine, dans la Matapédia, le Saguenay, la Côte-Nord et la ville de Montréal. 

 

Les Acadiens de la Baie-des-Chaleurs

Fuyant les soldats anglais lors de la déportation, ils vivent clandestinement avec l'aide des Micmacs, alliés traditionnels des Français. On estime que 2 000 personnes prirent le chemin de la Nouvelle-France. De ce nombre, « plus de 1 000 Acadiens se sont dirigés vers la baie des Chaleurs après que les Anglais les eurent chassés de leurs terres en 1755. Ils se sont réfugiés à la rivière Bonaventure et dans le secteur de Ristigouche où se trouvait depuis peu la garnison française. Après la bataille de Ristigouche et la destruction de leur établissement de la Petite-Rochelle, à l'été de 1760, un bon nombre d'entre eux demeurent dans le secteur. »

Provenant en majorité des régions de Grand-Pré, Beaubassin et Pisiquit, une douzaine de familles fondent la paroisse de Bonaventure (1760) et de Carleton (1766). Revenant de France, d'autres se joignent à eux en 1774. Ils sont recrutés par le marchand jersiais Charles Robin pour ses pêcheries de Paspébiac et de la côte gaspésienne. Ils s'installent à Pabos, Paspébiac, Port-Daniel, Maria, Gaspé, New Richmond.

Le développement se poursuit tout au long du XIXe siècle avec les établissements de Nouvelle, Saint-Omer, Saint-Siméon, Saint-Alphonse, Saint-Godefroy. Attirés par les terres que leur offre la politique de colonisation du Québec, des Acadiens de Rustico, Île-du-Prince-Édouard, fondent en 1870 le village de Saint-Alexis sur les plateaux à l'embouchure de la Matapédia. Puis au XXe siècle, toujours sous l'effet de la politique de colonisation, c'est l'arrière-pays qui se développe : Saint-Edgar, Saint-Elzéar...

Aujourd'hui, 65 % de la population de la Baie-des-Chaleurs est de souche acadienne dont plus de 80 % dans le comté de Bonaventure. La Baie-des-Chaleurs en Gaspésie conserve toujours une couleur particulière façonnée par les premiers arrivants d'Acadie; une agriculture solidement implantée, un réseau coopératif remarquable, un parler et un vocabulaire unique.

Les Gaspésiens d'origine acadienne sont nombreux. Certains sont bien connus : le cycliste globe-trotter Albert Leblanc, le politicien Rémi Bujold, le commentateur sportif Serge Arsenault, le politicien et historien Bona Arsenault. À son instigation d'ailleurs, la Municipalité de Bonaventure s'inspire de l'histoire acadienne pour nommer ses rues.

Porte-étendard de cette présence acadienne, le Musée acadien du Québec à Bonaventure a pour mission de conserver le patrimoine des communautés acadiennes du Québec. Chaque année, autour du 15 août, fête nationale des Acadiens, le Musée organise le Festival des P'tites Cadies.

Femmes et jeunes filles vêtues en Évangéline lors du centenaire de l'église de Carleton. Municipalité de Carleton



 

 

Les Acadiens et les autres régions du Québec

La présence des Acadiens et leur influence sur le développement du Québec sont étonnantes. Ils ont joué un rôle déterminant dans l'ouverture de nouvelles paroisses et dans l'essor économique de plusieurs régions.

Au XIXe siècle, deux grandes migrations : les réfugiés de 1755 et les déportés venant des colonies américaines après 1763. Ils s'installent principalement en Gaspésie, dans Lanaudière, en Montérégie, en Mauricie et dans le comté de Bellechasse. Tout en grossissant les rangs de villages existants, ils en fondent six surnommés Cadies ou Petites Cadies en souvenir de leur terre d'origine. Saint-Gervais de Bellechasse est l'une d'elles.

Encore au XIXe siècle, c'est l'expansion des villages et le peuplement de nouvelles régions : Bois-Francs, Îles-de-la-Madeleine et Côte-Nord. La progression se poursuit dans la vallée de la Matapédia et au Saguenay.

Au XXe siècle, nombreux sont les Acadiens du Nouveau-Brunswick et d'ailleurs qui viennent encore enrichir le Québec de leurs apports et talents : Antonine Maillet, Édith Butler...

Aux Îles de la Madeleine

Vingt-deux Acadiens de l'Île-du-Prince-Édouard engagés en 1765 par le colonel Richard Gridley, devenu seigneur des Îles, sont les premiers à s'y établir. Venus y faire la chasse aux loups-marins et la pêche aux homards, les Boudreau, Poirier, Arseneau et Chiasson seront asservis honteusement par le système de répression mis en place par Gridley.

Partis de Saint-Pierre et Miquelon, un groupe d'Acadiens antirévolutionnaires arrivent aux Îles-de-la-Madeleine en 1793. Les Vigneau, Cyr, Leblanc, Hébert, Thériault et autres s'installent autour de Havre-Aubert pour tomber victimes, eux aussi, des redevances élevées exigées par le successeur de Gridley, le seigneur Isaac Coffin.

Un siècle de répressions et de disettes pousse de nombreux Acadiens madelinots à s'expatrier une fois de plus; vers la baie Saint-Georges à Terre-Neuve en 1849, sur la Côte-Nord entre 1853 et 1865, à Lac-au-Saumon dans la vallée de la Matapédia en 1896, au Saguenay en 1912-13 et finalement en Abitibi-Témiscamingue, à l'Île Népawa, en 1941-42.

Aujourd'hui...

Libérés de l'emprise des marchands et de leur isolement économique, les Madelinots, à l'instar de leurs cousins gaspésiens, s'appuient sur l'un des réseaux coopératifs les mieux structurés du pays pour progresser. En 1976, ils élisent une députée, l'Acadienne Denise Leblanc, 27 ans, aussitôt nommée adjointe parlementaire aux pêches. La chanteuse Brigitte Leblanc, l'historien Frédéric Landry et le conteur Avila Leblanc sont des personnalités bien connues.

Pêche, homard, tourisme, dune, vent, agriculture de subsistance, loup-marin et autres font des Îles-de-la-Madeleine une oasis pour une société qui se retrouve dans ses traditions, son parler, sa musique et son Festival acadien.

Sur la Côte-Nord

Le peuplement par les Acadiens y remonte aux années 1850. Fuyant la disette et les seigneurs exploiteurs des Îles-de-la-Madeleine, une dizaine de familles s'établissent à Kégaska de 20 à 25 à Natashquan et plus de 70 familles à Havre-Saint-Pierre et dans la grande seigneurie de Mingan. En 1872, l'Acadien Dominique Chiasson fonde Sept-Îles, devenue la capitale de la Côte-Nord.

Presque impossible, l'agriculture est remplacée par la pêche, une industrie des plus prospères dont témoigne de 1892 à 1920 le gardien de phare Placide Vigneault, important commentateur de la vie quotidienne sur la côte.

PLACIDE VIGNEAULT ET LE PHARE DE L'ÎLE-AUX-PERROQUETS, VERS 1898

L'Île d'Anticosti fut aussi peuplée par des Acadiens qui s'établissent à l'Anse-aux-Fraises en 1873. Ils forment plus de 25 % de la population lors de l'achat de l'Île par Henri Menier. Sans titres de propriété, plusieurs sont alors expulsés et repartent en errance vers la Côte-Nord. En 1893, quelque 50 familles de Natashquan et ses environs iront en Beauce pour s'établir à Saint-Théophile.

Aujourd'hui...

Terre de poésie qui a vu naître Gilles Vigneault et Roland Jomphe, la Côte-Nord constitue un îlot original de société acadienne comparable aux Îles-de-la-Madeleine et à la Gaspésie. Avec la prolongation du réseau routier, un nouvel esprit d'entreprise souffle maintenant sur les petits villages acadiens nord-côtiers.

En souvenir de leur origine et selon leurs traditions, les habitants de Havre-Saint-Pierre adoptent Cayen, Cayenne comme gentilé officiel. D'ailleurs, Havre-Saint-Pierre présente l'exposition permanente Le roman des Cayens et organise un Festival acadien tous les ans.

De la dixième génération des VIGNEAULT établis en terre d'Amérique. Maurice Vigneau est le premier à s'établir à Port-Royal, en Acadie, en 1701. Il est déporté en Georgie, tandis que son fils Jean dit L'Écrivain est déporté en Virginie. Le fils de Jean, Étienne naît en Caroline. Après de nombreux allers et retours entre les Colonies américaines, les Îles Saint-Pierre et Miquelon et la France, cette lignée de VIGNEAULT prend souche aux Îles-de-la-Madeleine d'où finalement, Placide, l'arrière-grand-père de GILLES, émigre à Natashquan avec d'autres Acadiens, en 1856.

En Mauricie et dans les Bois-Francs

Après la Déportation, plusieurs Acadiens prennent la route du Québec et s'installent aux alentours de Trois-Rivières et en face sur l'autre rive : Yamachiche, Bécancour, Gentilly, les Becquets, Nicolet... Ils viennent par le fleuve Saint-Laurent ou à pied, suivant des pistes le long du lac Champlain ou du fleuve Connecticut... Un exemple : en 1767, après douze ans d'exil, les frères Hébert arrivent à pied et s'y établissent.

Ils font partie des Acadiens qui fondent la Cadie appelée Sainte-Marguerite ou Godefroy et renommée Saint-Grégoire en 1802 par l'évêque de Québec. Avec ses trésors et sculptures, son église est tout empreinte de connotations acadiennes. En 1853, trois Acadiennes et une Québécoise y fondent les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge, une congrégation vouée à l'enseignement des jeunes filles qui aura un rayonnement mondial au XXe siècle.

En 1825, l'Acadien Charles Héon sera le premier à venir s'établir dans les Bois-Francs, une région formée d'une douzaine de cantons et couverte de beaux bois durs : érable, hêtre, merisier, orme... Il sera suivi de nombreux autres qui font souche à Plessisville, Princeville, Arthabaska, Sainte-Sophie-de-Mégantic, Saint-Norbert, Warwick, Victoriaville... D'autres iront s'établir plus loin en Estrie.

Aujourd'hui...

Les Comeau, Bergeron, Doucet, Richard, Bourque, Béliveau, Hébert, Pellerin sont parmi les nombreux descendants d'Acadiens qui ont pris souche en Mauricie et dans les Bois-Francs.

L'illustre sculpteur Louis-Philippe Hébert et l'auteure Anne Hébert sont issus des lignées de Étienne, Jean-Baptiste, Joseph et Honoré Hébert, quatre frères déportés d'Acadie. L'actrice Juliette Béliveau, le sénateur Jacques Hébert, le hockeyeur Jean Béliveau, la journaliste Françoise Gaudet-Smet et tant d'autres descendent d'Acadiens venus s'installer en Mauricie et dans les Bois-Francs.

Fidèle au mode de vie de l'Acadie d'empremier, la région de Bécancour se distingue encore aujourd'hui par l'importance de son activité agricole.

Dans Lanaudière

Plusieurs Acadiens réfugiés au Québec après la Déportation rejoignent les missionnaires sulpiciens dans la seigneurie de Saint-Sulpice. De ces prêtres seigneurs, ils obtiennent des conditions favorables d'établissement le long des rivières L'Assomption et Achigan et y fondent Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie en 1772.

Des six Cadies du Québec, c'est la seule à recevoir un encadrement et un soutien aussi particuliers d'une communauté religieuse. Grâce au curé Jean-Baptiste Bro, les Acadiens y viennent en grand nombre et le développement y est remarquable. Le Grand Saint-Jacques se morcelle, dès le XIXe siècle, en plusieurs nouvelles paroisses : Sainte-Marie-Salomé, Sainte-Julienne, Saint-Alexis, Saint-Liguori, L'Épiphanie, Rawdon et Crabtree.

Lanaudière verra naître en 1883 le poète Marcel Dugas et en 1835, le juge Ludger Urgel Fontaine, le premier à écrire sur la situation des Acadiens dans la province de Québec. Les Acadiennes de Lanaudière dont Marie Gaudet et Élisabeth Mireault, deviennent aussi célèbres dans tout le Canada d'alors pour la fabrication de ceintures fléchées, tout spécialement celles dites de L'Assomption et l'Acadienne.

Aujourd'hui...

La Nouvelle Acadie de Lanaudière se souvient encore... Les familles sont restées liées par les mariages. Certaines vivent toujours sur les terres ancestrales. À Saint-Jacques et à Sainte-Marie-Salomé, les gens affichent toujours un fort sentiment d'appartenance acadienne. Comme on dit, c'est « tricoté serré » tout comme une ceinture fléchée.

Plusieurs Lanaudois d'origine acadienne ont marqué récemment le Québec: l'historien François Lanoue, le directeur général du Conseil canadien de la coopération Yvan Forest, le professeur émérite en agriculture et alimentation à l'Université Laval Germain Brisson, Acadien par sa mère Clara Gaudet, et la secrétaire générale de l'Union Catholique des Femmes, Marie Dupuis, nom qui désigne le Centre de femmes de Joliette. Depuis plus de vingt ans, les Petits Pas Jacadiens, une troupe folklorique de Saint-Jacques fait danser et chanter, propageant au Canada et en Europe sa passion pour le patrimoine vivant et son histoire.

En Montérégie

Après le traité de Paris en 1763, de nombreux Acadiens arrivent à pied de la Nouvelle-Angleterre en passant par le lac Champlain et se réfugient près du fort Saint-Jean sur le Richelieu. La paroisse de L'Acadie est fondée en 1768 sur les bords de la rivière Montréal, rebaptisée elle aussi L'Acadie. Architecte et artiste, Napoléon Bourassa immortalisera ces Acadiens dans son roman Jacques et Marie.

La grande fertilité du sol de cette Cadie permet à ces Acadiens de prospérer rapidement. Une magnifique église est construite dès 1801 et quinze ans plus tard, la population atteint 3 000 résidants. Ils développent les paroisses de Saint-Luc, Napierville, Saint-Jacques-le-Mineur et Saint-Blaise.

Plus bas sur le Richelieu s'établissent d'autres Acadiens : plusieurs familles Leblanc, aussi des Bourgeois, Migneault, Brault, Robichaud, Bourque, Richard, Trahan... Saint-Denis, Saint-Ours, Saint-Charles, Saint-Marc, Saint-Antoine et Saint-Roch sont peuplés par des Acadiens déportés. Par exemple, on dénombre déjà en 1770 13 familles acadiennes à Saint-Denis. Simon Thibodeau et Louis Robichaud, deux Acadiens déportés à Philadelphie et devenus maîtres-potiers, développent à Saint-Denis une industrie céramique importante qui sera prospère durant plus d'un siècle.

Les descendants d'Acadiens sont nombreux parmi les Patriotes de 1837-1838 : des Bourdages, Blanchard, Girouard, Hébert, Boudreau...

Aujourd'hui...

La proximité des grandes villes et la mobilité de la population ont contribué à diluer la culture acadienne en Montérégie.

L'historien Pierre Brault fait partie des personnalités issues de la région. Les fêtes de commémoration de 1955 et 1982 sont des événements marquants pour la sensibilisation des descendants acadiens tout comme les rassemblements familiaux. En 1989 a lieu d'ailleurs, à Saint-Jean-sur-Richelieu, sous l'instigation du juge Marcel Trahan, le rassemblement des Trahan d'Amérique.

À Montréal

La ville de Montréal reçoit des Acadiens de façon continue dès les lendemains de la Déportation, le plus souvent des individus plutôt que des familles et des groupes. Le dénombrement de 1781 indique qu'environ 10% des 18 000 habitants sont d'origine acadienne. Durant tout le XIX siècle, de nombreux Acadiens venant de toutes les régions du Québec affluent à Montréal pour travailler dans les usines ou établir des commerces, tel Nazaire Dupuis qui fonde en 1868 le grand magasin DUPUIS FRÈRES.

DUPUIS FRÈRES, 1868-1978 Originaire de Saint-Jacques, Nazaire Dupuis fonde son magasin en 1868, sur la rue Sainte-Catherine à Montréal.

Au début du XXe siècle, un autre fait marquant : la fondation à Verdun de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs par le curé Arsène Richard. Durant 40 ans, il y attire par son accueil chaleureux les Acadiens de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Il organise ralliements, conférences, échanges avec les Acadiens de la Louisiane et des Maritimes, fêtes acadiennes de l'Assomption...

L'architecte Ernest Cormier, le violoniste Arthur Leblanc, l'organiste Eugène Lapierre, le docteur Edmond Aucoin et le caricaturiste Albéric Bourgeois sont parmi les personnalités d'origine acadienne qui ont marqué la vie de Montréal.

Aujourd'hui...

Les Montréalais d'origine acadienne sont plus de 200 000, dont plusieurs sont actifs dans de nombreux mouvements aujourd'hui encore bien vivants : Les Acadiens en Ville, Mouvement social Madelinot et la Fédération acadienne du Québec, point de convergence des associations régionales. Renforcées par la présence des Acadiens des Maritimes, ces associations expriment encore l'importance du fait acadien.

FÉDÉRATION ACADIENNE DU QUÉBEC

Plus près de nous, des politiciens, des vedettes du sport, des artistes témoignent de cette réalité : Lucien Saulnier, Jacques-Yvan Morin, Clément Richard, Pierre Bourque, Henri Richard, Marguerite Blais, Patsy Gallant et tant d'autres... L'histoire acadienne est enseignée à l'Université de Montréal dès 1921. De nombreux auteurs ont publié sur le sujet : Lionel Groulx, Robert Rumilly, Benjamin Sulte, Antoine Bernard, Adrien Bergeron, Pierre Trépanier...




lire les commentaires sur le forum

 

2014 © Site officiel de la Fédération des Québécois de souche