Jean Coutu : du travail pour les étrangers et le chômage pour les Québécois!

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La FQS fait présentement campagne contre la décision de Jean Coutu, une entreprise bien de chez nous, de permettre à la compagnie autrichienne Knapp AG de faire venir ses travailleurs pour installer des convoyeurs au nouvel entrepôt de Jean Coutu à Varennes et cela, sans permis de travail alors que des travailleurs qualifiés du Québec sont disponibles et que 60 % des mécaniciens industriels sont présentement au chômage. Une situation inacceptable. (1) (2)

Les faits

  • La direction de Jean Coutu a pris cette décision en toute connaissance de cause puisque le PDG François Coutu déclare sans gêne au bureau d’enquête de TVA que l’embauche de travailleurs locaux aurait pu être faite. Il reconnaît donc que les travailleurs québécois ont la compétence nécessaire.
  • 60 % des 1200 membres du syndicat des mécaniciens industriels sont actuellement au chômage.
  • Le ministère de Steven Blaney a autorisé l’arrivée de ces travailleurs sans permis de travail en leur accordant le statut de « visiteur commercial » et refuse de commenter.
  • C’est la troisième fois, depuis 2012, où la compagnie autrichienne Knapp AG installe des convoyeurs sans recourir aux entreprises et mécaniciens industriels québécois.
  • Les entreprises québécoises tout comme le syndicat dénoncent la situation et disent être en mesure d’accomplir le travail.
  • Tout le monde est d’accord que la « programmation » peut être effectuée par la compagnie autrichienne. Par contre, l’installation ne justifie en rien l’importation de main-d’œuvre temporaire.
  • Les travailleurs québécois ont déjà installé des systèmes plus complexes que celui de Jean Coutu.
  • Tous les chantiers du même type ont une garantie et nécessite seulement la présence d’un programmeur et d’un directeur pour surveiller l’installation, non pas une équipe complète de mécaniciens industriels venant du pays du fournisseur.
  • La main-d’œuvre locale coûte moins cher que l’importation de la main-d’œuvre autrichienne. Le coût n’est donc pas une raison.

Nous n’entendons en rien que Jean Coutu n’embauche pas local et ne participe pas à l’économie québécoise, elle le fait très bien, mais cette situation s’inscrit dans un contexte bien plus large et ne touche pas seulement les mécaniciens industriels. Ce n’est pas parce qu'une compagnie joue bien son rôle la majorité du temps qu’il faut fermer les yeux lorsqu’elle prend une mauvaise décision comme c’est le cas ici.

Il faut limiter les dégâts!
Depuis quelques années, le phénomène de la mobilité de la main-d’œuvre au niveau mondial s’accentue et la quantité des travailleurs étrangers temporaires est en forte hausse au détriment des travailleurs québécois et canadiens. Le travailleur est maintenant une marchandise que l’on déplace et utilise, soit au détriment des travailleurs locaux, comme avec Knapp AG et Jean Coutu, ou pour éviter des hausses de salaire avec les chaînes de restauration rapide (3). Pour sauver en salaire, on déplace aussi de nombreux emplois et usines au Tiers-Monde, comme dans le cas de Bombardier (4) (5) ou de la Banque Royale (6).

Le phénomène est si fort qu’en 2010-2011, d’après le président du Congrès du Travail du Canada (CTC), Ken Georgetti, « environ 75 % des emplois créés au Canada en 2010 et 2011 ont été doté de travailleuses et travailleurs migrants internationaux, même si 1,4 million de résidentes et de résidents canadiens étaient au chômage ». (7)

D’après le CTC, la situation serait pire au Québec, où 90 % des nouveaux emplois auraient été attribués à des travailleurs migrants. Le calcul est simple : en 2011, le Québec a créé 38 500 emplois (une grande fierté pour Jean Charest) et a accepté 34 400 nouveaux travailleurs étrangers. Les Québécois ont donc dû se battre pour les 4 000 emplois restants qui n’avaient pas été assignés à des travailleurs temporaires étrangers.

Sans dire que le gouvernement libéral augmente sans cesse l’immigration (8), même en pleine période de récession (9), alors que le taux de chômage des immigrants qui sont déjà présents ici est drastiquement haut (10)! À cela s’ajoutent les négociations en vue des traités transpacifique et transatlantique qui menacent les travailleurs agricoles et les lois protectionnistes en matière de transport (11) (12). Le résultat est clair : lorsqu’on augmente le bassin de main-d’œuvre, on fige les conditions de travail et les salaires, et lorsqu’on pige au niveau mondial, c’est encore pire puisque l’on nivelle majoritairement vers le bas.

Le cas de Jean Coutu et Knapp AG n’est qu’un symptôme d’un phénomène bien plus grand, celui de la mondialisation au détriment des peuples, des identités, des salaires, des conditions de travail et des emplois locaux. Pour justifier le tout l'on fait croire faussement que le travailleur québécois est soit «incompétant» alors que c'est faux, ou «lâche» alors que les travailleurs temporaires profitent souvent du taux de change et du fait d'être logé et nourrit (13). Cela ce fait sur le dos de nos familles.

Comme pour la Banque Royale en 2013 et contre Jean Coutu en 2015, la FQS va continuer à militer, à informer et à faire pression sur les entreprises qui profitent de la mondialisation au détriment des travailleurs québécois.


Sources : 

(1) http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2015/07/20150719-182446.html
(2) http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=272942
http://www.jeancoutu.com/corpo/salle-de-presse/communiques-de-presse/Communique-2015-07-21-Travailleurs-etrangers-a-lentrepot-de-Varennes/
(3) http://quebecoisdesouche.info/fqs-le-veritable-cout-de-votre-cafe/
http://quebecoisdesouche.info/fqs-limmigration-a-la-rescousse-du-capitalisme-sauvage/
(4) http://affaires.lapresse.ca/economie/transports/201402/21/01-4741262-bombardier-des-emplois-montrealais-delocalises-au-mexique.php
(5) http://argent.canoe.ca/nouvelles/affaires/brp-transfere-des-activites-mexique-31052012
(6) http://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/rbc-replaces-canadian-staff-with-foreign-workers-1.1315008
http://quebecoisdesouche.info/fqs-larnaque-des-travailleurs-temporaires-etrangers/
(7) http://canadianlabour.ca/news/news-archive/migrant-workers-account-most-new-jobs-clc-has-crunched-numbers-between-2008-2011
(8) http://www.journaldemontreal.com/2015/06/14/le-nombre-dimmigrants-appele-a-augmenter
(9) http://www.journaldemontreal.com/2015/07/15/le-canada-est-en-recession
(10) http://www.lapresse.ca/actualites/national/201211/27/01-4598152-taux-de-chomage-criant-chez-les-immigrants-particulierement-au-quebec.php
(11) http://ici.radio-canada.ca/breve/22383/negociations-libre-echange-partenariat-transpacifi
(12) http://www.armateurs-du-st-laurent.org/index.php?id=33&no_cache=1&tx_ttnews%5BbackPid%5D=2&tx_ttnews%5Btt_news%5D=308&cHash=899869aadb3439154d30acc849b597bb
(13) http://quebecoisdesouche.info/fqs-le-quebec-paie-des-avantages-sociaux-a-des-etrangers/

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4 commentaires

  1. Analyse intéressante de la situation générale. Je crois aussi que c’est ce qu’il se passe… malheureusement les gens sont rendu égoïstes… tant que ça ne les touchent pas eux et leurs familles ils s’en foutent!

    Je note aussi l’absence notoire de la «gauche militante»… quand les mots magique «étranger» ou «immigrant» sont prononcés ils fuient comme la peste… trop occupés à exiger l’abolition des frontières j’imagine…

    Merci de supporter notre combat!

    Fier membre du local 2182

  2. Mathilde Blouin le

    Du pur libéralisme… au moins le syndicat dort pas au gaz… mais inquiétant ce silence des syndicats sur l’immigration de masse et les travailleurs étranger…celui-la semble faire exception.

    Ils ont peur de parler de ça à cause du maudit «politiquement-correct» … tout ce qui viens d’ailleurs est automatiquement bon!

  3. Dominique Leclerc le

    Lutter contre les travailleurs étrangers c’est une chose… mais de l’autre côté il y a l’immigration de masse qui arrive de pays pauvres qui a un effet tout aussi pervers sur le système de santé et d’éducation en plus de faire baisser les salaires…

    Ça revendique pas fort fort du monde habitué à dormir sur un plancher de terre et qui n’a jamais entendu parler d’une convention, vous vous tirer dans les pieds comme des amateurs.

    RÉVEILLEZ-VOUS LES SYNDICALEUX DE LA FTQ ET CSN…

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