La crémation: l’abandon de nos rites funéraires

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Texte de réflexion sur l'incinération

L'Occident traverse actuellement une grande période de bouleversements, incluant son déclin démographique et économique ainsi que des déplacements de populations (immigration massive) du sud vers les nations de l'hémisphère nord (sans précédent dans l'histoire humaine) et comprend bien sûr un renversement complet des valeurs traditionnelles. Un autre aspect totalement ignoré par les intellectuels aujourd'hui est la transition de l'inhumation vers l'incinération en tant que rite funéraire des peuples d'origine européenne et plus spécifiquement chez les Québécois. Cette transition est d'autant plus intéressante considérant qu'elle s'effectua à la même époque que le renversement des valeurs et de l'assouplissement drastique des lois d'immigration. L'incinération généralisée en Occident est du jamais vu depuis l'abandon du paganisme au profit du christianisme.

Le texte qui suit est composé d'extraits d'un texte publié par l'Abbé de Châtelet dans la revue Le combat de la foi catholique n° 139 et bonifié de quelques sources et arguments supplémentaires de notre part.

Les rites funéraires dans l'histoire occidentale

Antiquité grecque et romaine

Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, on voit que les anciennes générations « ont envisagé la mort, non comme une dissolution de l’être, mais comme un simple changement de vie. » (Fustel de Coulanges, La Cité antique) L’âme demeurait tout près des hommes et continuait à vivre sous terre; elle restait comme associée au corps. Les rites de sépulture qui ont perduré à travers les siècles, même quand les croyances se modifiaient, en sont le meilleur témoin.

On parlait au mort: « Porte toi bien. Que la terre te soit légère. » Puisque le défunt continuait de vivre, il fallait lui fournir ce qui était nécessaire à la vie: vêtements, vases, armes, nourriture et boisson. Non seulement le jour de l’enterrement, mais aussi à des jours déterminés de l’année, on lui portait de la nourriture. Un auteur latin, Lucien, explique: « Un mort à qui l’on n’offre rien est condamné à une faim perpétuelle. » Cela s’observait encore chez les seuls païens, au début de l’ère chrétienne.

En outre, l’âme continuait de vivre, mais en un lieu fixe; il fallait donc que le corps auquel elle restait attachée fût couvert de terre. L’âme qui n’avait pas de tombeau n’avait pas de demeure: elle était errante, malheureuse et souvent malfaisante. La privation de nourriture avait le même effet. Comme la nourriture, la sépulture était nécessaire à son bonheur. Pour la même raison aussi fallait-il bien accomplir tous les rites prescrits et prononcer des formules déterminées.

C’est pourquoi les Athéniens firent périr des généraux qui, après une victoire sur mer, avaient négligé de rapporter à terre les morts pour qu’on les enterrât.

La privation de sépulture et de cérémonies funèbres était un châtiment dont la loi frappait les grands coupables: on infligeait à l’âme un supplice presque éternel. C’est pourquoi Antigone, dans la pièce de Sophocle, préfère mourir que de laisser son frère sans sépulture car, dit-elle, la sépulture est une loi des dieux et nul humain n’a le droit de la transgresser.

Cependant, la pensée philosophique et religieuse évoluant, le lieu des morts devint une région souterraine, l’Hadès, où les âmes étaient toutes rassemblées, et où peines et récompenses étaient distribuées. On voit, d’après Homère, que l’existence après la mort était réduite à une image, une ombre impalpable, qui cependant était le portrait physique et moral du défunt.

Le rite de la crémation fut alors introduit pour hâter, pensait-on, le passage à cet état évanescent de l’âme totalement séparée du corps. L’Iliade et l’Odyssée en sont les témoins.

Rome subit la même évolution, surtout à la fin de la République et sous l’Empire. Cependant, comme le remarque Fustel de Coulanges, les rites demeurèrent inchangés. (La Cité antique, p. 12)

Par ailleurs, les âmes des morts, qu’on appelait mânes, reçurent un culte presque divin: « Rendez aux dieux Mânes ce qui leur est dû, dit Cicéron; ce sont des hommes qui ont quitté la vie; tenez-les pour des êtres divins. » (De Leg. II, 9) Ils avaient leur autel; on les invoquait pour être secouru.

Celtes, Francs et Scandinaves

Selon le livre de Jean Cuisenier Polysémie et richesse des rites funéraires, dans la Normandie celte et gallo-romaine, il était courant d'enterrer les morts avec une statuette d'une déesse mère. Le professeur d'archéologie européenne de l'Université d'Oxford Barry Cunliffe lui montre de nombreux exemples d'ossuaires et d'enterrements avec animaux, armes et chariots, autant en France qu'en Allemagne, chez les peuples celtes dans son ouvrage Les Celtes.

Les Vikings, quant à eux, semblent avoir utilisé surtout la crémation mais aussi l'inhumation si l'on se fit aux fouilles archéologiques de Lindholm Hoje. La tendance se modifiait probablement avec les époques. Il y a pourtant des fouilles, comme celles de Repton en Angleterre, qui démontrent des enterrements avec des pendentifs païens et des armes plutôt que des crémations malgré ce que dit certains textes des Sagas. (Julian Richards, Blood of the Vikings, p. 153)

La Saga des Ynglingar, texte rédigé au XIIIe siècle, raconte :

«Odin prescrivit ainsi d'incinérer tous les morts et de transporter leurs biens sur le bûcher. Il déclara que chacun arriverait à la Valhalle avec les richesses qui avaient été placées à ses côtés sur le bûcher, et qu'il jouirait aussi des trésors qu'il aurait lui-même enfouis dans la terre. Il enjoignit de disperser les cendres en mer ou de les enterrer, mais aussi d'édifier un tertre à la mémoire des personnages éminents et de dresser des pierres commémoratives pour tous les hommes qui s'étaient montrés dignes de ce nom, coutume qui s'est maintenue longtemps par la suite. »
Saga des Ynglingar, chapitre 8

Les Francs utilisaient également l'inhumation d'une manière similaire aux Celtes, selon les fouilles à Saint-Dizier effectuées par l'Institut national de recherche archéologique préventive (France).

Les chrétiens

Les chrétiens ont toujours usé de l’inhumation; cela tenait à leur foi en l’immortalité de l’âme et en la résurrection des corps. Et si la crémation fut quelques fois introduite, elle était liée à des pratiques idolâtriques: des parents faisaient brûler vifs leurs enfants en l’honneur des dieux (cf. le roi Achaz, II Rois 16, 3). Même dans les premiers siècles de l’Église, les chrétiens ont toujours choisi l’inhumation, alors qu’en raison des persécutions, elle présentait des difficultés et des dangers.

Ainsi à Rome, sous la basilique Saint-Pierre, se trouvent des mausolées païens: ces mausolées contenaient le plus souvent des urnes dans lesquelles étaient déposées les cendres des morts. Mais à côté, on trouve simultanément des tombeaux chrétiens dans lesquels les corps des chrétiens sont inhumés et ce, à proximité du corps de saint Pierre.

Or, avec le christianisation de l'Occident, la crémation, déjà limitée à certains peuples, est pratiquement disparue des coutumes occidentales mais continue d'exister chez plusieurs peuples orientaux tels que les bouddhistes et les hindous. Nous notons également que la vision purement matérialiste et utilitaire (lire marxiste) mena à la crémation obligatoire en Chine communiste pour la majorité Han, les minorités ayant droit à des exceptions. (source)

Qui est derrière la promotion de la crémation moderne?

9131La société pour promouvoir la crémation fut fondé en 1880. Ses trois premiers présidents furent des Francs-Maçons: Koechlin-Schwartz, Dr. Bourneville et Dr. Barrier. Sur les 107 membres de la société, 40 étaient des Maçons connus. D'autres propagateurs de la pratique furent également des Maçons comme E. Arago, Henri Bauer, Paul Bert, Léon Gambetta et Ferdinand deLesseps.
(Mgr Ernest Jouin, RISS Rose, numéro 9, décembre 1932)

À titre d'exemple, l'abbé du Châtelet explique que ce fut d'abord dans un esprit purement utilitaire et matérialiste que l'incinération fut promue par certains Francs-Maçons. « Je n’ai rien trouvé de plus simple que de placer les corps dans une cornue à gaz et de les distiller jusqu’à réduction en cendres, et j’ai ajouté que le gaz provenant de cette distillation pouvait servir à l’éclairage… » (Lettre de M. X. Rulder au docteur Catte); « Vu le nombre de décès dans la ville de Londres, on pourrait y recueillir à la fin de chaque année, au moyen d’appareils crématoires, 200 000 livres d’ossements humains destinés à engraisser le sol. » (H. Thompson; les deux citations sont extraites de l’article du DAFC sur la crémation).

L'abbé Nicolas Pinaud, pour sa part, nous apprend que malgré cette première société pour promouvoir la crémation en 1880, la pratique resta plutôt marginale jusqu'en 1963 où ce sera dans la ligne de « l'adaptation au progrès » du concile Vatican II que l'Église catholique, qui s'était toujours opposée à l'incinération (notamment dans le Code de 1917), atténua sa discipline sous l'influence de religieux progressistes tel le Père Riquet, également Franc-Maçon selon certains.

Une attaque directe contre les dogmes chrétiens

Que l'on soit croyant ou non, il est important de savoir que la crémation, comme expliqué plus haut, n'a pas été réintroduite dans une optique religieuse ou philosophique mais bien par des sociétés plus ou moins secrètes s'opposant de front au catholicisme et voulant l'exclure radicalement de nos sociétés. En réponse à ces attaques, l'Église a interdit la crémation sous le Pape Léon XIII le 15 décembre 1886 sous la forme d'une loi du droit canonique, ainsi qu'une deuxième fois en 1917 (canon 1203,2). Il était alors reconnu que la crémation s'opposait au credo et au dogme de l'Église catholique, plus spécialement le « Je crois à la résurrection de la chair ».

Pour l'Église catholique, le corps, après avoir reçu les sacrements, est considéré comme le temple ou la maison de l'âme et mérite donc les plus grands respect et dévotion, d'où les rituels d'enterrements et le refus de violenter le corps des défunts par la crémation. C'est pourquoi il est préférable que la destruction du corps se fasse par l'action lente et cachée de la nature et non par des mains d'amis ou de « mercenaires » indifférents à la douleur des proches, autant qu'à l'horreur de ce spectacle. Sous couvert « d'humanisme », les Francs-Maçons ont utilisé des arguments purement matérialistes pour promouvoir la crémation, comme si l'homme n'était qu'un amas de déchets biologiques qu'il faudrait éliminer après sa mort. L'idée que les cimetières prennent trop de place a également été présentée et, du même coup, le rejet d'accorder une place publique prédominante et visible aux ancêtres – une vision que même les païens pratiquant la crémation n'ont jamais eue. C'est bel et bien deux visions du monde qui s'opposent, l'une spirituelle, l'autre matérialiste.

C'est d'ailleurs pour s'opposer à la croyance d'une vie future et au dogme de la résurrection des corps que, sous la Révolution française, certains sectateurs essayèrent de faire passer un projet de loi en faveur de la crémation. (Lettre des dominicains d'Avrillé: no.50, juin 2009)

D'un point de vue sociologique, archéologique, et anthropologique…

L'abandon de l'inhumation au profit de la crémation est également inquiétant d'un point de vue scientifique et historique. L'abandon des sépultures, des ossuaires, des sarcophages ainsi que des cimetières rompt catégoriquement avec des milliers d'années de traditions funéraires. La destruction des os et des crânes humains par la crémation empêchera également aux générations futures d'étudier notre présence en tant que peuple et ethnie sur une terre donnée, et qu'en est-il de l'ADN ? Cette réalité additionnée à la disparition graduelle de nos églises et temples est d'autant plus inquiétante considérant qu'il s'agit l'un des facteurs « pilier » pour distinguer une civilisation ou une nation vis-à-vis une autre.

La crémation, dans certaines nations occidentales comme la France, est passée de 0,9% en 1994 à plus de 30% en 2010 selon l'Association française d'information funéraire, avec un taux similaire en Amérique du Nord. Au Québec 60 % des corps sont réduits en cendres après le décès. En Suisse, le taux atteint 78%, 70% en Angleterre, 78% en République Tchèque et 73% au Danemark. Il semble également avoir une corrélation avec le libéralisme d'une société donné, le taux d'athéisme et la pratique de la crémation.

Cette réalité, ajoutée à celle d'une immigration massive qui provient de populations du Tiers-Monde qui ne pratiquent pas la crémation et qui ne sont pas athées, fait en sorte que nos nations s'effacent graduellement au profit de populations étrangères. Nous pouvons donc nous demander le plus sérieusement du monde quelle trace restera-t-il de nous dans l'avenir.

Rompre violemment avec notre passé, nos traditions et notre histoire et remplacer le concept de filiation par celui du plaisir immédiat, ainsi qu'une vision purement individualiste et matérialiste, mène tout droit à une culture de l'anéantissement de soi… Réveillons-nous.

Lecture complémentaire: Isabelle Ducas (28 oct. 2011), «Mourir à petit prix». L'Actualité.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

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