La criminalité hispanique: deux experts se mesurent

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Deux auteurs talentueux se mesurèrent sur la question de la criminalité hispanique aux États-Unis. 

D'abord, Ron Unz publia un article surprenant intitulé « His-panic », établissant la criminalité de ce groupe d'immigrants au même niveau que celui des Blancs. Le journaliste d'origine juive nous avait intéressés dans le numéro de février-mars 2015 (no. 3, vol. 3) du Harfang grâce à son article « The myth of American meritocracy ». Il y était révélé que les Blancs étaient le groupe le plus discriminé de tous dans les universités de la Ivy League. Venait ensuite les Asiatiques, puis les autres groupes, incluant Noirs et Hispaniques. Car tous sont discriminés au profit du groupe le plus surreprésenté dans ces institutions, formant l'élite du pays, à savoir les Juifs.

Le chercheur eut le mérite d'oser publier son analyse mais choisit de parler uniquement par la suite de la discrimination des Asiatiques, la marginalisation des pionniers et fondateurs du pays n'ayant aucun avantage sur le plan carrière. Et voilà maintenant qu'il publie une étude statistique tout ce qu'il y a de plus politiquement correcte, puisqu'elle nie la criminalité d'un groupe d'immigrants que toutes les études techniques affirmaient au contraire jusqu'alors.

Jason Richwine fut commissionné par le National Policy Institute, groupe que les médias caractériseront comme raciste et d'extrême-droite dans leur chasse aux sorcières, pour réfuter cette conclusion, produit d'une méthodologie quelque peu douteuse.

Ce jeune mathématicien connaît le risque d'affirmer ce qu'il croit être vrai sans égard à l'orthodoxie du politiquement correct. Il faisait partie de la Heritage foundation lorsque ce lobby washingtonien conservateur publia une étude sur l'impact très négatif de l'immigration hispanique sur l'économie. Il alla plus loin cependant qu'aligner les statistiques habituelles. Il osa évoquer le QI comme facteur déterminant du succès économique des divers groupes ethniques. Les accusations habituelles de racisme suivirent automatiquement dans les médias, plutôt que la prise en compte des données et des arguments.

Comment Ron Unz en était venu, lui, à sa conclusion surprenante?

Le choix des sources de données sera déterminant. Unz considéra les statistiques fédérales comme peu fiables, car tout en identifiant la race des criminels selon qu'ils sont noirs ou blancs, elles classent généralement les Hispaniques avec les Blancs. Unz croit aussi que la criminalité hispanique est augmentée du fait même de leur statut immigrationnel souvent illégal et qu'il est alors peu équitable de compter leur incarcération pour ce prétexte. 

Unz préfère les statistiques locales et étatiques. Il fera le parallèle entre le taux de criminalité démontré par ces sources au niveau local et la proportion d'Hispaniques sur ledit territoire pour en évaluer le niveau de criminalisation. Vu ainsi il s'avère seulement légèrement plus élevé que celui des Blancs.

Il suffira ensuite à Unz de prendre en considération le sexe et l'âge pour pondérer à la baisse ces résultats. Dans la population immigrante hispanique, la proportion des jeunes et des mâles est plus élevée que la moyenne nationale. En extrayant mathématiquement ces facteurs, les Hispaniques deviennent moins criminels que les Blancs du sud, et seulement un peu plus que ceux du nord-est.

Les chercheurs désireux de rejeter absolument la race comme facteur de la criminalité insistent sur la densité des villes comme une influence, tout comme le nombre de policiers (plus de policiers augmentera les arrestations et donc génère la criminalité – certains gauchistes osent l'affirmer). La densité ne peut être retenue comme facteur, puisqu'elle n'est pas cohérente statistiquement et que le nombre de policiers suit la criminalité plutôt que le contraire.

Il vaut mieux pour les antiracistes de ne pas compter Unz parmi leurs alliés, car il établit la race comme un facteur de premier plan devant la pauvreté. Atlanta et El Paso ont des taux de pauvreté similaires. La capitale de la Georgie a cependant 8 fois plus de crimes. La corrélation entre la proportion de Noirs et la criminalité est très étroite, et cela explique qu'Atlanta soit plus criminelle.

Cet auteur souligne : « Although the hard economic times since 2008 have considerably increased the influence of the poverty correlate, that factor is still considerably less significant than the racial one. » (voir Race and crime in America)

Traduction libre : « Bien que depuis 2008, les temps difficiles économiquement ont considérablement augmenté l'influence du corollaire de pauvreté, ce facteur est encore considérablement moins significatif que celui de la race. » 

On pourrait même spéculer que le rapport entre crime et pauvreté est augmenté du fait que beaucoup de Noirs sont à la fois pauvres et criminalisés.

Quel est le problème avec cette méthodologie, tel que souligné par Richwine dans « Model Minority? »?

Toutes statistiques combinées, le taux de criminalité hispanique est 2.62 fois plus élevé que celui des Blancs. Connaissant la proportion de Blancs et d'Hispaniques au niveau fédéral (contrairement à l’affirmation de Unz), on peut les distinguer au niveau des statistiques non-fédérales et nous obtenons 2.44.

Le tableau statistique que préfère utiliser le chercheur senior est celui de l'incarcération locale fourni par le Bureau of Justice Statistics (BJS). Il devrait décidément donner autour de 2.44, mais il donne 1.44. Le pourquoi demeure un mystère. Lorsqu'une série de statistiques sont à ce point divergentes, la bonne attitude est de les laisser de côté. Ron Unz base son étude sur elles seules.

Jason Richwine réfute l'argument de son aîné sur la valeur des statistiques fédérales. Peu d'Hispaniques illégaux en matière d'immigration sont détenus pour la seule raison de l’illégalité de leur présence, sans avoir commis aussi un crime grave.

Une autre donnée vient saper l'étude hispanophile. Il se trouve que le taux de criminalité des Hispaniques nés aux USA est plus élevé que celui des immigrants hispaniques. Cela est un fait bien connu des chercheurs et de mauvaise augure pour l'avenir. Or les régions choisies par Unz comme étant à forte proportion hispanique sont des régions d'immigrants de fraîche date (la Floride, la Georgie, ou les villes comme Silicon Valley, le quartier de Jackson Heights dans l’arrondissement de Queens à New York, et même Los Angeles), plutôt que des communautés hispaniques bien établies qui sont généralement plus dangereuses et ce, en dépit de profils socio-économiques plus élevés.

La vérité, la voici. L'American Community Survey présente des statistiques sur le taux d'emprisonnement entre 2006 et 2008 et montre des résultats cohérents, au contraire de l'unique tableau discordant du BJS. Les immigrants hispaniques ont une criminalité légèrement supérieure aux Blancs, ceux nés aux États-Unis sont deux fois plus criminalisés. La criminalité des Noirs est quant à elle 6.2 fois plus élevée que celle des Blancs. Aussi peut-on dire que les Hispaniques ne sont par stratosphériquement criminels, mais tout de même un peu plus du double que les Blancs. Avec le temps, cet écart devrait s'agrandir à mesure que les immigrants récents engendrent de nouvelles générations.



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