La dynastie des architectes Baillairgé

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Jean Baillairgé

Jean Baillairgé Junior, né le 30 octobre 1726, fût le deuxième d'une famille de six enfants. Sa famille était établie dans la paroisse de Saint-Antoine-de-Villaret, dans la province de Poitou, dans l'ouest de la France, là où il y avait plusieurs ports de mer.

En 1741, à l'âge de 15 ans, il s'embarque pour la Nouvelle-France accompagné de plusieurs autres colons de la région et de Mgr Henri-Marie Dubreil de Pontbriand, sixième évêque de Québec. Il débarqua à Québec le 30 août. Peu de temps après, on dit que Jean aurait fait l’école des arts et métiers de Saint-Joachim, près de Québec, mais d'autres historiens disent qu'il aurait plutôt fait son apprentissage chez un architecte de Québec. Il fait son éducation sur les chantiers pendant un certain temps et il débute sa carrière vers 1746.

Le 1 mai 1750, Jean épouse à Québec Marie-Louise Parent à qui il fait 11 enfants, dont seulement 5 survivront: 3 filles et 2 garçons, dont un qu'il nomma François. On dit de Jean Baillargé qu'il est un homme sévère et pieux, mais jovial de caractère. Après son mariage, ils se rendent à Sainte-Anne-de-la-Pocatière où il travaille sur le décor intérieur de l'église et sur divers travaux de menuiserie et de sculpture avec le sculpteur François-Noël Levasseur.

Quand l'heure de défendre la colonie arrive, il s'engage dans la milice de la Nouvelle-France pour combattre les Anglais. Il participe même à la célèbre bataille des Plaines d'Abraham. Il semblerait qu'il aimait bien raconter ses histoires de guerre à ses enfants.

Après la guerre, il entreprend de reconstruire ce qui a été brûlé par les Anglais. C'est surtout à cette époque qu'il débute sa vraie carrière et qu'il se constitue une réputation. Il refait plusieurs maisons, dont la maison Dumont à la place Royale, réparée en 1764 après l’incendie de la Basse-Ville. En 1766, il soumet aux marguilliers de la paroisse Notre-Dame de Québec les plans de reconstruction de l’église paroissiale et cathédrale incendiée en 1759. Les plans sont approuvés, mais Baillargé perd le contrat après que les marguilliers aient changé d'idée sur le projet. Cet événement déçoit grandement Jean qui pense quitter la province. Il se reprend avec un plan de reconstruction du clocher et sa carrière prend un nouvel élan. Il refait le décor intérieur des églises de Saint-Charles de Bellechasse, de Saint-François, et de Saint-Thomas de Montmagny.

En 1775, après l'Indépendance des treize colonies britanniques, l'Union Américaine menace de prendre la capitale. Jean est appelé, cette fois, à défendre Québec du côté des Anglais. Dès lors, il est employé aux fortifications de Québec, avec ses deux fils. Après la défaite des Américains, il est récompensé pour son travail en recevant une terre dans le canton de Somerset.

Ensuite, Jean part vivre à Saint-Augustin-de-Desmaures pour y travailler sur l'église. En 1781, son fils François revient de ses études à Paris et ils commencent ensemble la décoration intérieure de l'église de l'Islet. En 1787, aidé de son deuxième fils, Pierre-Florent, ils commencent le décor intérieur de la cathédrale de Québec. En 1794, père et fils font le retable de l'église Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean-Port-Joli. Jean Baillargé a aussi sculpté pendant sa carrière diverses pièces de mobiliers liturgiques dont les tabernacles de l'église de l'Islet et de l'église Saint-Joseph à Maskinongé – très peu de ses œuvres existent encore aujourd'hui.

En 1798, la femme de Jean décède et il ralentit considérablement ses activités, laissant le soin à ses fils de continuer son travail. Il meurt le 6 septembre 1805.

François Baillairgé

François, né à Québec en 1759, marche rapidement dans les traces de son père. C'est avec lui qu'il entreprend, dès l'âge de 14 ans, son apprentissage en menuiserie, en sculpture et en peinture. Il bénéficie aussi des conseils du compagnon de son père, le sculpteur Antoine Jacson. Plus tard, il entreprend des cours de mathématiques au Petit Séminaire de Québec.

En 1778, François part pour Paris afin de parfaire ses études à l’école de l’Académie royale de peinture et de sculpture. C'est là qu'il est initié aux principes du néo-classicisme français de l'époque Louis XVI. Cependant, François fait son éducation souvent hors de l'Académie, il suit des cours particuliers de sculpture, de dessin, ainsi que des cours de perspective et d'anatomie. En fait, il n'étudie pas vraiment l'architecture, mais il s'y intéresse en visitant différents monuments de Paris dont l'église Sainte-Geneviève et le palais des Tuileries.

En 1781, il repart pour la Province sans avoir complété ses études mais ayant un très bon bagage de connaissances. Dans son journal personnel, François se décrit comme un peintre, sculpteur, architecte et professeur de dessin mais il aspire surtout à être un artiste peintre. Pendant les années suivantes, il peindra différents tableaux d'inspiration religieuse de très bonne qualité sans toutefois faire preuve de beaucoup d'originalité. Souvent, il s'agit de reproductions presque intégrales d'autres œuvres d'artistes européens. Une vingtaine de ses tableaux sont encore existants aujourd'hui. Il peint aussi des portraits, des miniatures, des scènes de théâtre et des ornements. En 1798, il exécute une peinture de Saint-François-de-Sales pour l'église Saint-François, à l’Île d’Orléans. C'est considéré comme son meilleur tableau.

Malgré l'abondance de ses œuvres, François ne réussit pas à se faire un nom en tant qu'artiste peintre. Sa formation inachevée en est peut-être pour quelque chose. Néanmoins, sa carrière parallèle de sculpteur va très bien. À son retour de Paris, il commence à travailler à l'atelier de son père. Son bon travail lui vaut une confiance grandissante de la part de ce dernier. Entre 1782 et 1785, il travaille sur différentes pièces de mobilier, sur le tabernacle et la garniture d’autel de l’église Saint-Joachim et conçoit le retable de l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours, à L’Islet. Dans l'art de la sculpture, François démontre une grande originalité, notamment en mélangeant les styles baroques et des éléments naturalistes.
Un de ses plus grands projets est le décor intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Québec fait en collaboration avec son père. La pièce la plus remarquable est le baldaquin qu'on dit être un des plus beaux en Amérique. Tout ce merveilleux travail a été lourdement endommagé lors de l'incendie de la cathédrale en 1922. Il n'en reste que quelques photos du travail original. Dans les années suivant ce projet, François perfectionne son art de la sculpture et développe un style qui s'éloigne un peu plus de celui de son père. Jusqu'en 1815, peu de choses précises sont connues à propos de la carrière de François. Toutefois, on sait qu'il a continué à produire divers travaux de sculpture.

En 1815, François s'associe avec son fils unique, Thomas, pour la conception du baptistère de la paroisse Saint-Ambroise, le décor intérieur de l’église Saint-Joachim et le retable de l’église des Saints-Pierre-et-Paul. En 1824, ils achèvent le décor de l’église Saint-Joachim.

Parallèlement à sa carrière de peintre et de sculpteur, François a évidemment une carrière d'architecte bien établie. Quand il revient de Paris en 1781, François se différencie de son père comme étant un artiste néo-classique, alors que Jean est plutôt un artisan de la pratique traditionnelle dont le style est surtout le mimétisme. Ce qui fait la marque de François, ce sont ses plans de très haute qualité graphique et remarquablement évocateurs comme ce fût le cas pour la cathédrale Notre-Dame de Québec. Il excelle aussi dans l'art de rendre clair, pour les hommes de métier, des formes et des détails particuliers.

Il participe d'abord à différents projets de maisons modestes mais démontre une volonté de se démarquer des styles standards. En 1791, François fait les plans de la Brasserie de Beauport. Doué pour la conception, François va commencer à développer ses connaissances techniques sur la construction pour le projet de la prison de Québec en 1807. Dès les années 1805-1810, il peut dire de lui qu’il est officiellement architecte.

En 1812, il se fait nommer à la trésorerie de la ville de Québec en remplacement de son frère Pierre-Florent qui est décédé. Pierre-Florent était l'autre fils de Jean, celui destiné à la prêtrise. Après avoir abandonné ses études en théologie, il travaille avec son père jusqu'à ce qu'il délaisse l'architecture pour la trésorerie de Québec. François débute une série de travaux publics dont les plans sont qualifiés d'œuvres d'art par la qualité graphique et sa convenance pour le bon déroulement des travaux.

Tout au long de sa carrière architecturale, autant que les édifices qu'il a contribué à construire, les plans qu'il a dessinés sont tous remarquables en valeur. François disposait d'une très grande collection d'ouvrages traitant de dessins, de gravures, de peintures et d'architectures. Les livres « A book of architecture » de l’architecte anglais James Gibbs et le « Premier Tome de l’architecture » de Philibert De L’Orme sont sans doute les livres qui ont influencé le plus son style architectural.

Certains disent que François n'a pas laissé de trace d'œuvres architecturales très poussées, mais la réelle contribution de François au paysage architectural est probablement faussée. À cette époque, le concepteur était souvent dans l'ombre du constructeur. De plus, François ne signait pas ses plans du fait que la contribution du dessinateur n'était pas considérée à sa juste valeur. Ce qui implique que François a possiblement participé à un plus grand nombre d'œuvres architecturales, mais de façon anonyme.

François Baillairgé décède le 15 septembre 1830, à Québec, à une époque où son fils, Thomas avait déjà repris les traces de son père et de son grand-père.

Thomas Baillairgé

Thomas est né à Québec en 1791, baptisé François-Thomas. De son père, instruit à l'Académie Royale, et de sa mère originaire du nord de l'Italie, il hérita naturellement d'un goût pour le classicisme. Il commença ses études à l'école anglaise avant d'aller étudier au Petit Séminaire de Québec.

Son père l'a introduit assez jeune aux arts de la peinture et de la sculpture. Toutefois, il semblerait que c'est son professeur de science et d'architecture du Petit Séminaire, Jérôme Demers, qui l'a beaucoup motivé à poursuivre la tradition familiale.

Durant de nombreuses années, il apprend en participant à divers projet de sculpture de son père. En 1812, alors que son père se fait nommer trésorier de la ville de Québec, Thomas prend les rennes de l'atelier de ce dernier. C'est en 1815 qu'il commence officiellement sa carrière avec la construction de nombreuses églises, presbytères, d’édifices publics et de maisons.

Pour ce qui est des églises, il va généralement en construire trois types, avec certaines variantes. L'un de ces types se caractérise par un plan en croix latine, une abside en hémicycle et un clocher en façade. C'est de ce type qu'a été faite, en 1823, l'église de Sainte-Claire-de-Dorchester . Il utilise des plans semblables pour l'églises de Lauzon ainsi que pour une foule d'autres églises de villages.

Il construit aussi des églises plus monumentales, à double clocher, pour Charlesbourg, Grondines et Sainte-Croix notamment. En 1831, il crée un style nouveau pour l'église St-Patrick de Québec: la nef était séparée en trois parties par des piliers qui supportent des galeries latérales. Il reprit ce modèle pour les églises de Deschambault en 1833 et à Sainte-Geneviève en 1836. Il faut dire que Thomas n'a jamais construit deux fois la même église. À chaque fois qu'il récupérait un de ses modèles, il y ajoutait des variantes. Thomas était souvent à la recherche de renouveau. Il existe très peu d'églises à l'est du Québec qui ne porte pas la signature de Thomas Baillargé. Cependant, il n'a jamais réussi à percer à Montréal.

Thomas dessine aussi les plans de plusieurs édifices publics importants dont, en 1830, l'ancien édifice du Parlement, sur l'actuel parc Montmorency. Cet édifice a été détruit par le feu en 1854. Thomas a construit plusieurs maisons situées surtout sur les rue Saint-Louis et Sainte-Ursule. Il a certainement construit un nombre de maisons encore plus grand qu'on le croit, car comme à l'époque de son père, les dessinateurs ne signaient pas leurs plans.

Ayant hérité de l'impressionnante bibliothèque de son père, il ajoute de nouveaux livres sur le néo-classicisme britannique nouvellement introduit au Bas-Canada. Sa bonne compréhension de ces concepts architecturaux lui a permis de bien intégrer ces nouveautés et les inscrire dans la continuité de l'héritage de l'architecture traditionnelle pour faire naître un style original dont il peut fièrement revendiquer la paternité: celui du néo-classicisme québécois.

Ses œuvres de sculpture sont aussi teintées de néo-classicisme par son style un peu antique. Cependant, il faisait beaucoup d'ornements symboliques et d'iconographies non-figuratives. Par contre, son véritable talent réside dans la conception de bâtiment.

Thomas n'a pas seulement révolutionné le style, mais aussi la construction en général. Il dessina des plans plus précis et plus détaillés que jamais, ce qui a eu pour effet de réduire l'interprétation des constructeurs et rendre les bâtiments plus fidèles à la conception.

L'ordre favorisé par le style néo-classique demandait de construire des édifices en tant qu'ensemble, comme un grand tout. Thomas ne pouvait pas laisser les différents hommes de métier choisir pour lui. Ce sont les débuts de la reconnaissance véritable du travail du concepteur et de la profession d'architecte au Bas-Canada. Cependant, pris par le temps qu'il mettait sur ses plans, il ne visitait pas les chantiers de ses bâtiments, ce qui réduisit le contrôle qu'il aurait eu en faisant un suivi.

Thomas était un célibataire endurci, dédié entièrement à son travail, ainsi qu'à ses élèves et apprentis. Ses élèves ont permis l'apparition d'une certaine “école de Thomas Baillairgé”. Plusieurs de ses élèves continuèrent le style de Thomas longtemps après sa retraite, comme Louis-Thomas Berlinguet ou David Ouellet. Son élève qui connaîtra le plus grand rayonnement est Charles Baillairgé, le petit-cousin de Thomas.

Comme son père, Thomas était un artiste complet. En plus de s'intéresser à la peinture et à la sculpture, c'était un amateur de musique. D'ailleurs, il possédait à la maison un orgue de sa propre fabrication.

Thomas prit sa retraite en 1848 et laissa la place à son petit-cousin Charles. Il lui légua sa précieuse bibliothèque et mourût à Québec le 9 février 1859.

Charles Baillairgé

Charles Baillairgé, baptisé Charles-Philippe-Ferdinand, est né le 29 septembre 1826 et est le deuxième fils de Pierre-Théophile-Ferdinand Baillairgé, le cousin de Thomas. Charles était quelqu'un de très brillant et inventif. En 1843, à l'âge de 17 ans seulement, il invente une automobile à vapeur. Ce fût possiblement le premier concept d'automobile au monde. Son invention n'a toutefois pas pu aller plus loin; elle a été interdite car elle faisait peur aux chevaux sur la route.

Cette même année, Charles débute son apprentissage avec Thomas. Ses capacités d'apprentissage étaient impressionnantes et il eut son certificat avec mention. Deux ans plus tard, il devient arpenteur pour la province de Québec tout en continuant d'étudier le génie civil par temps libre. Il continuait d’ajouter divers livres d'arpentage, d'architecte et de génie civil à la bibliothèque déjà très impressionnante qu'il a hérité de Thomas.

Les premiers édifices qu'il construit en tant qu'architecte étaient teintés de néo-classicisme à la Thomas Baillairgé, naturellement. Dans ce style il construit l'église Saint-Jean-Baptiste de Québec. Assez rapidement il a voulu expérimenter et se démarquer. En 1850, il choisi d'explorer le style néo-gothique pour les églises de Beauport et pour la chapelle des Sœurs de la charité de Québec. Il était un des rares disciples de ce style au Canada. Il se démarqua aussi en concevant divers bâtiments au style éclectique et audacieux. Dans ces années-là, il était aussi un adepte du style néo-grec et il l'utilisait sur tous les types d'immeubles. Son projet d'importance de l'époque dans ce style a été l’Académie de musique de Québec.

En 1853, il participa à la construction de l'Université Laval. Il travailla sur le pensionnat et le pavillon principal. Il utilisa les techniques de construction les plus avancées de l'époque, inspiré par l'utilisation de plus en plus grande de la fonte et du fer forgé. Le pavillon principal de l'Université Laval a été le premier bâtiment de Québec à utiliser des colonnes en fer. Il utilisa aussi le fer à des fins décoratives.

Cependant, l'incertitude économique a réduit la variété de ses projets et clients. Il retourne donc travailler pour l'Église et construit l'église néo-gothique de Sainte-Marie. On dit que cette église est l’un des plus beaux intérieurs gothiques au Canada. Par contre, les liens privilégiés qu'il avait avec son plus fidèle client ont été affaiblis lorsqu'un Mgr Charles-François Baillargeon a tenté de faire changer les plans de Charles. Il a préféré mettre en jeu sa sécurité économique plutôt que sa réputation, ce qui ne fut pas nécessairement une bonne décision car le travail a été rare dans les années suivantes.

Il décide donc de retourner au département des travaux publics de Québec sachant que son tempérament querelleur est déjà connu. En 1854, il participe au concours pour le bureau de la douane de Québec. Sa proposition de style néo-grec a été appréciée, mais sans plus. Contrarié, il accuse le département des travaux publics d'avoir un préjugé péjoratif à son égard. Il tente de se reprendre en 1859 avec le Parlement d'Ottawa. Il propose un plan néo-classique qui fût refusé, le comité de sélection préféra le style néo-gothique inspiré du palais de Westminster à Londres. Malgré cet autre revers, Charles ne désespère pas et finit par avoir le contrat de la prison de Québec en 1860. Plusieurs problèmes subviennent sur le chantier pour des raisons budgétaires. La construction finit par être stoppée et la suite de l'histoire est confuse.

Après la mésaventure de la prison de Québec, il part superviser la construction des édifices du Parlement à Ottawa. Il embarque dans le projet alors que le budget est déjà dépassé. Il semblerait qu'une affaire de corruption soit à l'origine des dépassements de coûts (plus ça change, plus c'est pareil à Ottawa). Les hommes politiques, pris dans l'embarras, renvoient Charles. Il s'en retourna à Québec, humilié.

Après avoir passé un certain temps sans travail, c'est l'Église qui lui redonne une autre chance quand les Sœurs du Bon-Pasteur ont eu besoin d'une chapelle pour leur couvent. Il revient alors au néo-classique, ses origines. La construction avait chuté à Québec et les clients étaient rares. En 1866, il est nommé surintendant des travaux de la corporation de Québec et plus tard, ingénieur de la cité. Son travail lui amenait un salaire sans toutefois lui permettre de réaliser ses ambitions, sauf le jour où il a l'occasion de participer à la construction de la terrasse Dufferin. Il y réalisa les divers kiosques de style pittoresque et une série d'escaliers de différents styles reliant la Haute et la Basse-Ville.

Dès qu'il eut l'occasion, au cours de sa carrière d'ingénieur de la cité, il en profita pour démontrer sa grande créativité, notamment sur le projet de sa fontaine rotative électro-chromatique.

Parallèlement à sa carrière d'architecte en dents de scie, il donna plusieurs conférences sur les sciences et les mathématiques. Ses talents d'orateur attiraient des foules nombreuses. Il publia aussi plus de 250 livres et articles, en français et en anglais, sur l'architecture, l'arpentage, les mathématiques et le génie. Il a aussi créé le tableau stéréométrique, qui constituait un jeu de 200 formes géométriques ainsi que les explications pour en calculer les volumes. Il reçut de très nombreuse médailles et décorations pour sa contribution à l'avancement des connaissances techniques. Il a été vice-président de l’Association des arpenteurs provinciaux et de l’Institut des ingénieurs civils et architectes, et participe à la fondation de la Société canadienne des ingénieurs civils. Il décède à Québec, le 10 mai 1906, après une grande carrière de 60 ans.

En conclusion, le succès de la famille Baillairgé repose sur la transmission de génération en génération de la passion de la construction. Ils ont su marquer l'histoire québécoise en établissant une tradition architecturale et en laissant une multitude d'édifices, de sculptures, de peintures et de livres qui nous rapportent aujourd'hui le niveau de perfectionnement que leur art et que leur science a su atteindre.

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