La franc-maçonnerie dans la politique

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Né au Kentucky d’un père français et d’une mère britannique en 1851, Jules-Paul Tardivel embrasse le Canada français pour la première fois lorsqu’il entre au collège de St-Hyacinthe en 1868. Il s’y installe définitivement en 1873 et débute sa carrière journalistique pour Le Canadien.

En 1881, il fait l’acquisition d’une presse à vapeur et fonde son propre journal catholique et nationaliste, La Vérité.

Tardivel, « l’ultramontain nationaliste », devient alors le pire ennemi des conspirateurs francs-maçons au Canada. Il ne manque pas une occasion de déjouer les intrigues de la secte dans les pages de La Vérité.
En 1896, son expertise le mène à Trente (Italie), où il y donne une conférence devant 150 personnes lors du congrès antimaçonnique international. Le pape Léon XIII, très au fait des avancements de la secte (voir l’encyclique Humanum Genus, le reçoit pour l’encourager dans son œuvre de journaliste catholique.

À notre siècle, la secte est toujours présente et active au Québec. Ce sont les journalistes audacieux, tel Jules-Paul Tardivel, qui manquent aujourd’hui pour dénoncer les intrigues économiques, corporatives et politiques de la franc-maçonnerie.

L’article suivant, tiré du journal La Vérité, nous rappelle que les avertissements prophétiques de Tardivel sont encore d’actualité à notre époque. Rappelons-nous que les principaux acteurs de la corruption politique montréalaise étaient récemment cités dans les chroniques du magazine Rough Ashlar de la Grande Loge du Québec.

Lire aussi : Franc-maçonnerie, politiciens et collusion à Montréal

LA FRANC-MAÇONNERIE DANS LA POLITIQUE

3 juin 1882

Nous croyons que l'on ne fait pas assez de cas de la franc-maçonnerie et du rôle qu'elle joue dans les affaires politiques du pays.

En Europe, on le sait aujourd'hui, les loges maçonniques sont pour ainsi dire toutes-puissantes. Ce sont elles qui gouvernent la France dans la personne des Ferry, des Paul Bert, Gambetta, etc. ; ce sont encore elles qui règnent en Belgique par l'organe des Frère Orban et consorts. En Espagne et dans bien d'autres pays, leur influence est prépondérante.

La guerre sauvage que l'on fait à l'Église est l'oeuvre des sociétés secrètes ; les efforts inouïs que l'on fait chez tant de peuples pour arracher la jeunesse aux écoles chrétiennes afin de la corrompre par une éducation athée, c'est toujours l'oeuvre des loges. Nous ne voyons pas pourquoi notre pays échapperait à la peste maçonnique, tandis que les autres pays du monde en sont plus ou moins atteints.

On se plaît à dire que la franc-maçonnerie anglaise n'est pas dangereuse. C'est une erreur, assurément. Il peut se faire qu'elle ne soit pas aussi diabolique que le carbonarisme de la franc-maçonnerie française et belge, mais elle est plus ou moins mauvaise.

Toute société sécrète, dont les membres sont liés par un serment, est une oeuvre non seulement antireligieuse, mais antisociale, et aucun gouvernement, la question religieuse étant entièrement mise de côté, ne devrait tolérer de semblables organisations qui constituent un danger permanent pour l'État. Car en supposant pour un instant que le but que se proposent les membres de la franc-maçonnerie anglaise et américaine ne soit pas le renversement de toute autorité religieuse et civile, objet de la franc-maçonnerie française, il peut fort bien arriver, cependant, que nos maçons canadiens soient très nuisibles à l'administration de la chose publique. Nous savons qu'à Ottawa, par exemple, les loges exercent une grande influence, nous dirons volontiers une terrible influence, dans la distribution des emplois publics, dans la nomination et dans la destitution des employés.

Mais nous sommes loin de penser que les loges canadiennes se bornent à ces questions d'emplois et de salaires. Nous avons tout lieu de croire qu'elles s'occupent activement, quoique très secrètement, de questions bien plus importantes.

Rien de plus facile pour quelques hommes habiles, imbus des idées subversives de la franc-maçonnerie française, que de s'emparer de la direction des loges canadiennes et de s'en servir pour accomplir toutes sortes de mauvaises œuvres.

Il y a quelque temps, le Post de Montréal consacrait un article très sensé à ce sujet. Notre confrère a enregistré le bruit que pendant les prochaines élections fédérales, les loges se proposent d'exercer leur influence d'une manière plus prononcée qu'à l'ordinaire. Les loges auront leurs candidats, partout où la chose sera possible, et tous les francs-maçons voteront pour ces candidats sans distinction de partis politiques.

Le Post s’élève avec raison contre cette entreprise maçonnique qui, si elle réussissait partout, pourrait nous mener très loin.

Jules-Paul Tardivel

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