La maladie du Québec

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Historiquement, la définition d'un siècle est contestable. Tous s'accordent pour dire qu'il s'agit normalement de la période comprise entre le 1er janvier 0 et le 31 décembre 99, ce qui est chronologiquement vrai. Néanmoins, pour l'historien, la définition de siècle est subjective et dépend de la conception qu'il se fait du passé. Par exemple, plusieurs d'entre eux diront que le 19ième siècle s'est terminé en 1914. La période de la Première Guerre Mondiale serait une zone tampon introduisant le 20ième siècle en 1918. Il y a huit ans, tous affirmaient que ce dernier s'était terminé en 1989, à la chute du mur de Berlin. Depuis 2001, beaucoup se sont ravisés et placent la barre le 11 septembre de la même année. Le vingtième siècle s'est effectivement clos avec la castration la plus monumentale de l'histoire, diffusée par les médias du monde entier.

Ce sont d'ailleurs ces médias qui qualifièrent le 21ième siècle de « siècle de l'information ». La Révolution Française, la Grande Guerre et la chute du « rideau de fer » furent des révolutions qui changèrent à jamais le mode de vie de l'humanité. La question se pose alors : en quoi le mode de vie des Québécois a-t-il changé depuis 1989 ? Et depuis 2001 ? Mais en rien !

L'avènement des médias de masse vers le début des années 30 était porteur de promesses d'une nouvelle révolution. Aujourd'hui, c'est cette omniprésence médiatique qui réduit notre peuple à l'état de zombies. Le 21ième siècle est en fait l'époque de l'indifférence et de l'individualisme. Parce que nous choisissons de mauvais modèles, comme Morgenthaler et sa suite d'égoïstes chroniques, des générations de Québécois naissent avec une image biaisée de la société. Tout le monde sait que la démocratie est corrompue. Tout le monde constate l'hypersexualisation des mœurs de la jeune génération. Tout le monde endure l'amplitude des changements climatiques. Tout le monde craint la baisse du taux de natalité. Et pourtant, tous les partis politiques ne font que suggérer des solutions faibles et craintives, de peur de choquer une certaine partie de la population, alors que ce qu'il faut en fait c'est une nouvelle révolution.

Québécois et Québécoises, l'heure de faire des sacrifices est arrivée. Il fut une époque où la pratique courante était de régler temporairement les problèmes en caressant l'espoir qu'ils se consomment d'eux-mêmes et d'essayer de satisfaire la population dans sa quête matérialiste et individualiste. Aujourd'hui il est trop tard pour ne pas ressentir les conséquences de cette lâcheté maladive, mais encore temps d'en inverser les effets.

« NON ! Nous n'accepterons plus jamais l'inaction ! »

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