La sainte gardienne du Saguenay

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Une tradition maritime veut que l’on lance des pièces de monnaie dans le fjord lorsqu’on passe en face de la statue Notre-Dame du Saguenay pour obtenir la bénédiction et la protection de la Vierge-Marie. Voici donc l’histoire derrière l’imposante statue qui veille sur les saguenéens.

Charles-Napoléon Robitaille fut l'un des premiers voyageurs de commerce à parcourir les routes du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour vendre, de village en village, des objets de la vie courante. Cet employé du magasin P. Garneau et frères de Québec devait, au cours de ses voyages hivernaux, traverser les cours d’eau glacés. En 1878, en tentant de franchir le Saguenay entre Chicoutimi et la paroisse de Sainte-Anne, la glace se rompit et le voyageur tomba à l’eau avec son traîneau et son cheval.

Impuissant face à ce qui lui arrivait et risquant de mourir, Charles-Napoléon implora l'aide de la Vierge Marie. Ses voeux furent exaucés et il eut la vie sauve. En l’honneur de la Vierge, le miraculé demanda à Louis Jobin, en 1880, de réaliser une immense statue sur l'un des caps qui dominent le fjord à l’embouchure de la rivière Éternité. Son œuvre fut nomméeNotre-Dame-du-Saguenay.

À la fin du XIXe siècle, il était difficile pour des ouvriers de hisser une telle statue sur le cap Trinité. L’œuvre a d’abord été transportée sur le Vapeur Union de Québec jusqu’à l’Anse Saint-Jean, où elle tomba à l’eau. On l’attacha ensuite à une chaloupe puis à la paroi du cap. Après avoir retiré ses feuilles de plomb à la statue, il fallut la sectionner en 14 morceaux. Chaque morceau fut hissé sur le cap en 22 étapes à l’aide de modestes palans.

Le dos de la statue fut évidé puis fermé par un lambris de madriers. On fixa de la tôle sur le lambris. La statue fut ensuite peinte en blanc, alors que les bordures du manteau de la Vierge furent recouvertes de peinture dorée. On sculpta 12 étoiles pour former l’auréole de la Madone. Sur le côté droit de la base de la statue, le sculpteur apposa une plaque de plomb sur laquelle il est écrit : « Louis Jobin, Québec ».

Aujourd’hui, les visiteurs qui vont en croisière dans le fjord du Saguenay s’émerveillent devant la majesté du cap Trinité et de sa sainte gardienne.

Source : série documentaire Histoires oubliées

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