Le Melon d’Oka

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«Le Localisme, solution au mondialisme!»

Extrait de La petite histoire du melon d'Oka, L'Abbaye du Val-Notre-Dame

Certains pourraient croire que cultiver le melon au Québec est impossible. Il est vrai qu’en général, les melons affectionnent la chaleur et prennent beaucoup de temps pour arriver à maturité. À la fin du 19e siècle pourtant, la culture du melon de Montréal valait son pesant d’or. Ce melon à chair verte était cultivé à l’époque par les familles Gorman et Décarie, dans les terres de Notre-Dame-de-Grâce qui avoisinent justement l’autoroute Décarie aujourd’hui. Dans les stations balnéaires de la côte est américaine, on dit qu’une seule tranche de ce fruit pouvait se vendre 1,50 $, une petite fortune pour l’époque.

Par contre, le melon de Montréal n’était pas parfait : il était instable, capricieux et résistait mal aux transports. C’est ce qui aurait incité le père Athanas Montour, vers 1910, alors qu’il était directeur de l’Institut agricole d’Oka, à développer un croisement de melon. Il croisa le melon brodé de Montréal (Cucumis melo ‘Montréal’) et le melon banane (Cucumis melo ‘Banana’). Il en résulta un melon brodé à chair orangée, avec un goût assez floral, bien charnu, mais moins imposant que le melon de Montréal et surtout, mieux adapté pour être cultivé dans notre climat.

On surnomma ce « cantaloup » le melon d’Oka. Il fut cultivé à l’Institut agricole pendant de nombreuses années, jusqu’à sa fermeture dans les années 60. Par la suite, le melon d’Oka tomba aux oubliettes.

Jean-François Lévêque, un producteur de semences biologiques de Lanaudière, a redécouvert le melon d’Oka en fouillant dans les archives du Seed Savers Exchange, une organisation américaine vouée à la conservation et à l’échange de semences d’une très grande diversité. Il s’est donné pour mission de ramener ce fruit à la vie. Avec son aide, à l’été 2016, nous avons fait pousser le melon d’Oka sur nos terres pour la première fois en plusieurs décennies. François Patenaude, responsable du développement des produits forestiers comestibles de l’Abbaye, dit :

« Depuis le début de nos cultures du melon en 2016, c’est une réussite, le melon pousse bien et nous avons de bonnes récoltes. Le melon est savoureux et frère Bernard en a même fait une gelée. »

Le melon d’Oka n’est pas commercialisé, mais sachez qu’il est tout à fait possible de se procurer des semences et de tenter d’en faire la culture à la maison, et ce, dans la plupart des régions du Québec.

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