Le modèle norvégien

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En regard des récentes élections en Allemagne du début de l’automne, il a été une fois de plus possible de constater à quel point la couverture médiatique est partiale et hystérique, même lorsqu’il s’agit de politique étrangère. À en croire nos valeureux journalistes québécois, le nazisme (épithète cette fois-ci attitré au parti patriote allemand, Alternative für Deutschland) serait sur le point de reprendre le pouvoir en Europe. Suite au tapage médiatique entourant la montée de ces mouvements anti-immigration en Allemagne, il est curieux qu’un autre parti patriote européen n’ait pas fait les manchettes. En effet, le 11 septembre dernier, le Parti du Progrès norvégien, le Fremskrittspartiet (FrP) de Siv Jansen, classé à «l’extrême-droite» par le très prévisible système médiatique, a défendu ses sièges avec succès au parlement norvégien. Encore mieux : les patriotes du FrP gouvernent le pays depuis 2013, de concert avec le parti conservateur, dans un silence médiatique québécois quasi-total. En effet, le FrP est l’équivalent norvégien du Front National, de l’AfD allemand, de la Ligue du Nord italienne, des Démocrates Suédois ou du UKIP britannique, des partis qui, nous le savons, ne sont pas dans les bonnes grâces du système médiatique. Pourtant, il s’avère que les politiques anti-immigration du parti rencontrent un succès évident.

Sans rentrer dans les détails, le système politique norvégien fait en sorte que des coalitions doivent obligatoirement se former pour prétendre gouverner majoritairement le pays au nom du Roi Harald V. Ainsi, dès les élections de 2013, les conservateurs norvégiens ont pris le pouvoir de ce riche état nordique avec comme allié, le parti anti-immigration FrP. La coalition fonctionne avec un partage des responsabilités ministérielles, qui est décidée au terme de négociations entre les partis concernés. C’est ainsi qu’après discussions, le FrP a pu entrer au gouvernement et prendre le contrôle de différents ministères comme l’agriculture, la sécurité publique, et dès 2015, celui de l’immigration.

Depuis sa fondation, le FrP est fortement critique à l’égard de l’immigration, encore plus lorsque celle-ci est non-européenne. En 2008, le parti proposait de réduire l’acceptation des demandes d’asiles à un symbolique 100 par année, tout en prenant soin d’éviter certains pays où les émigrants sont très peu qualifiés, comme le Soudan, l’Afghanistan ou le Pakistan (en comparaison, le Québec a reçu plus de 6000 migrants haïtiens durant l’été 2017). En 2013, lors des attributions ministérielles entre les membres de la coalition gouvernante, le ministère chargé de l’immigration, celui des Affaires Sociales, est attribué au parti conservateur et non pas au FrP. En fait, il n’y a tout simplement pas de Ministère de l’Immigration, puisqu’il s’agit d’un concept relativement récent, mais toutefois intense, en Norvège.
 

Le virage de 2015
Tout change en 2015, lors de la crise des réfugiés en Europe. En effet, plus de 30 000 «réfugiés» viendront s’installer dans ce royaume nordique en l’espace de quelques mois. Devant un tel déferlement, la première ministre conservatrice choisit alors de créer un tout nouveau Ministère de l’Immigration et de le donner à Sylvi Listhaug du FrP, réputée pour son franc-parler. Les résultats ne se font pas attendre. Pour 2016, les demandes d’asiles acceptées passent de 30 000 à 3 500, faisant ainsi économiser à l’état norvégien plus de 800 millions de couronnes (environ 100 millions $ US). En pleine crise budgétaire causée par l’effondrement des prix du pétrole, ces économies sont extrêmement bien perçues. Pour certains réfugiés provenant de pays trop éloignés culturellement, comme l’Afghanistan ou la Somalie, le taux de rejet des candidatures atteint 97%.

En 2009, la Norvège, alors dirigée par un gouvernement social-démocrate, acceptait 5.8 % de tous les réfugiés qui pénétraient en Europe. Ce taux a diminué à 0.3% dans la dernière année et ce, grâce aux politiques du FrP.[1] On pourrait croire que la réduction drastique de l’acceptation des réfugiés et demandeurs d’asiles, couplée à une baisse de l’immigration économique entraînerait les pleurnichages habituels des masochistes occidentaux, présents en Norvège comme ailleurs en Occident. Or, mis à part quelques accusations banales de «racisme» ou de «fascisme», typiques des individus qui n’ont en général rien à dire, les mesures font l’objet d’une acceptation consensuelle parmi une majorité de Norvégiens[2]. À l’été 2017, dans le cadre de la campagne électorale, la dirigeante du FrP prévoit même faire arrêter complètement les demandes d’asiles en Norvège tout en augmentant le nombre d’années nécessaires pour devenir citoyen norvégien (10 ans)[3].  Il faut croire que ces propositions ont plu aux Norvégiens, puisque le Parti a su conserver la majorité de ses sièges aux récentes élections de septembre 2017, pouvant ainsi reconduire sa coalition gouvernementale avec le parti conservateur qui, à défaut d’être un allié idéal sur certaines questions économiques, est toujours réceptif en ce qui a trait à la nécessaire restriction de l’immigration.
 

Silvi Listhaug

La députée du FrP Sylvi Listhaug, qui s’est vu attribuée le nouveau Ministère de l’Immigration, est une jeune politicienne reconnue pour ses sorties fracassantes contre la rectitude politique. Elle se fait d’abord connaître en dénonçant la «tyrannie du Bien» qui écrase toute capacité de raisonnement dans la classe politique moderne. Puis, en réaction aux discours immigrationnistes du Pape François, elle affirme qu’il serait plus chrétien d’appliquer des politiques d’aide au développement économique des autres pays plutôt que d’accueillir leurs meilleurs éléments par la voie de l’immigration économique, puisque cette dernière mesure, étant à la base des politiques d’immigration en Occident, contribue à garder le Tiers-Monde sous-développé[i]. Sur les réseaux sociaux, elle s’en est ensuite pris aux immigrants économiques et autres réfugiés déjà présents sur le territoire norvégien, et qui ne font pas suffisamment d’effort pour s’intégrer à la majorité:

«Je crois que ceux qui viennent en Norvège doivent s'adapter à notre société. Ici on mange du porc, on boit de l'alcool et on montre notre visage. Quand vous venez en Norvège, vous devez respecter les valeurs, les lois et règles qui existent ici», a-t-elle écrit dans une publication qui a reçu plus de 20 000 mentions «J’aime» sur Facebook en 2016.

En 2017, elle affirme que la Suède voisine comporte désormais plusieurs zones de non-droit, où des bandes d’hommes issus de l’immigration font la loi, créant ainsi un rare froid diplomatique entre les deux pays scandinaves visiblement opposés sur la question migratoire[5].

Les joies du vivre-ensemble : voitures incendiées suite à des émeutes ethniques à Stockholm, en Suède. Émeutes que l’on ne retrouve pas en Norvège. Image © Reuters

Fraîchement réélue en 2017 et dans la perspective où elle se verrait de nouveau attribuer le ministère de l’Immigration ou celui des Affaires Sociales (les négociations avec le parti conservateur sont présentement en cours), Sylvi Listhaug prévoit un éventuel projet de loi visant à interdire le hijab en milieu scolaire norvégien, du primaire à l’université. Ces mesures appliquées ou annoncées ont beau provoquer l’hystérie des partis de gauche du pays, Silvi Listhaug demeure la politicienne ayant les taux d’approbation les plus élevés de Norvège[6].

Il faut admettre que nous sommes loin de telles politiques ici au Québec et au Canada. En fait, il serait de bon augure que certains observateurs politiques élargissent leurs horizons quand vient le temps de voir ce qui se passe en Norvège. Le pays s’attire les sympathies de plusieurs organisations politiques à travers la planète tantôt pour ses politiques de redistribution de richesse, tantôt pour ses vigoureuses politiques environnementales. Mais on passe sous silence beaucoup trop souvent les rigoureuses politiques anti-immigrations appliquées depuis 2 ans par la coalition au pouvoir, politiques qui sont approuvées par une majorité de Norvégiens et qui ne transforment pas pour autant ce royaume nordique en un état «fasciste», «raciste» ou je ne sais quel autre terme employé par nos gueulards multiculturalistes et inclusifs, visiblement en plein effondrement intellectuel, incapables de vérifier quelques faits.


Vivement un parti comme le FrP et des politiciens comme Sylvi Listhaug chez nous.

S.B. pour la Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple


[1] http://www.newsinenglish.no/2017/08/24/norways-share-of-refugees-plummets/

[2] https://www.nrk.no/mr/listhaugs-popularitet-oker-1.13130435

[3] http://norwaytoday.info/news/frp-will-halt-asylum-immigration-norway/

[4] https://www.thelocal.no/20151216/norway-populists-win-new-immigration-ministry

[5] https://www.ft.com/content/23ea67a2-8d80-11e7-a352-e46f43c5825d?mhq5j=e5

[6] https://www.abcnyheter.no/nyheter/norge/2016/02/24/195201657/listhaug-danker-ut-jensen-i-maling

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