Le père de la Nouvelle-France: Samuel de Champlain

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ID #04 Hiver 2005, p.21

Né en 150 à Brouage, en Saintonge, Samuel de Champlain va devenir le véritable « père de la Nouvelle-France » qu’il va inlassablement explorer, cartographier et coloniser 60 ans après sa découverte par Jacques Cartier.

Son premier voyage en Amérique ne l’emmène pourtant pas vers le rude Canada mais en Amérique du Sud. Il a alors 20 ans et fait la première de ses dix-neuf traversées de l’Atlantique, à une époque où le rêve de trouver la voie maritime des Indes obsède tous les explorateurs. Il va certes échouer dans cette entreprise mais va plutôt fonder une nation.

C’est en 1602 que le bon Roi Henri IV trouve le temps, entre deux poules-au-pot et l'édit de Nantes, de conférer à Champlain le titre de géographe royal avec pour mission l’exploration de la Nouvelle France et en particulier les voies fluviales qui pourraient mener vers l’ouest. Il doit aussi développer des comptoirs de traite de fourrure, la véritable richesse de ce nouveau pays au climat trop hostile pour y cultiver du coton ou du tabac comme le font les Anglais en Virginie.

Arrivé en 1603, Champlain décide de suivre les traces de Jacques Cartier et explore le Saguenay puis remonte le Saint-Laurent jusqu’au point où sera fondé plus tard Montréal. Les fleuves sont le moyen de pénétrer ce territoire sauvage. Pourtant les rapides de Lachine empêchent l’explorateur d’aller plus loin. Ses guides indiens lui apprennent pourtant l’existence d’immense lacs (Érié, Huron et Ontario) où le Saint-Laurent prend sa source. Pour l’intrépide Champlain atteindre ces lacs va être un objectif majeur.

En attendant, Samuel revient en Acadie où il fonde la ville de Port-Royal qui sera plus tard détruite par les Britanniques. Elle répond à la volonté de la France de transformer cette terre sauvage en véritable colonie. Pourtant Champlain n’abandonne pas sa mission géographique. Pendant ses trois ans en Acadie, il explore toute la côte de ce qui est maintenant le Maine et le Massachussetts, cartographiant et notant les havres sûrs qui pourraient constituer de nouveau comptoirs.

En 1608, Champlain reprend la route du Saint-Laurent et fonde un nouveau poste de traite de fourrure dans un endroit stratégique. La ville de Québec est née. Il s’y installe sans attendre. Il en profite pour explorer le lac Saint-Jean, la rivière Richelieu et le lac qui portera désormais son nom. Il s’allie aux Hurons, Algonquins et Montagnais contre la puissante nation iroquoise. Champlain l’ignore mais il vient de se faire de terribles ennemis que les Anglais n’hésiteront pas à utiliser à leur profit le moment venu. Une vielle rivalité d'outre-Atlantique n’a pas tardé à venir compliquer l’exploration du nouveau monde.

Avec l’aide de ses nombreux alliés, Champlain poursuit son exploration et réussit à franchir les rapides qui le stoppaient jusqu’ici. Il s’enfonce ainsi plus profond vers l’intérieur du continent, persuadé qu’il va découvrir un passage vers les Indes. En 1613, il explore l’Outaouais. Le 1er août 1615, il atteint le lac Huron, véritable mer intérieure mais qui n’est pas le passage espéré vers la Chine. C’est la dernière expédition à laquelle il participe en personne. Désormais il sera trop occupé à consolider l’embryon de colonie qui s’est créé à Québec.

En 1629, la ville tombe pourtant provisoirement aux mains des Anglais. Champlain retourne en France plaider la cause de la colonie. Il sera écouté et la ville reprise. Il y revient en 1633 et meurt deux ans plus tard, le jour de Noël. Il y avait alors 150 Français qui vivaient en Nouvelle France.

 

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